Transcription
Il n’est pas rare d’entendre aujourd’hui que la politesse, ce « père » que les jeunes n’ont pas vu, n’ont jamais eu, la décence nécessaire pour vivre en société. Bon, OK, c’est beau, les jeunes, c’est connu ça, c’est pauvre. Si ça vous fait plaisir de le croire, continuez. Sauf que l’on peut se poser la question : ces gens-là qui pensent que les jeunes ne savent pas vivre, sous-entendent que la politesse est quelque chose d’instinctif. Sauf que c’est une construction sociale, mais plus encore une construction historique. Si Laurent Turcot est aujourd’hui à l’histoire, nous le dira. La politesse. [Musique]
Bon, déjà, avant, va définir les concepts. Qu’est-ce que ça veut dire, politesse ? Bon, on peut se référer au dictionnaire, on peut se référer… OK, on va le faire. Un ensemble de règles qui définissent un comportement. Mais tout le monde s’en fout, OK ? Vous demande de vous occuper des paroles. Bon, on n’est pas très avancé avec ça. On peut donc se servir des gens qui ont travaillé longtemps sur la politesse, et j’ai nommé Norbert Elias. A avoué, ya là quand même sympathique, la turbo bref hockey. Norbert Elias, qui est un sociologue du début du XXème siècle, qui va parler de ce qu’il appelle la civilisation des mœurs. Qu’est-ce qu’il entend par là ? Elias va avancer l’idée de la conquête du monopole de la violence par l’État. Pour ce 7e 9, on le connaissait déjà avant lui. Sauf que pour Elias, ce monopole de la violence pu s’imposer par le processus d’auto-contraintes et de refoulement des pulsions et des patients. Pour Elias, l’auto-contrainte, c’est l’intériorisation des normes. C’est-à-dire, si vous avez envie de frapper quelqu’un après qu’il vous insulte, et vous allez pas le faire. Pourquoi ? Parce que c’est tellement intériorisé en vous. C’est ce qu’on appelle l’auto-contrainte. Et ça, rien d’instinctif, c’est quelque chose d’appris. Donc, de 15 à date, la politesse… Love can aura beau toit… Faut remonter plus loin. On dit que c’est dans la courtoisie que s’expriment les normes de comportement attendu par les gens qui vivent dans la société. On veut retrouver quelques ouvrages qui structurent les normes sociales, comme par exemple, à la fin du XIVème siècle, le Livre des manières, où on explique aux gens qui veulent faire partie de la cour les comportements qu’ils seront attendus de leur part dans l’espace curial. Mais quand on parle de courtoisie, on parle souvent de la fine fleur de l’amour, et bien sûr de l’amour courtois. Mais attention, ici, on a toujours l’impression que l’amour courtois, c’est la dévotion que les hommes doivent envers les femmes. Si les femmes sont mises sur un piédestal, l’amour courtois s’adresse uniquement à celles qui sont de conditions sociales supérieures. Et les fameuses règles que l’on fixe, c’est simplement pour l’espace curial, donc très personne. On est loin d’être dans la généralisation de ce qu’on pourrait qualifier de politesse.
Aux XVe et XVIe siècles, ça s’accélère et ça se précise. Ça, c’est l’époque de la Renaissance, et plus spécifiquement de la Renaissance italienne. Il y a différentes cours qui entrent en concurrence les unes contre les autres. Vous avez Florence, Milan, Venise, le Vatican… Et d’autres encore qui combattent pour savoir laquelle est la plus importante politiquement, militairement, mais aussi culturellement. Et une des manières de montrer qu’on est supérieurs, c’est de montrer qu’on a l’élégance, qu’on a cette manière de se distinguer et de relever la tête pour voir : nous sommes meilleurs que les autres. Vous allez vous lever les problèmes. Et c’est là que va arriver Balthazar Castiglione, qui va écrire un livre, en 1528, qui s’appelle *Il Libro del Cortegiano*, le Livre du courtisan. Ce livre va avoir un succès phénoménal. En mur, ils vont inventer un thème, le thème de la conversation, sur les modes de comportement à avoir dans la cour. Il raconte un code de politesse et un code d’élégance, mais plus encore, ils racontent ce que doit être le courtisan idéal. Comme par exemple, il doit savoir manier les armes. Et attention, manier les armes selon les formes. Alors, j’attends que vous mettiez un bras, et je me casse… Manier voteront non… Peut pas péter un bras ! À partir du moment où c’est bien péremptoire… Way peau… Comme par exemple… Mais il doit avoir également des qualités morales, comme l’humilité, le courage, la modestie, et tout ça. Il doit le montrer et devenir un modèle pour la société. Mais Castiglione va inventer un mot qui va définir ce que devrait incarner le courtisan, et ce mot, c’est la *sprezzatura*. Ce trou… C’est quoi ? Il y a une règle très universelle qui me semble valoir plus que toute autre sur ce point, pour toutes les choses humaines que l’on fait, que l’on dit, c’est qu’il faut fuir autant qu’il est possible, comme un écueil, traits acérés dangereux, l’affection. Et pour employer peut-être un nouveau, faire preuve en toute chose d’une certaine désinvolture, *sprezzatura*, qui cache là et qui montre que ce que l’on a fait et dit est venu sans peine et presque sans y penser. Toute une littérature va s’inspirer de Castiglione et va développer dans différents aspects de la vie courtisane comment on doit se comporter, comme aux jeux, comme à la promenade, comment société… Bref, dans tous les aspects de la vie.
En 1530, peu de temps après Castiglione, un autre auteur va publier un ouvrage. Erasme de Rotterdam va publier *De civilitate morum puerilium*. Et là, le succès est fulgurant. Erasme veut donner à la société des normes strictes et précises. Le contact entre les corps est vu comme quelque chose qui répugne et qui perturbe. La promiscuité est jugée indécente. L’autre élément, c’est le rôle des objets médiateurs, comme les mouchoirs, les couverts, les assiettes… Tout ça sert à éloigner la bête qui sommeille en nous. Nous ne sommes pas des bêtes ; il faut agir comme des hommes. Et les hommes, qu’est-ce qu’il faut ? Bien, ils ont un rite de distinction, un rite qui leur permet d’être différents. C’est ça la distinction : c’est être différent du peuple. Avec son ouvrage, Erasme va innover en trois points : premièrement, il s’adresse aux enfants ; deuxièmement, il s’adresse à tous les enfants, pas juste l’élite, mais de toutes les conditions sociales ; et enfin, troisièmement, il donne un code de conduite qui doit organiser toute la vie en société, pas juste la vie à la cour, mais toute la vie en société. À terme, les idéaux de Castiglione et les assauts d’Erasme vont voir la naissance d’une société de bonnes manières. Et tout ça est rendu possible par les procédés d’auto-contrainte. La civilité vient empêcher les hommes d’agir comme ils le veulent. Il crée un horizon d’attente, pour être sûr que tout le monde comprenne. Parce que tout ça, bien sûr, c’est un peu théorique. On veut utiliser des proverbes pour bien montrer qu’il faut se distancer de la bête : être têtu comme un âne, s’entendre comme chiens et chats, bayer aux corneilles, être une vraie peau de vache, prendre la mouche, donner de la confiture aux cochons, avoir une faim de loup, manger comme un cochon… Et je suis sûr qu’il y en a d’autres, donc n’hésitez pas à les poster en tout sept capsules pour bien sûr…
Mais du coup, est encore au XVIIe siècle, le terme civilité tombe peu à peu en désuétude. On va voir émerger celui de bienséance. Et donc, à tout prix, un de ceux qui veulent œuvrer à l’élaboration du concept de l’honnête homme, c’est Nicolas Faret, avec son texte en 1632, *L’honnête homme ou l’art de plaire à la cour*. Nicolas Faret va peu à peu condenser les volontés de l’État monarchique. Qu’est-ce que j’entends par là ? Ben, au XVIIe siècle, on assiste à un processus de centralisation de l’État, donc de monopole légitime de la violence. Et pour y arriver, il faut mettre en place des processus d’auto-contraintes. L’honnêteté permet de le faire. Un autre auteur fondamental, c’est en 1670, c’est Antoine de Courtin, qui va écrire dans son nouveau traité de la civilité, la manière de se comporter en toutes situations sociales, et là, véritablement, la grande palette de tout le jeu social émis ou plaisir de tout le monde. Mais c’est au XVIIIe siècle, c’est le grand moment de l’étiquette de Louis XIV, de l’étiquette de Versailles. Et on veut se servir de ce code de comportement pour fixer encore davantage la grammaire corporelle et la grammaire émotionnelle attendue. Depuis tout à l’heure, je vous parle de la notion de distinction sociale. Et on ne peut séparer la notion de distinction sociale d’un grand sociologue, et j’ai nommé Pierre Bourdieu. D’accord, bon, la distinction ? Si la peau… Ce qu’il a dit… Oui, oui… Répond… J’ai envie de répondre : non, non, et non. Pour Pierre Bourdieu, la distinction ne peut se devenir que dans un cadre très précis. La seule manière de se distinguer, c’est dans la conformité. Donc, on peut se distinguer court, mais dans l’horizon d’attente, c’est-à-dire l’étiquette. C’est le seul moyen que la distinction peut se développer. Et bientôt, une nouvelle dimension va être ajoutée : celle de la religion. Bon, c’est pas neuf, hein, la religion est là depuis le début. Sauf qu’elle va faire son entrée dans le grand cadre de la politesse. L’apparence doit indiquer la part divine de l’homme et son rang. Les écarts sociaux sont peu à peu montrés dans la politesse, et ça sert à fixer une société inégalitaire et hiérarchique. Ça permet de ritualiser, mais plus encore de théâtraliser les sociabilités. Et on veut le voir dans différents espaces de la société, comme par exemple à table. On délaisse les mains, et on prend dorénavant les ustensiles. Mais aussi à la promenade, il va falloir se comporter de manière décente, avoir la tête droite, les mains droites, les jambes pliées, courbet… Bref, il doit y avoir une transparence sociale, dans la mesure où le corps reflète l’âme de la personne.
Avec la Révolution française, on assiste à une crise des symboles de la royauté. On veut mettre à bas tout ce qui représente l’Ancien Régime. La Révolution prône l’égalité, et comme la civilité représente l’inégalité, on va tout faire pour la mettre de côté et l’éradiquer. À Paris, un journal révolutionnaire, *Le Mercure national*, va même écrire, et je le sais, il faut un changement des mœurs et usages, l’instauration d’une politesse révolutionnaire. Dorénavant, tous les citoyens, qui d’ailleurs s’appellent citoyens, sont invités à se tutoyer. Non, le vouvoiement n’est plus acceptable. Pourquoi ? Parce que le « vous » est adressé à un seigneur, et qui sous-entend : toi, et Eva, Souhil, et plusieurs. Et dans la société que l’on veut construire, un individu n’est qu’un individu. Mais plus encore, on le voit comme la survivance du régime féodal dont on veut se débarrasser à tout prix. Il y en a même certains qui vont aller très loin dans la haine du vouvoiement. En 1793, on va lancer l’idée d’envoyer en prison ceux qui utiliseraient le vouvoiement, ou comme on dit à l’époque, le « vous ». Soit dit en passant, aucune loi ne sera adoptée, cependant. Mais il va quand même avoir des histoires assez bizarres, comme par exemple ce garçon de café qui travaille au café Procope, sur la rive gauche. On est le 15 décembre 1793, et à la fin de sa journée, il est fatigué. Et là, il sert deux hommes, et dit : « Bonjour, est-ce que je peux vous servir quelque chose ? » Et les deux hommes, presque des enragés, se disent : « Non, non, là ça suffit, vous nous vouvoyez, c’est trop ! On va prendre le garçon de café, on va l’amener chez le commissaire, parce qu’il nous a vouvoyé, il est passible d’un crime contre l’humanité. » Bon, je paraphrase pour les besoins de la cause, mais ça vous montre quand même à quel point la politesse est quelque chose qui représente l’inégalité. Et pour les révolutionnaires, il faut la mettre de côté et passer à autre chose.
Passée la Révolution, l’Empire revient en masse. Ceux qui ont fondé l’ancienne politesse de l’Ancien Régime, et on va voir des titres revenir. Pour d’abord d’écouter, les gens ne savent plus comment se comporter en société. Donc, on veut republier ces grands axes qui ont fait la grande valeur de l’aristocratie et de l’est. On est donc rendu au XIXe siècle. Le XIXe siècle, c’est l’âge d’or de la politesse bourgeoise. Deux grandes nouveautés apparaissent. La première, c’est que la cour n’est plus l’unique centre qui sanctifie le code de politesse. Pourquoi ? Parce que la ville, avec ses multiples espaces et cafés, ses théâtres et opéras, fonde de nouveaux rapports sociaux, de nouveaux comportements. La deuxième raison, c’est qu’avec la société, celle de la Révolution industrielle et bientôt de la Révolution capitaliste, on assiste à l’enrichissement rapide de toute une caste de gens. Mais le problème, c’est que comme ces gens ont fait de l’argent rapidement, et on va les appeler les nouveaux riches, mais ils n’ont pas nécessairement la décence, l’élégance, l’étiquette. Ils vont donc vouloir montrer à tous ceux qui font partie de l’élite que eux aussi ont les codes de comportement. La politesse à la française, celle qui sert à polir les comportements, va être vue comme la quintessence de l’art de vivre. Ils vont être plusieurs à vouloir la déployer un petit peu partout en Europe et même dans les Amériques. Le savoir-vivre n’est donc plus uniquement l’apanage de l’aristocratie. Un jeu social plus ouvert s’instaure en conjonction avec le libéral. Et comme de plus en plus de gens s’enrichissent, il faut les former. Le savoir-vivre va donc devenir une sorte de savonnette d’Avilès. Ça veut dire qu’on enlève les restes de boue sur sur nous, pour se présenter propre, décent et agréable. Et qu’est-ce qu’on voit apparaître encore une fois ? Plusieurs traités de civilité, de traités de savoir-vivre, de politesse, d’étiquettes… Les mots sont un peu interchangeables. Et là, ça va diffuser encore plus largement, parce que comme l’imprimerie coûte de moins en moins cher, on est à l’époque de la culture de masse, où on diffuse des romans, des journaux, et des traités de civilité vont trouver un public de plus en plus large. L’ouvrage le plus connu, c’est sans doute *Les Usages du monde* de la baronne Staël, qui publie en 1889, qui dix ans plus tard compte déjà 130 et une édition. Mais aussi, on peut compter en Angleterre, *Advice to young ladies* en 1849, ou encore *Complete etiquette for ladies and gentlemen* en 1900.
Mais le XIXe siècle, c’est aussi celui de l’Amérique, les États-Unis d’Amérique, qui commencent à prendre leur place dans l’histoire et dans le commerce mondial. Et un petit peu partout, on voit apparaître ces jeunes Américains enrichis qui sillonnent l’Europe. La figure du golden boy américain va attirer tous les yeux et faire tourner toutes les têtes. Et lui-même va s’adapter peu à peu aux fondements de la civilité, de la politesse à l’européenne. Mais ce processus-là est aussi un échange. La France va être très marquée par le nouveau modèle des États-Unis d’Amérique. Et la langue française va inclure des mots nouveaux : facho, beau, dandy, smoking, frôle… Tous ces mots-là se réfèrent à des modes de comportement que l’on doit respecter. Le flirt, par exemple : comment séduire selon les codes attendus de la politesse, bien sûr, pour les hommes. Ce qui va symboliser par excellence le symbole de la politesse du XIXe siècle, c’est le complet noir trois pièces. Pourquoi ? Parce que la distinction sociale, selon l’argent, mais plus encore selon leur rang, ne peut pas être mise en jeu dans l’espace de la société de consommation et de la société des changes. On ne doit pas juger quelqu’un selon sa capacité à bien s’habiller, mais plutôt selon sa capacité à bien connaître les règles du jeu du commerce. Donc, tout le monde habillé pareil. On délaisse la fameuse distinction du rose, des jaunes, des verts, des bleus pour l’habillement des hommes. Mais la littérature du XIXe et XXe siècle va se concentrer beaucoup sur une figure, celle du nouveau riche. Pour les aristocrates de longue date, il est question de conserver ce qui a fait leur distinction sociale. Et ces gens-là qui se sont enrichis rapidement ne pourront jamais faire partie de leur club sélect, bien sûr. Et pour eux, les codes de politesse, ça ne s’apprend pas, ça se vit, et c’est instinctif. Les nouveaux riches vont donc singer de plus en plus la figure de l’aristocrate décent et civil. Et on va pousser encore plus loin les règles de la politesse. Et c’est à ce moment-là que le maître va demander aux domestiques de s’adresser à lui à la troisième personne. Comme par exemple, le maître qui demande : « Monsieur a-t-il bien dormi ? » Et le maître de répondre : « Oui, Monsieur a magnifiquement bien dormi. » Regardez bien : ici, le maître s’adresse aux domestiques à la troisième personne, et faisant semblant qu’il est près de lui, il veut lui répondre en utilisant son prénom ou « Monsieur ». J’ai bien dormi. Mais il y a quand même un problème avec cette idée-là, l’idée selon laquelle les codes de civilité, c’est quelque chose d’instinctif. Ben oui, parce que ça sous-entend qu’on ne peut pas l’apprendre. Et la figure du domestique incarne magnifiquement le problème avec ça. Pourquoi ? Le domestique doit être celui qui doit contrôler tous les aspects de la vie de la maison. Donc, il doit connaître sur le bout des doigts tous les codes de politesse. Prenez par exemple la figure de Nestor dans Tintin, ou encore de d’Antona B, où on en voit beaucoup de ces gens-là qui sont presque plus catholiques que le pape. Et ce qui sous-entend que finalement la politesse, c’est quelque chose d’appris. Et ça va à l’encontre de ce que les nobles pensent, de l’idée selon laquelle tout ça c’est instinctif. Mais nous, on le sait, en fait, parce que depuis la première capsule et Norbert Elias, on sait que tout ça c’est une construction historique qui s’étend dans le temps.
Maintenant, le XXe siècle. Qu’est-ce qu’au XXe siècle ? On est toujours aussi poli et décent ? Oui, on l’est toujours. Sauf que l’on assiste à un processus d’informatisation des rapports sociaux. Qu’est-ce que ça veut dire ça ? Ça veut dire qu’on n’a plus nécessairement besoin de le montrer de manière très expansive qu’on est poli. Pourquoi ? Parce que le savoir-vivre vu comme quelque chose de faux, quelque chose qui trahit l’authenticité de ce qu’on est vraiment. Et à la politesse, singer… Fossés… On va dire : il y a une politesse du cœur. Il y a des gens qui sont heureux, str… Qui sont agressifs, ou qui disent les choses un peu n’importe comment, mais ils savent comment bien vivre et e… Sont gentils du cœur. Donc, leur politesse du cœur va toujours supplanter la politesse des manières ou du langage. Après la Seconde Guerre mondiale, mais plus encore après les années 60 au Québec, on va assister à un délestage de toutes les conventions sociales. L’Église a été un ciment des codes de comportement, notamment dans les catéchismes, ou encore dans la manière dont on éduquait les jeunes gens pour la préparation au mariage. Mais dans les années 70, on assiste à la révolution sexuelle, la libéralisation sexuelle, et le grand délestage des codes sociaux va venir avec l’idée selon laquelle ces phallocrates, ills et corporatistes, ça ne nous ressemble pas, et c’est faux. Mais aujourd’hui, qu’est-ce qui semblerait être le plus grand code de politesse ? Qu’est-ce qu’on pourrait prendre comme étant la grande injonction à bien se comporter ? C’est la loi. Ben oui, la judiciarisation de tous les aspects de notre vie en société, devienne les normes de la société, bonhommes, qui sont accompagnés de peines si vous ne les respectez pas. Mais aujourd’hui, au XXIe siècle, on dirait que quand les codes de comportement ne sont pas respectés, ben on vous enferme et on vous éduque. Finalement, ça n’a peut-être pas changé. Donc, c’est fini pour aujourd’hui. Je suis le rendent sur coup, et j’espère que vous avez aimé cette capsule. Et si vous l’avez aimée, n’hésitez pas à faire le petit pouce vert en l’air, et aussi à vous abonner à la chaîne. Je vous remercie, et je vous dis à la prochaine. Bye bye. [Musique]