Transcription
À partir de 21h, je clique trois fois sur mon portable et l'écran devient rouge total.
La lumière bleue, c'est le soleil qui rentre dans l'atmosphère et ça fait de la lumière bleue et c'est ça qui fait que ça nous réveille le matin et qui nous empêche de dormir le soir. Nos écrans, ils sont blindés de ça.
L'amplitude, c'est la clé pour durer. Si ta hanche a des mauvaises amplitudes, ben tu peux moins bien sprinter.
J'ai un petit coussin que je mets sous les ischions et j'essaie vraiment d'être assis sur mes ischions et pas mes tubérosités. Tu peux te faire une une hernie discale. Pour 1 heure d'athlétisme, je dois travailler au moins 6h dans ma salle.
Et moi aujourd'hui, j'ai pas besoin de faire beaucoup d'athlétisme pour être très fort en soi. Il faut juste que mon corps il marche bien.
Et ben, salut les extraterrestres. J'espère que vous êtes en pleine forme aujourd'hui. Je vous le souhaite parce qu'aujourd'hui c'est un épisode, un épisode d'anthologie comme très souvent on fait sur Extraterrien, mais aujourd'hui un petit peu plus peut-être que d'habitude.
Euh l'invité du jour, vous le connaissez toutes et tous. Je pense que c'est un invité qui nous a fait rêver, qui nous a fait qui nous a fait aussi pleurer, qui nous a donné un petit peu de joie et aussi des émotions par un moment triste. C'est un peu l'athlète ultime. Et puis aussi, on a envie d'être son copain quand on le regarde à la télé, on se dit tiens, c'est un gars qui a l'air super sympa, qui est touchant, qui est humain et qui dit les choses avec son cœur. Et c'est quelqu'un qu'on apprécie euh bien évidemment.
Voilà, vous si je vous rappelle rapidement son palmarès euh Recordman du Décathlon, euh vice-champion olympique, champion du monde également, je ne sais plus le nombre de fois champion de France, il me le dira. Mais euh ben voilà, bienvenue Kevin, bienvenue. Merci euh d'être ici. Merci de m'accueillir.
Euh je suis ben je suis ravi de te recevoir, ça fait ça fait ça fait très plaisir. Tu vois, c'était un petit accomplissement euh quand j'ai commencé Extraterrien. Je me suis dit tiens, c'est quoi les les 10 athlètes que je rêve de d'avoir ? Ouais. Et tu étais dans cette dans cette liste là. Donc ça me ça me touche.
Euh pourquoi tu as de passage à Paris ? Euh parce que il le faut de temps en temps pour faire tout. J'ai des j'ai un truc qui s'appelle le SMR. En gros, c'est visite médicale pour la Fédération. Euh du coup, j'en profite pour faire tous mes rendez-vous, ma petite tournée médiatique parce que j'ai fait trois compétitions et les médias se sont un peu excités. Donc du coup, je fais un peu tout ça. Je je suis plutôt j'aime bien rester chez moi, m'entraîner dans le sud à Montpellier. Je je viens pas souvent à Paris, mais des fois il il faut venir pour bosser et du coup on en profite pour répondre à des demandes comme les tiennes quand on quand on aime bien le contenu et cetera. En général, on en profite pour passer sur certains podcasts et certains médias.
Bon ben écoute, cool. Il dans tous ces petits passages médicaux euh c'est tous les ans du coup que tu fais ça ? Ouais, c'est deux fois par an. On est obligé de faire une visite médicale pour voir si tout va bien et cetera et si tu le fais pas, tu peux pas faire de compétition. Donc Ah c'est pour la fédé ou pour Ouais, j'étais à la bourre en plus là donc fallait vraiment que je le fasse. OK. OK. D'accord.
Il il y a quoi ? Il y a des tests physios, des tests cardio. C'est c'est quoi ? Non, c'est c'est pas des tests c'est pas des tests physiques ou quoi. C'est vraiment une visite médicale comme vous [grognement] faites tous. Après, on regarde un peu plus les amplitudes des hanches, des genoux, des chevilles, du dos et cetera. On fait des tests des yeux, c'est important. On fait dentiste aussi, c'est hyper important. Plein de choses comme ça qui peuvent faire en sorte que de d'écarter pas mal de soucis qui peuvent venir plus tard.
OK. Toi, il y a des petits points d'alerte là ? Pas en ce moment, non, pas en ce moment. Après, je suis décathlonien donc il y a forcément toujours des tensions à droite à gauche parce que quand tu t'entraînes au décathlon, tu prends des chocs de partout dans la tête. Mais ça se passe super bien en ce moment. L'entraînement, c'est plutôt cool.
Bon ben très bien. C'est c'est rare ces moments où tu sais où tout est fluide dans le corps et tout ça se passe bien. C'est c'est pas évident. Et puis en plus, je sais que tu as eu pas mal de de petites galères et comme tu l'as dit, j'ai l'impression que la blessure et l'inconfort physique, ça fait partie de un peu du quotidien du décathlonien. Ouais ouais.
Franchement, c'est marrant parce que au niveau public français, je suis un peu celui qui est connu. Donc on a l'impression que je suis tout le temps blessé, mais je suis un des décathloniens les moins blessés et avec une une des carrières les plus longues. Donc ça me fait rire quand j'entends le grand public parce que quand je vois mes potes du Décathlon qui font 2 ans et des fois qui reviennent jamais à cause d'une blessure ou quoi, là on voit vraiment ce que c'est le Décathlon.
H tu je sais pas si tu suis un peu l'erox ou pas. Ouais, je suis je vois plein de gens qui font des chronos et tout. Je me je me situe pas trop encore sur les chronomètres et cetera, mais j'ai des potes qui ont fait des plutôt bons temps. Je regardais aussi des des gars que je suis. Donc ouais, mais non mais désolé, j'ai fait un petit saut de cabri mais c'est parce que le le recordman de France actuel c'est un c'est un ancien décathlonien. Ouais. Julien Coclin Salomon. Non, attends. D'accord. Après, si a fait du décathlon mais pas dans des sphères de très haut niveau, peut-être que je le connais pas. Mais ça ça m'étonne quand même. Attends euh, je vais te dire Julien Coquillo Salomon, ça me dit quelque chose ça. Ça me dit quelque chose. Ouais. Ah bah les décathloniens, j'ai un pote en ce moment qui s'est mis au crossfit qui est ancien décathlonien. Je pense que s'il fait un, il envoie vraiment du lourd. OK.
C'est marrant [rires] parce que vous faites pas trop d'endurance si j'ai bien cru comprendre mais après vous faites de la zone 2 toute la journée à être debout à marcher à faire plein de petits efforts quoi. Non, c'est de l'explosif, c'est vraiment du sprint nous. Mais en fait le truc c'est étant donné qu'on fait euh ça sur 2 jours et qu'on termine par 1500 m, on a quand même une petite base. Donc c'est vraiment la le c'est au milieu comme l'erox, c'est c'est on a de la puissance et en même temps on a on a de la résistance. Hm. Donc c'est pour ça que les décathloniens qui il vont, ils s'entraînent un petit peu au demi-fond et du coup ils sont monstrueux à ça franchement. OK. OK.
Bon ben écoute, [rires] tu as peut-être une carrière. Non, je suis pas fan de l'effort AOX. Moi si je devais après faire autre chose, ce serait vraiment déjà j'aimerais bien m'amuser parce qu'on fait de l'athlétisme, on joue au basket, on joue au tennis, on joue au golf. Donc ce serait plus un sport co ou un ou un truc où on joue. Franchement, j'ai un peu envie de jouer après ma carrière.
C'est c'est quoi les sports qui te font qui te donnent envie ? Moi, j'adore beaucoup de choses. Déjà aujourd'hui, je joue au basket, je joue au tennis, je joue au golf, je joue au beach volley, je fais de la chasse sous-marine, tous ces choses. J'aime, j'adore le sport en général. Franchement, ce qui me botte le plus, c'est l'athlétisme. C'est pour ça que je me bats pour rester le plus longtemps possible. OK.
Tu as le droit de faire de la chasse sous-marine ? Les sponsors, il tu as pas des clauses ? Non, en fait, on a trop l'habitude des des sports d'équipe où tu as des clauses parce que quand tu es blessé, tu portes préjudice à ton équipe. Ouais. Tu es salarié. Exactement. Et moi, si je me blesse, je fais pas de résultat. Si je fais pas de résultat, j'ai des clauses qui me baissent mes contrats. Donc c'est tout pour ma pomme en fait. Donc vraiment, j'ai aucune interdiction. J'ai juste à faire attention à moi, sinon bah je gagnerai pas quoi, tout simplement. [rires] OK.
Non, c'est intéressant. Et dans la du coup tu as une apnée de malade ? Non. Euh bah j'en fais pas souvent parce que déjà à Montpellier l'eau euh il y a pas beaucoup de poisson, elle est pas claire mais quand je vais chez un pote en Nouvelle-Calédonie, c'est vraiment un truc où je pense qu'à ça quoi. Et en 3 semaines, je passe de d'un mec qui arrive à aller à 15 m pendant une minute. Ah je descends à la fin, je descends à plus de 20 m et je tiens 1 minute 30 2 minutes. Donc c'est sympa. C'est vraiment cool. OK.
Et tu sens que ça a des bienfaits pour ta pratique ? Pas pour ma pratique à proprement dit, mais vraiment pour mon bien-être, l'apnée et le fait d'être à fond dans quelque chose pendant 4 heures et puis surtout d'être dans l'eau où bah il y a tous les minéraux et tout qu'il faut pour le corps. Donc franchement quand tu fais ça tous les jours pendant 15 jours euh ton apnée a augmenté. Donc c'est une sorte de méditation, tu te sens mieux, tu te sens plus cool, plus relax et euh et tout simplement quand tu fais ta passion, tu es tu es heureux. C'est pas très fatigant physiquement, même si tu as un petit coup de barre après. Donc à long terme, ouais quand tu reviens une semaine après, tu te sens mieux. OK.
J'imagine, tu dors bien, non ? Quand tu fais la pneu le système nerveux parasympathique qui doit faire à partir du moment où tu te baignes dans la mer, tu dors mieux. S'il y a tous les minéraux, le sodium, magnésium et cetera qui font que tu es tu es tu es beaucoup moins en carence. C'est aujourd'hui on est beaucoup en carence parce que on est beaucoup moins comment dire confronté à la nature. Donc fait de se baigner dans la mer. Bon, il y a aussi de la merde dedans par les métaux lourds et cetera mais il y a des choses bonnes aussi. Ouais. J'imagine qu'en Nouvelle-Calédonie [rires] le l'eau est pas pareil qu'à Montpellier quoi. Ouais. Ouais. À Montpellier aussi. Oui mais à Montpellier aussi je me baigne beaucoup et je sens direct les bienfaits franchement. OK.
Euh tu as tu as [grognement] d'autres petites Enfin on va on va reparler. On va reparler. Excuse-moi, je je vais je vais y revenir plus loin, mais le tu as parlé du tennis, du basket, plonger, chasse sous-marine, plonger, chasse. Euh si tu devais choisir un sport, que je retire le décathlon et que tu devais en choisir un, euh te remettre à tes 18 ans, on va dire, tes 16 18 ans et te dire "OK, tu dois atteindre le top niveau, tu choisirais quel sport ?" Franchement, le mon plus gros problème de ma vie, c'est que j'ai pas assez de vie pour faire tout ce que j'ai envie de faire. Et c'est pas pour rien que j'ai fait du décathlon, c'est que c'était le sport le plus riche en terme de sensation et d'apprentissage technique. Et euh mon plus grand souhait, s'il y avait pas de décathlon, ce serait d'avoir plusieurs vies pour faire carrière de golf, pour et puis ensuite essayer carrière de basket et puis ensuite essayer carrière de tennis. J'ai fait beaucoup de tennis quand j'étais jeune et j'ai arrêté et mais j'ai envie de m'y remettre. Enfin, il y a trop de choses intéressantes et puis quand on sort du sport, voilà, j'aurais adoré être docteur en astronomie. Enfin, plein de choses qui m'auraient plu. Ouais. OK. Ouais. Euh ouais, ça fait beaucoup. Ouais. [rires] Ouais.
Euh tu as un petit peu le plan après pour la suite quand tu arrêtes le sport, je sais que les athlètes aiment pas du tout parler de leur retraite parce que bah les journalistes, ils appuient dessus. Je viens de terminer la la biographie de Andrea Gassie. On sent que ça ça le ça ça le fait chier quoi. À chaque chaque tournoi, on lui demande et c'est quand la fin ? Et c'est quand la fin ? Et bon, il finit par gagner un grand chelem à plus de 35 36 ans, ce qui à l'époque était le record. Euh et mais mais il dit quand même que tu penses un petit peu toujours des fois tu te permets un peu de rêver parce que tu es tellement dans ta vie, tu es tellement à fond, tu es tellement dans l'élite, il y a des petits moments tu rêves et tu dis "Ah tiens, je ferai un peu ça." Euh toi, toi c'est des trucs des fois tu penses un peu pour pour te faire kiffer ou juste pour lâcher la pression un peu du sport. Ouais.
La grosse différence entre les autres sportifs et moi, je pense que moi j'aime toute la partie de mon sport, c'est-à-dire que j'adore l'entraînement aussi. Agassi, même les matchs il aimait pas forcément. J'étais tennisman quand j'étais petit, j'ai grandi avec ce grand mec et ça sa particularité c'est que tu avais l'impression qu'il aimait pas ce qu'il faisait quoi. Et moi c'est vraiment tout l'inverse, c'est que je vis une vie de rêve. J'en chie hein. J'en chie. J'en chie tous les jours. Je fais des exercices chiants qui me permettent après de m'exprimer sur la piste et c'est ce que j'adore. Mais dans ce sens-là, je continuerai tant que je pourrai continuer, tant que mon corps me le permettra. Et j'ai des techniques d'entraînement qui sont plutôt bonnes, surtout en prépa physique qui me permettent d'imaginer que ça peut durer encore longtemps. Mais j'en parle avec le sourire parce que voilà, quand ce sera fini, ce sera fini. J'ai tellement d'autres projets et des fois j'ai pas hâte que ça se termine mais des fois je suis là et j'ai des envies et elles se concrétisent pas parce que toute l'énergie, le moindre brin d'énergie que j'ai dans mon corps, je le mets à mon entraînement et c'est vrai que bah j'aimerais bien créer un podcast, discuter avec des gens intéressants comme toi, tu vois. Enfin, vraiment c'est des choses qui me plaisent à côté. J'aimerais bien créer enfin voilà là je vais essayer de passer mon mon diplôme de préparateur physique. J'aimerais bien avoir ma salle avec des gens que j'ai envie de réparer et de faire progresser physiquement. J'aimerais bien aider des groupes d'entraînement d'athlétisme. Enfin, j'ai plein de choses comme ça et mon plus grand rêve ce serait de créer mon académie. Donc qui sont en suspend parce que la moindre goutte d'énergie que j'ai c'est c'est pour l'entraînement. Ouais. OK.
Il y a rien dans l'entraînement qui te fait chier. Mais c'est tu peux pas avoir enfin, je veux dire, tu peux pas avoir comment dire, il y a rien qui est insurmontable quand je pense au plaisir que j'ai à faire un sprint. H donc j'ai ma muscu chez moi, je me lève le matin, je vais dans la muscu, je fais des exercices chiants de posture, de gainage, de ça, j'y passe des heures mais avec la la carotte au bout du fil qui me permet de me dire "Mais c'est pas du tout grave de pas aimer faire ça quoi. Parce que à côté je sais je sais pourquoi je le fais." Donc quand on a une raison, tout paraît moins douloureux quand même. Mais si mais si c'est chiant. [rires] Je franchement dans ma salle de muscu, il y a pas grand-chose que j'aime faire mais je me sens tellement mieux physiquement après que j'y retourne avec plaisir.
Tu fais beaucoup plus de muscu maintenant que au début. C'est Ouais. Après, il faut bien qu'on soit d'accord sur le terme musculation. C'est rare que j'ai des poids dans les mains. Euh c'est surtout en fait c'est il y a il y a deux filières qu'il faut travailler pour être un bon athlète. C'est d'abord tes amplitudes, c'est-à-dire que si ta hanche a des mauvaises amplitudes, ben tu peux moins bien sprinter. Et ensuite tu travailles, comment dire dans ces bonnes amplitudes, la puissance, la force et cetera. Et l'amplitude c'est la clé pour durer. [rires]
Donc tu fais beaucoup de mobilité. Exactement. Je fais que ça. Je fais pratiquement que ça. Dès que je sens que j'ai atteint une certaine un certain équilibre euh un certain équilibre physiologique et cetera, que je sens que je récupère bien, que mes amplitudes se comment dire euh baissent pas avec la pratique de l'athlétisme, bah là je commence à rajouter de la puissance et là l'athlétisme ça ça explose. OK. Parce que l'athlétisme ça te raidit quand même. Ouais. Surtout ce que tu fais toi quand tu fais de la puissance, ça raidit beaucoup il me semble. Complètement. H il faut savoir que pour 1 heure d'athlétisme, je dois travailler au moins 6h dans ma salle pour équilibrer les choses. Et c'est beaucoup de travail hein, ça paraît fou et cetera, mais c'est de la discipline. C'est c'est moi je dis toujours que quand on a un objectif euh la première semaine est difficile et les semaines d'après sont faciles. C'est-à-dire que pendant la première semaine, va falloir que tu te forces à y aller et ça fera partie de ta routine les semaines d'après. une semaine de douleur et après ça passe tranquille. OK.
Tu tu as comparé ta mobilité avec des gymnastes ou avec des athlètes qui sont justement hyper mobiles ? Pas des gymnastes. Je pense que je suis moins mobile qu'eux, mais je suis mobile. C'est-à-dire que quand je fais les visites médicales, par exemple, ils me demandent d'aller toucher mes pieds le matin. Je pense pas que tous les sportifs peuvent aller toucher les mains dès le réveil. Oui, voilà, c'est je travaille tellement que enfin voilà, je suis pas je fais pas le grand écart et cetera parce que je travaille pas non plus pour faire ça. Ce serait juste pour m'amuser si je voulais essayer de faire un grand écart mais je travaille juste dans les amplitudes que je veux avoir après sur la piste. OK.
Tu connais l'application Go ? Non, pas du tout. C'est c'est une application qui a été montée par des kinés d'ailleurs qui sont à Montpellier. Ouais. Euh que que j'embrasse Théo Saliné. Et en fait et c'est une application de mobilité à la base c'est pour les crossfitters, tu vois. Donc beaucoup de mobilité de de hanche, de bassin, beaucoup de mobilité d'épaule aussi, mobilité de chevilles pour les squats euh tests à faire si tu veux mais en fait au début en gratuit, tu as une semaine gratuite mais tu as surtout un test où tu as des des tests de rotation, des tests tu vois face à un mur comment tu peux déployer tes épaules et tout et euh les plus mobiles, ils ont 90 92 sur 100. Ça prend 5 [rires] minutes ça. Ça prend 5 minutes. Je serais hyper curieux de savoir. Vasy, je vais essayer.
Euh du coup, ouais. Tu fais tu passes combien de temps par jour ? Tu disais tu disais 6h de mobilité pour une heure d'athlétisme. Ouais. par jour, ça te fait euh En fait le truc c'est que quand tu es jeune, il y a vraiment tout l'apprentissage technique, donc tu passes beaucoup de temps sur la piste. Mais moi aujourd'hui, j'ai pas besoin de faire beaucoup d'athlétisme pour être très fort en soi. Il faut juste que mon corps il marche bien et je fais quelques répétitions qui me permettent de progresser assez vite parce que je sais ce qu'il faut que je fasse. J'ai déjà j'ai déjà la maîtrise en gros de mes épreuves, même si elles pourraient être beaucoup mieux, mais il faut faire attention. le rendement quantitatif euh du décathlon, tu as 10 épreuves à travailler. Si tu veux trop les travailler, tu exploses mais vraiment comme un pop-corn au bout de d'un an. Donc je suis un de ceux qui est le moins souvent sur la piste, mais par contre j'ai ma muscu chez moi et je dirais même pas en terme d'heure parce que en fait le truc c'est que je me lève le matin, même si je mets mon match NBA pour regarder, pour me réveiller tranquille, j'ai une balle et je fais mes trigger points. J'ai j'ai un couteau des couteaux qui s'appellent pour travailler les fascias. Enfin voilà, je c'est un c'est un style de vie, c'est pas du tout des heures de travail. C'est pas je vais au bureau et je rentre, c'est le soir, j'ai ma lumière rouge, j'ai tout ce qu'il faut pour bien m'endormir à la bonne heure et cetera. C'est vraiment un style de vie qui permet de d'augmenter plutôt de faire baisser l'âge physiologique de ton corps et qui permet de durer plus longtemps parce que le vrai tracard des décathloniens, c'est les blessures. Ouais.
Tu l'as mesuré ton âge biologique ou pas ? Non, j'ai pas encore fait ça. J'ai pas encore fait les prises de sang. Je Ben c'est justement c'était Thomas de de Dinoveo qui m'avait dit de le faire. OK. Et j'ai pas encore fait. Ah je te passerai le contact. Je je les connais bien Lucy et on bosse avec eux. Moi je l'ai fait et tout aussi et et tu apprends beaucoup de choses. Ouais. sur toi sur comment comment après quand tu es un athlète de haut niveau. Le problème encore de ces services là c'est que tu es comparé par rapport à des ranges de la population globale et tu sais en fait ils prennent ils prennent 100 % de la de la population globale. Donc par exemple imaginons le magnésium, ils prennent le taux de 100 personnes, les cinq plus bas ils enlèvent, les cinq plus hauts ils enlèvent. OK. Et du coup ils calculent le range sur les 90 restants. OK. Mais dans ces 90 restants là, tu peux avoir euh une mamie, tu peux avoir un enfant, enfin généralement, il y a pas d'enfant. Il faudrait que ce soit fait par tranche d'âge déjà, je pense par tranche d'âge et par niveau d'activité. Ouais, nous je sais pas pour toi euh tu me diras ce que tu prends après en complément mais moi j'ai pris pendant un moment de la créatine et je prenais pas des doses de cheval, je prenais des doses normales était très très vite au-dessus des tr et du coup l'ordinateur dit que tu es tu es tu es plus vieux à cause de ça. Bah non, maintenant avec l'IA, ils le font super bien. Ouais. Ouais, d'accord. Tu vois, ils le font super bien. Ils te disent "Ah, OK, tu as ta créatine haute" mais en fait c'est parfaitement normal, même c'est bien et tout. Maintenant avec ils le font bien mais faut savoir le lire tu vois je pense c'est repasser par un médecin expert il y a rien de mieux et de OK.
Attends attends du coup si on liste tes tes petites routines du quotidien là [rires] tu as ta balle de tennis tu fais trigger point non c'est des balles de lacrosse elles sont plus dures du coup tu vas plus tu vas plus profond [rires] balle de golf aussi pour la voûte plantaire tu fais voûte plantaire d'eau en fonction des tensions je j'ai des points qui reviennent tout le temps. En général, quand je fais des sprints, c'est les ischios. Quand je fais du poids, c'est le dos. Donc, j'ai des points qui reviennent tout le temps. Il faut que je les entretienne. Faut que je je passe du temps sur le trigger point. Le trigger point, c'est des endroits euh où le système nerveux envoie plus d'information et si tu appuies sur cet endroit du muscle, ça va relâcher le muscle dans son ensemble. Donc c'est c'est vraiment une bonne technique. OK.
Donc tu fais ça, tu fais le couteau pour les fascias. Mais il y a trop de trucs si tu veux faire la liste. Je fais le couteau pour les fascias où tu frottes en gros et et l'abrasion des tissus fait que ça libère les fascias sous la peau. Je fais une machine d'électrostimulation. En fonction de ma motivation, je peux en faire 4 heures par jour comme qu'une heure. Voilà, j'ai et l'intensité de cette machine peut aller très haute comme la mettre juste en récupération. Par exemple, quand je me blesse ou que j'ai une compétition, je la mets toute la nuit à basse intensité. Enfin, il y a il y a vraiment beaucoup de choses. Après à l'entraînement dans ma muscu, il y a plein plein de choses. Je pratique la décoaptation de la colonne. Donc ce qui s'appelle les ailes de papillon, en gros, tu contractes certaines parties du corps qui permettent de de d'écarter les vertèbres entre elles. Ça s'appelle décoapter. Donc ça ça permet de de de créer de l'espace. Et du coup ça Comment tu fais ça ? Ça s'appelle c'est la technique le doigt. Les Canadiens la font beaucoup en France. Ça a pas du tout marché. Pourtant, c'est un Marseillais qui l'a inventé et euh bah c'est les gens adorent le tout de suite alors que cette technique, je la fais 6 minutes par jour et tu as des résultats que au bout de 8 mois. Donc [rires] c'est c'est pas du tout assez rapide pour le le la personne qui veut du résultat tout de suite. Après, on a on a des grosses machines de guerre qui nous écoutent et des [rires] passions. Voilà. Ben c'est bien. Mais c'est pour libérer du coup ta colonne. Ouais.
Et ben en fait le truc c'est la position assise. Au bout de 20 minutes de position assise tu développes des névralgies parce que tu es pas la position assise qui est quelque chose de pas naturel qui n'était pas faite du tout par nos ancêtres lointains. Et donc dès que tu restes longtemps assis, tu développes des schémas herniés en fait des des et ça peut être à n'importe quelle vertèbre en fonction de comment tu t'assois. OK. Et là tu me disais que tu t'étais assis d'une manière particulière. Ouais. C'est en fait alors normalement j'ai un petit coussin que je mets sous les ischions et j'essaie vraiment d'être assis sur mes ischions et pas mes tubérosités. Les tubérosités c'est la tâche haute des ischions. Donc en gros c'est toujours pareil et j'essaie j'essaie de rester bien droit pour pas justement faire en sorte que ta colonne elle soit en flexion comme ça. C'est là que elle est en flexion comme ça. Ça s'ouvre et en gros tu as le le disque à l'intérieur qui ressort et qui va appuyer contre le nerf. Et c'est là que tu as un schéma hernié et que tu peux te faire une une hernie discale. Donc, j'essaie d'être le moins souvent comme ça. OK. Parce que Ouais, toi le dos, ça a été un c'est ça a été un sujet. C'est en fait le bas du dos, c'est le c'est vraiment le centre du corps. C'est c'est le centre de gravité. Merci. [rires] centre de gravité du corps. Donc toutes les forces que tu mets quand tu fais du sport, c'est si tu envoies l'énergie dans la bonne direction, c'est à ce point-là qu'il y aura le plus de tension. H et donc c'est cet endroit qu'il faut le plus travailler et c'est cet endroit qui prend le plus cher. Et en plus, j'étais casse-cou quand j'étais petit. Donc j'ai fait une chute à ce qui est vraiment très très mauvaise, on va dire. J'ai pris beaucoup trop d'élan sur une sur une bosse et je suis retombé sur le plat d'après et toutes mes blessures sont un peu dues à ça. Ah ouais ? Ouais. C'est une dette qui est à vie et tout ce que je fais tous les jours, c'est pour diminuer cette dette mais elle sera toujours présente. OK. Comme toutes les blessures au final. OK.
Si tu devais me dire les trois positions de mobilité que tu penses que tu feras toute ta vie et qui te sont toi les pour toi les plus utiles ? Tu retiens tu retiens lesquelles ? Bah ce qui est si ce qui est dur à expliquer, c'est que ce que je fais, personne ne le fait vraiment. J'ai un préparateur physique qui est basé à Lyon et qui me fait faire une technique qu'il a inventé lui-même. Donc si je vous donne des noms, vous allez même pas savoir ce que c'est. Sur mes réseaux sociaux, des fois il y a des il y a des photos, il y a des photos de moi qui les fait. Mais alors celle où je fais une fente euh vraiment à amplitude max, en gros, j'essaie de faire une impulsion, sauf que je suis par terre et je bouge pas et j'essaie de contracter tous les muscles qui permettent de faire une impulsion. Ça ça permet vraiment de comment dire libérer le psoas qui est un petit peu bah qui passe par le centre de gravité du corps et qui est un peu un muscle qui se tend beaucoup surtout quand on est beaucoup assis. Et dans notre société d'aujourd'hui, on est trop assis, donc ça libère bien. Euh, je fais beaucoup la technique du pigeon qui est beaucoup plus connue où en gros, ça libère la hanche, ça libère les extenseurs de la hanche en faisant une flexion de hanche. Et après, s'il y a bien un exercice que j'adore, c'est le pendu et je le fais à une main. Donc je tiens moins longtemps bien sûr, mais je tiens entre j'essaie de faire 3 minutes et dès que je craque, je craque et je repars 3 minutes de chaque main. Mais je fais pas en une fois hein, je fais 1 minute 10 à la première, 45 secondes après je jusqu'à 3 minutes comme ça. Déjà c'est solide, ça libère de ouf. Ouais. Une minute à une main déjà c'est solide. Mon record c'est une 53 main droite et une 46 main gauche. [rires] Je vais tenter dès ce soir. Non.
Ce qui est bien aussi c'est que chez moi, j'ai fait installer une échelle horizontale sur le plafond de ma muscu et tous les matins, en fait, je fais le singe. Je je fais un aller-retour sur l'échelle horizontale avec les mains. OK. Ça te sert à quoi pour dans le décathlon ? Faut savoir que vraiment tout le monde voit les muscles un par un mais c'est vraiment des chaînes, c'est des chaînes qui sont accrochées par les fascias dont on a parlé tout à l'heure et et en fait on vient vraiment des singes et on n'est pas assez pendu vraiment le fait de de se balancer comme ça dans dans mon échelle horizontale ça me réveille le matin vraiment ça active mon système nerveux je serai pas l'expliquer mais première fois que j'ai fait ça j'ai fait ça il me le faut à la maison il faut que je fasse tous les matins quoi. que Ah ouais, ça t'a fait tellement de bien que tu t'es dit euh ouais, ça libère, ça libère et il faut bien savoir que c'est des chaînes donc si tes bras ils sont faibles des fois ça peut directement impacter tes jambes qui sont trop fortes. Donc c'est vraiment un équilibre entre le haut et le bas que beaucoup notamment dans la course et je sais que tu es à fond dans la course donc travaille pas beaucoup le haut. Je sais que les sportifs de niveau dans le demi-fond le travaillent à fond pour ça pour compenser justement. Mais en fait, c'est pas pour rien que tu envoies ton bras gauche vers l'avant euh quand tu tu pousses avec le pied gauche vers l'arrière. C'est c'est c'est essayer de courir sans les bras, c'est tout. Et tout le monde comprendra. [rires] Je je ferai pas le test chez moi à m'attacher, [grognement] mais Non, mais c'est c'est vrai. Et pour le pour la suspension et le pont de singe, euh moi ça m'a fait peur pendant un moment, j'avais des tendinites à l'épaule. Hm. Et en fait, un médecin m'a dit "Mais essaie pas de forcer et balance-toi en fait vraiment comme Tarzan, il se balance, c'est souple, c'est léger. Essaie pas de d'être rigide dans ton épaule. Là, tu vas te faire mal et tu vas te tu vas te faire mal." Et et à l'inverse, c'était léger, ça devient un truc hyper vertueux. Ben c'est un peu comme la colonne quand je parlais de décoapter hein. C'est si tu te laisses pendre, ça décoapte les épaules et ça décoapte même la colonne parce que forcément le poids de tes jambes, entre tes jambes et ta colonne, ça ça allonge la colonne vertébrale et des fois aussi je me fais pendre je me pends. Là, c'est ça fait du bien ça aussi. OK.
Euh bon, c'est une conversation de geekos là. Gros geeks. [rires] Mais non mais non mais c'est cool. Nous les gens qui nous écoutent sont sont passionnés aussi de ça. Euh dans le premier exercice, tu as dit "Ouais, je fais une position de fente et je contracte tous mes muscles." Du coup, si je comprends bien, c'est de l'isométrie finalement. C'est une forme d'isométrie. Alors, c'est pas une forme d'isométrie parce que en fait, je cherche à allonger une chaîne en contractant la chaîne opposée. Donc, c'est-à-dire quand je cherche à allonger mon psoas, psoas qui sert à la flexion de la hanche, j'active le l'extenseur de la hanche, le fessier. Voilà. OK. Donc j'essaie d'allonger ce psoas. Donc je mets une certaine contraction et après c'est c'est une forme de méditation mais sous effort physique assez intense où je suis là et je pense qu'il y a une chose c'est relâche relâche relâche et voilà. OK.
Euh bon, c'est c'est ça fait beaucoup mais je vois je vois mais du tu fais un peu de plio j'imagine pas mal. La plio c'est vraiment si tout va bien. OK c'est tu le mets en dernier une fois que tout est nickel. Mais franchement, on va pas se cacher dans la course, c'est que de la plio. Quand tu cours, tu fais de la plio. C'est c'est des rebonds enchaînés, surtout quand tu fais un sprint, c'est des rebonds enchaînés à intensité max. Quand je fais du saut en longueur, c'est donc je priorise vachement l'athlétisme une fois que j'ai renforcé tout ce qu'il faut. Donc ça ça fait du renforcement spécifique.
En fait, de faire ta discipline, et quand j'arrive proche des championnats et que je sens que tout va bien physiquement, je commence la plio. Mais une fois, bah, j'avais juste une petite tension au dos avec la tension nerveuse qu'il y avait avant les JO de Tokyo. J'ai fait de la plio par-dessus des et je me suis bloqué le dos. Donc, faut faire très attention. C'est, c'est vraiment pour ça que je parle de euh de de bien gérer ces amplitudes avant de vouloir rajouter de la force et de la puissance.
Parce que quand les amplitudes ne sont pas bonnes, le muscle, il marche moins, et si tu lui mets des des charges, des contraintes, bah, il va pas se contracter de la bonne manière justement. Il va pas réussir à se relâcher.
OK. Hm. Et c'est très important un muscle qui qui doit se relâcher. C'est dans tous les sports, ce qui est très important, c'est qu'il arrive à se contracter très vite, mais pour faire le geste inverse, il faut qu'il se relâche très vite, et on l'oublie souvent. Et c'est ce qu'il faut travailler aussi à l'entraînement.
J'ai plein de machines grâce à ça. Là, on est encore dans une conversation de geekos. Tu m'arrêtes si je suis trop geeko. J'adore ça. Les auditeurs aussi. Mais mais j'ai une machine qui fait que, par exemple, ouais, c'est c'est une sorte de poulie en fait, où je fais des rebonds en gros, et c'est un rail où tu as tu as une corde au milieu, et en fait, tu as un yoyo comme ça qui passe comme ça. Et si tu contractes mais que tu arrives pas à relâcher, bah le yoyo, il va pas dans l'autre sens. Donc tu contractes et tu relâches. En fait, tu travailles la fonction du muscle et pas du tout sa puissance ou quoi. Donc en gros, tu changes le signal nerveux de ton muscle.
Waouh ! [rires] Voilà. Tu vois, ça, j'avais jamais entendu parler et tout. OK. Parce que c'est c'est pour ça que les mecs qui sont en muscu et qui soulèvent de la muscu pour faire de l'hypertrophie, quand tu les mets sur un stade d'athlétisme, il se passe rien. Parce qu'en fait, ils font que de l'hypertrophie des choses, et en fait, le muscle a énormément de quantité. Il y a de la quantité musculaire, mais le signal nerveux n'est pas du tout fait pour la performance sportive.
Ouais, bien sûr. OK. Est-ce que tu fais, parce que là, on a déjà, on a bien vu quand même la partie mobilité musculaire. Est-ce que tu t'es penché un peu sur la partie neurotraining ? Là, en ce moment, il y a donc il y a Roland Garros qui vient de commencer. Nous, on s'est mis à fond avec Enzo, qui est là, à faire des contenus sur justement, bah Alcaraz, ce qui jongle, pourquoi il jongle, qu'est-ce que ça lui apporte, sur le fil de Brock aussi. Je sais pas si tu as entendu parler de ce truc. C'est un truc que les tennismen, ils ont. Ils mettent dans leur bouche, et ça fait un long fil. Ouais. Et en fait, il y a des il y a quelque chose qui avance et qui recule sur le fil. Ils doivent le regarder avec les yeux.
Ouais. Exactement. Et ça les aide en fait à tout couper, à être focus et à travailler, tu vois, à faire cet effort de que l'œil au tennis, c'est quoi qui travaille quand ils font ça ? C'est c'est les muscles des yeux. C'est les muscles des yeux. C'est la prépa physique des yeux. Et et et il faut bien savoir que le cerveau, le système nerveux, en fait, c'est quoi ? C'est c'est le transmetteur qui va du cerveau jusqu'au muscle. Donc quand tu travailles un muscle, tu fais du neuro. Et et là, c'est juste que les yeux, on les travaille pas assez. Et moi, tous les matins, je me fais, bah, je travaille pareil, je me fais un petit trait comme ça, et je le je l'approche comme ça, et je travaille, je travaille la préhension de mes yeux.
Ouais. OK. Euh, non, mais c'est c'est un truc, ça m'intéresse de plus en plus, tu vois, les les réflexes, le travail de la vue. Les réflexes archaïques, c'est un truc de fou.
Ouais. Ah ouais. Je sais pas si tu vois ce que c'est les réflexes archaïques. En gros, c'est tous les réflexes. Euh, en gros, quand un nourrisson naît, euh, il y a plein de manières d'inhiber ça, notamment le fait de passer par la voie vaginale, il est obligé de ramper. Donc il inhibe à partir de ce moment-là ses réflexes archaïques, et après il fait plein de choses étant petit, et des fois, il les fait pas. Et en gros, ça, tu sais, je sais pas si tu as déjà vu un docteur qui passe un stylo sur la colonne de quelqu'un, et d'un coup, il fait ça là, ça c'est un réflexe archaïque, et ça, ça c'est s'ils sont pas inhibés, euh, ça enlève vachement de motricité et cetera. Donc ça, les travailler, c'est hyper, OK, hyper, ouais, positif.
Ton acte à travailler du coup ? Ben moi, j'ai essayé de tout inhiber, on m'a tout testé et cetera chez des posturaux. Euh, maintenant, il y a une formation en France, un gars qui fait la formation et tout, donc c'est de plus en plus connu.
Ouais. OK. OK. D'accord. Euh, écoute, je le connais, je connais pas bien ce champ-là. Ouais. Donc euh, tu tu m'ouvres un tu m'ouvres un spectre, je me dis tiens, [rires] il y a un truc que je connais pas, je vais pouvoir geeker pendant deux mois.
Ouais, mais tu tu vas voir, c'est puis la personne, je te la donnerai, je te donnerai son nom après si tu veux. C'est c'est hyper intéressant parce que en fait, c'est comme quand tu parles des yeux. Les yeux, c'est hyper important. C'est encore, c'est une chaîne musculaire, et les yeux, bah, il y a des il y a des muscles dans les yeux qui font que bah, si tes yeux ils déconnent, il y a tout qui déconne, notamment chez les gens qui portent des lunettes.
Bien sûr. Et donc, il y a plein de choses comme ça. La mâchoire aussi. Je dors avec une gouttière. Ouais, parce que c'était mon dentiste qui m'a expliqué qu'en gros, si tu as tu as la mâchoire qui est ouverte de ça, il y a un muscle qui est qui arrive à se relâcher, alors que sinon, il arrive pas du tout à se relâcher. Et pour ceux qui grincent des dents et tout, mais c'est jour et la nuit sur la récupération de la nuit quoi.
Ouais. Tu vois, tu dors pas du tout de la même façon. Ouais, ouais, ouais. Ouais, je je suis quelqu'un qui réfléchit beaucoup, donc j'essaie de faire plein de techniques pour que le sommeil se passe bien. [rires]
Euh, bah ouais, ça, je connaissais, ils en parlent, ils en parlent beaucoup dans James Nestor, dans le livre Respirer. D'accord. Et en gros, effectivement, lui son constat, c'est qu'avec l'air industrielle et notamment la cuisson des aliments, beaucoup plus, on nos muscles de la mâchoire se sont devenus beaucoup plus faibles qu'avant. Du coup, la mâchoire s'est déplacée. Donc, il y a plein d'hommes qui font de l'apnée du sommeil et qui grincent des dents pendant qu'il pendant qu'il pendant qu'il dorment. Et ça, ça a plein de conséquences sur l'équilibre de ta tête, sur l'équilibre de ton dos. Et surtout, et et il dit que le le meilleur moyen de rétablir ça, c'est de c'est de respirer par le nez le plus possible.
C'est c'est marrant, mon posturau, moi, il m'avait mis une gommette sur mon portable, sur ma télé, sur mon réfrigérateur, et en fait, dès que je voyais la gommette, fallait que j'aie la langue sur le palais. Mais la langue sur le palais, tu arrives pas à respirer avec la bouche. Ouais. Tu vois, même la bouche ouverte, tu mets la langue sur le palais, tu Et du coup, dès que je voyais la gommette, fallait que je mette la langue sur le palais, et maintenant, dès que je parle pas ou quoi, j'ai directement la langue sur le palais.
OK. Sans sans réfléchir, quoi. OK. Ouais, [rires] c'est passionnant. Bah, on évoquait le sommeil, et tu disais que tu pensais beaucoup. Euh, j'imagine que tu as dû créer un petit protocole de [rires] mise en sommeil.
Alors, complet. Il y a deux profils de gens, les gens qui se lèvent qui se qui se couchent tard et qui se lèvent tard, et puis il y a les couchet et lève tôt. Moi, je suis couché tôt et lève tôt. Et dans la société d'aujourd'hui, c'est hyper dur ça, parce que franchement, dès que tu es invité quelque part, que tu fais un resto ou quoi, c'est vite du 22h, 23h. Alors que moi, franchement, je sens à 20h30 que je pourrais me coucher. Je force un peu pour rester jusqu'à 21h, 20h, 21h30, et après c'est ciao quoi. Et et non, j'ai j'ai un protocole, c'est-à-dire que à partir de 21h, je clique trois fois sur mon portable, et l'écran devient rouge total. Donc déjà, va sur Instagram, tu arrives plus à lire les trucs qui sont en bleu et tout. Donc c'est catastrophe. Donc tu vas plus sur les réseaux sociaux, donc ça te calme. Et moi, je fais, ouais, je me mets de la lumière rouge et je lis avec de la lumière rouge pendant une demi-heure. Et ça, en général, je je m'endors nickel quand je fais ça.
C'est de la lumière infrarouge là pour la peau et rechargement des tissus, ou c'est juste rouge parce qu'il y a plus de lumière bleue dedans et ça te ça te donne. OK. Exactement. C'est le cycle, je crois que c'est le cycle circadien qu'on appelle ça. Et en gros, il faut de la lumière bleue le matin. Enfin, il faut suivre le soleil en fait. C'est quand il y a plus de soleil, il y a dans la nature, quand il y a plus de soleil, il y a plus de lumière bleue. Ouais. Parce que la lumière bleue, c'est le soleil qui rentre dans l'atmosphère et ça fait de la lumière bleue, et c'est ça qui fait que ça nous réveille le matin et qui nous empêche de dormir le soir. Et nos écrans, ils sont blindés de ça. Bon, en plus, il faut, on va pas, on va quand même dire que les écrans LED qui, enfin, filmer votre portable avec un autre portable à 240 images seconde, vous allez voir que ça ça ça vibre. C'est pas de la lumière continue comme le feu ou le soleil et cetera, et c'est pas du tout pareil pour la rétine. Donc euh, tout ça qui fait que j'essaie d'éviter les écrans à mort, et euh, et le soir, que lumière rouge. Euh, les les longueurs d'ondes pour les tissus et cetera, j'ai pas encore bossé. J'ai pas encore bossé dessus. Je sais pas trop. J'ai l'impression quand même qu'il y a de quoi il y a de quoi aller chercher encore un peu plus d'information.
Ouais, [rires] c'est bah ça rend curieux en même temps. Je me dis ça paraît, c'est un peu comme tout, c'est au début, on te le vend à fond, on te dit ouais, c'est exceptionnel, c'est un peu fou. Donc moi, j'en suis un peu revenu de me dire ouais, c'est encore un truc qu'on me vend grave, laissons un peu quelques études se faire. C'est ça. Regardons un peu bien, et puis euh, ouais, à voir. Mais OK, donc protocole lumière rouge le soir. Euh, cohérence cardiaque un peu.
J'essaie. J'ai ma j'ai une bague qui qui enregistre qui enregistre mon rythme cardiaque toute la journée, toute la nuit euh pour regarder. Après, j'essaie de pas faire trop attention parce que moi, je suis plutôt élevé. Comme je fais un sport d'explosivité et pas de demi-fond, j'ai tendance à avoir un cher VBA, avoir un rythme cardiaque assez haut. C'est-à-dire que quand je suis en dessous de 60 battements par minute dans ma nuit en moyenne, c'est pas mal. C'est déjà bien. Ouais. Alors que tu vois, Martin Fourcade, il a 25 quoi. [rires] Donc j'en ai parlé avec des spécialistes qui m'ont dit "Non mais tu dès que à partir du moment où tu fais du sprint, il y a plein de mécanismes qui se mettent en place et c'est plus du tout les mêmes structures musculaires et du coup, c'est plus du tout la même manière de fonctionner, et ton cœur, c'est un peu le moteur de ta machine. Donc c'est pour ça qu'il s'adapte en fonction de ce que tu fais."
OK. Est-ce que tu as senti un impact de du téléphone, des réseaux sociaux justement sur le système nerveux et dans la pratique du sprint ? Je te pose ça, je te pose cette question-là.
Alors, je pense que je connais un peu ta réponse, mais durant les Jeux Paris 2024, il y avait des vidéos qui tournaient avec des athlètes qui partageaient leur temps d'écran. Ouais. Euh dans le village olympique ou juste avant. Et honnêtement, je je vais pas, je juge pas, tu vois, je suis pas athlète de haut niveau. Ouais. Mais de plus en plus, j'ai quand même le pressentiment et je le ressens moi, que le futur nerf de la guerre, ça va au-delà du physique où on commence à connaître beaucoup de choses. Le repos du système nerveux, le repos du cerveau, le contrôle un peu du système hormonal, ça va jouer. Et j'ai l'impression que, en tout cas sur moi, le téléphone portable, ça me flingue. Et j'en parlais à des avec des haltérophiles qui ont un peu le même objectif que toi sur du sprint avec beaucoup de puissance et de nervosité. Ouais. Et ils me disent, c'est très simple, jour de compète, pas de téléphone. Ah ouais, tu vois, genre vraiment, c'est interdit.
OK. Euh, est-ce que toi aussi tu as tu as un peu essayé de te pencher un peu sur sur ce côté-là, sur l'influence que ça peut avoir sur ton système, tu vois, de d'optique énergétique entre guillemets ?
Alors [soupir] alors, il faut toujours savoir que le le corps est bien fait, et le divertissement est devenu trop facile aujourd'hui, et le corps, il comprend pas ça. Avant, pour se divertir, le corps, il avait besoin de faire d'énormes efforts physiques, intellectuels et cetera. Aujourd'hui, tu peux scroller sur Instagram pendant 1h30, tu ne vois pas passer l'heure et demie, et demandez-vous ce que vous avez appris en 1h30. Je suis pas sûr qu'il y a beaucoup de choses qui ressortent de ce moment-là. Donc vraiment, le corps, il comprend pas. Il envoie de la dopamine à mort, mais il y a aucune expression physique, aucune expression mentale, il y a rien. Il y a rien. C'est c'est fantomatique. Et c'est ça le problème. C'est c'est ça le problème. C'est un peu comme de faire un jeu de guerre sur sur la console, c'est vraiment qu'il y a une adrénaline que le corps crée, alors qu'il ne se passe rien physiquement, à part de bouger les pouces pour pour tuer quelqu'un. Et c'est cette différence entre la réalité et ce que le corps va sécréter qui fait que bah le système nerveux, il arrive pas à se reposer, il est trop excité. Il y a pas eu euh la dépense physique ou la dépense dépense comment dire euh bah quand tu révises, il y a une dépense mentale, je dirais, ou une dépense. Il y a un Ouais, il y a un effort. Il il y a un effort quoi en fait. Cet aspect cet aspect là d'être fantomatique mais d'avoir énormément de sécrétion hormonale vis-à-vis de de ce que tu regardes fait que ça crée un déséquilibre et je pense que oui, c'est mauvais pour la perf. Après, je pense qu'il y a toujours un juste milieu. Moi, des fois, j'avoue que en plein décathlon, en pleine pression, euh des fois, de me mettre sur Instagram et de scroller sans réfléchir pendant une demi-heure, ça me fait du bien. Mais encore une fois, euh bah c'est toujours une histoire de juste milieu. C'est toujours une histoire de juste milieu. Je Moi, c'est c'est pas 9h de ton écran par jour, quoi.
Non, après, j'ai des gros temps d'écran parce qu'en fait, je me mets des sons de régénération nerveuse la nuit. C'est vrai. Donc le portable, il le compte. [rires] Ou alors, des fois, quand j'ai du mal à dormir, je me mets ma ma série préférée mais que le son pour m'endormir, et elle tourne toute la nuit sans que sans que je fasse rien. Donc là, j'ai des temps d'écran énormes. Et sinon, j'essaie de diminuer quoi. Quand je vois 3h sur Instagram, je fais [ __ ] mais j'ai raté ma journée quoi.
Ouais. Mais du coup, tu as tu as des des sons de régénération qui qui tournent la nuit. Ouais. En gros, ils se sont rendus compte que bah euh comme tous les matériaux, les cellules vibrent, et il y a certains niveaux de vibration qui font que les cellules se régénèrent plus vite. OK ? Donc il y a des sons qui aident à dormir, il y a des sons qui aident à se régénérer nerveusement, que j'utilise énormément pendant le décathlon parce que c'est tout le nerf de la guerre. OK. Et c'est vachement utile. Alors, c'est très désagréable à écouter les premières 10 secondes, et après tu rentres dans le truc, et tu es tu es ça te porte quoi ?
C'est quel type d'onde ? Attends, j'ai envie de regarder là. On va on mettra le lien pour les auditeurs parce que ça, je suis curieux, mais je te partagerai un truc après en que moi j'ai découvert là pour mieux dormir. Pour la régénération nerveuse, je sais pas c'est quoi. J'ai juste un truc qui s'appelle Nerve regeneration, que j'ai que j'ai téléchargé sur internet, qui est gratos. Tout le monde peut le télécharger. Mais je sais que pour la méditation, j'utilise beaucoup le 432 Hz. OK. Voilà. En fonction des vibrations, en fait, tu as des choses différentes. Et j'aimais beaucoup aussi un scientifique qui avait étudié parce qu'en gros, on a on a on a des acides aminés essentiels dans le corps, et ils ont un ils ont une ils ont une fréquence à eux de vibration, et ils disaient que c'est hallucinant parce que le le Pachelbel de je sais plus qui, tu sais cette musique là euh, ça s'appelle Pachelbel, et c'est deux je sais plus qui. OK. Et et en gros, il dit que dedans, il y a les huit notes de nos huit acides aminés, et quand tu les écoutes, c'est enfin, si tu te les mets toute la journée, c'est tu te sentiras mieux à la fin quoi.
OK. Ben écoute, [rires] je vais le retrouver ça. Euh, incroyable, incroyable. [ __ ] mais c'est fou à quel point tu es allé loin dans dans tous ces de dans tous ces domaines là, parce que il y en a plein qui euh, tu vois, il y a plein d'athlètes qui qui s'intéressent à ces sujets là, mais qui creusent pas pour aller jusqu'au bout, jusqu'au bout de tout ça. Ça te fatigue pas des fois ?
Mais si, c'est ce que j'allais dire, c'est une bénédiction et une malédiction à la fois, parce que je on va dire que à chaque fois que tu veux devenir plus fort dans ton sport, il faut creuser de plus en plus. Au début, c'était que de l'entraînement, après c'était de la prépa physique, après c'était de la diététique, après c'était du mental, après c'était de la méditation et ainsi de suite et ainsi de suite. Là, ça devient pratiquement de la biochimie, parce que j'essaie de savoir vraiment ce qui se passe dans mon corps pour savoir comment bien récupérer et cetera. Plein de choses comme ça. Et j'aimerais que quelqu'un fasse ça pour moi et que j'ai pas à réfléchir. Mais en même temps, ça m'intéresse trop pour pas m'y pencher. Donc c'est ma bénédiction et malédiction. Je suis trop curieux de ça, je suis trop passionné de ça, et je suis sûr que je pourrais aider plein de gens parce que j'ai fait tout ça, mais pour ma carrière en soi, je pense que c'est un peu trop. Et je fais pas assez confiance aux autres à cause de ça aussi. Parce que je suis allé creuser tellement loin que je trouve pas mon égal en tant que coach ou quoi. Bon, il y a mon préparateur physique, bien sûr, qui qui m'a enfin qui a été mon mentor pendant 8 ans, donc qui m'a appris énormément de choses. C'est grâce à lui que je connais beaucoup de choses comme ça. Mais c'est vrai que plus tu connais, et moins tu écoutes les gens, où tu as l'impression qu'ils ont moins creusé, quoi.
Ouais. OK. Euh, mais c'est vrai que ça peut être ça peut être usant. Et je en même temps, je te comprends de du fait de pas supporter un coach ou un accompagnant qui ne se forme pas en permanence et qui n'a pas, tu vois, cette recherche euh enfin cette envie de recherche et ce goût pour le surtout dans le haut niveau. Encore, je serai à niveau régional, bien sûr que j'aurais aucune attente spécifique. Dans le haut niveau, je suis un athlète de haut niveau. J'ai j'ai fait un record du monde, j'ai bossé comme un taré pour faire ça. La personne qui m'accompagne, j'attends de lui dans son domaine, quel est le même investissement, ça c'est sûr.
Hm. OK. Euh, pour terminer un peu sur la partie [rires] des des hacks de performance là, à quoi ressemble ton ton assiette et tes régimes et ton J'imagine que tu te complètes, mais je serais curieux de savoir un peu quelles sont tes doctrines et tes mantras autour de la nutrition.
Alors là-dessus, je vais conseiller personne. Ça serait c'est vraiment ce que je fais moi et vraiment c'est mais j'ai essayé beaucoup de régimes et cetera, et je suis toujours revenu à la même chose. OK. Quand je ne mange que de la viande et des légumes, je sèche à vue d'œil et je suis le plus en forme. OK. OK. Donc viande et légumes. Et quand je dis viande et légumes, c'est je mange de toutes les viandes, de tous les légumes. J'essaie de varier à fond. Je m'autorise du fromage de brebis parce que le lait de brebis est beaucoup plus proche du du lait humain. Donc c'est ça, c'est c'est moins dur à digérer que que qu'une vache qui a qui a son veau qui a qui a trois estomacs. Donc le lait d'un homme arrive pas avec le lait de vache, ça c'est sûr et certain. [grognement] Je m'autorise aussi des fruits, des baies parce que je suis moi je regarde beaucoup je regarde beaucoup l'arbre généalogique aussi pour faire ça parce que pour moi, un blanc yeux bleus peut pas manger et exactement pareil qu'une personne qui a eu qui qu'une personne noire ou un asiatique. Notre branche ne s'est pas du tout nourrie de la même manière pendant des milliers, des dizaines de milliers, des centaines de milliers d'années. Je veux dire, moi, je pense que je viens des Vikings, et je suis sûr qu'on trouvait pas de riz euh là où mes ancêtres ont vécu. Donc je sais que j'ai pas les armes de les digérer comme une personne qui a vécu qui a eu toute tout son arbre généalogique et qui a vécu soit dans dans le centre de l'Europe, ou même dans le sud de l'Europe, ou en Afrique.
OK. Ouais, il y a des Ouais, il y a des tests de personnalité alimentaire et de Exactement. test d'intolérance aussi. Ouais. de tes intolérances sur tes gênes et quel quel régime là-dessus. Donc est-ce que donc tu as tu as mentionné viande et légumes, je creuse un peu. Euh tu as pas mentionné poisson, ou tu le comprends dans les viandes ?
Tout ce qui est tous les choquant. Euh, j'ai je vais je vais un peu choquer tout tous les gens qui sont qui qui euh qui mangent pas de viande par croyance, par conviction, et j'ai cette conviction aussi, hein, c'est mais voilà, en tant que sportif de niveau, je fais le mieux pour moi. Et dès que je mange de la viande, ça n'a rien à voir. Je suis désolé, je voilà. Donc, il y en a qui arrivent, mais quand je parle de viande, c'est vraiment tout ce qui est animaux morts. C'est en passant de la sardine en allant jusqu'à la viande rouge, en passant par le poulet, passant par les crustacés et cetera et cetera. C'est il y a des J'ai déjà testé, hein, et aux États-Unis, ils ont fait beaucoup de tests là-dessus de manger que de la viande pendant quelques jours et cetera. Franchement, le résultat, il était encore plus probant que quand je mangeais pas de légumes.
OK. Waouh ! OK. Donc, tu es plus même, tu es un profil carnivore, surtout au niveau du sprint.
OK. Au niveau du sprint, le demi-fond, dès que je fais du demi-fond, je sens que j'ai besoin de sucre, et c'est là que je vais manger du quinoa, des lentilles, peut-être un peu de riz ou quoi, mais je ressens pas le besoin du sucre dès que je fais pas un sport où le système aérobie est mis est mis à mal.
Ouais. Donc pas souvent finalement.
Non, pas souvent. OK. Euh, passionnant. Tu viande rouge ou viande blanche, ou tu as pas de tu as pas de préférence ? Je te pose la question parce que en fait, j'ai une discussion passionnante avec David Nicolas, le fondateur de la marque Féroce. Je sais pas si tu en as entendu parler.
Bien sûr, et je suis très intéressé par par cette marque parce qu'ils font de la très bonne viande. Ouais, ben on on embrasse on embrasse David, et c'est un des partenaires du podcast. Je vous encourage à vous à vous renseigner, mais et je je mettrai le lien du podcast, tiens, parce qu'il est hyper intéressant. Lui, son postulat, c'est de dire que toutes les études qui ont été faites aujourd'hui sur les mangeurs de viande rouge, c'est parce que bah déjà, c'était des des études américaines, et que c'était souvent aussi des gens euh qui mettaient en comparaison enfin les études mettaient en comparaison avec le régime végétarien, et c'est vrai que quand les gens qui ont un régime végétarien mangent plus bio, font peut-être un petit peu plus attention euh, et il y a jamais eu en fait d'études sur des gens qui mangent de l'excellente viande et de très très bonne qualité comme lui le fait. Euh, et c'est vrai que je suis assez convaincu de ça, tu vois, de qu'on est fondamentalement fait pour manger de la viande, mais que bah effectivement, ces 100 dernières années, la qualité de la viande en moyenne, elle s'est elle s'est complètement détériorée quoi. Il faut acheter de la viande en herbe en fait. Enfin, nourrie à l'herbe, en fait.
Et non, en fait, il faut savoir que si on devait choisir un aliment, vraiment que un aliment sur la terre, et que on avait rien droit à d'autre, et que fallait avoir l'aliment le plus complet, le plus riche en tout et cetera, ce serait vraiment la viande rouge, la viande de bœuf, la viande de bœuf, toutes les parties dedans, le foie et cetera, en terme de minéraux, d'acides aminés, d'acides gras, euh, de de vitamines, surtout les vitamines B, très très essentielles, je pense à la B12, à la B9, à la B6, il y a il y a rien de comparable. Il y a rien de comparable si c'est de la bonne viande. Mais après, tout ce qui est de pas tuer des animaux et de respecter la planète, parce que d'un point de vue écologique et cetera, je comprends très bien. Mais dans un autre point de vue, voilà, et j'ai j'ai lu les études parce qu'il y a eu des des petites études sur la richesse de la viande et cetera. Et il y a surtout le ressenti personnel, c'est-à-dire que quand je mange que de la viande, j'ai pas un brin envie de se faire une sieste après. Alors tout le monde dit, c'est ce qui met le plus longtemps à digérer. Mais ils comprennent pas de que c'est pas parce que c'est long que ça te demande énormément d'énergie. C'est après avoir mangé que de la viande, je peux aller recourir, il y a aucun souci. Le vomi en séance, je ne connais pas. Je connaissais quand je mangeais des pâtes par contre énormément. Vomir en connaissance. Je vraiment, j'ai jamais revomi depuis que j'ai ce j'ai cette diétique, et tout simplement, j'ai l'énergie toute la journée. Bon, après, il faut savoir aussi que je pratique le jeûne intermittent. Je mange pas le matin, je mange que une ou deux fois par jour.
Ouais. Mange matin. Là aussi, je m'y retrouve de fou. J'ai jamais eu faim le matin. M'a toujours forcé. M'a toujours mis un plat devant moi, et je me suis toujours dit que c'était normal. Je peux m'entraîner 4h, 6h le matin, et pas manger quoi. Et il y a pas trop de souci quoi.
Waouh ! OK. OK. Non, mais c'est j'aurais dit qu'avec effectivement la quantité d'activité que tu fais, tu aurais pris quand même des petites sources de sucre, tu vois, un peu des des sources de sucre naturel, tu vois, genre un fruit ou bien sûr, mais tu viens tu viens d'un de de du sport aérobie, et et je conseille et toutes les études montrent que en ce moment les sportifs, le meilleur apport glucidique pour un sportif qui se fait de du sport long, c'est-à-dire du cyclisme, de l'Iron Man et cetera, c'est 150 g de sucre. Sucre pur par heure. [rires] Ouais. De de au maximum. Il y en a quand ils le font ça. Ils le font maintenant les cyclistes et tout. Et mais en sprint et cetera, moi je enfin [grognement] je sens déjà, je fais de la rétention d'eau. Si j'ai pas fait d'aérobie et que je mange du sucre, je fais de la rétention d'eau. Voilà. OK ? Toutes les études prouvent que la caramélisation du corps, qui s'appelle la glycation du corps, et ben en fait, c'est c'est en fonction de ta la quantité de sucre que tu manges, parce qu'en fait, le sucre dans ton corps se caramélise. C'est pour ça qu'un enfant, il a les dents blanches, et qu'une vieille personne a les un peu jaunies. Ça, c'est de la caramélisation. C'est c'est clairement dès que tu manges du sucre, tu caramélises ton corps. Et ça, il y a pas moyen de le de faire que ça se résorbe. Donc plus tu vas manger du sucre, plus ça va arriver. À part les gens qui font des très longs efforts où ils utilisent le sucre directement, et ça a beaucoup moins de dommages que si tu manges du sucre et que tu regardes la télé quoi.
Ouais. Ouais, bien sûr. Euh, bon, on va faire attention quand même ces charges de sucre exceptionnelles, ce qu'il y a plein de médecins qui disent. Ouais. Ouais. Je dis, je dis que les profonds, je dis pas que c'est que c'est ça, c'est bon ou mauvais, je sais pas. Franchement, toi, tu penses qu'il y a des trucs que tu fais pour ta performance qui nuisent peut-être à ta longévité ou à ta santé à long terme ?
À part l'athlétisme, non. L'athlétisme me crée des dettes. Je prends des chocs dans tous les sens. Dès que je fais un saut en hauteur techniquement mauvais, ma cheville, mon genou, mon dos prend cher et cetera. D'un point de vue biomécanique, tout ce que je fais à côté, c'est pour le réparer. Et tout en muscu et tout ce que je fais à côté diététiquement et en style de vie, c'est pour rester jeune le plus longtemps possible.
OK. Voilà. Tu penses que tu peux rester compétitif jusqu'à quel âge ?
J'aimerais bien montrer que je peux aller plus loin que les autres. [rires] Non, j'ai j'ai des j'ai tellement poncé le sujet que j'ai l'impression d'avoir les armes pour durer. Euh, c'est vrai que les Français connaissent pas trop le décathlon, donc ils vont dire "Il est tout le temps blessé, il dit n'importe quoi" et cetera. Mais par rapport à la moyenne des décathloniens, je vous assure que j'ai déjà une bonne longévité et beaucoup de résultats qui permettent de dire que c'est déjà pas mal. Mais j'aimerais bien pousser le bouchon vraiment loin. C'est-à-dire tant que je peux, je continue, et s'il faut faire encore plus de sacrifices, je le ferai sans aucun souci.
OK. Euh, excuse-moi parce que je suis pas un expert sur les les légendes du décathlon. Ouais. Euh, pour moi, c'est toi la légende du décathlon, et ça s'arrête là, et c'est déjà très bien. Après, si il y a, je sais qu'il y a un canadien qui est qui est hyper fort, il y en a qui ont réussi à durer ou à gagner, tu vois, après 32, 33. Ben le canadien [rires] qui est champion, c'est Damian Warner. Men qui gagne devant moi les Jeux Olympiques à plus de 9000 points. Mon record du monde, il est à 9126. En Jeux Olympiques, faire plus de 9000 points, bah, c'est le record olympique, ça, c'était jamais arrivé. Il a fait 9018, je crois. Donc euh, lui, bon, là, il a des problèmes avec ses tendons d'Achille. Il a été forfait l'année dernière. Ça commence à à sentir mauvais. Mais j'ai jamais vu quelqu'un d'aussi de Mais c'est des c'est après, c'est une bête physique quoi. Il faut bien se rendre compte d'une chose, c'est que les mecs qui durent, c'est des bêtes physiques euh qui peuvent prendre beaucoup plus de de choc que qu'une personne comme moi qui est un peu plus fragile. Euh, je suis un très bon technicien, c'est ce qui m'a fait être très fort au décathlon. Mais eux, si je faisais la moitié des muscul que qu'ils font, je je serais explosé en 5 secondes. Donc pour moi, c'est des bêtes physiques. Donc avec mes techniques et leur corps, franchement, j'aimerais bien voir ce que ça donne, parce que je me considère pas comme dans le même rang que d'un point de vue physique, vraiment.
OK. C'est ça qui te fait dire, c'est la quantité de muscu que eux font qui te fait dire que eux sont plus forts en charge lourde, en charge en en quantité d'entraînement aussi. C'est-à-dire que bah moi, au bout d'un moment, j'ai senti que si je faisais plus que cinq fois de l'athlétisme par semaine, j'explosais. Eux, des fois, ils doublent les journées. Donc ils font euh une journée normale d'un décathlonien. Des fois, c'est euh sprint, longueur, et l'après-midi, c'est poids, aérobie quoi. H
moi ça j'ai déjà essayé, c'est je finissais toujours le stage en Y et ça marchait pas. Donc il a fallu s'adapter. OK. OK. Ouais, c'est c'est intéressant. C'est hyper intéressant. H, j'avais pas c'est forcément cette vision. Moi je te vois comme un athlète hyper consciencieux et un un athlète même très très complet, tu vois, par rapport à beaucoup d'autres sports. Et je voyais pas cette vision de à l'intérieur du Decathlon, toi tu t'estimes plutôt comme un technicien que comme un Ouais. un talent, on va dire physique pur quoi. J'ai des on a les sportifs de haut niveau ont forcément une facilité qui les ont fait arriver là. Ma facilité à moi, c'est la c'est la vision de mon corps dans l'espace et ce que j'en fais vis-à-vis de l'apprentissage technique. H donc, j'arrive à apprendre plus vite avec moins de répétition. Donc, j'ai toujours priorisé le qualitatif plutôt que le quantitatif. C'est-à-dire que chaque répétition compte, chaque répétition est enregistrée par le cerveau. Donc fais en sorte que ce soit utile, quoi. [rires] OK. Ouais. C'était quoi le sport le plus dur à maîtriser pour toi ? C'est les lancer de très loin. Ah ouais. C'est c'est tous ces sports où c'est un objet qui c'est toute l'énergie que tu mets c'est retransmis dans un objet. Ça demande beaucoup plus de d'attente de ça demande beaucoup plus de de travail technique et vraiment très difficile. C'est un peu les lancer, je les compare au tennis, au golf. C'est c'est tu vois, tu dois c'est la balle qui doit partir fort. C'est pas c'est pas ta raquette ou ton corps qui doit partir vers l'avant. Sans longueur, c'est animal. Tu cours le plus vite possible, tu impulses le plus loin possible et c'est animal. Il y a pas de souci. Le javelot, c'est c'est un sport de résistance pour moi parce que si tu pousses avec les jambes mais que tu gardes ton haut le plus longtemps possible derrière, c'est là que toute la tension va se créer et va être retransmise dans l'objet. Et ça c'est c'est bah tous ceux qui commencent les lancer, ils essayent de lancer direct avec le bras et il y a rien qui se passe parce qu'en fait la vérité c'est qu'on lance avec les jambes en gardant le haut le plus fermé possible jusqu'au moment où la tension est tellement forte qu'on la libère et tout va dans l'objet. OK. Et pour le lancer de poids, ouais, c'est un peu la même chose mais c'est peut-être moins explosif ou moins acrobatique que que le javelo. J'en sais rien. Non, c'est plus lourd donc c'est plus c'est plus explosif. OK. C'est c'est même de la Ouais. C'est de l'explosivité. C'est c'est on peut comparer le lancer de disque et le javelot à un milieu de 100 m et le lancer du poids au départ où là faut générer de la vitesse avec un poids qui fait 7,g 250. Donc générer de la vitesse, ça demande énormément d'énergie. Un peu comme le départ au 100 m par rapport au 50 où tu as atteint ta vitesse max et tu dois juste essayer de la garder le plus longtemps possible. Donc le javelot, c'est très volatile, c'est très c'est très impressionnant et cetera, mais le quand tu as un poids de 7,g50 comme ça que tu es dos à l'endroit où tu dois l'envoyer et tu dois générer de la vitesse avec tes jambes pour la restituer ensuite dans l'objet, c'est une des sensations les plus horribles mais les plus jouissantes en même temps parce que quand tu as fait tout dans l'ordre, ça part et tu as une sensation dans l'objet qui est incroyable.
Tu fais ce record dans bon c'est à la maison h mais c'est dans un petit public enfin tu vois c'est pas c'est pas un grand meeting c'est pas un grand championnat et tout euh tu tu l'expliques très bien tu vois dans cette vidéo que ouais tu te sens porté qu'il y a un truc que que c'est assez dingue. Et ouais, je me demandais à quel point toi tu préférais peut-être évoluer dans un meeting où tu peux contrôler peut-être plus de choses euh où il y a peut-être une pression médiatique qui est moindre. Tu me raconteras pour ta lance mais j'ai l'impression qu'ormis ta caméra il y en a pas beaucoup d'autres ou quelques petits journalistes spécialisés mais et tu te rend compte. Ah, il y a du monde en fait. Le truc le contexte du record du monde c'est que je suis au championnat d'Europe à Berlin. J'avais déjà le potentiel du record du monde, les gens l'attendait. Et et je fais zéro au sans longueur. Donc quand tu fais zéro sans longueur, tu meurs tes trois essais, tu peux pas contin le décathlon, il sert plus à rien. En terme de point, 10 % de ta per, c'est pas possible de rattraper. Donc là, je suis là, c'est soit j'abandonne et je pars sur un autre, c'est soit j'abandonne et je pars sur un autre décathlon, soit je continue quand même et puis je montre quand même ce que je peux faire. Mais jamais je fais un podium quoi. Et donc moi enfin voilà, je savais le niveau que j'avais, je sais mais je pensais pas faire le record du monde. Et là j'annonce 2 jours après, je fais une conférence de presse, je dis je veux faire ta lance mais c'est vraiment pour bien finir ma saison, il y a pas de pression et tout et là RMC rachète les droits de Talence. Ah ouais OK. Me prennent en consultant, m'appelle tous les jours avant Talence. [rires] Je fais interview sur interview, je fais tout sympa la récupe système nerveux. Je suis parti, je suis parti dans les Pyrénées, je me suis je me suis caché et j'ai pas beaucoup travaillé parce je savais que j'étais déjà en forme mais j'ai vraiment fait que le minimum et j'arrive à talent. C'était la plus gros grosse pression de ma vie parce qu'en fait tout le monde m'avait parlé que du record du monde pendant un mois mais vraiment que ça. OK. Donc c'est c'est quand même un gros meeting celui de Talence. Ouais, devait avoir 15000 personnes par jour pour un Décathlon. C'est pas mal. Ououais, bien sûr. Et euh et euh j'ai jamais porté le maillot de l'équipe de France en France. C'est-à-dire, j'ai jamais fait de championnat en France. La seule fois où j'aurais pu le faire, c'est au Joo et j'ai je les ai raté. Donc c'est le seul moment où j'ai été à 100 % de ma de mon niveau physique et que j'ai pu m'exprimer devant un public français. Et ça a créé des étincelles de ouf. C'était incroyable. Franchement, à chaque respiration, je me sentais porté quoi. Et j'avais la pression tellement forte que je me sentais sourd. J'entendais mon mes battements de cœur dans les oreilles. C'était n'importe quoi. OK. Mais euh et pour répondre à ta question, du coup, je pense que plus je suis exposé à la pression, plus je suis fort. Et c'est là que ce sera mon plus gros regret. Je vis pas beaucoup avec beaucoup de regrets mais c'est pas forcément d'avoir raté les jeux à Paris au niveau de la médaille ou quoi. C'est d'avoir raté euh l'expérience de vibrer avec 80000 français dans le Stade de France. Ça c'est le truc où ça me fait un peu chier de pas l'avoir vécu plus que le fait d'avoir fait une d'avoir j'aurais pu faire une médaille en France ou quoi. H ouais. De de vivre cette h ce cette adrénaline du sportif qui rentre sur le terrain avec tout le public qui qui le porte quoi. Exact. Ça te donne pas du coup l'envie enfin est-ce que ça te donne l'envie de faire des compètes en France de de dire tiens d'en faire plus et d'avoir ce droit un peu de t'exprimer face au public français ? Le problème c'est un des Cathloniens, il c'est un peu comme un marathonien, il prépare un ou deux marathons dans l'année. Donc euh moi ce que je prépare dans l'année, c'est le championnat de l'année. Je peux pas en faire plusieurs. Si je veux vraiment être performant, c'est un dans l'année. Et euh bah je choisis le championnat parce que tout simplement c'est là que l'athlète doit être fort. C'est là que il y a tout tous les médias et c'est là qu'il y a toutes les caméras. C'est là que c'est là que tu vibres. Bon, à part pour mon record du monde parce qu'ils annonçaient le record du monde, mais euh mais c'est le championnat, tu es obligé même pour tes sponsors, si tu fais pas le championnat de l'année, euh tes tes sponsors, ils te mettent un blâ quoi et tu perds tu perds beaucoup financièrement. Donc et donc tu dois suivre les championnats. C'est-à-dire que si les championnats d'Europe ils sont à Rome et que les championnats du monde ils sont à Tokyo, j'ai aucun pouvoir pour dire "Bah les gars, mettez en France quoi." [rires] Sauf les jeux où j'ai aidé à la candidature et cetera et on les a eu et j'ai raté. Donc voilà, c'était une chance dans ma vie que j'ai pas eu et j'espère qu'il y en aura d'autres.
H pour euh pour ceux qui ont la mémoire courte, tu peux rappeler ce qui se passe sur Paris ? Alors, en gros euh ça a été une année très compliquée parce que j'ai une grosse blessure. En gros, bah j'ai le tendon de mon Isquio, le tendon haut de de l'iskio qui était très tendu euh toute l'année et je devais faire les qualifications pour les GIO. J'étais pas qualifié. Donc euh j'ai reporté reporté reporté jusqu'au dernier moment, jusqu'au moment où fallait y aller. J'ai fait un décathlon [soupir] 90 % vraiment juste pour me qualifier. Et à partir de là, ce tendon allait mieux. H et euh vraiment ce tendon là, il me fait très c'est c'est c'est vraiment pas bon de le faire sur les ha et j'avais pas fait de ha à cause de ça de à fond depuis très longtemps et ce tendon va mieux. Très longtemps c'est quoi ? C'est plusieurs mois, c'est plusieurs J'avais pas fait de 110 m à fond depuis 2 ans. Voilà donc avant les jeux de Paris je voilà le tendon va mieux. Donc là, je me dis, je vais faire un cimè à fond quand même pour retrouver mes repères parce que je sais que je vais le faire à fond pendant les jeux et que ce sera à 9h du matin après une première journée de décathlon. Et euh tout simplement, je sentais plus du tout mon tendon. Donc, j'y suis allé à fond et sur la 7e e, le tendon a totalement pété. Mais vraiment, sans prévenir, sans rien, sans appréhension avant, sans rien, j'étais sur un très bon temps en plus. Donc voilà. Et là, tu passes de je suis en forme olympique à le néant total et ça a été moi le plus dur au moment de ma vie, je pense. H vraiment de loin même. H qu'est-ce que tu as fait les la semaine qui a suivi cette blessure ? Alors, fallait qu'on sache ce que j'avais. Euh au début, on était là à se dire "Bon bah, on va essayer de partir en vacances plutôt, on va essayer de s'éloigner des jeux et cetera." Mais pro, je commençais à me proposer des trucs comme ça et tout. Donc on a commencé à attendre savoir ce que j'avais déjà parce que il y avait plein de médecins qui disaient des choses différentes au début. Donc il y avait beaucoup de sang donc on voyait pas beaucoup à l'image. Quand on a bien vu l'image, on a vu que c'était le tendon. 0 % de chance de faire les jeux mais j'ai je sais pas pourquoi, mais je pouvais pas partir en vacances. Donc j'ai dit bon ben j'ai 25 jours pour faire la rééducation, j'y vais comme un tar et là c'était plus 6h, c'était plus 2h dans la muscu par jour mais c'était 8h quoi. Et et je me suis dit j'essaierai de courir le jour avant les jeux et je vois ce que ça donne. OK. Et donc j'ai fait ma rééducation tous les jours jusqu'à ce moment-là et franchement ça a été un très bon moyen de faire le deuil. Au lieu de comment dire d'éviter le problème, je suis vraiment rentré dedans pendant 25 jours quoi. Et je suis arrivé sur la piste des jeux pour l'échauffement le jour avant le décé sprint. Donc je fais 10 m à 50 %, je fais 10 m, j'enchaîne les pourcentages de plus en plus haut, je fais 10 m à 100 %, je sens rien. Puis 20 m et j'arrive à 80 % et là je sens je sens une petite tension et je sais que si je continue, ça pète direct mais là vraiment fort fort. Donc j'arrête et là je je regarde et je dis c'est KO. Et là, je regarde, je il y avait médecin de la FD, il y avait tous les kinés, ils étaient ils étaient ahuris par rien que le fait d'avoir fait ça parce qu'en fait cette blessure, elle prend 6 mois, faut l'opérer. Enfin, c'est catastrophique normalement. Donc c'était voilà, c'était ce petit côté j'ai 0,5 % de chance d'y arriver. Je sais quand même quoi. H tu as pas eu envie de faire peut-être les épreuves que tu pouvais faire physiquement ? Bah ça commence par le 100 m et tu 100 m serait pété. Et je voulais à un moment donné j'ai dit vas-y j'y vais et ça pète et voilà moi je serais allé jusqu'au bout. Puis j'ai pensé à à ce qui allait se passer juste après que ça avait pété devant 80000 personnes à boîter euh comme il faut. Par terre euh en plein milieu du Stade de France et je voulais pas me donner en spectacle en fait. Donc moi personnellement, j'aurais aimé le faire mais c'était vraiment se donner en spectacle devant le public de l'équipe de France de devant le public français et euh je voulais pas laisser cette image vraiment. Donc je suis allé voir le Décathlon, j'étais dans les tribunes et voilà. Et il y avait pas moyen de skiper le 100 m et de faire le reste ? Non non impossible. Mais je suis pas persuadé que j'aurais pu faire beaucoup d'épreuves pour être honnête parce que j'ai couru à 80 % sur 20 m. Sans longueur, tu fais une course de 45 m à fond, [rires] lancer de poids, tu es dans des torsions qui sont énormes et Ouais, c'est c'était c'était inenvisageable. Et cette blessure hein, je je ça fait ça fait bientôt 2 ans que je l'ai et je suis en train de reprendre les h. OK. Donc il faut bien savoir que c'est une sacrée merde parce que c'est très énervé à cet endroit-là. C'est très proche du centre de du centre de gravité et donc la colonne il y a tout le schéma nerveux qui sort dans les hanches et c'est pile à cet endroit-là que je me suis blessé. Donc ça a créé, comment dire des tissus un peu ça ça a durci le tissu tout autour du nerf et du coup de casser ce moi cette blessure. Franchement, il y a très peu de personnes qui sont revenues, on va pas se cacher. Euh c'est une blessure qui est fréquente dans le sprint ou dans le dans le décart. Ouais, c'est une blessure. Je je bah quand je l'ai eu, j'ai entendu de plus en plus de personnes, notamment Pierre Ambr Boss qui a arrêté, Renault Lavilleni qui est qui a pris cher aussi, qui s'est fait opérer. Ils sont tous fait opérer. Moi, j'ai décidé de pas me faire opérer. Je suis euh vraiment Je dis pas que les opérations sont inutiles. Des fois, il faut opérer mais faut pas sous-estimer l'impact sur le corps h du tissu que tu casses quand tu ouvres euh de cette invasion, cette invasion extracorporelle. Ouais. Euh le corps c'est quelque chose de de très sain qui marche très bien quand il reste fermé. Et je me suis fait opérer une fois dans ma vie et je j'essaie de faire en sorte de plus jamais me faire opérer. OK.
Comment on passe à la suite ? Tu vois, après une épreuve un peu pareille, j'imagine que que pendant des années, c'était un des objectifs phare de ta vie, de ta carrière. Euh de même pas Ouais. de pas avoir pu concrétiser concrétiser. Ouais, je voulais [rires] dire le mot le mot compétitionné mais non mais compite en anglais, je l'ai plus. Ouais. Comment tu t'es remis toi de tout ça ? En fait franchement, je pense que en en un mois d'expérience euh j'ai pris 20 ans en maturité, je pense, parce que tu peux pas sinon te relever. [rires] Tu peux pas te relever. Et euh vraiment quand je dis que genre quand je pète mon tendon il pète et que enfin je suis dans la salle du docteur tout seul, je demande au docteur de sortir et j'ai et je fracasse tout tellement j'étais énervé par le fait que ça avait pété et que je comprenais pas. Et à partir de là, ça a été le moment le plus difficile. Et à partir de là, j'avais deux choix. C'est soit je m'écroulais totalement en dépression et cetera, soit j'étais j'essayé d'être acteur de ce qui me restait et j'ai de la chance, il me reste beaucoup de choses quand on va en dehors de l'athlé d'un point de vue personnel et d'un point de vue même mon ego a pas besoin de l'ateler pour exister. Donc ça a vachement fait la part des choses pour réussir. Mais franchement, j'ai vécu mon moi le plus difficile de ma vie. Vraiment euh quand je te dis que c'est enfin voilà qu'il y avait une attente énorme de ma part, de mes proches et des du grand public mais pas que ça quoi. C'est il y avait vraiment envie de l'envie de s'exprimer dans le stade de France vraiment ça. Et bah ça a été moi le plus compliqué de ma vie parce que ma grand-mère était dans un état déjà très compliqué et bah dès qu'elle a su que je faisais pas les jeux 5 jours après elle est décédé. Donc ça a été vraiment une semaine bizarre mais qui m'a fait me rendre compte qu'en fait le deuil de ma grand-mère était beaucoup plus difficile que le deuil de ma compétition. Et tant que j'ai vraiment mis l'importance de mes relations, de l'amour que j'avais pour mes proches beaucoup plus au devant que la perte de cette compétition qui au final n'a jamais existé. Donc elle n'existe pas dans ma vie. J'ai été spectateur de cet événement qui était incroyable et c'est tout. Donc j'ai revu mes priorités et vraiment bah j'ai des proches incroyables autour de moi. Donc je me suis dit [ __ ] mais ma grand-mère est partie ben je vais profiter de ceux qui sont là. Et au final on a fait l'enterrement et euh et 2h après, j'étais dans l'avion pour Paris pour aller voir la le match de basket et j'ai jamais autant profité de la finale de basket des JIO. Jamais autant profiter de de tous les événements d'après parce que en fait je me suis rendu compte que ben la vie voilà quoi, ça peut vite trancher quoi. Ouais. Ouais. Euh écoute, merci de partager ça. Je savais j'étais pas au courant pour pour ta grand-mère et j'en ais pas beaucoup parlé. Ouais. [rires] Euh écoute, on on peut on peut lui faire une un petit hommage et merci en tout cas de de partager ça et de rappeler effectivement que c'est que du sport, tu vois. Je pense que c'est ça des fois c'est dur de c'est tellement important, c'est tellement d'énergie mis dans le sport mais qu'effectivement s'il y a pas la santé, les proches autour des c'est qu'un jeu. C'est qu'un jeu au final. Et tu vois, je trouve qu'on est enfin, il y a des sportifs qui sont au bout du rouleau quand ils réussissent pas et cetera, mais en fait on met on on se place beaucoup trop sur le devant de la scène. Au final, on est que des clown qui faisont un spectacle. Si tu regardes bien. Non mais si tu Non mais c'est vrai, on fait un spectacle, on on C'est c'est encore une fois, c'est du divertissement. C'est la seule chose qui n'est pas du divertissement, c'est le fait de boire, de manger, de se reproduire. Tout le reste, on crée de l'importance autour parce que sinon on se ferait chier dans la vie. Vraiment c'est je veux dire on met de l'importance dans ce qu'on crée dans nos entreprises dans mon sport mais au final l'être humain il a juste besoin de manger de boire et et de se reproduire de dormir et tout le reste ça n'est que divertissement sinon on s'emmerderait énormément. [rires] Non mais c'est vrai. [souffle coupé] Donc il y a rien d'important mais c'est bien aussi d'avoir un but. [rires] Donc voilà, donc c'est j'aime beaucoup la phrase d'être sérieux sans se prendre au sérieux. C'est vraiment il y a rien d'important. Mais en même temps, c'est beau d'avoir une cause et et moi ma cause a toute choisie quoi. J'ai senti vraiment que j'inspirais les gens à travers le sport et que je pouvais libérer des messages sur ce que j'apprenais vis-à-vis de ce sport et de ma ma couverture médiatique et et je vais essayer de l'utiliser le plus longtemps possible et c'est mon combat à moi quoi. OK.
Euh je te je là je te pose une question qui peut être la question polémique. Vas-y. [rires] Euh tu me dis si si tu la trouves trop. Euh, tu t'es beaucoup exprimé sur le dopage. On t'a souvent mis euh je sais pas, je sais pas comment ça s'est fait euh euh ni pourquoi, mais on t'a mis un peu la casquette de du gars antidopage. Euh tu as pris la parole et toi tu t'es énervé contre les journalistes qui qui qui parlaient de ça. Euh il y a euh tu vois, on voit encore là sur marathon des des records qui tombent tellement ouf. Alors et on nous dit "Bon, c'est la chaussure, c'est la première chaussure qui fait moins de 100 g." J'accepte. OK, c'est c'est [rires] c'est bien, c'est bien. On voit, tu vois, on nous a dit sur le Tour de France, on dit "Ouais, il y a après Festina et Cofid 10, on nous a dit "Ouais, il y a plus de dopage, c'est clean." Mais les records, ils font que tomber, les wats, ils font que exploser et tout. Euh j'ai le [grognement] dans le décathlon, tu vois, j'ai quand même la sensation qu'il y a peu d'argent et peu d'enjeux. H donc j'ai un j'ai l'impression que c'est quand même un sport qui est très protégé aussi. Euh toi, de tes yeux et de ton regard, quand tu dis "Oui, tout ça, c'est qu'un jeu, il y en a qui qui voient plus, tu vois, qui voient du business, qui voi de l'importance et tout." Hm. Euh mais toi, c'est quoi ta vision par rapport à tous ces records qui tombent sans cesse tout le temps ? Euh c'est est-ce qu'il y a un moment donné où toi qui te donne à fond, tu fais tout parfaitement, tu fais tout bien et pourtant tu te casses, tu te relèves, tu fais des trucs, ça marche pas, tu re tu tu recommences. Euh bah tu montres un peu les limites, tu vois, aussi. Et tu as l'impression qu'il y en a bah ils ont pas de limite, tu vois. Ça continue. Euh et donc ma première question c'est est-ce que c'est pas un peu rageant d'avoir le sentiment d'être dans un système où toi peut-être que tu triches pas mais qu'autour il y a toujours des des petites suspicions où il y a toujours la crainte que il y en a un qui joue pas avec les mêmes règles que toi ? Alors je vais répondre à ta question mais je vais commencer par dire que quand j'étais petit discours autour de moi qui me faisaient dire que si tu es sportif de haut niveau, tu es dopé. Donc déjà, je me suis dit bon ben je continue sport mais bon c'est mort quoi. Je pourrais jamais être sport de niveau parce que ben c'est que des dop. Donc je continue je continue par passion et là j'arrive au haut niveau. Je fais bah [ __ ] je suis peut-être l'exception qui confirme la règle, c'est trop cool et cetera. Et puis je commence à rencontrer des mecs géniaux dans le sport et cetera, des des mecs qui sont devenus mes exemples mais vraiment forts et tout et où j'ai découvert que c'était des bêtes physiques comme je te disais par rapport à moi et cetera. Je me suis dit peut-être qu'il est pas dopé lui en fait, tu vois, il a le record du monde, peut-être qu'il est pas opé. Le jour où j'ai fait le record monde, j'ai fait bah en fait si c'était possible quoi. Si. Et en fait à partir de là où j'ai pas eu beaucoup de messages, j'en ai peut-être eu deux ou trois mecs qui ont dit que j'étais dopé, le fait de se sentir de de se faire juger, de doper quand tu l'es pas, c'est un sentiment mais tu as tafé toute ta vie, tu as tout donné, tu as prouvé le contraire que tu pouvais y arriver pour pas être dopé et cetera. Et les gens parce que eux ils s'en sentent pas capable et ben ils vont prendre le raccourci du dopage parce que pour eux c'est le seul raccourci parce qu'ils pourraient pas faire le chemin que tu as fait. Ça crée une frustration que je ne veux pas faire vivre à personne. Donc je jugerai jamais quelqu'un sur sa perf et je dirai jamais qu'il est dopé si je le sais pas. Ceci étant dit euh j'entends toujours des choses à droite à gauche. Je sais pas quoi croire. Moi aujourd'hui, tu me dis euh là aujourd'hui qu'est-ce que tu ferais pour te doper ? Mais à quel moment je vais voir un médecin et je lui dis je vais me doper déjà j'ai trop enfin je sais pas si c'est pas envisageable pour moi de me mettre à découvert comme ça. Enfin donc j'ai l'impression quand même que il y a des perfs incroyables qui sont possibles et qui sont faites de manière clean. Je pense que on imagine beaucoup de sportifs dopés mais que il y a quand même je pense une minorité qui se dope. Voilà, c'est mon avis. Mais c'est qu'un avis. J'ai aucun Je suis dans le monde du sport depuis 1000 ans et c'est pour ça que j'avais énormément réagi quand un journaliste avait dit euh mais sans dopage, j'aurais pas de record du monde. Je venais de battre le record du monde. C'était le journaliste de l'athlétisme le plus écouté en France. Hm. À quel moment je le prends pas personnellement ? Après, il s'est passé ce qui s'est passé mais moi je me suis senti attaqué personnellement et justement ça discrédite ma performance, ça discrédite ce que je fais. Et je suis désolé à un moment donné c'est c'est c'est un peu comme l'histoire c'est un peu comme l'histoire de la loi en France et où j'essaie de faire confiance à la juridiction. C'est à un moment donné euh les médias sortent les histoires les histoires avant que que le tribunal ne soit fait. Mais moi, j'essaie de faire confiance au tribunal. Est-ce qu'il y a de l'injustice ? Probablement. J'essaie d'être optimiste en me disant qu'il y en a le moins possible. Voilà, c'est ma façon de penser. Je suis dans le monde des bisous nours et je veux y rester. Et ceux qui veulent m'accompagner, il y a aucun souci. Mais par contre, les autres qui croient en rien et qui vont critiquer tout le monde au moindre petit truc, je j'ai du mal avec ça. Mais pour répondre à ta question, oui, il y a des perfs qui semblent qui semblent bizarre. Après, c'était j'avais rencontré un mec qui avait fait une expérience qui avait donné fait du micro c'était des du micro dosage avec des des gens. C'était c'était un reportage France TV d'ailleurs pendant 2 mois pour voir la progression et cetera et ils avaient énormément progressé avec le PO. C'était des sédentaires ou des sportifs ? C'est pour ça je pense que c'était des sportifs mais de bas niveau. Et qui ne progresse pas quand on est au bas niveau, c'est beaucoup plus facile. Bien sûr, la courbe devient de plus en plus euh de plus en plus que tu fais ça marche. Ouais. Tu voilà. Et il m'avait dit donc on a fait ce test l'opéo ça marche c'est sûr mais il faut bien se rendre compte d'une chose c'est que les raccourcis du dopage euh voilà si à côté tu t'entraînes pas comme un bœu et cetera, ça marchera pas et c'est souvent ceux qui travaillent le plus qui arrivent peu importe si tu es dopé ou pas dopé. Et ça, j'avais bien aimé quand il m'avait dit ça parce que je m'étais dit "Mais [ __ ] ils prennent peut-être des raccourcis mais sur le virage suivant, ben je vais essayer de les rattraper quoi." H et voilà, c'est mon avis sur le dopage. Il est très euh vague. [rires] Je sais pas si tu as vraiment eu ta réponse.
Non non, mais c'est c'est bien en fait, tu vois, moi j'aime bien les idées, j'aime bien savoir aussi, tu vois, ton toi tes pressentiments. Moi, je sais plus quoi en penser. Je Il y a un moment donné, je suis trop jeigne trop dans ce milieu-là. pour avoir une une conviction hyper forte. Euh ce que je sais c'est que beaucoup de gens comprennent pas le dopage dans le sens où ça remplace pas le travail, c'est juste un accélérateur de récupération qui te permet de bosser encore plus. C'est ça. Donc souvent euh les DOP ont quand même un un on peut leur enfin on peut leur redonner ça, c'est que souvent il c'est juste que ça leur permet de plus s'entraîner, de faire plus de bornes. Ouais. Du coup, il ils s'acharnent quand même quoi. Ils sont pas dans leur canapé toute la journée, ça c'est sûr et certain. Donc voilà. Exactement. Euh il y a ça, il y a il y a effectivement tu vois, on des nations, j'ai l'impression qu' ont beaucoup moins de scrupules que nous en France. Tu vois, on est on reste, je trouve, le pays de l'esprit coubertin. On reste vers une certaine humilité et dignité, tu vois, dans l'effort que je trouve admirable. Ouais. Mais après, je comprends euh le le type qui vient d'un d'un pays en voie de développement où ses parents euh gagnent 300 balles par mois et et qui lui a du talent dans un sport et à qui on lui propose et on lui dit si tu es champion olympique, quand tu vois les primes dans certains pays pour être champion olympique, ça te change la live quoi. En Asie, les champions olympiques ça devient des des légendes et des millionnaires surtout. Et des millionnaires alors qu'ils ont pas un brin de tune au début. Ouais. Ouais. Tu vois ? Donc je me mets de dans je me mets dans les baskets de tout le monde et je me dis je serais peut-être à la place de ce gamin pauvre qui a grandi dans un bidonville à sucer des cailloux avoir la chance de mettre à l'abri sa famille sa descendance est-ce que je le ferai [rires] est-ce que je le ferai pas je pourrais jamais savoir mais je me mets à sa place et je me comprends qu'il pose la question euh et en même et même en tant que sportif je suis tellement obsédé par la performance. Il y a une partie de moi qui est un peu curieuse et qui me dit tiens si je devais essayer un jour juste avoir le juste game là. Ouais, tu [rires] vois tu vois. Non mais tu sais savoir savoir ce que ça fait juste par curiosité comme rentrer dans un stade à 80000 personnes qui crient ton nom tu vois savoir ce que ça fait. Donc tu sais, c'est un peu je [rires] sais plus quoi plus quoi en penser. Ce que je pense par contre, c'est j'espère que des records vont tomber sur les NN game, tu vois. J'espère vraiment parce que si il y a aucun s' aucun record qui tombe ou ça veut dire que il y a plus de sportifs d'OP qu'on le pense dans le dans les circuits. Après c'est pas les bons sportifs en fait. C'est ça le problème. C'est ça le problème. Le problème c'est qu'on a des sprinters. OK le mec a fait 975 mais la saison d'avant Fred Curley il a pas fait mieux je crois que 95. Donc là il fait les game en ayant pris je sais pas ce qu'il a pris était sous stéroïde et cetera, je crois des trucs de fou. Et et mon gars, si tu as pas ton niveau quand tu étais le meilleur et que déjà quand tu étais le meilleur, tu étais à 9,75 alors que Henolt il était à 958. Moi pour moi Hen Bolt quand tu regardes l'aspect biomécanique et cetera, j'y crois énormément à sa perf. Bah il va pas le battre pour moi. Il le battra pas même s'il fait une course de taré, s'il est sous les 970, je trouve c'est bien, tu vois. Donc c'est il faut vraiment avoir, je veux dire si l'époque de Michael Phps, si tu prends un nageur lambda et que tu le mets Michael F et que tu le doppes le gars, il b il le battra pas. [rires] Tu vois ce que je veux dire ? Donc moi, je pense qu'il y a pas beaucoup de records qui vont être battus parce que les meilleurs, ils se sont dit "Mais je veux pas cramer ma carrière pour faire un truc où j'aurais plus le droit de concourir après parce que après ils auront plus le droit de concourir les gars." H j'espère en tout cas. J'espère. Et j'en reviens à ce que tu disais qui était vachement intéressant et j'ai des anecdotes là-dessus sur le fait c'est c'est le mot que j'adore c'est l'empathie, c'est de se mettre à la place des autres. Euh par exemple quand tu conduis, quand quelqu'un te klaxonne, peut-être que lui il est pressé, donc toi tu es pas pressé. Au lieu de t'énerver contre lui, laisse le passer et voilà, tu vois, ça c'est de l'empathie pour moi. Et le fait que tu parles d'un enfant qui a vécu dans la pauvreté et cetera et qui se rend compte qu'on peut faire de l'argent avec ce qui sait le mieux faire et que quelqu'un lui propose de se doper et surtout cette personne qui propose de doper, je suis sûr qu'elle lui dit tout le monde le
fait et cette phrase, elle tue tout, parce que quand tu as tous les athlètes autour de toi qui, qui, et que tu dis qu'ils sont tous dopés, c'est beaucoup plus facile au niveau de ta fierté et de ta conscience de, de te doper. Et, et il y a des gens qui se sont fait prix, qui ont, qui ont dit ça en premier. Je suis sûr que, à chaque fois qu'on te propose, c'est ça. Et moi, je te parle des kényans parce qu'il y a eu beaucoup de, quatre dopage. Les kényants, il faut savoir qu'à chaque fois qu'il gagnent un meeting, il pouvaient, ils pouvaient faire vivre leur village entier, h, avec leur prime. Donc l'empathie, c'est aussi de se dire qu'on a pas les mêmes problèmes. [rires] Ouais, c'est sûr. C'est, c'est ça. Ouais. Ouais. Ouais. J'avais lu un truc sur Kip Shog, genre je crois c'était la troisième plus grosse fortune du Kenya, ou un truc comme ça, tu vois, et tu te dis, bah c'est, c'est dingue, tu vois, déjà des, enfin ouais, tu, enfin tu te dis, c'est fou, quoi, c'est fou à quel point ça, ça change sa vie. J'ai, j'ai pas du tout dit que, euh, était, avait touché à des produits de... [rires] Ne me faites pas dire ce que j'ai pas dit, tout de suite dans les commentaires. Les enjeux sont pas les mêmes, voilà. Exactement, les enjeux sont pas les mêmes pour, pour les, pour les personnes, et, et. Euh, c'est une contrainte chiante, là, de devoir dire tous les jours sur son app là où tu es. C'est catastrophique. Je suis dans la lune. Moi, je suis dans la lune. J'oublie tout partout, et cetera. Et j'ai un réveil à 18h tous les jours pour me faire, pour me faire penser à regarder la plie, savoir où je me suis mis le lendemain matin, parce que j'oublie tout le temps. C'est, c'est, et pourtant ça fait partie de ma vie depuis 20 ans. Ça fait depuis 2010 que je suis sur ce programme. Mais alors, la plus grande fierté de ma vie, enfin le plus grand changement de ma vie quand j'arrêterai ma carrière, ça va être ça. Ça va être le stress de ne pas avoir ces no show là. Tu sais où, tu, tu pars à Disneyland pendant 3 jours, tu, tu as décidé le jour d'avant, tu t'es pas localisé. Allez, un au chaud. Tu te trompes dans ta localisation. Juste tu notes, là, c'est des fois tu choisis des adresses, tu, tu choisis une nouvelle adresse. En gros, moi sur tout le trimestre, je mets tout le temps ma maison, puis après je change les adresses, mais il faut que je supprime l'ancienne. Une fois, je me suis trompé, supprimé la nouvelle, et donc je faisais un stage à la Réunion, et euh, bah en fait c'était réunion, réunion, réunion chez moi. Réunion, réunion, réunion, réunion. [rires] Ils sont passés ce jour-là, [ __ ] parce que ça, c'est des, c'est dans leur tête, c'est une pratique dopante. Il dit, il veut pas ce jour-là parce qu'il fait, il se dope aujourd'hui. Et pour moi, c'était juste une erreur de cocher la bonne case. Et de nos shows, troisième no show, c'est fini. Voilà, j'ai eu des années comme ça où c'était, mais, et tu es là et tu as ton, tu as ton réveil qui sonne à 18h tous les soirs et ça te fait comme ça, tu fais « Putain, je me suis mis où ? » Tu vois ? H, parce qu'à 18h, tu dois renseigner où tu es le lendemain matin. En gros, franchement, faut le faire le plus tôt possible. C'est-à-dire que si tu connais ton emploi du temps, tu le fais les jours d'avant. Mais aller dormir chez les beaux-parents, aller voir sa famille, voilà, quand tu es célibataire, bah des fois tu finis pas dans ton lit tous les soirs. Tous ces trucs là qui font que, franchement, surtout dans ta période un petit peu adolescente, moi de 20 ans à 24 ans, ça a été quelque chose, mais ça a été une horreur. Aujourd'hui, je suis, j'ai une vie beaucoup plus stable, je suis marié et cetera. Je passe beaucoup plus de temps chez moi et tout. Donc c'est plus simple, mais c'est du stress. C'est un stress vraiment horrible, et, et on a pas le droit de faire localiser son téléphone pour qu'on, il sache sans cesse où on est, parce que c'est dans les droits de l'homme, c'est impossible. H, mais je donnerai cher pour que ce soit ça. Ah, tu préférais, toi, qu'il sache tout le temps où tu es ? Largement, largement. J'ai, tout le monde a tout le temps son portable avec lui. Ouais. En fait, ce qui est ouf, c'est que je dirais, mettez-moi une puce sous, sous le bras. Je préfère que ce système de localisation tous les jours, parce qu'en plus ça permettrait de choper beaucoup plus facilement, parce que apparemment il y a des produits qui, au bout d'une heure, 2h, ont disparu du corps, et là tu donnes toujours 1 heure dans la journée. Bon après, il y a des contrôles inopinés où tu donnes un peu ton style de vie, et ils essayent de te chercher dans la ville où tu as dit où tu étais, et il te, ils te trouvent. Et c'est pour ça qu'il y a eu l'histoire de Clémence Calvin, où elle a rencontré les contrôleurs en pleine ville, et que, je sais pas, je veux pas dire ce qui s'est passé, mais c'était bizarre. Ouais. Euh, ben écoute, j'ai, j'ai, j'aimerais bien avoir Clément. Je lui écris un message pour, pour en parler avec elle, et j'ai pas de réponse, mais [rires] si tu nous, si tu nous écoutes, ce sera avec, c'est avec bienveillance, et tu vois, encore une fois, moi je, je, je juge pas, et, et je pose des questions, tu vois, comme un enfant, et j'aurais bien aimé être à votre place, tu vois, avoir ce genre de dilemme là. Mais tu dirais que dans une année, tu te fais contrôler combien de fois ? Là, comme j'ai eu ma grosse blessure et que pendant un an et demi j'ai pas fait de compétition, c'est à peu près tous les mois et demi. Hm. Euh, quand tu es en pleine compète et que tu carbures et que tu fais des bons résultats, c'est, il m'est arrivé de jours d'affilé, des fois, euh, h, à chaque fin de compète. Euh, donc ça doit être au moins deux fois par mois, voire plus, franchement. OK. Ouais. Voilà. Après, c'est trop, c'est fou, c'est bizarre de dire ça, mais les armes que les contrôleurs ont par rapport à, j'ai l'impression, la science derrière le dopage, c'est parce que là, encore une fois, le mec qui travaillait sur le projet France TV, qui est dans l'agence antidopage maintenant, il me disait, le microsage, au bout d'une demi-heure, une heure, tu vois plus rien. Que suffit de te piquer dans les horaires où ils peuvent pas venir, c'est-à-dire entre minuit et 5h du matin, et ben c'est bon, quoi. Donc je sais pas, je sais, je sais pas comment ils font. Déjà ils chopent des gens, donc c'est déjà pas mal. Mais est-ce qu'il les chope tous ? Je pense pas du tout. Ouais. Euh, ben écoute, merci de partager ça, et c'est vrai que c'est un truc, moi j'ai, enfin, ça me ferait, je serai comme toi, me loguer tous les jours. Je pense que ça me ferait le, le, la petite peur, ou le petit, la petite angoisse de : où est-ce que je suis ? qu'est-ce que j'ai fait ? quoi. Mais après, comme tu as dit, hein, c'est un problème de riche. Je suis très content de l'avoir, ce problème, parce que je vis, je vis de ma passion. Donc vraiment, je m'en suis plein parce que c'est un vrai calvaire. C'est vrai, c'est. Mais je suis très content de vivre ce calvaire parce que, parce que je vis d'autres choses à côté, quand même. Ouais. Puis tu t'es avancé aussi, tu vois. Je pense que, euh, tu, comme quand tu es engagé, euh, forcément tu sais, si on, tu as trois nos shows, il y en a, il y en a eu des Français qui ont eu trois nos shows, et il y en a eu plein, plein, plein, et bah forcément, tu vois, après il y a des suspicions, tu as des, surtout le grand public, le grand public, les, les sponsors aussi, qui te suspectent et tout, alors que c'est juste ça, ça, a priori, c'est juste un oubli, quoi. Ouais, c'est, tu peux pas, l'agence de dopage peut pas faire la différence entre des gens qui oublient et des gens qui se dopent, parce que tu peux très bien faire un no show parce que tu viens de te piquer et tu as pas envie de te faire contrôler à ce moment-là. Donc c'est aussi compréhensible qu'au bout de trois no show, bah mec, voilà, 2 ans de, 2 ans de suspension au minimum. Ouais, je crois, je crois. J'ai jamais été là-dedans, donc je sais pas trop, mais [ __ ] c'est, je crois que c'est ça. Hm.
Euh, je, je change un peu de sujet. Tu me dis si, si c'est, si c'est trop perso, mais euh, c'est, c'est embêtant pour la personne que, qui partage ta vie, tout ce, tout ce rythme, tu vois, de, euh, bah les déplacements, les sponsors, les déplacements médicaux, euh, le, la lumière rouge le soir, [rires] perdu le coucher à 21h, le coucher à 21h, le [rires] pouce, dès le matin à 6h et tout, euh, l'alarme à 18h30 et tout. C'est, c'est quoi la, la chose la plus dure pour la personne qui partage ta vie ? Je pense pour elle, le plus dur, c'est que je lui demande à elle ce que, je, que ce que, ce que je pratique au niveau santé. C'est-à-dire que, bon, OK, niveau complément alimentaire, c'est moi qui l'aide et cetera, c'est moi qui lui fait ses, ses doses journalières et cetera. Dès qu'il y a un problème, j'ai toujours la réponse, et ça, ça l'énerve aussi, parce que voilà, des fois on a juste envie d'être écouté et pas forcément d'avoir tout de suite la réponse. [rires] Mais je suis tellement perfectionniste et je suis tellement comme ça avec moi-même que j'ai du mal à me freiner sur elle. Donc j'ai appris à vivre avec elle. J'ai appris à faire en sorte qu'elle ait beaucoup moins de poids que le poids que je me mets moi pour être en bonne santé. [grognement] Donc, ça c'est le premier souci qui peut être dur pour elle. Après, c'est vraiment tous les moments personnels qui se transforment en moment public. H, c'est-à-dire, tu fais une sieste sur la plage, il y a quelqu'un qui te réveille pour, pour prendre une photo, il demande à ta femme qui dort à côté de prendre la photo. Quelqu'un qui court derrière ton minibus, et il y a que ma femme dedans, mais il y a le nom Kevin Mayer sur le minibus. Plein de choses comme ça qui font que on sent vite une forme d'agression quand les gens sont un petit peu trop, h, voilà. Après, je suis pas footballeur, je me fais pas arrêter 46000 fois dans la rue, mais, quand, j'ai une certaine notoriété qui fait que, voilà, il y a plein de moments persos qui se transforment en moment public, et c'est vrai que elle est tout le temps avec moi, on est très, très fusionnel tous les deux, donc ça, ça dérange plus que moi, on va dire. Mais en même temps, j'ai choisi, elle a pas choisi. Bon, après, elle m'a choisi au moment où je perçais, donc normalement, elle a un peu choisi. [rires] Moi, j'aime bien dire que, tu vois, l'amour, c'est un peu le, c'est un des cheat codes de la performance dont on parle pas assez, tu vois. Hm. Parce que quand tu es dans une relation saine, stable, aimante, qui t'apporte de la confiance, ça, au niveau, euh, esprit et intelligence, enfin, ça t'apporte beaucoup, beaucoup de choses, tu vois. Le juste être avec quelqu'un qui t'apporte beaucoup. Toi, qu'est-ce qu'elle t'apporte ? Et moi, je crois beaucoup aux ondes, aux ondes que, que les gens dégagent, et je suis hyper sensible et je sens ces ondes. OK. Quand je suis avec quelqu'un qui me... C'est quoi mes ondes ? Toi, tu es très souriant, tu as un regard très, très bienveillant. Donc directement, on se sent à l'aise avec toi et on parle pendant 2 heures sans même s'en rendre compte. Tu, tu as des bonnes ondes, et c'est vrai que dès que je suis avec des gens qui ont des mauvaises ondes, je passe des mauvais moments. Et donc j'ai tendance à dire que deux bonnes ondes qui se rencontrent, et ben le graphique, il double. Mais c'est, c'est de la physique en plus. C'est la musique. Oui, exact. C'est une résonance, et je crois vraiment en ça, parce que quand je suis, quand je suis dans une bonne relation, soit amicale, soit amoureuse et cetera, je sens vraiment ça. C'est pour ça que je disais qu'avec ma femme, on est fusionnel. C'est, c'est-à-dire qu'on sent que, bah voilà, il y a une énergie un peu moindre quand on n'est pas ensemble, et quand elle est avec moi juste avant une compétition et que je dors pas de la nuit parce que j'y arrive pas, et qu'elle me masse à 3h du matin pendant 1h30, c'est pour moi c'est un plus x 1000. [rires] Donc, non, il y a tout ça qui fait que pour moi l'amour transcende énormément de choses, et il y a, c'est une chose de faire des performances, mais alors quand tu la partages, tu partages cette expression physique avec des gens que tu aimes, c'est incroyable. Incroyable quand tu vois tes proches pleurer vis-à-vis de ta performance, c'est n'importe quoi. Les émotions, c'est même pas descriptif. Je pourrais pas en parler. Quand je vois mon petit frère en pleurs, ma femme, mes parents en pleurs. La première fois que je les ai vus, c'était quand j'avais 18 ans, je venais de faire champion du monde chez les jeunes. Mais c'était là, tu fais « Mais je viens de faire pleurer de joie mes proches et c'est incroyable. » H, incroyable. C'est vrai que c'est une belle source, c'est une belle source d'amour et c'est rare. Moi, tu sais, je pense que mes parents, ils m'ont jamais dit « Je t'aime ». Ah ouais ? Et ouais, c'est un truc. Après, il y a plusieurs manières de montrer ton amour. Si c'est pas par la parole, c'est par d'autres choses. Moi, je sais que mon père, enfin mon père, c'est un peu pareil, mais tous ces actes dans sa vie montrent qu'il nous aime, quoi. Alors voilà. Ouais. [rires] Non, non, mais c'est difficile à voir, et effectivement, je pense, quand tu vois tes parents pleurer ou quand tu vois tes parents être super heureux, ouais, ça doit te faire un boost de, un boost de confiance, d'amour, sur un nuage qui doit être bien. Et ce qui est fou, tu vois, c'est que tout le monde dit que ça descend vite le nuage après un podium ou quoi. Et moi, [ __ ] pendant 1 mois, 2 mois, mais je suis, je pense que, si c'est la décompression de toute la pression du décathlon et tout, mais je me sens léger, sans aucun but dans la vie, et ça va très bien de rien avoir, de partir en vacances, d'être avec ses proches, de, de boire un peu d'alcool parce que c'est le moment pour le faire. C'est, c'est vraiment des moments incroyables. OK. Tu as jamais le, dès, euh, alors c'est peut-être c'est très [rires] spécifique au sport d'endurance, mais tu sais, euh, après un, un ultra trail, après un triathlon longue distance, même moi ça m'est arrivé, je me suis enchaîné 4 aox en 7 jours, un peu, un peu une connerie [rires] un peu une connerie, et après j'ai eu 7 jours, 15 jours, j'étais en, déjà j'étais un peu en surentraînement, mais j'avais le, vraiment j'avais le blues de la compète, en fait, parce que j'étais tellement fait mal, j'étais tellement allé chercher au profond de moi que j'avais plus d'énergie pour être heureux, ou tu sais, pour me lever avec de l'enthousiasme le matin, et euh, tu as, toi, tu as jamais ça sur tes, sur tes compétitions un peu de fois 1000 ? [rires] OK, x 1000. Non, en fait ça arrive longtemps après le... Non, parce que en fait, au décathlon, c'est un sport où c'est le physique prend cher, bien sûr, mais c'est surtout l'état nerveux parce que tu fais des épreuves explosives à répétition pendant 2 jours avec beaucoup d'attente entre. Le nerveux à la fin, mais n'en peut plus. Il y a des petits états dépressifs après, mais quand tu as gagné, l'état dépressif il est mélangé à tellement d'euphorie que ça va. Et quand tu as pas gagné, moi j'adore la phrase de Tom Hanks quand il a fait une, à un moment donné, il avait fait une interview et il disait tout le temps « This too shall pass ». C'est, tu sens que tu, tu sens que tu sais tout, tu sens que tu te sens bien dans la vie, tu sens que tu as tout réussi, ça, ça va passer, mon gars. Tu sens que tu es au pied du mur, tu te sens mal et cetera, t'inquiète pas, ça va passer aussi. Et en fait, c'est quand je suis dans ces états, je fais, je, en fait tout simplement je le subis et je me dis profites-en, tout simplement, pour te laisser aller, ça va passer. Et après un décathlon, je suis là et en général je me fais la trilogie du Seigneur des Anneaux, quoi, dans mon sous-sol, dans le noir et cetera, et je vis à travers. Je trouve toujours un moyen de faire en sorte que ce, ça passe largement bien, parce que tout simplement c'est le moment où tu peux subir. Le plus dur, c'est quand tu es mal et que tu peux pas, et que tu peux pas subir parce que tu es dans l'action. Et ça, heureusement, ça m'est jamais arrivé. Écoute, je prends le tips. Euh, peut-être pour en parler à d'autres sportifs, je fais l'erreur, et d'autres sportifs le font, de vouloir combattre cet état-là, de cet état un peu dépressif, et de pas l'accepter, et de dire c'est normal, j'ai perf, j'ai le système nerveux en, en PLS là, et il faut accepter, et, et OK. Et tu as un tips pour que ça revienne vite, ou c'est quoi ? Seigneur des Anneaux, fr, laisse le temps autant [rires] laisse le temps autant. C'est en fait vraiment le tips que je peux donner, c'est d'accepter. Moi en général, bah voilà, je fais des boutons de fatigue, je fais de l'IR, et dès que je, j'en ai trop fait, RPS direct. Et là, quand j'ai de l'IRPS, je me mets 3 jours de repos forcé, alors que j'avais prévu tout dans ma tête et cetera, et là, mais moi c'est horrible de, de me dire [ __ ] je devais faire ma première séance de hauteur à intensité, tatati, de me dire paf, j'arrête tout, 3 jours plus rien. C'est vraiment une larve pendant 3 jours, parce que quand l'IRPS s'y sort, ça veut dire que je suis vraiment allé trop loin. C'est que c'est déjà trop tard, en fait. OK. Bah écoute, j'ai fait après mes, mes quatre aox là, j'ai fait pareil, RPS labial, euh, plus grosse fatigue. Écoute, merci, bah merci de partager ça, et le, je t'enverrai des interviews que j'ai fait avec des haltérophiles, parce qu'ils ont ça aussi. Ouais. Ils ont, ils vont chercher tellement dans le, la nervosité que après ils ont, ils ont du, ils ont un blues pendant, mais à chaque barre, c'est, c'est, je suis dégoûté que le grand public se reconnaisse pas autant cette discipline, parce que vraiment elle est incroyable. Déjà d'un point de vue technique, c'est, ils sont parfaits techniquement, ils ont des amplitudes dont on parlait tout à l'heure qui sont incroyables, et c'est quand il faut passer sous une barre du poids qui mettent là, mais le mental et, et la charge nerve qu'il y a derrière ça. Mais c'est, c'est, c'est un sport magnifique, je trouve, vraiment. Il y a un truc qui m'ont appris les haltérophiles, euh, c'est que déjà, bon, le jour J, peu un peu avant la compétition, ils se blindent de caféine. Ah ouais. Ouais. Pour remonter le nerveux. Et ils ont, alors c'est, il sniffent, ouais, un espèce de, une espèce d'alcool très, c'est de l'alcool à 90, je crois, et il le sniff en fait pour, euh, pour un peu partir, tu vois. Et euh, et c'est marrant, du coup, j'en parlais avec une haltérophile et elle me disait « Moi, j'ai pas besoin de sniffer ce truc-là, parce que déjà dans les vestiaires, ça sent, h, et en fait rien que le fait de sentir, ça m'active. » Et je voulais parler d'activation, parce que tu vois, dans, en haltérophilie, c'est hyper important. Désolé à ceux qui disent que je fais un peu trop de passerelle par rapport à l'haltérophilie, mais en tout cas sur le, sur le nerveux, ça me parle. Toi, c'est quoi, c'est quoi ton protocole d'activation dans une chambre d'appel, dans, dans avant une compétition ? Qu'est-ce que tu fais toi ? Franchement, j'ai, c'est, je suis trop activé. C'est la première fois que j'arrive au Jio en 2012, quand j'ai 20 ans. Je fais un malaise pendant le 100 m. Malaise. Je tombe pas par terre mais je vois flou, et je fais un temps 30, c'est moins bien que mon chrono d'une semaine avant. Parce que tellement ça monte, je fais un malaise. Tu sais le malaise vagal là, quand tu sens que ça monte, ça monte, ça monte, et d'un seul coup tu, ça va partir, ben ça, ça me fait ça. Donc en fait, j'ai un système nerveux hyper actif, c'est pour ça que je me qualifie d'hypersensible. Euh, tout simplement, plus l'événement est grand, plus je suis activé, plus je fais des grosses perfs. Donc je laisse aller. Je suis content de mes perfs quand c'est des petites compétitions parce qu'elles sont pas trop mal. Mais je sais, je sais que ce sera mieux en grosse compétition. Mais c'est pour ça que quand je fais mes mini map pour un championnat, je fais jamais aussi bien. Et vraiment tous ces... J'ai vu des Russes, hein, faire ça, quand les Russes pouvaient encore faire de l'athlé en championnat, euh, qui étaient là avec leur popers sous leur truc d'alcool, et avant la perche, là, il se, il se mettaient dans le nez et tout. Mais d'un point de vue, d'un point de vue physiologique, mais c'est catastrophique les réactions biochimiques. Alors oui, ça te met un coup de peps, et c'est, mais c'est comme le Red Bull et la caféine, on va en parler. Il y a des, il y a des propriétés de la caféine que j'ai découvertes. Moi, j'ai commencé le café en 2022, qui sont vraiment pas mal, et surtout pour le demi-fond, ça a été prouvé que il y en a qui le prennent en gélule, hein, qui prennent la caféine pure en gélule maintenant avant leur course. Mais alors l'histoire du popper se sniffer et cetera, de l'alcool sniffé, alors OK, ça te met un coup de boost, mais d'un point de vue, euh, système nerveux, activation des muscles et cetera, j'ai, alors si ça marche, il y a aucun souci, mais d'un point de vue biochimique, j'ai du mal à y croire sur le long terme. Hm. Surtout sur le long terme, en fait, parce que je veux bien que ça te mette, que ça te mette un coup, mais à un moment donné, si tu te fais confiance, euh, ce coup-là tu peux te le mettre tout seul. Bien sûr, tu peux t'activer tout seul. En fait, c'est, c'est ça que j'ai envie de dire, c'est qu'à un moment donné, il faut arrêter de, d'aller dans le chimique pour s'activer. Ton système nerveux, s'il est activé comme ça, c'est qu'il y a une raison. Des fois, ça t'active trop, et c'est là que tu vas te blesser, c'est là que ton corps, bah, il pourra pas faire ce qu'il faut parce qu'il a pas l'habitude d'aller aussi haut, et cetera. Donc, euh, à long terme, je conseillerai pas. [rires] Non, mais en tout cas, je te posais la question, tu vois, pour savoir, euh, toi, quelles vont être les phrases que tu te répètes. Je me, j'imagine bien que, euh, de, du peu que je connais de toi et de ce que je ressens de toi, que tu allais pas te tourner vers une solution chimique, mais peut-être plutôt psychologique. J'entends que toi, tu dois plutôt essayer de calmer ton système nerveux pour pas trop qu'il s'embarque, qui s'emballe. Quels vont être les mots un peu que tu te répètes dans ces moments-là ? Alors, si tu, si tu veux des tips, franchement, j'en ai qui sont assez, assez productifs. Euh, déjà, il faut savoir que plus la compétition est grande, plus je me fais dessus dans l'attente. Mais vraiment, quand je dis une pression pratiquement insupportable où je préférerais mourir que de vivre ce que je suis en train de vivre, plus c'est présent, plus le moment sportif est incroyable. Donc c'est comme ça que j'ai appris à le supporter. Ça, c'est pour tous les gens qui supportent pas leur stress. Sachez que dans l'attente, plus c'est dur, plus ce sera bon dans l'expression. Donc à chaque fois, je me dis : ça va envoyer du lourd. Quand j'ai envie de mourir, en général, c'est que ça va envoyer du lourd. [rires] C'est, c'est marrant que tu dises ça. C'est des, des combattants disent la même chose. Plus l'attente d'un combat elle est douloureuse, plus elle est longue, plus ils ont du mal dans la journée, le plus le soir, ils se déchaînent dans la cage, quoi. Ouais, c'est ça. OK. Et, et tout simplement, c'est une réaction de survie, hein. C'est une réaction de survie. Le corps, il sait qu'il va s'exprimer à 100 %. Il fait que de te freiner, parce que c'est pas vraiment humain de se mettre là-dedans, et que ça, ça existe normalement que quand il y a un tigre qui te court derrière, quoi. Et ça, c'est que dans l'action que ça arrive. Le tigre avant qu'il te coure après, jamais tu t'es dit bah il y a un tigre là dans 2 heures qui va me courir derrière. Donc c'est une réaction physiologique qu'on a rajoutée, qui existait pas, parce que l'adrénaline n'était là que dans l'action physique de se protéger, ou alors de chasser pour survivre. Et c'est pour ça que ça devient dur. Et deuxième tip que j'ai, moi, dans les sports explosifs et notamment le 100 m, où c'est, je veux dire, tu as pas la, le bon, la bonne approche au bon moment, tu rates tout, parce que au départ, déjà, c'est pas toi qui crée ton départ. Un haltérophile, un sauteur en longueur, il va partir quand il veut. Là, le départ, ben il faut avoir la bonne intention au bon moment, sinon ben tu as raté ton train, quoi. Donc vraiment ce à quoi je travaille énormément à l'entraînement, c'est d'avoir l'intention la plus simple qui arrange tout. C'est-à-dire que je vais chercher ma meilleure course. Je vais me demander à quoi j'ai pensé à ce moment-là. Et avant ma course et pendant le départ, je ne vais penser qu'à une intention. Il faut savoir que moins tu auras d'intention dans la tête, moins tu auras de réflexion dans la tête, plus le corps pourra s'exprimer. Donc vraiment l'intention la plus simple que je peux trouver, moi, en général, c'est soit avoir le nez le plus proche du sol pour être le plus planché possible et mettre toutes les, toute l'énergie dans la bonne direction qui est vers l'avant, soit c'est de taper le sol comme un fou. Et ces intentions simples, elles arrangent toutes les difficultés techniques que je peux avoir, mais j'ai mis des années à les trouver. Wouh ! Et chacun doit trouver son truc. En fait, un tennisman, il peut pas penser à avoir le bras qui passe là, ici, et puis que la balle, elle passe comme ça dans sa raquette. Non, il va avoir une intention. Il y en a un, ça va être avancer dans la balle. Il y en a un autre, ça va être jamais quitter la balle des, du regard. Et, et ça, dans tous les sports, je pense, c'est quelque chose qui fait que, et, et dans le demi-fond, c'est encore plus important, parce que quand tu parles d'avoir de la musique pour que ça passe plus vite et cetera, mais trouve ton intention simple qui fait que ta course elle est plus agréable, et ben en fait tu vas avoir le rythme de ton intention. À chaque pas, tu feras intention, intention, je fais ça, je fais ça. Moi par exemple, la dernière fois, c'était de pousser tous les trois. Donc je fais 1, 2, 3, je pousse plus. 1, 2, 3, je pousse plus. Et je suis là, et genre ça crée un rythme et le temps il passe à une vitesse 10 fois plus vite. OK. [rires] Euh, non, c'est hyper intéressant. On, je crois qu'il y a une étude là-dessus sur le discours interne, euh, sur les gestes techniques et tout, et effectivement les, les discours internes qui t'orientent plutôt vers la technique de ton geste et vers le, ouais, vraiment sur le, la qualité de ton exécution, marchent mieux que les discours internes du genre « soit plus fort » ou « allez, encore, continue ». Tu peux plus, [rires] euh, j'avais vu un truc, un truc comme ça. H, c'est, c'est le demi-fond. Toi, l'épreuve que tu redoutes le plus à chaque fois ? Alors, c'est les, c'est l'épreuve que j'adorais le plus au début, et ça a été la descente aux enfers. En gros, pour devenir un décathlonien, j'ai dû devenir un sprinter. J'étais de demi-fondeur à la base. J'ai gagné des cross régionaux et cetera, je me régalais. J'avais un finish énorme. Tu dois avoir une super VO2. Non. Euh, j'avais une, là, je l'ai, étant donné que j'étais blessé, j'ai pu la retravailler un petit peu, mais c'est pas énorme. Non, c'est pas énorme. C'est pour ça que les gens disent que les décathloniens, laxe, c'est trop bien. Mais je pense qu'il faut, bon, après, il y a des décathloniens qui ont tellement peur du 1500 m qui le travaillent plus, en sachant que ça va avoir un impact négatif sur les épreuves, quand même. Il y en a qui font le choix comme moi de partir au suicide au 1500 pour être meilleur décathlonien, quoi. [rires] Donc non, ouais, je, j'ai pas une grosse VO2 max. J'en avais beaucoup quand je suis arrivé. Je faisais 4'18 au 1500 m, je faisais 2'37 au 1000 m. Le 1000 m, ça va, c'est assez court. Mais le 1500, c'est, c'est un calvaire à la fin du décathlon. Mais ça fait partie du jeu. C'est pour ça qu'on est aussi fier quand on finit, en fait. C'est, ça fait partie du jeu. [rires] Tu, il prend quelle place dans la semaine ? Tu vois ce que, du demi-fond, quand je vois Pierre-Ambroise Boss et les volumes de kilomètres, en fait ils font quand même beaucoup de volume, je trouve, par rapport à, à au peu qui vont finalement courir, en proportion, c'est assez ouf. Toi, ça t'est arrivé de monter jusqu'à combien de bornes pour, pour, pour travailler ça ? Je suis à zéro, pratiquement toutes les semaines, en, en terme d'aérobie. En gros, l'aérobie, l'aérobie, en fait, l'aérobie c'est là que, quand tout va bien. Dès que j'ai une petite gêne, toute l'énergie que je mets dans l'aéro, je la mets pour réparer cette petite gêne. Même pas de vélo, même pas de... Non, non, déjà c'est que de la course, ça c'est sûr et certain. Pas le vélo, c'est pareil : quand on veut être sprinter, le vélo, tu fais des amplitudes très petites. C'est très mauvais pour la foulée du sprinter, le vélo. Alors oui, les demi-fondeurs, ils font pas une foulée de sprinter, donc ils peuvent se permettre de faire du vélo. Moi, j'en ai fait, j'ai essayé, hein, je peux dire que ça fait 6 mois que j'ai, j'ai mis 6 mois à revenir sur un bon niveau de sprint après avoir fait 3 mois de vélo. Donc en fait, le meilleur moyen que j'ai trouvé d'augmenter ma VO2 max le plus rapidement possible, c'est quand j'ai fait une semaine au lac de Matmal à côté de Forromeux et que j'étais nageur quand j'étais petit. Et là, je me suis dit : « Vas-y, je vais nager. » J'ai nagé 2 km, euh, en altitude. Le lendemain, j'ai fait une rando de, je pense, 1200 m de dénivelé, où je marchais tout seul et je regardais ma montre et je voulais rester à 160 battements. Et là, j'ai gagné en VO2 en 5 secondes. [grognement] OK. OK. Mais ça, c'était en vacances, c'est quand, quand j'ai envie de me faire des petits délires. Si je veux vraiment parler d'entraînement, là, j'ai fait une aérobie la semaine dernière, c'était, c'était 6 x 400 m, c'est une SP 1500 somme toute normale. Euh, j'avais une petite douleur au tendon d'Achille depuis 2 mois. J'ai pas pris, j'ai pris aucun risque pour le demi-fond. Ça faisait 2 mois que j'avais pas fait cette séance. H, et bon ben elle a fait mal, hein, parce que ça faisait 2 mois que j'avais pas faite. Sinon, en ce moment, j'ai essayé de mettre, ouais, un footing par semaine de 3 km, 4 km. Voilà, c'est tout. [rires] C'est, c'est rien. C'est, c'est nul, hein. Bike drop. Mais non, mais c'est ça. Non, mais je suis pas fort au 1500. Il faut savoir que, voilà, une personne qui s'entraîne régulièrement en demi-fond pourrait me tenir. Mais, et c'est ce que je trouve trop beau dans ta discipline, quoi, c'est de, d'essayer de mettre, euh, ensemble des disciplines qui sont méga antagonistes. Alors les gens qui connaissent pas, ils se disent : « Ça va, 1500 m et quatre tours de stade, enfin un peu plus de quatre tours de stade, versus 100 m, tu vois ? What the point, tu vois ? » quand tu bosses. Euh, moi je suis dans un club d'athlé, donc tu vois, j'ai, au début de la saison, on fait du 1500, on fait du 3000, et après on augmente un peu les distances. Que les gens aujourd'hui, ils veulent faire du 10K, du marathon, tu vois. Mais wouh, qu'est-ce que c'est chaud, quoi. Et c'est vraiment, c'est encore un autre truc, quoi. Tu peux, tu peux être bon sur 10k, être une buse en 1500, et puis même quand on refait du sprint, euh, enfin c'est, il faut bien se rendre compte que votre sprint n'a rien à voir avec le sprint d'un sprinter ou d'un décathlonien. C'est quand, on, moi mon record c'est 10'50 au 100 m, ma vitesse de pointe, elle peut dépasser...
les 40 km/h. Ouais, c'est fou. Donc c'est mais en terme d'expression sportive, il y a rien de mieux. Je C'est une sensation incroyable. OK. Ouais. C'est ce que tu préfères toi ? C'est la chose la plus animale au monde. Après franchement, j'adore la perche parce que tu t'envoies en l'air et je viens un peu du freestyle. J'adorais le ski et tout avant donc j'aime bien aussi. Mais quand tu sprints, c'est la liberté absolue. Je sais pas, tu as l'impression et ça va avec mon régime de carnivore, j'ai l'impression d'être un fauve qui va manger la piste. Enfin, vraiment quelque chose d'animal, de très profond qui fait que là, ouais, je suis bien, là, je suis à ma place.
OK. Tu as si tu devais me conseiller une séance pour progresser en sprints, euh, j'en fais plus beaucoup, tu vois, avecx et tout. On fait que du seuil là. On fait que du [rires] wall B et tout, on se fait un peu chier. Mais j'aimerais bien revenir un peu à de la vitesse. Alors, je je reprends la pliométrie ne serait-ce que pour la force du pied, pour la vitesse d'exécution et je trouve que c'est quand même, tu l'as dit au début de l'interview, la pliométrie c'est vraiment le truc de l'athlète, je trouve, le truc du sprinter. C'est les chef qui se déforme pas et qui rebondissent direct. Ouais. Donc ça ça je me suis remis à en remettre. Est-ce que tu as une ou deux séances à partager pour du pour du sprint ? Sachant que attention, tu me files tes séances de reprise parce que moi je suis je suis cassé en deux là, tu vois.
Non mais en fait je peux je suis vraiment désolé, il y a pas de potion magique. C'est vraiment il faut bien comprendre que quand tu crées de la fibre lente, tu perds ta fibre rapide. il peut pas y avoir les deux fibres en même temps. Ton ton muscle, il veut pas changer. Donc plus tu vas aller vers le côté que j'appelle obscur du demi-fond, [rires] moins tu verras, moins tu pourras revenir. Et tu peux revenir. C'est moi j'ai mis 15 ans à changer ma fibre. Quand je suis arrivé au 100 m, je faisais 12 secondes chaque saison, j'ai dû progresser de 10 cenè jusqu'à 1050. A 15 ans, je vraiment tous les jours que de la force que de la puissance en délaissant totalement le demi-fond. C'est pour changer ta fibre. Je pense que je suis un de ceux qui a qui a eu le plus gros ratio qui est passé vraiment de demi-fondeurs à sprinter parce que je faisais du tennis et je suis arrivé dans les crosses et j'ai gagné. Donc j'étais vraiment demiur à un moment donné et je suis passé sprinter. Je pense il y a pas beaucoup d'autres exemples. Donc je pense être vraiment légitime pour dire que c'est le truc qui prend le plus de temps dans la préparation de changer ses fibres.
OK. Ouais. Mais si tu veux être un bon sprinter très vite, euh Non, je veux pas être très vite, je veux Non, mais euh j'ai 35 ans, tu sais, je veux juste entretenir ma vitesse, tu vois, pour euh sentir que je régresse pas trop, tu vois. Pour pousser fort, faut pousser longtemps. Donc c'est les amplitudes. OK. Les amplitudes de tes hanches, de tes chevilles et de tes genoux. Euh tes rotations de de colonnes et cetera. travaille les amplitudes et franchement c'est le meilleur moyen d'avoir des sensations au sprint parce que tu vas te rendre compte que bah au sprint tu es obligé d'envoyer le genou très haut et de pousser très loin derrière pour ton départ pour créer de la vitesse. OK. OK. OK. Bon, on a fait une grosse interview. On a fait un peu, on est en train de faire plus de 2 heures. Mais je voulais je voulais juste te te te juste avant de te libérer, je voulais savoir un peu quel était le programme tu vois pour toi sur les les prochaines années, comment comment tu te voyais dans ta dans ta vision et après je te libère.
[rires] Ah c'était trop intéressant. C'était trop cool. Euh, tu m'as chauffé hein. [rires] Euh, mais ouais, du coup, c'est quel va être un peu le le programme pour toi sur 2026 ? J'imagine qu'il y a l'objectif LA 2028. Euh, comment ça va se structurer ? Comment tu vas t'organiser pour pour essayer d'arriver au mieux dans 2 ans et demi à Los Angeles ? Là, il faut savoir que donc j'ai pas j'ai refait trois compétitions ces derniers 15 jours, mais avant ça, j'avais pas fait de compétition depuis ma dernière compète où je me suis pété. à Charlati un mois avant Paris, donc 2 ans sans rien. Euh ça a mis très longtemps et en fait cette fois-ci, j'ai fait preuve de beaucoup plus de maturité, notamment grâce à mes blessures. Et j'y vais étape après étape, c'est-à-dire marche après marche, il y a une difficulté, je la règle, je passe à la marche d'après qui me mènera au sommet de pouvoir faire un décathlon. Faut savoir qu'en ce moment, les étapes passent très vite, donc c'est très plaisant. J'ai fait de la perche et du disque en compétition. J'ai fait des très bons sprints à l'entraînement. qui me permettent d'imaginer que ça peut arriver vite. Mais je veux pas brûler les étapes. Donc chaque étape, j'y mets un point d'honneur à pas la griller, quoi.
OK. Donc en fait, le futur c'est vraiment c'est c'est fait ce qu'il faut aujourd'hui pour que ce soit un peu mieux demain et on verra demain si on peut faire encore mieux pour que ce soit encore meilleur le lendemain d'après. Donc j'espère que ça va aller vite et dès que je peux je fais un décathlon. Voilà. OK. Et tu as une date en tête ? Non, j'ai pas de date en tête mais j'espère que ce sera cette année ou l'année prochaine. C'est c'est normalement sûr que ce sera l'année prochaine. J'espère que ce sera cette année si tout se passe bien. Et oui, bah bien sûr, les Jeux Olympiques en tête de en tête d'affiche pour pour ces prochaines années. Tout le reste va être un petit peu du bonus, mais bon, j'ai en tête quand même les championnats parce que c'est là que je m'éclate et moment donné, ce serait bien de sortir un peu de la salle pour pour revivre des moments avec le maillot de l'équipe de France.
Franchement, bah écoute, c'est tout ce que je te souhaite là. On est sur une grosse table en bois. Je touche du bois pour toi [rires] aussi. Et ça serait ça serait vraiment cool. Je te souhaite que Ouais. toutes les petites étapes se se déroulent comme prévu et que le les tendons tiennent qu'il y a plus de souci et moi je suis sûr que tu vas que tu vas repousser un peu ces limites là et puis on fera un débrief après à Los Angeles pour parler encore longévité et et un peu moins perf. Merci infiniment Kevin, je me suis je me suis régalé, c'était c'était chambé. Merci d'avoir pris le temps d'être rentré autant dans les détails, d'avoir partager tes tes pensées, d'avoir mis autant de nuances aussi. Tu vois, comme tu le dis, on cherche souvent les les petits recettes, tu vois. Moi, c'est c'est toujours ça. Je suis un peu fan des euh je pratique la performance donc je sais mais tu fais bien de de toujours rappeler sur d'avoir cette sagesse là, ça fait ça fait plaisir. Et donc je te souhaite tout le meilleur pour la suite et puis voilà.
[rires] Euh, j'ai une toute dernière question. [rires] Toute toute dernière question, je sais que tu écoutes un petit peu de podcast mais pas beaucoup. Ça serait qui l'athlète si je te le fais venir au micro d'extraterrien où tu'écouterais et tu serais prêt à te faire 1h3 2h de podcast ? J'écoute he j'écoute du podcast quand même. J'écoute mais j'écoute pas quand je cours donc forcément. Mais euh [soupir] l'athlète pas à l'international bien sûr, on parle de d'un athlète français plutôt francophone. Qui c'est que j'aurais envie d'entendre ? problème c'est que par j'ai j'ai la chance de de comment dire de d'avoir des relations plutôt plutôt cool avec pas mal de sportifs qui je pose direct les questions donc c'est très difficile. Le français que je voudrais écouter. Ah ou celui qui est le plus intéressant et que tuas qui t'a apporté le plus de réponses.
Alors [ __ ] il y en a tellement franchement. Franchement mais attends, vas-y, je fais mon choix rapidement là. [rires] C'est c'est pas faut pas que ça soit une pression un nom comme ça. Non non mais ça peut être celui ou celle du moment et c'est OK. Franchement, si tu veux, je te pose la question différemment. Est-ce que tu penses qu'il y en a un ou une qui est plus calée ? que toi sur tous les sujets dont on vient de parler aujourd'hui. Pas dans les sujets qu'on vient de parler. Je pense pas. Je pense pas. J'ai jamais eu une discussion où je sentais que j'étais à la ramasse sur ces sujets-là. Après là où là où [rires] j'ai en fait voilà voilà ma réflexion pourquoi je réfléchis si longtemps. J'ai envie de mettre un athlète d'athlétisme parce que c'est mon sport et que j'ai envie de mettre en avant mon sport. Mais si je devais être vraiment comment dire, mais en fait si je devrais être vraiment sincère, je dirais la personne la plus connue parce que moi pour moi, plus tu es connu, plus il y a des euh problématiques que les gens ne voient pas et qui critiquent avant même de savoir. Donc je dirais le sportif le plus connu. Mais il faudrait qu'il se livre mais il peut pas se livrer sinon tout le monde lui retomba dessus. C'est Kyan Mbappé, je sais que c'est une personne intelligente et et que dans les médias, je dis tout le temps des horreurs sur lui et dans les commentaires aussi. Et j'aimerais savoir le fond de sa pensée sur les choses, mais je suis sûr qu'il le dirait pas parce qu'il peut pas le dire, sinon tout le monde lui retombe dessus. Donc voilà ce que je qui j'aimerais bien que tu qui se livre comme moi. Maintenant, des athlètes très intéressants euh pour moi sur le haut du panier, euh je pense que tu te régalerais avec Pierre Lec, le trèsathlète. OK. Euh, il habite à Montpellier, c'était mon colocataire quand j'étais euh quand j'étais au CRPS de Montpellier et vraiment c'est il a d'autres domaines de connaissance euh que moi. Donc nos discussions sont souvent très riches et on arrive pas à faire moins de 3 heures de conversation dès qu'on se croise. [grognement] Donc franchement, ce serait très intéressant. Et sinon, Martin Fourcade parce que je le croise très rarement mais à chaque fois que j'ai des discussions discussions avec lui, c'est c'est incroyable. Et pour aller dans le féminin bien sûr pour finir Mélina Robert Michon parce que on a beaucoup bossé ensemble et c'est c'est une femme très accomplie qui dure très longtemps et je trouve que c'est une des plus grosses difficultés dans le sport donc intéressant aussi.
Ouais, je ben écoute, je suis fan de tout le monde donc je vais je vais essayer de prendre rendez-vous. Merci infiniment Kevin. Merci à toutes et à tous à vous d'être d'être là encore parmi nous. D'ailleurs, si vous êtes là, c'est que l'épisode vous a plu. Alors, il y a une chose très importante à faire, c'est que vous allez sur Instagram, vous envoyez un petit message à Kevin. Je mettrai le lien de son compte Instagram, mais je pense que vous le trouvez, ça tombera dans ses demandes mais ça fait toujours plaisir. Juste un merci pour le podcast, merci d'être livré. Ça fait toujours énormément plaisir au aux invités du média et c'est Kevin qui a qui a bossé. Moi, j'ai rien fait. Donc euh donc c'est lui qu'il faut remercier et puis ben si ça vous a plu et que vous avez envie de d'écouter d'autres épisodes, je sais pas quel on mettra un lien quelques part par là sur la la vidéo, allez cliquer pour aller voir nos autres épisodes et pensez à vous abonner. C'est un petit clic qui coûte pas grand-chose, même qui est gratuit et qui nous aide beaucoup. Trève fin de l'épisode. Je vous remercie et je vous dis à très vite pour un nouvel épisode de podcast. Ciao les extraterriens et n'oubliez pas, vous êtes déjà au top. Merci encore Kevin.