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✅ La TRANSICIÓN ESPAÑOLA explicada en 10 minutos | ¿QUÉ PASÓ tras la MUERTE de FRANCO en ESPAÑA?

Memorias de Pez12:45

Transcription

La mort du dictateur espagnol Francisco Franco en 1975 marqua le début d'une période cruciale dans l'histoire de l'Espagne, connue sous le nom de transition vers la démocratie. Oui, aujourd'hui, dans "Memorias de pez", nous allons vous parler de cette période qui se caractérise par l'effort collectif pour transformer une dictature en une démocratie stable et plurielle.

La mort de Francisco Franco le 20 novembre 1975 marqua la fin d'une ère longue et tumultueuse en Espagne, qui était sous sa dictature depuis la fin de la Guerre Civile Espagnole en 1939. Après son décès, un bref conseil de régence fut établi, qui administra le pays jusqu'au 22 novembre 1975, date à laquelle Juan Carlos de Borbón fut proclamé roi d'Espagne. Dans son premier discours devant les Cortes, un organe législatif dominé par des membres du régime franquiste, Juan Carlos évita toute mention directe de la guerre civile et souligna son désir de promouvoir un consensus pour la concorde nationale, dans un message qui suggérait un changement vers un système plus démocratique.

La décision de Franco de désigner Juan Carlos comme son successeur faisait partie d'un plan soigneusement orchestré sous les Lois Fondamentales de l'État, le corpus légal qui soutenait la structure autoritaire de son régime. Ces lois, conçues comme une tentative d'institutionnaliser sa vision politique, visaient à assurer la continuité de son idéologie au-delà de sa mort. Les Lois Fondamentales établissaient une monarchie qui, en théorie, resterait autoritaire et centralisée, c'est-à-dire une monarchie non démocratique qui perpétuerait les principes du franquisme sous une nouvelle figure.

Franco choisit Juan Carlos de manière stratégique. Il avait observé et supervisé son éducation ainsi que sa formation militaire, s'assurant que le jeune prince assimilerait les valeurs et les principes du régime. Cependant, une fois au pouvoir, Juan Carlos avait une autre idée. Bien qu'il ait été préparé à poursuivre l'héritage franquiste, après la mort du dictateur, il initia un processus de transformations qui ouvrirait la voie à la démocratie. Cela fut en partie dû à l'influence de politiciens réformistes et au contexte international qui pressait vers des modèles politiques plus libéraux et démocratiques.

Le panorama politique espagnol présentait trois alternatives : certains défendaient clairement la continuité du régime sans Franco ; d'autres pariaient sur une réforme promue depuis les institutions mêmes, qui aboutirait à la démocratisation du système ; et enfin, la majorité de l'opposition antifranquiste penchait pour une rupture avec le passé dictatorial et la construction d'un nouveau système politique dirigé par les forces démocratiques.

Au premier groupe, on les appelait les "inmovilistas" (immobilistes). Ils étaient composés en majorité de phalangistes et de personnel de l'armée et prônaient un franquisme sans Franco, montrant une ferme résistance au changement et favorisant la répression comme méthode de contrôle. Les seconds étaient les "reformistas" (réformistes), souvent identifiés à des figures comme Adolfo Suárez et d'autres politiciens issus du régime, qui prônaient une transition ordonnée vers une démocratie parlementaire. Ceux-ci cherchaient à transformer le système de l'intérieur. Et enfin, il y avait les "rupturistas" (rupturistes), qui argumentaient en faveur d'une rupture totale avec le régime franquiste, rejetant complètement ses lois et ses structures. Ceux-ci incluaient des partis de gauche et des groupes plus radicaux qui n'avaient pas fait partie de l'appareil franquiste et qui cherchaient à établir un nouvel ordre basé sur des principes démocratiques explicites, incluant souvent la légalisation de partis politiques précédemment interdits et la tenue d'élections libres.

Le premier gouvernement de la transition, présidé par Carlos Arias Navarro, reflétait davantage une continuité du franquisme qu'une véritable avancée vers la démocratie. Arias Navarro, qui avait occupé divers postes sous le régime de Franco, y compris la mairie de Madrid et le ministère de l'Intérieur, assuma la présidence du gouvernement après la mort du dictateur en 1975. Son mandat fut marqué par des tentatives de réforme dans l'esprit du 12 février, un discours qui cherchait une certaine ouverture politique. Mais ces réformes ne plurent à personne, ni aux secteurs conservateurs au sein du régime qui les voyaient comme trop libérales, ni à l'opposition qui les critiquait pour être superficielles et ne pas aborder la nécessité de la démocratisation complète de l'Espagne.

Le manque de synchronisation entre les intentions réformistes du roi et la gestion d'Arias, fortement liée à l'ancien régime, culmina avec la démission de ce dernier en 1976. Adolfo Suárez, un jeune politicien initialement sous-estimé pour son passé dans les rangs phalangistes et sa participation au mouvement national, fut élu président du gouvernement espagnol après la démission d'Arias Navarro. Malgré les doutes sur son aptitude à diriger la transition vers la démocratie, Suárez se révéla une figure clé dans ce processus. Sa meilleure tactique fut d'utiliser sa connaissance du système franquiste pour persuader les Cortes, encore dominées par d'importantes figures du franquisme, de démanteler les structures autoritaires de l'intérieur, en respectant la légalité en vigueur et en évitant l'intervention de l'armée.

Après avoir accédé à la présidence du gouvernement, Suárez initia des contacts avec les forces démocratiques et promulgua une amnistie pour les prisonniers politiques. De plus, il proposa un projet audacieux, l'une des pierres angulaires de son mandat : la Loi pour la Réforme Politique. Celle-ci fut approuvée par les Cortes le 18 novembre 1976 et soumise ultérieurement à référendum par le peuple espagnol, avec une approbation de 81 %. Cette loi ne détaillait pas le nouveau système politique, mais elle éliminait les obstacles franquistes, établissant les bases pour des Cortes composées d'un Congrès et d'un Sénat, et ouvrant la voie à de futures élections démocratiques avec la participation de divers partis politiques.

Le défi le plus significatif auquel Suárez fut confronté fut la légalisation du Parti Communiste d'Espagne, dirigé par Santiago Carrillo, qui avait été un ferme bastion de la lutte antifranquiste pendant la dictature. C'était une mesure cruciale pour garantir l'inclusion de toutes les voix politiques dans le processus démocratique, mais aussi l'une des plus controversées, compte tenu du passé anticommuniste du régime de Franco. En avril 1977, en pleine Semaine Sainte, avec tous les commandants de l'armée hors de leurs postes, Suárez légalisa par surprise le Parti Communiste, un fait qui provoqua une crise gouvernementale mais garantit la légitimité démocratique des élections.

Le point culminant de la gestion de Suárez arriva avec les élections de juin 1977 pour les Cortes Constituantes, qui avaient pour tâche de rédiger une nouvelle constitution démocratique. Les partis qui se présentaient aux élections étaient : Alianza Popular (l'actuel Parti Populaire), créé par Manuel Fraga ; le PSOE, dirigé par Felipe González ; le Parti Communiste, avec Santiago Carrillo ; et le parti créé par Suárez, l'Union du Centre Démocratique (UCD). La victoire revint au parti de Suárez, suivi par le PSOE, marquant un changement significatif dans le panorama politique espagnol. C'était le premier gouvernement démocratique en Espagne après la guerre civile.

La première tâche pour le gouvernement fut l'élaboration d'une constitution démocratique. Pour sa rédaction, une commission fut choisie, composée de députés de tous les partis représentés aux Cortes (sauf la minorité basque qui renonça). La Constitution de 1978 fut alors élaborée. Cette Constitution établit un nouveau cadre légal pour la transition vers une démocratie pleine, signalant que l'Espagne est une monarchie parlementaire où la souveraineté nationale réside dans le peuple espagnol. Parmi les principes de cette Constitution, que nous comparons à celle que nous avons aujourd'hui, on trouve les suivants :

* Les trois pouvoirs de l'État sont clairement définis : législatif, exécutif et judiciaire.

* La reconnaissance pleine des communautés autonomes, ce qui permit d'avancer vers l'unité de la nation espagnole.

* La Constitution met un accent particulier sur les droits humains et les libertés fondamentales, s'alignant sur la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Avec cela, on rompt avec la dictature autoritaire et on reconnaît des droits tels que la liberté d'enseignement, de marché, ainsi que les droits à la vie, à la propriété privée, à l'éducation et à la grève.

* Un autre aspect clé est la confessionnalité de l'État, qui reflète le respect des diverses croyances religieuses de la société espagnole, assurant que l'État ne favorise aucune confession religieuse de manière officielle.

La transition politique de l'Espagne coïncida avec une crise économique mondiale, la plus sévère en Europe depuis la Seconde Guerre Mondiale. Oui, nous parlons de la crise pétrolière tant mentionnée, qui commença en 1973. En Espagne, la crise se manifesta par une profonde récession industrielle et une augmentation alarmante du chômage. Dans la tâche de construire un système démocratique et pour pouvoir faire face aux problèmes économiques, il était indispensable que le gouvernement et les principales forces d'opposition s'alignent.

Dans ce sens, les principaux partis signèrent les Pactes de la Moncloa le 25 octobre 1977, qui furent ratifiés par le Congrès. Ces pactes cherchèrent à réduire l'inflation et à distribuer de manière plus équitable les coûts de la crise. Parmi les mesures adoptées figuraient la dévaluation de la peseta, le contrôle des dépenses publiques et la réduction de la consommation énergétique excessive. De plus, les bases furent jetées pour la réforme fiscale et celle de la sécurité sociale, modernisant ainsi la structure fiscale de l'Espagne et marquant le début de la construction de l'État-providence, se rapprochant de quelque chose de similaire à ce qu'avaient nos voisins européens.

Alors que la majorité des forces politiques et de la société espagnole pariaient sur un consensus social, il y eut des groupes qui promurent la violence pour déstabiliser le pays et entraver la construction de la démocratie. Les forces de l'extrême droite, nostalgiques du franquisme, organisèrent des manifestations et des groupes violents comme les "Guerrilleros de Cristo Rey" ou la Triple A, semant la terreur dans les rues espagnoles. Mais attention, il y eut aussi du terrorisme de la part de l'extrême gauche. Dans ce cas, il fut lié à l'apparition d'organisations comme le GRAPO (Groupes Révolutionnaires Antifascistes Première d'Octobre), qui menèrent des actes violents et divers enlèvements. Cependant, la principale activité terroriste provenait de l'ETA, qui commença une campagne d'attentats qui causa 77 morts en 1979 et 95 l'année suivante.

Lors des élections de 1979, l'Union du Centre Démocratique (UCD) d'Adolfo Suárez remporta la victoire. Elle réussit à gagner en grande partie grâce à sa position modérée et à sa capacité à négocier entre différents secteurs politiques. Néanmoins, l'UCD ne parvint pas à stabiliser son leadership ni à consolider un projet politique durable en raison des divisions internes et du manque de consensus sur des aspects fondamentaux comme l'éducation et la gestion de l'autonomie universitaire. Le leadership d'Adolfo Suárez à la tête du gouvernement fut continuellement remis en question, et l'opposition, qui gagnait en force, bénéficiait du malaise social et politique ainsi que de la crise interne de l'UCD. En 1980, le gouvernement dut faire face à une motion de censure présentée par le PSOE aux Cortes et, bien qu'il la surmontât de justesse, à partir de ce moment, l'activité du gouvernement se paralysa et les réformes furent freinées.

Face à cette situation, Adolfo Suárez décida de présenter sa démission en tant que président du gouvernement et du parti en 1981. La principale menace au système démocratique venait de la présence de militaires hostiles à ce processus. Le 23 février 1981, alors que se déroulait au Congrès des Députés le vote d'investiture de Leopoldo Calvo Sotelo comme successeur de Suárez à la présidence du gouvernement, un groupe de gardes civils sous le commandement du lieutenant-colonel Antonio Tejero fit irruption lors du vote pour imposer un coup d'État militaire. Cette tentative de coup d'État sera connue sous le nom de "23F". Cependant, cette tentative de coup d'État resta sans soutien et, par conséquent, ne put prospérer et ne fut qu'une tentative.

Deux jours plus tard, Calvo Sotelo fut investi comme nouveau chef de gouvernement. Sa politique différa peu de celle de Suárez, bien que l'on puisse souligner la demande du gouvernement d'adhésion de l'Espagne à l'OTAN et, bien sûr, la loi sur le divorce. Après le bref gouvernement de Leopoldo Calvo Sotelo, de nouvelles élections furent convoquées en 1982. Le PSOE, dirigé par Felipe González, remporta ces élections avec une majorité absolue. Felipe González, qui deviendrait une figure clé de la politique espagnole, dirigea l'Espagne dans une ère de grandes réformes qui inclurent l'expansion de l'État-providence et l'intégration de l'Espagne dans la Communauté Économique Européenne.

Avec l'ascension du PSOE, on considéra que la transition vers la démocratie était achevée, consolidant un système démocratique qui a perduré dans le temps. Pendant 30 ans, personne n'osa remettre en question le modèle politique issu de cette période. Cela ne se produisit qu'avec l'apparition du mouvement social 15M et l'irruption de nouveaux partis politiques.

Maintenant, nous voulons vous demander : pensez-vous que la transition a été idéalisée dans l'histoire récente de l'Espagne, ou au contraire, y a-t-il eu plus de lumières que d'ombres ? Allez, nous nous lisons.

Pour le reste, n'oubliez pas que si vous avez aimé la vidéo, vous pouvez mettre un "like", vous abonner, et nous nous retrouverons dans de prochains épisodes. Pour le reste, un salut et à la prochaine.