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SES 1re - Chapitre 2 : Comment les marchés imparfaitement concurrentiels fonctionnent-ils ?

LesEditionsHatier4:36

Transcription

Chapitre 2 comment les marchés imparfaitement concurrentiels fonctionnent-ils.

Sur les marchés en concurrence parfaite, le prix est fixé par la rencontre entre l'offre et la demande. On dit que les entreprises sont preneuses de prix. Mais il existe beaucoup de marchés où la concurrence n'est pas parfaite, ce qui permet aux entreprises d'obtenir un pouvoir de marché, c'est-à-dire la capacité d'influencer les prix et les quantités.

Le pouvoir de marché des entreprises a plusieurs sources. Il peut être dû à un nombre d'offreurs limités sur un marché, c'est-à-dire à une situation de monopole s'il n'y a qu'un seul offreur pour une multitude de demandeurs, ou une situation d'oligopole s'il y a quelques offreurs. Le pouvoir de marché peut également provenir d'une entente entre les entreprises sur les prix ou les quantités. Il peut enfin être lié à l'existence de barrières à l'entrée.

Les barrières à l'entrée limitent l'arrivée de nouveaux concurrents sur le marché. Elles peuvent être légales, c'est-à-dire imposées par les pouvoirs publics. Elles peuvent aussi être naturelles, c'est-à-dire dues à l'existence d'importants coûts fixes sur le marché. Elles peuvent enfin être dues aux stratégies mises en place par les entreprises pour empêcher l'arrivée de concurrents potentiels.

Il existe plusieurs formes de monopoles. Le monopole est dit naturel quand seule une entreprise de grande taille peut supporter les coûts fixes très importants du secteur. SNCF Réseau, qui construit et entretient les voies ferrées, en est un exemple. Un monopole institutionnel est établi par l'État, comme pour la Française des Jeux. Enfin, on parle de monopole d'innovation quand une entreprise obtient l'exclusivité de la vente d'un produit qu'elle a mise au point grâce à ses dépenses en recherche et développement. On peut citer l'exemple de Pfizer et de ses vaccins.

Seuls sur son marché, le monopole a un fort pouvoir de marché. Il est faiseur de prix. Le profit du monopole est maximal lorsque le coût marginal est égal à la recette marginale, c'est-à-dire lorsque le coût de la dernière unité produite est égale à la recette tirée de la dernière unité produite. C'est le niveau auquel il fixe la quantité qu'il produit. Pour que la demande soit égale à cette quantité, le monopole fixe donc son prix au niveau pour lequel la demande sera égale à la quantité choisie.

En oligopole, le pouvoir de marché varie en fonction de la capacité ou non des entreprises à s'entendre. Les entreprises font face à un dilemme du prisonnier. Leur profit dépend de leur propre décision mais aussi des décisions que prendront leurs concurrents. Dans ce tableau, le profit de A dépend non seulement de sa décision mais aussi celle de B. Si A et B ne peuvent pas s'entendre, elles se font alors concurrence. Elles réduisent toutes les deux leurs prix, ce qui les amène à faire un profit de 10 chacune, soit seulement 20 au total. Si au contraire A et B peuvent s'entendre, elles chercheront à maximiser le profit total pour atteindre un profit total de 30.

Sans s'entendre sur les prix ou les quantités, les entreprises se font une concurrence vive. Les prix sont bas et les quantités élevées. Mais si les entreprises parviennent à s'entendre, les prix seront plus élevés, les quantités produites moins importantes.

La situation de monopole n'est pas efficace sur le plan économique, puisque le monopole fixe ses quantités en dessous des quantités d'équilibre en concurrence parfaite, ce qui veut dire que moins d'échanges seront réalisés. Une partie du surplus collectif disparaît donc. De plus, les prix étant supérieurs au prix d'équilibre, le monopole capte une partie du surplus du consommateur.

C'est pourquoi une politique de la concurrence a été mise en place au niveau français et européen pour éviter que des pouvoirs de marché trop forts ne viennent réduire le surplus du consommateur. La politique de la concurrence mène trois grands types d'actions. Elle contrôle les fusions et acquisitions risquant de déboucher sur une diminution trop importante de la concurrence et une baisse du surplus du consommateur. Elle sanctionne les ententes illicites entre entreprises. Un programme de clémence a aussi été mis en place pour inciter les entreprises à dénoncer un cartel auquel elles auraient participé contre des exonérations ou réductions de sanctions. Enfin, la politique de la concurrence sanctionne les abus de position dominante, c'est-à-dire les entreprises qui profiteraient d'une situation dominante sur un marché pour faire obstacle à la concurrence au détriment des consommateurs.

[Musique]