Transcription
Il y a 2400 ans, Hippocrate a dit que l'alimentation doit être la première médecine, qu'une alimentation saine sert à maintenir en bonne santé, donc vertu préventive, et à rétablir la santé, vertu curative. Il a dit que toutes les maladies commencent au niveau de l'intestin.
Jusqu'à ce jour, on a fait une étude en disant, allez les gars, on fait une expérience, il y en a qui vont sauter sans parachute, d'autres sans parachute. On va voir si le parachute est efficace, parce que si on ne le démontre pas, on ne pourra pas les vendre. Tu aurais été dans quel groupe toi ? Je prends le parachute.
Bienvenue dans le podcast SIMP Biologie, Santé, Nutrition. Le podcast où nous discutons avec des experts de ce que notre corps et notre biologie nous disent à propos de notre santé et nos besoins en nutrition.
Bonjour, bienvenue dans ce nouvel épisode où on accueille Professeur Castronovo. Bonjour Nicolas. Merci d'être venu. Ici, on est au laboratoire LIMS. Absolument. Qui est un des laboratoires les plus connus en Europe pour la biologie fonctionnelle, pour la qualité des analyses de biologie fonctionnelle dont on vous doit en partie cette qualité, parce que vous êtes le président du comité scientifique ici. Depuis les origines absolument. Voilà, depuis son tout début. Et donc je me disais que c'était un bon endroit pour parler de la médecine fonctionnelle, de venir expliquer ce qu'est la médecine fonctionnelle et surtout parler un petit peu de ce que c'est aussi avec le laboratoire.
Merci Nicolas, parce que tu dois savoir que la médecine fonctionnelle en allopathie, c'est souvent confronté avec la physiothérapie, c'est-à-dire rééducation fonctionnelle. Donc les physiothérapeutes font la médecine fonctionnelle. Dans notre esprit, la médecine fonctionnelle à laquelle on ajoute micronutritionnelle est une approche tout à fait, non pas innovante, mais ancestrale, réactualisée de l'approche de la santé. Une médecine qui s'adresse aux grandes fonctions de l'organisme, qui dépend d'un environnement micronutritionnel adapté. C'est une médecine qui privilégie la santé, non pas en opposition à la médecine de la maladie qu'à la médecine allopathique, mais bien en complémentarité, puisque on sait que les maladies naissent parce que le terrain est permissif. Donc on pourrait même dire que c'est une médecine du terrain, c'est-à-dire comprendre pourquoi, quel a été le cheminement pour un patient qui se plaint d'un problème de santé, quel a été le cheminement qui a amené un système, un organe, un tissu à ne plus fonctionner, donner des symptômes, et d'intervenir avant l'apparition de ces symptômes, parce que souvent les symptômes sont associés à des lésions. Donc nous, avant d'arriver à ce point qui parfois est associé à des lésions tissulaires non récupérables, on essaie d'intervenir avant, lorsque la fonction commence à péricliter, et pourrait, si elle continue, amener une lésion qui serait potentiellement irréversible.
Par exemple, un exemple très pratique, on sait qu'il y a énormément de femmes qui souffrent d'hypothyroïdie liée à une maladie auto -immune qui est la maladie de Hashimoto. Donc le fait que le corps produise des anticorps contre ces immunitaires, contre la thyroïde, qui à un moment donné n'aura plus suffisamment de cellules pour produire des hormones thyroïdiennes, le patient, ou la patiente, c'est souvent des femmes, sera hypothyroïdienne, et on sera obligé de lui donner des hormones thyroïdiennes. En médecine fonctionnelle, on va tester la présence d'autos-anticorps contre la thyroïde avant l 'apparition de signes hypothyroïdiens, et d'aventure, si des anticorps sont présents, on va essayer de réduire ce processus pour que jamais la patiente ait une thyroïde dysfonctionnelle. Tu vois un peu la différence ?
Tout ça. Et on va revenir un petit peu dans ces différentes différences, et aussi les analyses dont vous avez parlé pour aller voir là-dedans. Mais juste avant, est-ce que vous pouvez peut-être vous présenter, pour ceux qui ne vous connaissent peut-être pas encore ?
Je m'appelle Vincenzo Castronovo. Comme mon nom l'indique, je ne suis pas belge, ni suisse. S'il y a une partie italienne en Suisse, la Suisse romane, je suis d'origine sicilienne. Donc mes parents ont immigré en Belgique après la Deuxième Guerre mondiale. Mon papa a été échangé contre mille kilos de charbon, parce qu'on avait oublié... Les Belges ne voulaient plus descendre dans la mine, et on favorisait donc les immigrés qui, eux, avaient besoin, parce que l'Italie, en post-guerre, était en souffrance économique, et notamment en Sicile, le sud étant plus pauvre que le nord. Et donc, ils sont venus s'installer, et j'ai toujours été intéressé par la vie, par la nature, et en fait, après des études, trois études moyennes, j'ai été en humanité technique, donc j'ai été technicien chimiste. Et comme j'étais un bon étudiant, mes professeurs m'ont encouragé à l'université. La seule voie possible sans examen d'entrée était la médecine, et donc la médecine correspondait à mes aspirations de l'amour de la vie, et j'ai choisi cette médecine, que j'ai réussie très bien, parce que j 'ai beaucoup travaillé, évidemment. Et puis, à la fin des études de médecine, j'ai été bien plus impressionné par mon ignorance et l'incompréhension des processus de base que j'ai choisi une carrière de recherche. Je me suis toujours posé des questions, et la recherche, à ce moment-là, qui était le plus favorable par rapport à obtenir un mandat, c'était la recherche en cancérologie. La cancérologie étant une discipline extrêmement proche de la santé, puisqu'on étudie pourquoi une cellule dysfonctionne et se met à désobéir aux lois homéosasiques de maintien de l'organisation du corps. Et donc, j'ai fait un doctorat en sciences biomédicales et expérimentales, une thèse d'agrégation, et puis je me suis dit qu'il y avait encore trop de choses à découvrir, donc je suis parti faire un post-doc aux Etats-Unis, au National Cancer Institute. Pour un an, j'y suis resté cinq, et puis je suis rentré plus pour des raisons affectives que rationnelles, parce que les Etats -Unis, c'est un endroit extraordinaire pour faire la recherche, où finalement, le travail est récompensé, il n'y a pas toutes ces mesquineries qu'on a plus en Occident. Et donc, pour des raisons familiales, je suis rentré, et en fait, j'avais fait un MD-PhD, c'est-à-dire qu'après avoir eu mon diplôme de docteur en médecine -chirurgie à accouchement, j'ai opté pour devenir gynécologue obstétricien, et en même temps, faire de la recherche pour avoir un doctorat en sciences biomédicales et expérimentales, et puis une thèse d 'agrégation, qui permet l'accès à devenir professeur ordinaire à l'université. Et en fait, j'hésitais entre devenir professeur de gynécologie, parce que le prof m'aimait bien, ou bien, alors cela implique qu'on va passer sa vie à l'hôpital, et à gérer les problèmes de patients, ce qui ne me pose pas de problème également, de gestion administrative du personnel d'un système infirmier, et j'ai choisi sans hésiter la recherche fondamentale, donc j'ai créé mon centre de recherche en cancérologie. Je me suis spécialisé en scénologie diagnostique du cancer du sein, qui correspondait à mes recherches, surtout que j'ai pendant 5 ans étudié la biologie de l'invasion cancéreuse et la dissimulation métastatique du cancer du sein, et donc ça matchait, parce que ma recherche avait du sens avec ma clinique, et la scénologie se fait par consultation, et il n'y a pas de garde, quand une dame détecte une boule dans le sein, elle peut attendre le lendemain pour voir ce que c'est. Donc c'était compatible avec une carrière de recherche, et puis, par hasard, même si le hasard n'existe pas, en 1995, alors que j'étais rentré aux Etats-Unis, j'avais créé un centre de cancérologie expérimental à l 'université de Liège, je travaillais notamment sur l 'angiogénèse, c'est-à-dire le processus par lequel les cellules cancéreuses créent leur propre réseau nourricieux de capillaires sanguins pour assurer leur croissance illimitée et leur SMH métastatique. J'ai fait rencontre d'une ancienne étudiante, qui était dans mon année, et qui m 'a rencontré lors d'une conférence que je faisais sur l'angiogénèse, et qui me dit qu'elle utilisait des compléments nutritionnels pour gérer l'angiogénèse. Alors, comme à l'université on nous forme, on nous formate pour rejeter tout ce qu 'on nous a pas enseigné comme des choses qui sont charlatanesques, on est toujours un peu sur nos gardes, mais comme j'ai fait de la recherche, je sais que quand on parle de la santé, on est dans un terrain complètement d'inconnus, je ne juge que sur ce que je peux voir, connaître, etc. Et donc, j'ai demandé à lui parler après la conférence, et elle m'a dit qu'en effet, elle utilisait certaines substances que je ne connaissais pas. Donc, comment on peut juger quelque chose que je ne connais pas ? Donc, j'ai été recherché, à l'époque c'était des extraits de cartilage de requin, pas des élons de requin, le cartilage, qui est un tissu qui n'est jamais vascularisé, et qui donc contient des substances qui empêchent les vaisseaux sanguins de pénétrer dans le tissu. Donc, j'ai été interpellé, je me suis rendu compte que ça fonctionnait, et les extraits qu'elle utilisait chez les patients fonctionnaient dans mes modèles au laboratoire, où on étudiait en faisant des vaisseaux, donc je me suis intéressé. Et puis, elle m'a mis en contact avec la firme qui distribuait films de compléments nutritionnels, et j'ai rencontré le patron qui m'a dit « tu ne veux pas venir expliquer c'est quoi l'angioséma ? Parce qu'on a ce produit qui vient du Québec, on ne sait pas l'expliquer, le médecin de Safad a fait une conférence, il s'est bien passé, les gens ont apprécié ma pédagogie, et le monsieur de la firme en question m'a dit « écoute, on a plein d'autres produits, on a des acides gramigatron etc., plein de choses, mais moi je ne connaissais rien, je ne savais pas ce qu'était l'acide docosahexanique, je ne savais pas ce qu'était l'homocycline, la méthylation, je ne savais pas ce qu 'était la 5-10-méthylène-tétrahydrofolate, je ne l'avais jamais appris. Mais comme je suis fondamentalement homme, c'est -à-dire que si je ne connais pas un truc, je ne le juge pas, j 'ai été voir, je me suis informé, et j'ai vu qu'il y avait une quantité de données scientifiques qu'on ne nous avait pas expliquées, et qui était fondamentale. Bien sûr on nous avait appris que le zinc était un métal important pour les enzymes ADN polymérase, mais jamais on nous a dit qu'il fallait suffisamment de zinc pour que la réponse immunitaire soit correcte, parce que la réponse immunitaire lors de la rencontre avec un antigène implique une division intense des cellules immunitaires, et que s'il n'y a pas de zinc, ça ne se fait pas. Donc voilà. Donc ça m'a interpellé, un peu choqué en me disant pourquoi on ne m'a pas appris ça. On nous a appris d'abord comment fonctionnait un organisme vivant, on nous a appris la maladie, on n'a jamais fait le lien. Comment on passe de la santé à la maladie, évidemment, il y a une modification du terrain. Et vous allez voir, ce mot terrain joue un rôle extrêmement important en médecine fonctionnelle et micronutritionnelle, qu'on pourrait appeler médecine intégrative de la santé. Et donc, chemin faisant, j'ai appris, et puis j'ai commencé à appliquer ça à mes patients.
Alors, je raconte souvent cette histoire, j'ai une patiente, donc moi en tant que scénologue, je diagnostique le cancer, je l'envoie chez le chirurgien, l'oncologue, on décide un schéma thérapeutique, chimiothérapie, chirurgie, radiothérapie. Et puis, quand le scénario thérapeutique est fini, la patiente nous a envoyé pour le suivi. Et j'ai cette patiente qui vient de finir son cycle et qui me dit, docteur, je suis embêté parce que j'ai demandé à l'oncologue, maintenant que tout est fini, qu'est-ce que vous me conseillez pour que le cancer ne revienne pas ? Parce qu'on sait que les cancers peuvent récidiver et on sait que lorsqu'il y a un cancer qui a plus d'un centimètre de diamètre, la probabilité qu'il y ait des cellules cancéreuses qui échappent et qui se sont réfugiées ailleurs et qui restent en état quiescent, endormi, est extrêmement importante et que ces cellules n'attendent que les bonnes circonstances pour se redévelopper et faire des colonies secondaires qu'on appelle les métastases. Et le chimiothérapeute m'a dit, profitez de la vie, faites comme avant. Et la patiente m'a dit, docteur, si je fais comme avant, je me retrouve dans la même condition que qui sont celles où mon cancer s'est développé, donc je ne change pas mon risque de récidive. Je me suis dit, elle n'est pas contre cette patiente, évidemment. Donc elle a compris que c'est les circonstances de vie, le terrain qu'elle avait qui a permis le cancer et qu'elle doit le changer. Et je me suis commencé à appliquer les concepts de carences micronutritionnelles, notamment je me suis rendu compte que beaucoup de patients avaient des taux de vitamines D effondrées, n'avaient pas d'acigre oméga 3, avaient une inflammation de la grâce, j'ai commencé à corriger avec des résultats fabuleux. Alors ce qui est intéressant, c'est que ces patientes ont des comorbidités, c'est-à -dire en plus du cancer, elles sont fatiguées, elles ont un peu de pré-diabète, elles sont un peu grasses, elles ne dorment pas bien, elles sont anxieuses. Et quand vous corrigez le terrain, tous ces symptômes qui sont spécifiques commencent à s'améliorer, voire disparaître. Donc j'ai dit, voilà, le terrain, il est impliqué par l'approvisionnement du corps, en ses nutriments qui doivent absolument être apportés par l'alimentation. Nous qui sommes des organismes hétérotropes, c'est -à-dire que nous avons l'obligation d 'apporter les molécules qui servent au fonctionnement de la cellule.
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Oui, donc c'est ça qui vous a un peu fait passer, parce que vous avez plutôt un... Bon, on voit depuis le début qu'il y a cette envie de comprendre ce qui se passe au niveau de la recherche, et ça vous le faites encore, vous avez encore un pied aujourd'hui, être dans des comités scientifiques, vous êtes dans plusieurs comités scientifiques qui permettent de rester en contact avec ça, mais toujours quand même cette envie de voir ce qui se passe dans la clinique.
Absolument, donc ce qui a toujours conduit mon action et qui est un peu mon ADN, d'abord c'est qu'on ne peut agir que sur ce que l'on comprend et connaît, il faut d'abord le comprendre pour l'appliquer correctement, et de être le plus efficace possible maintenant pour mes patients. Pendant plus de 30 ans, j'ai fait de la recherche fondamentale et il est évident dès le départ que mes recherches n'allaient pas améliorer le quotidien des patients, puisque en vérité, pour qu'une idée donne des résultats d'abord démontrables au niveau préclinique, dans le modèle animaux, il faut beaucoup d'années, mais puis pour le passage du préclinique au clinique, il faut des années entières, et pour chaque concept qui a été, je dis, cristallisé au laboratoire, sur mille concepts, il y en a peut-être un qui va arriver aux patients. Donc c'est assez intéressant parce qu'on comprend, mais le bénéfice pour le patient est loin d'être immédiat. Par contre, je me suis dit qu'en appliquant des choses qui faisaient du bon sens, qui avaient été démontrées, il y a des siècles, parfois des millénaires, et réactualiser à la médecine actuelle pouvait apporter directement un bienfait au patient. Donc, je me suis inspiré de l'histoire de l'évolution de la médecine et j 'ai été revoir le père fondateur de la médecine occidentale qui est Hippocrate, pour lequel, en tant que jeune médecin, on prête serment sur des préceptes. Le premier, c'est Plima non nos, c 'est d'abord de ne pas nuire. Donc déjà, je me suis dit, le pauvre, il doit un peu se retourner à sa tombe parce que le nombre d'effets secondaires de certains médicaments, le fait de savoir qu 'aux Etats-Unis, on a montré que la quatrième cause de mort prématurée s'est condamnée à un organisme de soins de santé. Quatrième cause de mort prématurée. Donc, je me suis dit, là, le pauvre, il ne doit pas être très bien dans sa tombe. Le deuxième précepte sur lequel on ne nous parle jamais, c'est qu'il y a 2400 ans, Hippocrate a dit que l'alimentation doit être la première médecine, qu'une alimentation saine sert à maintenir en votre santé donc, vertus préventives, et à rétablir la santé, vertus curatives. Et puis, un concept incroyable, parce qu'on se demande comment il a pu tirer des conclusions, et on ne peut que s'éblouir de sa capacité d'observation et de déduction intuitive, il a dit que toutes les maladies commencent au niveau des intestins. Rappelez-vous, peut-être que vous ne le savez pas, mais il y a 2400 ans, on ne savait même pas qu'il y avait des cellules. On ne savait pas qu'il y avait des bactéries, on ignorait la présence de cellules, ce n'est qu'à la fin du XIXe siècle que, grâce au microscope, on a commencé à voir que la vie était faite de structures plus petites et qu'on a commencé à avoir des bactéries. Donc c'est incroyable qu'il ait pu observer ça, jusque par une observation de bon sens, de voir éventuellement les conséquences d'une mauvaise digestion, ceux qui avaient des selles collantes, défaites, etc., m'auraient plus vite que ceux qui avaient des selles bien moulées et avaient des beaux boudins. C'est vraiment ça. Rien que ça, mais ce qui est intéressant, c'est qu'on voit que les vétérinaires utilisent ces préceptes, et l'éleveur de vaches sait que si la marguerite a une selle tout défaite qui ne sent pas bon, il faut vite appeler le vétérinaire parce qu'elle est malade. Donc c'est intéressant. Et ça, ça a été oublié. Cette propagétique de la santé est oubliée, et l'idée c'est de la réintégrer mais à la lumière des données scientifiques et aujourd 'hui, on sait que le microbiose joue un rôle important, etc.
On a l'impression qu'on a souvent reproché un peu à la médecine fonctionnelle de ne pas être basée sur des preuves scientifiques ou sur un certain prisme de la façon de faire la recherche. Est-ce que c'est encore d'actualité aujourd'hui ?
Il faut savoir, cher Nicolas, que la médecine de la santé n'a pas bonne presse parce que en fait, elle fait du tort à la médecine de la maladie. Elle fait du tort à la médecine de la maladie. Une anecdote. Donc moi, j'étais prof dans une faculté de médecine, à l'université de Liège, et depuis 1995, j'ai enseigné jusqu'à 2020, tous mes collègues me critiquaient. Au début, fort, et puis lorsqu'ils se confrontaient à mes explications, ils étaient moins critiques parce qu'ils n'avaient pas la réponse de ce que je leur expliquais. Ils ne connaissaient pas. Moi, je pense qu'on ne peut pas critiquer ouvertement sur un sujet dont vous ne ne maîtrisez pas la matière. Donc déjà ça, on est moins critiqués. Et donc, à la fin, on me demandait de venir faire des interventions dans les collègues de service, et je me rappelle qu'en neurologie, le prof m'a dit « Tiens Vincent, viens un peu nous parler de nutrition du cancer de la prostate. » Et j'avais un titre interpellant et percutant pour eux « Comment réduire le risque de cancer de la prostate de 75% par la micronutrition ? » Donc je vais sur le temps de midi, en trois quarts d'heure, je déballe mon propos avec des articles scientifiques, et je leur démontre effectivement que en contrôlant le terrain micronutritionnel, on peut effectivement réduire à l'appui d'études scientifiques. Vous savez quelle était la réponse ? Après du prof, il dit « Écoute Vincent, c'est merveilleux ce que tu racontes, c 'est hyper intéressant, mais si on applique ça, nous qu'est-ce qu'on fait ? Puisque la prostatectomie, c'est notre pain quotidien. » Voilà. Donc en fait, la médecine allopathique est malheureusement de plus en plus au service du Big Pharma, et on sait que tous les scandales des pharmaceutiques, médiateurs et autres, montrent que parfois, on bypasse. Et donc, la médecine allopathique, elle est caractérisée par le fait qu'on va donner aux patients des molécules synthétiques le plus souvent, ou bien extraites de plantes, mais qui n'existent pas dans la constellation des molécules du fonctionnement de l'humain. Donc ce sont des régulateurs de voie métabolique, de voie enzymatique, qui sont soit trop importants, soit trop activés, soit trop réprimés. Et donc, on intervient par une molécule exogène, et quand vous voyez la complexité des réseaux de réaction chimique, quand vous affectez une réaction, vous avez un impact, et donc ce sont les effets secondaires. Et donc, on sait que certains agents pharmacologiques ont extrêmement d'effets secondaires, beaucoup d'effets secondaires, parfois extrêmement délétères. Et par opposition à ceci, comment est-ce qu'on peut essayer de réexpliquer de manière simple... Vous n'avez pas laissé finir mon explication, et donc je comprends que vous soyez sur votre fin. Donc, étant donné qu'il y a des effets secondaires, l'intérêt, c'est de faire un maximum de bien avec un minimum de toxicité. Et donc, il faut pour ça prouver, pour un nouveau médicament qui doit être profité et qui va rapporter beaucoup d'argent, que votre nouvelle formule est plus efficace et moins toxique. Et pour ça, il faut faire des études énormes sur une grande population, ce qu'on appelle la médecine basée sur l'évidence. Et pourquoi cette évidence ? Parce que la médecine allopathique ne considère pas un paramètre que nous nous considérons, c'est -à-dire l'individualité de chacun. Nous sommes tous différents, notamment dans la manière d'éliminer les médicaments, de les transformer, de les rendre actifs ou de les inactiver. Et donc, il faut homogénéiser cette population, il faut qu'il y ait un extrêmement grand nombre de personnes qui doivent répondre à des critères, ça coûte excessivement cher de faire ces études, il y a les phases cliniques 1, 2, 3, etc. Et donc, cette médecine basée sur l'évidence a été instaurée par le Big Pharma. Ce qui empêche des petites firmes qui n 'ont pas le moyen de mettre sur le marché, de profiter à nos médicaments, leur formule qui peut-être est plus efficace que la leur.
Qu'est-ce qui oppose la médecine nutritionnelle et fonctionnelle à la médecine allopathique ?
Nous avons une médecine qui est personnalisée, individualisée, qui n'est pas de masse. Chaque patient est unique, et c'est pour ça que les bilans nutritionnels et fonctionnels ont toutes leurs significations. On doit évaluer un patient, voir quels sont ses besoins, et voir quels sont les niveaux des nutriments fondamentaux en excès en carence. On va ne travailler que sur les paramètres qui sont perturbés. On ne va pas toucher à ce qui va bien. Donc, on aura un minimum d'effets secondaires, on ne peut avoir que des aspects bénéfiques. Et donc, la médecine allopathique basée sur l 'évidence, la médecine nutritionnelle et fonctionnelle est basée sur le bon sens et la personnalisation. Et donc, j'ai eu des critiques en disant il n'y a pas, on m 'a dit tu donnes du sélénium, il n 'y a pas de preuves cliniques. Je vais vous le raconter dans un anecdote après. Et souvent, s'il n'y a pas d'issue scientifique, c'est pas bon. J'ai dit, écoute, mon doyen me disait, écoute Vincent, il m'aimait bien, il me disait, écoute Vincent, il n'y a pas une semaine où on vient en te critiquant en disant que tu faisais une médecine commerciale parce que les nutriments ne sont pas robustés, etc. Les bilans non plus. Et je lui ai dit, écoute, ce n 'est pas de la médecine basée sur évidence. Je lui ai dit, écoute, est-ce qu 'on a fait des études publiées démontrant qu 'il était plus efficace de sauter d'un avion à 1500 mètres avec un parachute que sans parachute ? Est-ce qu'un jour on a fait une étude en disant, allez les gars, on fait une expérience, il y en a qui vont sauter sans parachute, d'autres sans parachute, on va voir si le parachute est efficace parce que si on ne le démontre pas, on ne pourra pas les vendre. Hein ? Tu aurais été dans quel groupe, toi ? Je prends le parachute. Tu prends le parachute, ben voilà. Et donc je lui ai dit, ça c 'est de la médecine basée sur le bon sens. Donc si moi j'enseigne en biologie, en première candie, que s'il n'y a pas sélénium pour la cellule, la mitochondrie ne sait pas détoxifier l'eau oxygénée qui va se transformer en radical hydrosile qui va brûler toutes les molécules et créer une altération, et que si le patient manque de sélénium, je ne vois pas pourquoi je dois faire des études pour dire qu'il faut rendre du sélénium au taux qui fonctionne. OK ? Ah ben oui, t'as raison. Mais enfin voilà, quand même. Donc j'ai été embêté parce que ça fonctionne. Mais le problème, c'est que le Big Pharma, il est basé sur one size fit all, une dose pour tout le monde. Et puis il y en a, ça ne va pas laisser prévu, il y en a, ça va étoxicer prévu, et une majorité auront plus ou moins un effet. Est-ce que tu sais, Nicolas, qu'on a démontré, ça a été publié dans le JAMA, que la prescription d'inhibiteurs de recapture de la sérotonine, qui sont l'équivalent du Prozac, sont complètement inefficaces chez la majorité des patients. Parce qu'il faut recapturer quelque chose, c 'est ça ? Parce que s'il n'y a pas de sérotonine dans les synapses et que t 'inhibes la recapture de rien, t'as rien, OK ? Si tu pêches dans un lac où il n'y a pas de poisson, que tu mettes une canne, dix cannes, cent cannes, tu ne mangeras pas du poisson le soir. Il faut remettre du poisson dans le lac, tu vois ? Ça, c'est le bon sens.
Et est-ce que c'est uniquement, du coup, une question de budget ? Parce que j'aimerais me dire un moment si on veut... Parce que vous dites qu'on peut critiquer la médecine fonctionnelle d'être une médecine commerciale, mais au final, c'est tout aussi commercial que l'autre médecine. C'est juste que d'un côté, on a un remboursement, de l'autre côté, on ne l'a pas, donc c'est perçu comme plus cher. Mais on pourrait se dire OK, si on met le budget dedans pour avoir ses études, ça pourrait rentrer dans les remboursements et autres. Mais est-ce que le problème ne vient pas aussi de cette personnalisation ?
Non, le problème ne vient pas de là, Nicolas. Le problème vient du fait que l'environnement nutritionnel est fait de molécules qui sont disponibles dans la nature, qui sont souvent éliminées par le processing industriel de l'aliment, et qui, la nature n'étant pas vénale, ne sont pas preuvetables. Et donc, à partir du moment où une molécule n'est pas preuvetable, il n'y a aucun profil et donc la santé du Big Pharma va être perturbée. Donc le Big Pharma a plus de préoccupations sur la santé et son compte en banque que la santé et la population. Donc si moi maintenant, demain, je fais une étude sur le sélénium, moi je dépense énormément d'argent pour dire que ce sélénium fonctionne, en fait, moi j'aurais dépensé beaucoup d 'argent, mais tous mes concurrents pourront m'utiliser... C'est ça. Donc il n'y a pas d'intérêt. C'est ça que j'essaie de comprendre. Et est-ce que, ça c'est le côté commercial, le côté personnalisation... Est-ce que tu es naïf au point de croire que il y a des choses dans la vie qui n'ont pas un côté financier commercial ? Est-ce que tu penses vraiment que les gens ne sont pas modulés par... Même en nutrition, je vois des gens qui racontent n'importe quoi pour pouvoir attirer leurs clients, etc. Je pense que, malheureusement, à partir du moment où il y a des choses qui se vendent, il y a du commerce. L'idée c'est de le faire avec des valeurs. La valeur c'est la justesse, l'honnêteté et envie de faire du bien.
Oui, personnellement, moi j'ai pas de problème avec ça. Et il faut faire de l'argent pour faire une équipe, pour faire de la recherche, pour mettre des choses au point...
Ah mais je suis tout à fait d 'accord avec ça. Le tout c'est d'avoir ces valeurs données. C'est ça, oui, tout à fait.
Et du coup, aujourd'hui, on parle de l'importance de la personnalisation, ce qui aide à comprendre aussi l'importance des analyses. C'est pour ça qu'on est aussi dans ce laboratoire aujourd'hui, avec lequel nous on travaille aussi pour faire des analyses de biologie fonctionnelle. Est-ce qu'aujourd'hui, ces analyses, puisqu 'il y a énormément d'évolutions, on parlait du microbiote rapidement et toutes les évolutions dans la recherche grâce au séquençage qu'on peut faire depuis peu d'années si on regarde à l'échelle macroscopique, est-ce que ça peut aider à aller vers plus de compréhension de l'individualisation et de cette personnalisation sur laquelle est basée la médecine fonctionnelle ?
Évidemment, mais ce que tu dois savoir, Nicolas, c'est que déjà, pour un professeur de la santé, un médecin, moi par exemple, connaît tout ce qui est connu dans la médecine. Ce que je connais sur tout ce qui est connu, c'est une infime partie. Mais ce qui est connu par rapport à ce qui est inconnu, c'est encore plus important. Donc je pense que c'est ça qui est fabuleux, c'est que on a des intuitions, et je pense qu'Hippocrates, s'il pouvait, il se dirait mais j'étais génial, j'ai vu des choses qui sont démontrées maintenant. Donc on a des intuitions qui doivent être faites sur le bon sens, l'observation, et on n'est pas obligé de comprendre tout de suite l'importance de faire du bien et de bien cibler les personnes à qui on donne quelque chose. Voilà, donc ça c'est mon point de vue.
Par rapport au bilan, quelle est mon histoire par rapport au bilan ? En 1995, j'avais commencé à la nutrition et qu'on commençait à parler de moi. Je me rappelle, je faisais une invitation d 'un groupe sur le cancer du sein, une conférence au palais des congrès de l'IAGE sur nutrition, cancer du sein, et là, il y a un commercial de laboratoire à l 'origine, Romain Païs, qui est devenu la copie d'IMS, qui vient voir, me dit Bruno Grosse-Renaud, vous serez peut-être intéressé parce que nous faisons des bilans. Et là, ça a été une révélation pour moi parce que je me basais sur un interrogatoire pour compenser mes patients en vitamines A, Z, etc. Mais il n'y avait pas une garantie. Il y avait en effet toute une série de tests basés sur l'enquête alimentaire qui permettait de voir si, oui ou non, il y avait suffisamment de nutriments. Mais il manquait une donnée fondamentale qui était la biodisponibilité. C'est-à-dire, ce n'est pas parce que vous consommez des aliments riches, par exemple en oméga 3, que vous allez avoir ces oméga 3 dans vos cellules. Elles doivent être digérées, absorbées et distribuées. Et donc, le fait d'avoir à disposition un outil qui permettait de vérifier de facto le statut nutritionnel ouvrait un horizon incroyablement de performance, d'efficacité, de justesse et de sûreté. Et donc, j'ai pris un rendez-vous avec le CEO du laboratoire et d'emblée, il a été convaincu par mon approche, par ma rigueur scientifique et il m'a demandé de prendre la direction du comité scientifique, d 'être président du comité scientifique, dont la mission était de choisir les analyses qui étaient pertinentes, parce qu'on avait démontré que leur perturbation en excès en carence était associée à des maladies, que les méthodes utilisées étaient correctes et qu'elles étaient bien le reflet de la situation du patient, et d'autre part qu 'on savait que la correction des éléments a apporté un bénéfice par rapport à la santé du patient. Un exemple, vous avez des patients qui sont anxieux, déprimés, etc. Eh bien, on sait qu'un métabolisme qui est souvent perturbé, c'est celui de la méthionine et qui est lié à la perturbation de l'homocysteine, le cycle de l'homocysteine qui fait la méthylation. Et donc, si votre patient a une homocysteine élevée, on sait qu'il y a un souci qui pourrait contribuer à ses problèmes émotionnels, cognitifs, également à d'autres risques. C'est extrêmement important. Si on sait que l'homocysteine pourrait être bien métabolisée, dans un environnement riche en vitamines B9, B12 et B6, et donc on va vérifier ça. Si c'est altéré, on va corriger, on vérifiera maintenant si le taux d'homocysteine est optimisé. Si il n'est pas optimisé, on peut aller plus loin, parce que certains patients ont des mutations dans les gènes qui utilisent la vitamine B9, qui peuvent être transformées pour être utilisées. On va faire cette recherche et si le patient a un polymorphisme qui fait qu'il ne transforme pas la vitamine B9, on va pouvoir donner la forme qu'il ne sait pas faire, et là, le patient ira beaucoup mieux. On a des résultats remarquables. Donc ça c'est une médecine précise, juste et efficace.
Oui, et qui prend en compte la clinique. C'est ça qui est intéressant, c'est de voir est-ce que ça a évolué, comment la personne se sent avec ce marqueur -là qui a évolué. Le meilleur laboratoire, c'est le patient, évidemment.
Et justement, ces patients, dans quel cas est -ce qu'ils viennent aujourd'hui ? Parce qu'on parlait de la science de la vie, puis la science de la mort, et au milieu se trouve un peu la médecine intégrative. Idéalement, faudrait venir vous voir, ou quelqu'un qui fait la médecine fonctionnelle, quand tout va bien. Mais aujourd'hui, j'ai l'impression que ce n'est pas vraiment le cas.
Idéalement, on est dans une société d'assistés. Et puis les gens sont surchargés de tact, et en compensation, ils ont la garantie de la gratuité des soins lorsqu'ils sont malades. Donc on a une médecine basée sur la maladie, on a un ministère de la maladie, on a un budget de maladie. Et pas de santé, ok ? Donc, aujourd'hui, le dogme, c'est j 'attends d'être malade et je serai pris en charge de moins en moins bien, surtout si je suis malade chronique, on parlera des maladies chroniques d'ailleurs, dans un moment. Et donc, à partir du moment où je suis en bonne santé, je ne vais pas aller voir un médecin, puisque je suis en bonne santé. Et donc, je vais attendre d'être malade. Si je vais voir un médecin que je suis en bonne santé, il va me dire vous êtes en bonne santé, un médecin de la maladie. Il va me dire qu'est-ce que vous venez de me faire, tout va bien. Alors, c'est quoi la santé, déjà ? La santé, c'est pas l'absence de nos maladies. Aujourd'hui, notre médecine, elle est basée, si vous n'êtes pas malade, vous êtes en bonne santé. C'est faux. Il y a un état intermédiaire entre la santé optimale, qui est un état où vous pouvez jouer dans vos capacités physiques, cognitives et émotionnelles pour gérer votre vie, et puis il y a la maladie, vous êtes complètement off, vous.
Ne savez plus rien faire. Ou bien vous savez beaucoup moins faire, vous êtes à la maison, vous n'avez plus d'énergie, ou bien vous avez mal, etc. Et entre, il y a la situation où on va dire ça va Nicolas ? Je ne sais pas ce que j'ai. Et puis vous allez chez le médecin et il dit qu'est-ce qu'il y a ? Je ne sais pas ce que j'ai, je ne sais pas, je ne suis pas bien. Et le médecin, allopathe, très motivé à vous aider, va faire des bilans pour voir si vous n'êtes pas malade.
Et je vais prendre le cas d'une dame qui vient, qui est un peu grossie, qui est fatiguée, qui est un peu froide, etc. Et on pourrait suspecter une hypothyroïdie. Et donc le médecin, de manière consciencieuse, bienveillante, va faire le test. Et la personne dit je ne sais pas ce que j'ai docteur, je prends du poids, je suis un peu constipé, je perds mes cheveux, j'ai pris des pilules pour les cheveux, ça ne marche pas, etc. Et je suis un peu déprimé. Et le test revient positif, c'est-à-dire que ces valeurs ne sont pas hors normes. Il dit écoutez tout va bien pour la thyroïde, tout va bien au niveau de votre glycémique, etc. Qu'est-ce que vous avez ? Je ne sais pas. Et donc à la limite on lui dit attendez d'être malade, parce que là vous venez me voir quand vous êtes malade. Et donc ces patients ne sont pas bien. Et donc ils rancent.
Et là dans cette zone entre je ne suis pas bien, je ne suis pas top, je ne suis pas malade, il y a un no man's land où grouillent toute une série de professionnels de la santé. Il y a beaucoup de charlatans qui vous promettent des choses etc. qui ne sont pas validées, parfois qui marchent. Donc il y a une confusion. Et parmi ceux-là il y a les nutritionnistes et les médecins fonctionnels qui sont malheureusement assimilés à tout ce monde un peu grouillant, etc. Et donc moi en ayant créé un diplôme pour les médecins et non-médecins à l'université Paris-Descartes à Paris depuis 2017 qui s'appelle micronutrition en alimentation prévention de santé, je tiens à donner les lettres de noblesse à cette discipline qui est juste et qui respecte les fondations de la santé. On mettra, non non mais allez-y continue. Je continue. On mettra les liens en description pour ceux qui s'intéressent. Et d'ailleurs j'ai créé en 1995 une société qui s'appelle Nutriel sa santé par la nutrition qui avait pour mission la formation des professeurs de la santé et la consultant de firme pour qu'ils ne racontent pas n'importe quoi et qu'ils ne vendent pas n'importe quoi. Je tiens à ce que cette médecine soit juste, scientifique et fondée et pas une bête médecine commerciale parce qu'elle doit être individualisée et performante dans l'efficacité et la bienveillance.
Par contre, ce que je voulais dire au niveau dogmatique par rapport à cette médecine, pourquoi est-ce qu'on vend un médecin fonctionnel et qu'on va y consacrer un certain budget parce que justement on a cette culture comme j'ai payé des impôts pour la sécurité sociale, je veux recevoir l'argent, le retour de ma mise et donc j'attends d'être malade. Et si tu réfléchis un instant Nicolas, la population agit avec beaucoup plus de bienveillance sur leur voiture. Tu achètes une nouvelle voiture elle est nickel et on te dit vous avez un contrat d'entretien à 15.000 à 30.000 kilomètres. Avant c'était après 1.000 kilomètres mais les voitures ont évolué. À mon époque, tu devais aller après 1.000 kilomètres, ta voiture elle va nickel. Toi elle a 15.000 kilomètres, ta nouvelle va nickel, tu dois aller la mettre au garage, à l'hôpital, pendant un jour ça va te faire chier, tu vas devoir trouver quelqu'un qui te dit tu n'auras pas ta voiture, tu vas payer et quand ta voiture elle va aussi bien qu'avant. Elle va pas, on a changé des trucs mais elle allait bien. Et là tu trouves que c'est normal. Si tu le fais pas mon ami et que tu tombes en panne, tu n'as pas géré ta voiture en bon père de famille tu n'es pas, la garantie ne couvre pas. Car un entretien n'a pas fait c'est normal vous n'avez pas changé le filtre à air tout ça a été encaissé. En santé c'est pas la même chose. Tu veux rester en bonne santé tu payes. Tu veux que ce soit garantie t'attends d'avoir la panne. Ok ? C'est un peu comme si on mettait un remboursement au garage qui était gratuit seulement si tu arrives quand t'as la panne. Voilà absolument, tout à fait. Et du coup... C'est une culture et pour ça il faut donner de la valeur à la santé et les personnes doivent comprendre que alors que une voiture on peut la remplacer tes organes on peut pas les remplacer encore. Même s'il y en a qui pensent, les transhumains qu'un jour on va pouvoir mettre des organes artificiels. Pour le moment on prend des organes de jeunes personnes qui sont mortes accidentellement en tout cas j'espère et qu'on va vous greffer avec bien sûr des inconvénients puisqu'il y a des raisons de greffe et il y a plein de projets. Il y a le transhumanisme grouille d'idées farfelues et pas très humaine mais voilà. Je pense qu'on peut gérer sa santé pour ça il faut donner de la valeur à sa santé. C'est pas une question de prix c'est une question de valeur. Et l'argent ne peut pas te rendre la santé. On connait des gens qui étaient extrêmement riches qui ont été malades et qui n'ont pas pu s'en sortir parce qu'ils n'ont pas pris ça en leur santé. Je pense de Steve Jobs qui est parti malgré qu'il s'est fait greffer le foie, le pancréas, ça n'a pas été à un moment donné le terrain. Pourquoi ? Parce qu'ils n'ont pas pris en compte le terrain. Et c'est ça dont on va essayer de comprendre le cheminement, qu'est-ce qui a amené à la maladie. Et une caricature dans une médecine allopathique, c'est l'épidémie qui a montré qu'on ne s'occupait pas du terrain. Ça va laisser des traces dans l'histoire de la médecine évidemment, mais en fait, on s'est rendu compte que personne ne s'est intéressé au terrain. Moi personnellement, j'avais écrit une lettre au gouvernement en disant, tout au début et c'est pour ça d'ailleurs au laboratoire LIMS en tant que président je me suis dit, il faut absolument travailler le terrain puisque Bécham qui est un père de la microbiologie qui est un contemporain de Pasteur Bécham c'est un vrai scientifique très, comment dire, très humble, Pasteur c'est un scientifique très arrogant Bécham avait dit le micro-onde n'est rien, le terrain tout. Et qu'en fait il fallait travailler sur le terrain parce que si notre terrain était hautement, on a un système militaire de ouf qui est capable de mettre à mal n'importe quel intrus. Et donc, dès l'épidémie créée au laboratoire LIMS, le BIP BIP c'est bilan d'investigation préventive armure immunitaire 1.0 qui reprenait des paramètres remboursés par la sécurité sociale parce que les paramètres qu'on dose la vitamine D, le taux de fer etc. Et en disant que s'ils ont optimisé ces taux les patients allaient pouvoir certainement être un peu accommodés par le virus mais allaient s'en débarrasser facilement Le professeur Perron qui était conseiller de l'Organisation Mondiale de la Santé pour le vaccin, avait démontré que si la population française avait 50 ng de vitamine D par mL il y aurait eu 75 % en moins de morts ces vitamines D qui jouent un rôle fondamental pour l'armure immunitaire Donc voilà l'approche préventive n'est pas favorisée Et donc ce que je veux dire c'est que quand tu fais de la prévention ça va te coûter parce que ça n'alimente pas un système économique extrêmement rentable par contre cette médecine de masse pharmacologique n'a pas beaucoup de préoccupations de la santé individuelle Donc je pense que chacun d'entre nous doit se faire une raison et donner la valeur à sa santé et tout ce qu'il y a il faut considérer la valeur et pas le prix et ça c'est des notions culturelles Un nouveau Iphone qui est soldé de 1800 euros à 1100 euros c'est pas cher pour quelqu'un mais une prise de sang qui coûte 200 euros au lieu d'être gratuite c'est très cher donc si on donne plus de valeur au fait de changer son GSM à garder sa santé évidemment c'est cher donc il ne faut pas confondre prix et valeur et évidemment étant donné que les patients en médecine neuropathique ne voient pas le prix des analyses parce qu'elles sont remboursées ils ne leur tribuent pas de valeur donc voilà c'est une logique donc il y a une rééducation et alors je voulais également préciser ce que tu m'as parlé de qu'est-ce qu'il m'a raconté en médecine nutritionnelle et fonctionnelle en fait il n'y a pas eu de shift de modification du paradigme qui dominait la médecine de l'avant 2ème guerre mondiale qui était une maladie une cause, un traitement en effet aux origines la plupart des morts prématurées étaient liées à des maladies infectieuses puisque on ne vivait pas longtemps donc il n'y avait pas encore ces maladies chroniques à partir du moment où grâce à l'avenue des antibiotiques on a pu juguler les morts notamment des jeunes par des infections bactériennes etc, on a augmenté la longévité et l'espérance de vie plutôt pas la longévité, l'espérance de vie et après la 2ème guerre mondiale il y a eu un traumatisme important c'est qu'il y a eu un changement dramatique de l'industrie agroalimentaire avec l'avenue des pesticides utilisés massivement qui allait restreindre l'utilisation des aliments végétaux pour les rendre exclusifs à l'homme c'est-à-dire les rendre inaccessibles aux ce qu'on appelait les nuisibles c'est-à-dire les champignons, les bactéries, les insectes et certains rongeurs en utilisant des poisons qui sont des poisons pour nous et donc le changement du terrain de la qualité alimentaire, le raffinage a créé un nouvel type de maladie multifonctionnelle, multimodale qu'on appelle les maladies chroniques si tu réfléchis deux minutes le fait d'appeler une maladie maladie chronique ça veut dire que t'es malade pour tout le temps chronique c'est tout le temps alors c'est intéressant pour le Big Pharma parce que ça veut dire que éventuellement on va se voir moi je suis médecin, je te dis t'as une maladie chronique c'est une mauvaise nouvelle pour toi, une bonne pour moi toi t'es malade pour toujours, moi je vais te voir souvent cool hein un bel bon modèle économique la médecine préventive c'est le contraire, les gens viennent une fois moi les patients qui viennent en prévention je les vois une fois tous les deux ans il y en a beaucoup qui viennent vraiment en prévention ? en prévention moins de 5% c'est ça et alors qui est-ce qui a conduit les professionnels de la santé à se former et à s'intéresser à la médecine nutritionnelle et fonctionnelle ce sont souvent pour ne pas dire la majorité des professeurs de la santé qui eux-mêmes ou en proche ont eu une maladie chronique qui ne s'améliore pas par la prise en charge allopathique et qui sont dans un cul-de-sac de morbidité les traitements entraînant des effets secondaires qui donnent des nouveaux traitements qui entraînent d'autres effets secondaires etc la médecine fonctionnelle intégrative elle est éthiopathogénique un mot compliqué que tu vas comprendre l'origine de la maladie on va aller aux origines de la maladie par exemple tu vois je sais pas si on les voit mais il y a ici des petits panneaux sur le toit et je remarque régulièrement il y a des champignons qui viennent dessus ce qui n'est pas bien donc il y a de l'humidité et je les remplace mais périodiquement ça revient donc je fais un traitement symptomatique je remplace etc et puis je me rends compte parce que je réfléchis pourquoi ça revient tout le temps c'est souvent après un gros orage donc je réfléchis peut-être qu'il y a de l'humidité en vérité il y a une tuile qui est cassée sur le toit il y a une fuite et chaque fois qu'il pleut ça s'infiltre, l'eau s'accumule sur cette plaque ou une autre et l'humidité crée le terrain pour le champignon donc ce que je vais faire je vais remplacer la plaque mais avant je vais réparer la tuile et je n'aurai plus de problème donc j'ai été éthiopathogénique j'ai traité le mal aux origines et comme pour rappeler Hippocrate avait dit toutes les maladies commencent au niveau des intestins on peut aujourd'hui dire que toutes les maladies commencent au niveau du microbiote intestinal qui est le gestionnaire de la santé intestinale chez QEFD Comme vous dites ces médecins ont un coup souvent eu ont vu les limites de leur pratique et donc se sont intéressés à la médecine fonctionnelle mais ça reste peu de médecins qui font de la médecine fonctionnelle et donc du coup c'est compliqué pour les personnes de trouver un bon médecin je pense que souvent, d'ailleurs on le voit, il n'y a pas de place généralement chez les médecins qui font de la médecine fonctionnelle par quoi commencer pour les personnes qui nous écoutent et qui se disent moi j'ai envie par exemple d'investir dans ma santé j'ai envie de m'intéresser à tout ça mais je ne sais pas par quoi commencer, après c'est hyper individuel là bas c'est que c'est individualiste donc il n'y a pas de réponse toute faite et on peut essayer d'en approcher Déjà il faut s'y intéresser, mon conseil c'est qu'on peut éventuellement écouter mon émission radio hebdomadaire qui s'appelle la nutrition selon Castronovo qui donne des conseils pratique aux pratiques, c'est une vulgarisation des conseils de la santé c'est tous les vendredis, on peut réécouter Nutriradio.fr on peut réécouter les podcasts gratuitement et puis je forme plusieurs centaines de messages chaque année notamment qui suivent le diplôme et donc bientôt il y aura un site accessible aux patients pour voir qui consultent etc et donc pour ceux qui ont des professeurs en santé on peut se former pour pouvoir acquérir les fondements il est fondamental de bien comprendre parce que comme ce sont des notions même pour les médecins, en fait c'est étonnant de se rendre compte que ceux qui ont le plus de difficultés à réussir le MAPS ce sont les médecins, pourquoi ? parce qu'ils doivent d'abord se déprogrammer pour se reprogrammer dans un nouveau mode de raisonnement, c'est-à-dire partir non pas du symptôme mais du terrain et donc pour répondre à ta question j'ai peu de patients qui viennent en prévention, j'en ai quelques-uns notamment un monsieur qui a maintenant 90 ans, que je suis depuis 15 ans qui vient chaque année, on dirait qu'il en a 20 de moins et qui explique lors d'un petit témoignage qu'il m'a fait que lui il se sent bien il ne va pas vieillir, mais le plus souvent ce sont des patients atteints de maladies chroniques, maladies auto-immunes diabète, patients déprimés mais également de plus en plus de patients cancéreux, et malheureusement ils viennent quand on est parfois à la fin de la bataille en espérant que alors que quand on a un cancer c'est très tôt qu'il faut travailler sur le terrain par contre on vous dit qu'on n'a plus rien à faire pour vous donc malheureusement il n'est pas mis ici Jésus-Christ, Super Sartre, qu'il sauve. Il faudrait essayer de remonter un petit peu avant le terrain, avant et notamment l'accompagnement pendant les traitements etc. pour dire à tous qu'il y a ne pas tomber malade et puis mieux supporter les traitements c'est un peu de casse-casse Et de façon à lui-même mettre en place ses parades par exemple aujourd'hui on a démontré, publié que les traitements, l'immunothérapie du cancer basé sur l'antipédien n'est inefficace si le microbiote n'est pas optimal ça on a prouvé on a pris des souris chez qui on greffait des tumeurs on leur mettait un microbiote d'un patient qui avait un cancer fulgurant et qui ne répondait pas au traitement et la souris ne répondait pas. On prenait le microbiote chez la même souris et on lui greffait le microbiote d'un patient qui avait un bon microbiote et qui répondait et le traitement fonctionnait. Donc c'est quelque chose de fondamental.
Pour conclure, parce que là on a fait le tour je pense qu'on pourrait encore rentrer dans je pourrais vous avoir une journée complète ici, derrière le micro, mais vous avez plein de choses à faire Qu'est-ce que vous espérez pour la médecine fonctionnelle et pour peut-être son intégration un petit peu plus avec ou pas, mais quelle est un petit peu la voie pour que ça devienne quelque chose de plus connu, accepté et surtout utilisé, c'est ça qui est important dans le fond. Écoute Nicolas, je pense qu'on est à un bon moment au niveau socio-économico-politique à partir du moment où déjà le ministre de la maladie je vais l'appeler comme ça, est en train de remettre en question le concept de maladie chronique au long cours il pourrait peut-être se poser la question est-ce qu'il n'y a pas moyen de transformer ces maladies chroniques au long cours en personnes en santé au long cours et donc j'espère que vu l'évolution économique où il y a de plus en plus de gens malades, il y a une dénatalité et donc les gens malades coûtent plus cher que ce qu'ils ne rapportent même s'ils sont pensionnés leur pension ne suffit souvent pas à payer les soins de santé donc il y a une prise de conscience qui va faire que le gouvernement va investir dans la prévention et je pense également que ces notions de santé pourraient également intéresser les financiers qui ont des entreprises qui doivent fonctionner et qui doivent se rendre compte que le coût des petites absences pour je sais pas ce que j'ai les coups de mou pour être évité en créant un environnement qui favorise la santé et notamment peut-être d'offrir chaque année un bilan fonctionnel pour voir, comme pour les voitures est-ce que mon employé a tout ce qu'il faut pour être en bonne santé et pour être performant parce que quand on est performant, on est bien évalué, on est heureux on est mieux à la maison, on dort mieux donc c'est un cercle vertueux donc je pense que la prise de redonner plus de valeur à la santé est d'essayer de limiter le pouvoir du big pharma dans le décisionnel et de rendre aux médecins son libre arbitre et de leur indiquer le concept fondamental d'hypocrate que d'abord il ne faut pas nuire et que l'alimentation est la première médecine. Voilà je pense que c'est le meilleur mot de la fin. Excellent. Merci à tous ceux qui nous ont écoutés n'hésitez pas à vous abonner à la chaîne je vois qu'il y en a beaucoup qui nous écoutent mais qui ne sont pas encore abonnés donc allez vous abonner. Merci beaucoup.