Transcription
Bonsoir tout le monde. On est avec l'excellente Amélie Isma, que vous avez déjà vu dans l'Octogone avec le non moins excellent Romain Molina. Et ce soir, on doit vous parler des événements au Maroc. Ce mouvement encore assez curieux, curieux dans le sens organisationnel, on va y revenir. Gen Z12, hein, pour l'indicatif téléphonique du Maroc. Et là, bah, on voit des choses qui sont assez intéressantes.
Alors, on va vous rappeler qu'il faut toujours faire la part des choses, que rien n'est complètement organisé, ni complètement désorganisé. Rien n'est complètement spontané et rien non plus n'est complètement artificiel. Qu'on a toujours un subtil entre-deux. On a plusieurs forces qui peuvent s'entrelacer dans ce genre de mouvement, et les intentions initiales peuvent très bien donner lieu à des résultats finaux qui sont très différents de ce que le peuple recherchait.
Et ben, c'est ce qu'on va analyser en fait ce soir, parce que ces événements peuvent nous rappeler tout de même certains autres événements, comme ceux de Bulgarie en 2013-2014, sûr, ceux de la place Maïdan aussi en Ukraine, juste après ceux de Bulgarie, dont ils ont d'ailleurs été la répétition générale. Et puis, on a eu bien sûr le Rif au Maroc jusqu'en 2019, qui lui était très localisé et n'avait pas comme ça émergé de façon simultanée dans plusieurs villes à la fois. Or, c'est ce qui s'est passé donc aujourd'hui, donc enfin, en ce moment, dans cet événement Gen Z212.
Donc, on va faire le point avec Amélie, qui est une grande spécialiste des révolutions colorées, qui connaît bien les réseaux de la ND, le fonctionnement des moyens d'influence américains, et qui, pour l'instant, a certains doutes. Et puis, on insiste sur le fait que, comme je vous le disais d'ailleurs dans l'Octogone sur la mort de Charlie Kirk, vous n'avez pas du tout l'obligation de penser comme nous. On est là pour vous fixer un ancrage, et vous pouvez vous positionner comme vous le souhaitez vis-à-vis de cet ancrage. C'est-à-dire que vous pouvez penser littéralement l'opposé de ce que nous allons disserter ce soir. Le décor est planté.
Amélie, bonsoir.
>> Bonsoir Idriss. Oui. Bah, en fait, pour revenir à ce que tu disais, alors je sais pas si je suis une spécialiste des révolutions colorées. En fait, c'est surtout que j'ai étudié les phénomènes de fact-checking, euh, où on voit, enfin, surtout l'influence de certaines ONG dans les médias, et notamment ces influences-là qui ont créé parfois des révolutions colorées, entre autres, notamment en Ukraine, he, ou en Géorgie, ou ailleurs, en fait, finalement, qui sont justement ces ces répartitions d'ONG qui vont financer des médias, euh, faire de de la propagande informationnelle sur les réseaux sociaux, et cetera.
Alors là, je vais, je vais préciser tout de suite. Déjà, c'est un événement qui concerne les Marocains, et c'est, je pense que c'est aux Marocains d'en parler d'abord. Euh, bien sûr, s'il y a des gens qui sont, enfin, s'il y a des Marocains dans le chat, je serai ravie de les écouter, et je pense que ça serait bien qu'ils interviennent. Euh, donc, je m'excuse d'avance si jamais je donne des informations qui correspondent pas exactement à ce la connaissance qu'ont les Marocains de de ces événements.
Euh, mais avant effectivement de parler donc de des manifestations qui ont eu lieu justement au Maroc et autour de revendications qui sont tout à fait légitimes, euh, pourquoi j'ai commencé à avoir des doutes sur l'idée d'une révolution colorée ? Alors, non pas parce qu'il y aurait des ONG, he, contrairement enfin par rapport à à d'autres événements, des événements par exemple comme les événements de la place Maïdan en Ukraine, où on voyait vraiment, on pouvait retracer l'implication des ONG et cetera.
Euh, dans le cas du Maroc, vous avez aussi beaucoup d'ONG qui sont influentes. Mais là, le mouvement en question, ce qui m'a interpellé surtout, c'est la couverture médiatique. Que là, on est face à une couverture. Euh, alors, je dis pas qu'elle n'est pas légitime ou quoi que ce soit, attention, mais il y a une couverture qui est qui me paraît assez étonnante, dans le sens où vous avez, alors tous les médias français quasiment en ont parlé, euh, mais aussi des médias américains. Vous avez la BBC, enfin, vous avez aussi voilà, des médias anglophones comme la la BBC, The Guardian. CNN a consacré des vidéos dessus. Vous avez le Washington Post qui a fait plusieurs articles dessus, et évidemment les médias français avec Le Monde, avec, on a eu un spécial, un sujet spécial aux 20h de Léa Salamé sur ce sujet. On a eu, voilà, des reportages encore une fois de la BBC et cetera.
On voit qu'il y a une couverture qui me paraît énorme, et d'ailleurs, je suis un peu étonnée que certains disent que les violences, enfin, en tout cas, la répression n'a pas été dénoncée, alors que il y a beaucoup d'articles sur ces sujets. Il y a notamment eu un article de l'Associated Press, qui a dénoncé justement puisqu'il y a eu trois morts ensuite à ces à ces manifestations dans des affrontements. Selon les autorités marocaines, ça serait lié à une tentative de rentrer dans une gendarmerie pour s'emparer d'armes, et la police aurait répliqué et aurait tiré à balle réelle, et ça a fait trois morts.
Euh, pour le moment, c'est tout ce qu'on sait, et et ça a été dénoncé notamment, voilà, dans des articles de l'Associated Press ou dans des dépêches AFP et cetera. Donc, on voit qu'on a une couverture quand même assez massive, euh, de ces ces événements, et en comparaison, euh, d'autres manifestations qui ont eu lieu, notamment ce qui se passe à Madagascar.
Euh, puisque à Madagascar, il faut savoir que depuis le 25 septembre, il y a beaucoup de manifestations qui sont même assez violentes, qui sont massives, et il y a là, dans le ce cas-là, il y a eu même 22 morts, euh, selon un bilan officiel, euh, puisque la police a tiré à à balle réelle sur contre les manifestants, et là, c'est presque silence radio, euh, sur ces manifestations-là.
Donc, moi, je me pose la question de savoir, mais pourquoi ? Je suis peut-être un petit peu complotiste. En même temps, si je suis ici, c'est aussi parce que je suis complotiste. Mais c'est vrai que ça interroge. Ce sera le sujet de ma prochaine conférence. Le fait que "complotiste" est devenu un compliment aux universités d'automne de l'UPR, c'est le sujet de la conférence que je sors dans dans quelques jours, qui devait sortir aujourd'hui, mais ce direct a pris sa place.
C'est important ce que tu viens de souligner, parce que objectivement, là, on le dit vraiment de façon factuelle et indiscutable, cet événement est moins ample que celui des Gilets Jaunes dans ses dans ses perspectives, dans ses répercussions, dans son organisation, dans le nombre de personnes mobilisées, dans l'occupation, et aussi dans les morts et les blessures. Puisque là, bon, on a 400 arrestations et deux morts. Euh, chiffre bien sûr appelé à évoluer. Hélas, les Gilets Jaunes, c'était beaucoup plus que ça. Et en plus, les Gilets Jaunes, ça se proposait de marcher sur l'Élysée. On avait carrément Macron qui avait qui avait fui l'Élysée en hélicoptère.
Donc, pour un événement qui est très inférieur en terme d'organisation et d'impact même historique et sociologique aux Gilets Jaunes, on a une couverture qui est inversement proportionnelle. Les Gilets Jaunes étaient complètement invisibilisés par la presse. On les présentait comme des beauf, bouffeurs de merguez sur les ronds-points, qui étaient des semi-fascistes et complotistes. Et là, d'un coup, on a CNN qui qui écrit que ce Gen Z212, c'est vraiment le la manifestation de la société civile aux abois, et que c'est quelque chose d'historique.
>> Oui. Alors, les Gilets Jaunes n'ont pas été complètement, euh, enfin, je veux dire, la presse en a parlé, la presse internationale en a parlé. Vous n'avez pas cette couverture CNN et ce...
>> Mais voilà, c'était, on n'était pas sur une couverture, c'est surtout que là, c'est une couverture très rapide. Les Gilets Jaunes, ça a mis beaucoup de temps avant qu'on en parle, hein. C'est-à-dire que ça a mis, faut savoir que les Gilets Jaunes, ils ont manifesté pendant au moins deux, trois ans tous les jours, les tous les samedis, avant que la presse internationale commence à en parler. Ça a mis un peu de temps.
Euh, et puis, euh, et puis, et comme tu l'as très bien expliqué, on en a parlé de façon très négative, euh, c'est-à-dire, alors moins dans la presse internationale, qui était un peu plus neutre, mais dans les médias français, c'est une catastrophe. Et puis, même dans les médias, euh, internationaux, euh, notamment américains, qui en parlaient, il y avait aussi cette question de dire, les Gilets Jaunes sont influencés par la Russie, comme d'habitude, quoi.
>> Déjà à cette époque, c'était, c'était, c'était un petit peu ça. Donc, oui, il y avait, il y avait, on est sur quelque chose de différent là, dans dans ce que j'ai vu de la couverture, euh, des médias, notamment les médias américains. Ça a suscité ma curiosité, c'est que les médias français en parlent, c'est tout à fait normal. On a quand même des liens avec le Maroc. Voilà, les liens historiques et cetera.
>> Mais là, tu as souligné quelque chose de très important. Je voulais pas te couper, mais il faut le souligner un peu au stabilo, ce que tu viens de dire. Quand le système veut décrédibiliser une manifestation populaire, il dit qu'elle est organisée par la Russie. C'est systématique. Euh, c'était le cas en Moldavie, c'était le cas dans les élections roumaines, c'était le cas, donc, comme tu l'as rappelé, des Gilets Jaunes et de tout un tas d'autres manifestations, comme celles parfois données par euh, le parti politique des Patriotes, avec Florian Philippot. Euh, à chaque fois, on dit que c'est organisé par la Russie, et là, en aucun cas, on n'évoque la possibilité que ce fut organisé par la Russie. Est-ce que ça, déjà en soi, c'est pas un indice sur l'orientation que les grands médias prennent sur ce sujet ?
Ce qui est un indice, c'est qu'il y a quand même des questions qui se posent sur, euh, encore une fois, je fais pas le lien avec ceux qui manifestent, >> et qui, je pense, sont tout à fait sincères. >> Voilà.
Alors, pour qu'on me comprenne bien, je fais pas du tout ce qu'il y a là. Il y a des quand même des questions qui se posent sur l'organisation de ce mouvement. Pourquoi ? On parle d'un d'un groupe Discord qui s'est créé par des anonymes et qui a eu une influence énorme très rapidement. C'est-à-dire que en une dizaine de jours à peu près, euh, il a réussi à à rassembler, euh, plus de 40, 45 000 comptes, truc comme ça.
Euh, en fait, c'est un, le le compte Discord Gen Z212, euh, rassemble beaucoup, beaucoup de gens, beaucoup d'influenceurs qui sont venus. Enfin, on a eu vraiment beaucoup de monde. Ce sont souvent des des petits chats, enfin, des groupes de discussion. Donc, ça, c'est super. Des groupes de discussion où vous avez la jeunesse marocaine qui qui discute entre elle, et de une jeunesse qui vient d'un petit peu de partout. C'est ça qui est bien aussi, parce que au Maroc, faut savoir qu'il y a une grosse disparité entre les les personnes qui vivent dans un milieu urbain et les les milieux, euh, plus de campagne, si je pourrais dire. Donc, là, c'est, c'est ça que ça a permis, hein, c'est ce groupe-là.
Mais dans ce Discord, quand même, il y a des appels aussi par les administrateurs à de la violence et cetera. Et il y a pas mal de comptes sur les réseaux sociaux. Nous avons des comptes marocains, euh, qui ont pointé le fait que voilà, que ce compte-là, enfin, en tout cas, que ce groupe-là s'est créé très rapidement, qu'on ne comprend pas comment se fait-il qu'il a suscité autant de de d'abonnés et cetera, euh, qui semblerait qu'il y ait beaucoup de bots dessus.
Et puis, euh, récemment, il y a eu cette petite nouvelle intéressante, euh, où on a arrêté, alors, je vous lis l'article, he, c'est un article qui vient du Desk Marocain, qui est un média marocain.
>> Ah oui, une seconde, je fais juste un petit modulo. Garde bien ce que tu devais nous dire en tête. Non, non, on n'a pas dit que c'était les administrateurs du groupe du groupe Discord qui ont appelé à la violence. Simplement, il y a eu des comptes qui l'ont fait, et ça, de toute façon, la pollution des réseaux sociaux et des groupes d'organisation, c'est systématique, c'est normal. Quel que soit, on présume pas du tout des intentions des personnes qui ont monté le Discord pour l'instant, mais on va quand même revenir sur certaines méthodes dans le cas des révolutions colorées, en supposant ou en ne supposant pas que ça en fut une ou que ce soit en train d'en devenir une, parce que vous avez aussi des mouvements qui peuvent devenir des révolutions colorées par la suite, mais qui ne sont pas initiés comme tel, typiquement la Tunisie.
Euh, mais vous pouvez avoir, enfin, les appels à la violence, ça peut être des agents provocateurs, ça peut être des agents étrangers, tout est possible. D'accord. Et pour l'instant, on présume absolument pas ça, et on n'a pas dit que c'était les admins qui l'avaient fait. Je te rends la parole, Amélie.
>> Non, non, bien sûr que non. Encore une fois, je suis pas en train de dire que les personnes qui qui qui font ce mouvement sont un mouvement violent, pas du tout. Euh, il y a d'ailleurs même des des eu des appels en disant que ce qu'ils veulent garder la souveraineté du Maroc, que personne ne ne n'entre dans dans ce mouvement-là, enfin, pas d'influence extérieure, >> et que, euh, et que, il ne s'agissait pas notamment de remettre en cause la monarchie pour certains. On est quand même sur, >> pas du tout sur une une expression violente, mais il y a, euh, des sponsorisations, si je puis dire, de contenu d'appel à la violence. Et ces ces sponsorisations-là, elles peuvent être faites aussi bien pour discréditer le mouvement, ce qui se fait beaucoup, euh, comme ça peut être fait pour, bah, susciter justement des des mouvements violents.
Donc, juste pour revenir, euh, à ça, il y a eu un, donc, un article du Desk Marocain, c'est ça que je voulais dire, où on a appris que, euh, le procureur du roi du tribunal correctionnel de Casablanca a annoncé l'arrestation d'un individu soupçonné d'avoir diffusé sur les réseaux sociaux des photos et vidéos de manifestations survenues à l'étranger en les présentant comme des scènes de protestation au Maroc.
Alors, ça, c'est, c'est une méthode de pollution informationnelle, c'est-à-dire que, on va diffuser, euh, des vidéos qui sont en fait des fausses vidéos, enfin, des fake news en gros, euh, en les présentant comme si c'était au Maroc. Donc, ça, on l'a vu beaucoup. Et en fait, donc, selon ce communiqué, euh, le mis en cause gérait plusieurs comptes et cherchait à inciter les internautes à descendre dans la rue le 27 et 28 septembre. L'intéressé visait à accroître rapidement son nombre de followers, ayant atteint 4 000 abonnés en 3 jours, avec pour objectif d'en réunir 20 000. L'individu a reconnu que sa motivation principale était d'augmenter son audience et de générer des revenus financiers. L'expertise de son ordinateur a confirmé la présence de séquences de sit-in étrangers, euh, montées et republiées pour obtenir davantage de vues.
Et en fait, s'il y a des questions autour de ce dossier, comme quoi il y aurait l'implication d'acteurs étrangers, certains comptes de réseaux sociaux. Étrangers, on ne sait pas de d'où.
>> Certains disent l'Iran, mais ça aussi, ça paraît assez, assez bizarre. Alors l'Iran, parce qu'on met automatiquement l'Iran, évidemment beaucoup de, en tout cas, les les personnes plus attachées au gouvernement marocain vont pointer l'Algérie. Hm. >> Hm. >> Euh, parce que évidemment, tout surtout autour de cette opposition liée à la souveraineté du Sahara.
Euh, mais bon, la couverture, encore une fois, occidentale, euh, qui qui est elle me fait poser la question de s'il y ait pas plutôt une ingérence plutôt du côté européenne, occidental, en tout cas occidentale, quoi. Voilà.
>> Euh, parce que je vois pas pourquoi. Enfin, en tout cas, c'est pas l'Algérie ni l'Iran qui détient, en tout cas, qui a une influence sur la totalité des médias occidentaux. Après, il y a la possibilité de "jump on the wagon", comme disent les Américains, c'est-à-dire de de d'en profiter pendant qu'il se passe quelque chose. Mais alors, je voudrais revenir sur des précédents pour qu'on essaie de faire la part des choses. Justement, euh, pour moi, l'étude de cas parfaite, c'est celle que je vais afficher ici, euh, ce sont donc les protestations de Bulgarie en 2013 contre le gouvernement Orcharski, 2013-2014 précisément.
C'est un cas d'autant plus à mon avis comparable que celui-là, je le connais bien. J'étais physiquement présent dans ces manifestations où j'ai appris les seuls mots en bulgare que je connais, à savoir "démission" et "ordure rouge". Donc, démission, ça se dit "Ostafka", et "ordure rouge", ça se dit "Blovssi Cherven" ou plutôt le contraire, "Cherveni Boklovs".
Euh, et là, c'était, on va être très clair, là, c'était une révolution colorée 100 %. Voilà, là, il n'y a pas de problème. On a, on a le temps, on a le recul. Ça, c'était de la révolution colorée. Alors, ça veut pas dire que le peuple n'était pas sincère. Les gens qui étaient dans la rue étaient complètement sincères. Il ne faut pas croire que les révolutions colorées signifient qu'on a payé les gens pour y être. Il peut y avoir des gens payés dans certaines révolutions colorées, c'est un fait, comme dans le cas en Géorgie avec Gluxman notamment plus tard et cetera. Le principe d'une révolution colorée, c'est qu'elle va utiliser, elle va catalyser et orienter un véritable ressentiment populaire qui est basé sur de véritables raisons qui peuvent après être modifiées et instrumentalisées.
Alors, je vous donne le contexte, et je pense que toutes les personnes qui s'intéresseraient à un éventuel à la situation au Maroc devraient étudier, si c'est une révolution colorée, devraient étudier cet événement. Donc, les révolutions, la révolution de 2013, enfin, les les manifestations de 2013 contre le gouvernement Orcharski à Sofia, tous ceux, euh, qui s'intéressent à la situation au Maroc devraient l'étudier, parce que c'est ça qui va vous déterminer si ce qui est en train de se passer par en révolution colorée ou pas.
Un autre point important, euh, Amélie a souligné que, bah, en effet, l'Algérie pourrait être intéressée à participer, euh, cette bonne guerre géopolitiquement parlant. La rivalité entre les deux pays est connue. Mais alors là, un point très important, euh, si jamais c'est une révolution colorée, c'est pas du tout bon pour l'Algérie. Voilà, faut être très, très clair. Si jamais c'est une révolution colorée, le plus grand pays d'Afrique, c'est l'Algérie. Si jamais il y a une révolution colorée là en cours, euh, des gens qui voudraient mener une révolution colorée au Maroc, ils voudraient encore plus la mener en Algérie. Parce que, soyons très, très clair, si c'est une révolution colorée, c'est pas l'Iran ou la Russie, c'est pas, c'est les Russes, c'est pas la Chine non plus. On va revenir aussi sur le fait que, euh, que le Maroc vient de signer un accord de libre-échange avec la Chine, ce qui aurait pu faire quelques ennemis. Mais si c'est une révolution colorée voulue par Washington, ça, c'est pas bon pour l'Algérie du tout. En fait, c'est même très mauvais pour l'Algérie, parce que, euh, une révolution colorée en Algérie, c'est ce que Washington désire depuis 20 ans, notamment pour découper l'Algérie, puisque c'est le plus grand pays d'Afrique. Donc, voilà, faut, faut déjà comprendre ce point-là. J'ai pas dit que ça en était une encore. Pour l'instant, on va juste étudier la possibilité que ça en soit une ou que ça n'en soit pas une. Ça peut, ça peut évoluer.
Une révolution, comme on vous l'a dit, peut commencer vraiment de façon complètement spontanée et complètement, complètement justifiée et légitime, et ensuite, par un effet de judo politique, être orientée vers quelque chose qui n'a absolument rien à voir avec les intentions initiales du peuple. C'est ce que disait François Maurice de Talleyrand-Périgord, le chef de la diplomatie de Napoléon. Il faut toujours agiter le peuple avant de s'en servir. Et après tout, la révolution elle-même en France, on le rappelle, hein, n'a pas du tout été orientée vers les désidérats du peuple. C'est même un euphémisme que de le souligner.
Alors, dans le cas de ces événements, bah, il y a des similitudes, et là, Amélie, bien sûr, tu m'interromps quand tu veux, mais ces événements, à l'époque, Discord n'existait pas, on est en 2013. Il commence par un groupe Facebook qui est créé de followers très rapidement. Ça va très vite. Ce groupe Facebook s'appelle "Dance with Me". Donc, le le ressentiment populaire, il commence parce que Orcharski nomme chef de la de la sûreté de la police secrète, il nomme un gars qui est un des un parrain de la mafia, pour simplifier, un gros mafieux. Et cette police s'appelle le "Dans" bien sûr en cyrillique. Et immédiatement se crée une page Facebook qui s'appelle "Dance with Me" pour protester contre ça.
Alors, c'est en plus le slogan, on voit bien un slogan à une époque où le il y a même pas un Bulgare sur cinq qui parle anglais, hein. On voit le slogan de Madison Avenue, et c'est crédité immédiatement de plein de followers. Donc, c'est l'empowerment, immédiatement les gens se disent "Ah, wou, tout le monde a l'air d'accord. Il y a 50 000 gens qui suivent ce groupe Facebook", et ce groupe "Dance with Me" appelle à manifester. Et après, il y a les différences entre les manifestations en Bulgarie et en France, c'est qu'en France, on a eu plein de révolutions. Donc, on a le droit de griller des merguez entre Bastille et République tant qu'on veut, mais si on fait mine de s'approcher de l'Élysée ou de la place Beauvau, il tire à balle réelle. Par contre, les Bulgares, ils ont eu le congélateur soviétique. Donc, quand ils manifestent, ils n'ont pas tous les échelons que nous on a, ils vont direct cache sous les fenêtres du premier ministre et ils font sauter le gouvernement. Et voilà comment ça se passe une vraie révolution colorée.
Alors, de ce point de vue-là, Amélie, est-ce que tu penses pas que, je sais que c'est un peu, pour l'instant, ça fait un seul point de contact. Groupe Discord surpuissant, groupe Facebook surpuissant il y a 12 ans.
>> Oui. Alors, après, faut quand même penser, alors je vais faire un petit peu l'avocat du diable, et je vais te donner les deux points de vue, parce que c'est ça que j'essaie de faire, qui est très difficile. Sachant que >> euh, j'ai une partie de ma famille au Maroc, donc c'est aussi des sujets sensibles. Ce que je veux dire, c'est que, il y a, il y a, on peut voir d'un côté que, bah, finalement, ce qu'on pourrait opposer, que, bah, c'est normal maintenant que des mouvements se fédèrent autour de ces outils numériques. C'est-à-dire que aujourd'hui, c'était le cas de des Gilets Jaunes. Les Gilets Jaunes, ça n'a pas été un mouvement qui a été créé justement, ça a été un mouvement spontané qui s'est créé à travers Facebook, >> mais qui n'avait pas des Discords aussi rapidement puissants et qui n'avait pas une couverture bienveillante.
Très clair, elle est bienveillante la couverture presse pour l'instant. Le le groupe, le groupe en fait des Gilets Jaunes, il s'est créé sans intention particulière. Au départ, c'est avec une intention précise de dénoncer en fait la taxe, la taxe carbone. >> Et puis, euh, et puis, ça s'est fédéré en un groupe. Mais là, on a vraiment tous les codes, euh, justement pour aller dans le sens de cette théorie d'une révolution colorée. On a tous les codes d'une opération, c'est-à-dire que vous avez le nom d'un mouvement, surtout que c'est un nom "Gen Z". Euh, c'est vraiment des jeunes, et ça, c'est tout à fait dans ce que dans ce qu'on voit dans les cibles des opérations d'influence étrangère, euh, notamment venant des Américains, qui vont cibler principalement la jeunesse. Ils l'ont fait, ils ont fait des opérations de ce style. La CIA a fait des opérations de ce style, notamment a tenté des opérations de ce style à à Cuba, >> entre autres. Ça avait été révélé par les Twitter Files, faut le savoir. Parce que dans les Twitter Files, il y a eu beaucoup de choses qui ont été révélées.
>> Euh, c'est pour ça que aucun média n'en parle d'ailleurs.
>> Mais vous aviez justement des tentatives de créer des groupes sur les réseaux sociaux pour constituer un mouvement de protestation et cetera et cetera pour aller contre le gouvernement. Et l'idée, c'était de, c'était toujours les mêmes codes, c'est-à-dire cibler la jeunesse, vouloir plus de démocratie, vouloir lutter contre la corruption et cetera. Bon, là, on a quand même un peu la même chose.
Voilà, encore une fois, les pour les revendications sont légitimes dans le sens où ce mouvement a été quand même déclenché à la suite de la mort de huit femmes en une semaine, >> dans un hôpital public à Agadir, >> euh, après un accouchement par césarienne. Et c'est un hôpital public, il faut savoir, et dénoncé depuis longtemps pour ses conditions déplorables. On a certains Marocains qui se plaignaient d'avoir été traités comme du bétail. C'est un hôpital qui manque de tout. Les patients doivent ramener leurs draps, leurs oreillers, parfois même des flacons pour la prise de sang et cetera. Donc, la mort de ces huit femmes, évidemment, ça a choqué le pays, et on a eu les partis d'opposition qui ont accusé le gouvernement marocain de privilégier des cliniques privées, parce qu'il faut savoir que, à l'inverse, on a eu l'implantation de nombreuses cliniques privées, euh, dans tout le pays, et, et finalement, en fait, le plus du tiers de la capacité d'accueil en hospitalisation du pays se trouve aujourd'hui dans des établissements à but lucratif.
Quand la jeunesse marocaine se révolte pour vouloir des services publics, elle est entièrement légitime, et je pense que ça, ça n'a rien à voir avec une révolution colorée. Ce qui peut être, voilà, beaucoup plus, qui peut interroger, voilà, tout ce qui est des demandes en fait, quand il y a beaucoup de revendications en disant qui critiquent le gouvernement marocain, et notamment qui appellent à la démission du premier ministre, euh, parce que, ils considèrent qu'ils ont trop investi, enf, parce que, il faut savoir que le Maroc a depuis quelques années fait de très gros investissements, notamment dans la Coupe du Monde.
Alors, il y a la Coupe du Monde, c'est ce qui est surtout dénoncé par pas mal de manifestants en mode, bah, nous, on veut, il y a même des slogans, euh, qui disaient, euh, nous, on veut de, il y a des stades, mais où sont les hôpitaux, quoi. Voilà. Et, euh, et donc, ce qui est, ce qui est dénoncé, c'est que, ben, le gouvernement a mis beaucoup d'argent dans la construction de ces stades et cetera, mais derrière, il n'y a pas de service public. Mais ce qu'on voit, enfin, en tout cas, il y a, il y a des services publics qui sont complètement dégradés.
Mais ce qu'on voit aussi, c'est que dans, en tout cas, au niveau de la couverture de la presse, parce que c'est ça qui est intéressant aussi, c'est comment la presse va interpréter ça, >> la couverture de la presse française et américaine va mettre en avant le fait que le gouvernement marocain a un peu trop investi dans certaines infrastructures récentes, notamment la stratégie nationale portuaire à l'horizon 2030, >> et il faut savoir que cette qui, ça a créé des énormes chantiers, hein, dans tout le pays, euh, c'est des constructions à plusieurs milliards de dirhams, et ça, c'est étonnamment ce qui est mis en avant aussi dans la presse, pas forcément, je pense, par les manifestants, mais par la presse américaine.
Et donc, ça dit quelque chose. Or, faut savoir que ces constructions de ports, selon l'analyse de certains analystes marocains, le Maroc essaie de recréer, euh, la route des caravanes. Je pense que peut-être tu peux en parler, >> parce que vous aviez la route de la soie que refait la Chine, puis la route des caravanes. C'est-à-dire que, en gros, c'est de recréer un petit peu une économie avec l'ouverture vers les pays africains, euh, l'importation énergétique vers des pays africains. Faut savoir aussi que ces ports, la construction que ces ports, euh, sont essentiellement financés par des structures marocaines. Hm. >> Hm. Euh, il y a eu des appels à projet, et donc, il y avait eu des, enfin, beaucoup de, d'entreprises notamment européennes ou françaises ont voulu récupérer le projet. Ça a été fait par des entreprises marocaines. On a aussi des investissements des des entreprises américaines, donc on investit aussi dessus.
Mais quoi qu'il en soit, voilà, ce la construction de ces ports et tous ces chantiers, et ben, c'est finalement, on voit que le Maroc a renforcé sa diplomatie, sa diplomatie africaine, notamment, et est en train de se muter en un acteur économique important, euh, dans justement, avec la la construction de tous ces ports. Donc, ça, le fait que ce soit mis en avant, en disant par certains médias, alors qui sont vraiment dans une image très positive des manifestants, très, pour l'instant, ce qu'on voit, c'est que les médias, le pouvoir, cette, ce, ces manifestations, c'est un fait. À la fois, les médias mainstream désempouvoir les Gilets Jaunes en les traitant de racistes, d'antisémites, de beauf, et d'imbéciles, et d'anti-vax, et de complotistes. Là, ce Gen Z212, c'est très frais. C'est très TikTok. TikTok qui vient d'être acheté par, qui vient de, dont Larry Ellison vient de prendre le contrôle d'ailleurs aux États-Unis.
Et voilà, on voit quand même cette polarisation complètement opposée entre la couverture média mainstream des Gilets Jaunes et la couverture média mainstream de de ce mouvement d'une part. Un nom qui se qui sent bon Madison Avenue, exactement comme "Dance with Me" pour le groupe Facebook des de la révolution des protestations de 2013 en Bulgarie. Euh, ça, pour moi, c'est quand même, là, je donne que mon opinion, bien sûr, tu n'es pas du tout obligé de de penser comme moi, mais ça, pour moi, euh, c'est vraiment un signe de récupération par des gens qui sont, euh, qui qui ne représentent pas le peuple marocain et qui cherchent à obtenir quelque chose.
Et j'insiste, si c'est le cas, parce que je je comprends tout à fait que, que beaucoup d'Algériens aient envie de se réjouir de ça, vu la la rivalité qui existe entre les deux pays. Mais si c'est le cas, c'est vraiment pas bon pour l'Algérie non plus. Parce que, euh, quand Washington fait une révolution colorée, euh, c'est un peu comme avec l'Iran-Irak, euh, ils veulent tuer les deux pays, hein. La Washington adore les rivalités entre pays ennemis. Euh, c'est quelque chose qu'il qu'il mange au petit-déjeuner, hein, que ce soit Ukraine-Russie, on voit bien que Washington se fout complètement des Ukrainiens, veut juste les voir mourir, ou donc Iran-Irak dans les années 80. Clairement, euh, Saddam Hussein croyait que Washington était de son côté. Il a bien vu à partir de 91 que ce n'était pas le cas, et que Washington n'est du côté de personne dans ce genre de conflit, bien au contraire.
Donc, pour moi, le fait qu'il y ait ce nom, en effet, Gen Z, est-ce que les Marocains eux-mêmes s'appellent Gen Z ? Est-ce que les le peuple marocain utilise ce terme ? en en masse, he, je veux dire qu'il l'utilise en après, je veux bien, mais voilà, c'est >> c'est, c'est ça en fait, c'est-à-dire le côté Gen Z, c'est vraiment une segmentation à l'américaine, quoi. >> Ouais. >> Euh, c'est d'ailleurs, ça vient d'une segmentation à l'américaine. >> Une segmentation, c'est, c'est des catégories de profil marketing. C'est ça, une segmentation, >> pour cibler des publicités. C'est Madison Avenue, c'est >> c'est ça. Donc, Gen Z212. Après, peut-être c'est, enfin, encore une fois, moi, j'enlève aucune option. C'est peut-être des Marocains qui, voilà, sont allés là. En tout cas, on voit que c'est quand même assez très influencé par des logiques progressistes occidentales. Il faut savoir aussi que le Maroc, que la jeunesse marocaine est de plus en plus aussi intéressée par les États-Unis, beaucoup plus qu'à la France d'ailleurs.
>> Tout à fait. >> Que l'anglais devient vraiment la deuxième langue du pays, contrairement au français. Euh, les Marocains d'ailleurs ont un niveau d'anglais bien supérieur, je pense, au français.
Euh, donc, on, on a cette jeunesse marocaine aussi qui est très, qui est en plus, qui souffre du chômage, euh, beaucoup. Donc, encore une fois, c'est, c'est normal qu'il y ait une colère, mais, euh, mais, euh, c'est le côté structure, rapide, automatique, euh, derrière un groupe Discord. Pour moi, vraiment, ce qui détermine, c'est la couverture bienveillante, parce que là, c'est une prise de partie, c'est un parti pris par les médias mainstream.
Alors, après, les médias mainstream ont récemment, alors certains vont avoir ce, enfin, les les partisans du mouvement vont dire le contraire. Ils vont dire, bah, non, regardez, ils ont quand même cité le fait qu'il y a eu des affrontements, le fait qu'il y a eu des, des, euh, des bâtiments incendiés et cetera, euh, voilà, que, il y a eu des certaines violences. Donc, ils vont dire que oui, bah, non, du coup, ça discrédite le mouvement, mais quand même, de manière générale, le mouvement est présenté comme, voilà, un mouvement qui appelle à moins de corruption, euh, qui demande de la justice sociale et cetera.
>> H. >> Donc, on pourrait dire un peu des deux. Après, encore une fois, moi, je suis curieuse de savoir dans le chat ce qu'ils peuvent en penser. Euh, on passera aux questions en fin d'émission, sans aucun problème. Mais essayons de voir, en effet, l'aspect géopolitique.
Alors, rappelons donc les choses. Euh, il y a la différence entre le "grassroot" et l'"astroturf". L'un peut être transformé en l'autre. Alors, on vous rappelle, "grassroot", c'est vraiment quand le peuple spontanément sort, quand quelque chose n'est pas dirigé par des ONG ou des multinationales. Euh, on rappelle qu'il y a eu le scandale de l'US OCI, hein, l'OCI, euh, qui démontrait à quel point, euh, les fonds de l'OCI étaient utilisés pour déstabiliser des pays et pour alimenter des ONG qui allaient provoquer des coups d'État. Ça a été présent aussi dans WikiLeaks, he, WikiLeaks a montré.
>> Ouais, je comprends. Au Maroc, je, je me permets d'intervenir parce que ça aussi, c'est intéressant. Au Maroc, il y a eu entre guillemets des pseudo.
Manifestations contestant la fermeture de ces ONG liées à Luen.
"Hm. Ouais."
"Euh, enfin, en tout cas, c'est ce qui a été présenté dans la presse aussi."
"C'est ça. Bah oui. Donc bon, on sait jamais. Il y a toujours des intérêts."
"Alors, c'est vrai que beaucoup pourraient se dire 'Mais attendez, pourquoi le Maroc qui reste quand même un allié géopolitique des États-Unis ?' C'est d'ailleurs le pays qui a reconnu les États-Unis, le premier pays à reconnaître les États-Unis diplomatiquement, c'est le Maroc. Donc, ça date pas d'hier. Euh, pourquoi il y aurait ça ?"
"Alors, c'est vrai que c'est une question tout à fait pertinente et logique, mais il faut savoir une chose, c'est qu'il faut jamais gâcher une bonne crise. Et parfois, vous avez des gens à Washington qui peuvent dire 'Écoutez, peut-être que dans 10 ans, on aurait eu envie de faire un coup d'état au Maroc. C'est nos amis mais bon, là il y a moyen. Peut-être que la prochaine fenêtre de tir, c'est comme ça qu'il pensent au Pentagone.'"
"D'ailleurs, au passage, depuis 2 semaines, le Pentagone Pizza Index est dans le rouge aujourd'hui. Alors, il y a plein de raisons. Il n'y a certes pas que le Maroc. Les États-Unis ont déplacé des avions vers le D3 d'Ormouse. On a Petexes qui a réuni tous les généraux pour leur dire qu'ils étaient trop gros. Je simplifie, mais c'est quasiment ça. Donc bon, il y a une raison pour laquelle le Pentagone commande beaucoup de pizza en ce moment."
"Et vous pouvez avoir des gens qui peuvent décider de renverser un allié parce que ça ça permet, ça peut leur permettre de gagner 10 ans dans leur agenda. Dis écoutez, euh, on aura voilà, la prochaine fenêtre de tir pour faire sauter le pays, ça sera dans 10 ans. Alors autant le faire maintenant. Et et c'est c'est vos alliés, hein, c'est vos potes, ils font du libre échange avec vous, ils signent des accords, ils vous vendent des armes, il y a pas de problème. C'est vos amis. Mais bon, dans un cabinet obscur du Pentagone, ils vont se dire 'Ah, pourquoi pas ? Pourquoi pas ?'"
"Donc, c'est cette question est légitime de se dire 'Mais pourquoi Washington voudrait faire sauter le Maroc alors que le Maroc est un allié ?' Ouais, mais euh, il peut y avoir des raisons."
"Alors, une des raisons bien sûr, c'est, on en a parlé, le traité de libre-échange avec la Chine, euh, qui aura été un point d'entrée majeur pour pour l'Afrique du Nord-Ouest."
"Avec la Russie aussi."
"Ouais. Pardon."
"Avec la Russie aussi."
"Ah oui, avec la Russie aussi, en effet. Alors que d'habitude, évidemment, l'allié naturel de la Russie dans la région, c'est l'Algérie, quand euh l'allié naturel des États-Unis dans la région, c'est le Maroc. Donc, voilà, on voyait un Maroc qui commençait à s'autonomiser un peu et à diversifier ses positions, notamment vis-à-vis des BRICS, puisque les relations entre le Maroc et les BRICS sont toujours euh un peu comme pour la Turquie et la Russie, quoi. Il y a, c'est une rivalité, mais en même temps, il y a des intérêts mutuels. Mais en même temps, l'Algérie est beaucoup plus encline, évidemment, à rejoindre les BRICS à terme que le Maroc."
"Euh, cela dit, une présence chinoise dans la région pourrait arbitrer. Alors, si un jour ça arrive, ça veut dire que la France aura plus d'influence diplomatique dans la région. Ce qui peut bien arriver, j'imagine, d'ici 2030-40, mais n'anticipons pas."
"Donc, euh, la réserve logique de se dire 'Attendez, pourquoi Washington renverserait un allié ?' Bah, elle est contestable sur ce point, c'est qu'il y a des précédents où Washington a renversé des alliés. Vous pouvez même penser à la Rhodésie, et cetera. Enfin, en pleine guerre froide, c'est c'est arrivé que Washington euh tire dans le dos d'un allié, et ça arrivera. C'est c'est pas quelque chose de nouveau."
"Euh, est-ce que donc le Maroc aurait des aurait donné des raisons dernièrement euh de d'agacer Washington ? Bah oui, le traité de libre-échange avec la Chine, le traité de libre-échange avec la Russie."
"Ensuite, on peut passer du grassroots à l'astroturf. Donc, l'astroturf, c'est quand vous avez un faux mouvement. Typiquement, Glucksmann. Euh, Glucksmann, c'est un candidat astroturf 100 %. Euh, voilà, c'est un candidat des ONG de Soros, on le voit bien aujourd'hui, les preuves sont là. Ça, c'est de l'astroturf."
"OK, vous avez aussi donc des révolutions qui sont basées sur l'astroturf, mais l'idéal, c'est que vous ayez euh une transition grassroots vers astroturf. C'est-à-dire que vous avez une révolution qui est tout à fait, qui est tout à fait légitime et qui ensuite va être perturbée, va être hijack, je sais pas comment on dit, détournée. Voilà, va être détournée par des ONG, par des moyens diplomatiques ou autres, des fondations. Donc, ça aussi, c'est possible et on voulait bien sûr vous faire un point là-dessus."
"Est-ce que tu penses qu'on devrait parler d'autres choses sur ce point, Amélie ?"
"Non, juste sur la Russie. Juste pour revenir, c'est qu'il y avait eu, il y a une coopération qui s'était renforcée depuis novembre 2024, enfin même bien avant, euh, où en fait, on a eu des dialogues de longue date avec des des rencontres régulières entre les les ministres russes euh et marocains. Et puis, enfin, en fait, il y a eu des coopérations qui ont été renforcées dans des domaines critiques comme la sécurité alimentaire et énergétique, des priorités pour le Maroc. Euh, il y a eu des, voilà, beaucoup d'échanges en fait ces derniers temps avec la Russie."
"Alors."
"H, après, encore une fois, il y a aussi des coopérations avec les États-Unis, beaucoup. Donc, en fait, le Maroc justement exerce un petit peu cette cette position entre deux, >> ce qui peut aussi ne pas plaire à certains."
"Alors, quand on parle des États-Unis, la question, c'est de savoir de qui on parle quand on parle d'influence des États-Unis, >> puisqu'il faut quand même maintenant penser qu'il y a deux deux formes d'atlantisme. On a l'atlantisme pro-Trump, euh, qui est vraiment ancré sur le business, >> et puis on a l'atlantisme globaliste qui était justement issu des démocrates."
"Al faut savoir que bon, les révolutions colorées, c'est plutôt un truc qui a été fait >> par tous ces systèmes justement globalistes qui sont aujourd'hui extrêmement implantés en Europe. Euh, donc, c'est ça, en fait, la la la question. Moi, je pense que si jamais il y a une, entre guillemets, une révolution colorée ou en tout cas une tentative de lancer un mouvement, ça viendrait plutôt de réseaux globalistes, je pense, que de réseaux pro-Trump."
">> Hm."
">> C'est mon avis."
">> Oui, clairement. Ouais. Ouais."
"La question, c'est pourquoi ? Pourquoi >> ça ? Ça veut dire qu'il y a des intérêts. Soit ça veut dire que le Maroc a >> touché des intérêts qui dérangent. Euh, je mais voilà, mais j'essaie de creuser. C'est difficile de savoir. Il y a effectivement ces partenariats avec la Chine, avec la Russie, mais je je pense qu'il y a aussi vraiment une question sur la construction de ces ports. Hm."
"Hm hm h."
"Je pense aussi que que ça, c'est un point assez important. Trump ne peut pas être partout à la fois. Là, il voulait en plus commencer à à influencer le Venezuela. Il a même évoqué la possibilité d'une intervention et le fait d'avoir nommé les cartels terroristes était une base légale pour pour se faire. Dans la foulée, la Chine a fourni, on en a parlé euh sur la chaîne avec Cod Renault, a fourni des drones maritimes pour justement rendre plus difficile un débarquement américain au Venezuela. Donc, Trump ne peut pas être partout et pour l'instant, il a beaucoup parlé mais peu obtenu, que ce soit pour le Groenland, pour l'Ukraine, euh pour le Venezuela ou même pour Israël, où euh, soyons très clair, c'est de notoriété publique maintenant que Netanyahou lui a chié dans les bottes en frappant Gaza. D'où le fait que euh Trump a demandé à Netanyahou de s'excuser. Bon, c'est très mignon, mais c'était vraiment, c'était vraiment là aussi une trahison. Donc, en effet, peut-être que des gens qui voudraient emmerder Trump pourraient décider d'attaquer un allié parce que, en l'occurrence, le roi du Maroc et son gouvernement sont plutôt proches de Trump aujourd'hui, même personnellement. On est d'accord ?"
">> Oui."
">> H."
">> Oui, on va dire ça. Après, c'est c'est en ce moment, c'est pas évident de de parce que Trump est >> voilà, un petit peu entre deux. J'ai envie de dire qu'il a quand même repris un peu l'accent néoconservateur qui existait chez les démocrates."
">> Oui, tout à fait. Notamment, bah, avec la déclaration complètement dingue qu'il a faite sur le social, là où il a dit que l'Ukraine pourrait récupérer la totalité de son territoire, y compris la Crimée."
">> Voilà, il y a eu des il y a eu des mouvements de Trump qui étaient qui étaient le Venezuela, c'est pareil. Euh, euh, donc, c'est donc voilà, quelqu'un qui s'était quand même présenté comme un négociateur euh euh qui n'est pas interventionniste, on voit que là, il a un peu plus d'accents autour de ça et d'ailleurs, c'est critiqué par les médias."
"H"
">> donc oui, sur sur Trump, c'est c'est autre chose. Mais au-delà de Trump, enfin, quand on pense, c'est c'est pas le président qui influence, qui fait ses ses influences, finalement, c'est c'est ce qu'on peut appeler l'état profond aussi derrière."
">> et l'état profond, il en fait, il défend des intérêts de groupements économiques ou d'entreprises américaines. C'est ou monétaire ou monétaire."
">> euh, je vois pas comment le Maroc pourrait déranger le dollar. Il y a pas eu des des investissements là-dedans. Enfin, en dehors de ça, le Maroc ne fait pas partie des BRICS. C'est pour ça que, encore une fois, c'est je fais une hypothèse juste uniquement à basée sur ce qu'on voit dans les médias. Mais mais >> pour moi, les les points les plus importants sont ceux que tu as évoqué, c'est-à-dire d'une part, une couverture très bienveillante de CNN. Ça, c'est quand même souvent un signe. CNN n'est pas >> ça. CNN, pourquoi parler de de ça quoi ? C'est c'est pourquoi parler de ça ? CNN aussi bienveillant vis-à-vis de de cet événement."
">> Euh, et c'est vrai que beaucoup auraient aimé voir euh un effet un peu Ennahda, Ennahda au Maroc, hein. Bon, mais c'est un peu passé. D'ailleurs, Ennahda en Tunisie est complètement hors circuit aujourd'hui. Mais bon, c'est c'est quelque chose à suivre."
"Alors, la conclusion, c'est que, en effet, euh, quand les médias mainstream, en particulier américains, enfin anglo-saxons, donc CNN, BBC et cetera, sont aussi bienveillants, c'est quand même très curieux."
"Et j'insiste, si jamais c'est une vraie révolution de couleur, ce qu'on ne peut pas déterminer aujourd'hui et en quoi elle peut évoluer, elle peut très bien ne pas être une révolution de couleur aujourd'hui et le devenir dans un mois. Donc, tout est possible."
"Si jamais c'est une vraie révolution de couleur, c'est très mauvais pour l'Algérie. Faut être absolument clair là-dessus parce que quelqu'un qui a les moyens d'organiser une révolution de couleur de cette ampleur euh a non seulement les moyens de le faire aussi à Alger, mais en plus en a raison puisque le Maroc n'est pas le plus grand pays d'Afrique, l'Algérie est ici et les gens qui font des révolutions de couleur, ça fait très longtemps qu'ils veulent libérer l'Algérie. Donc euh et ils n'ont pas abandonné l'affaire, hein. C'était qu'une question de temps, c'était une question de rapport coût-opportunité. Mais le désir de libérer, de balkaniser l'Algérie existe encore aujourd'hui au Pentagone, en tout cas dans une certaine section du Pentagone, en particulier bien sûr les néoconservateurs."
"Donc, si ça devait être le cas, c'est très mauvais pour toute la région, pas seulement pour le Maroc."
"Maintenant, si jamais c'est bien une révolution populaire tout à fait honnête et sincère, euh, le premier point pour le Maroc, c'est de se euh, de se reconnecter à la à la sincérité populaire, en fait. Parce que le détournement de ce genre d'opération se fait par quiconque arrive le mieux à se connecter à la sincérité populaire."
"Alors, le cas du Népal, il est marquant parce que les élites népalaises étaient fières de leur déconnexion. C'était vraiment de l'élite soviétique, parti communiste népalais. C'est assez marrant d'ailleurs de voir un gars avec un t-shirt du Che vanter le fait que les Népalais ont foutu leur gouvernement à la rue alors que c'était le gouvernement du parti communiste népalais, mais passons. Et ces élites népalaises étaient complètement déconnectées de la réalité et de leur peuple."
"Donc, ça n'a pas été très compliqué pour la CIA et pour la National Endowment for Democracy, qui est un fait de la CIA, comme chacun le sait, euh, d'intervenir là-dedans et de de créer les moyens de se connecter à la sincérité populaire."
"Si tel est le cas, il est urgent pour le Maroc dans son ensemble, que ce soit aussi bien la couronne que le gouvernement, de se reconnecter à la sincérité populaire avant que quelqu'un d'autre ne s'y reconnecte. Parce que si c'est le cas, là, ça va devenir une ingérence et là, ça va devenir euh quelque chose d'incontrôlable."
"Pour moi, donc, le cas du Népal, vraiment marquant, il a, c'est deux exemples. Si j'étais euh, si j'étais par exemple au ministère de l'Intérieur marocain, ce que je ne suis pas euh, malgré, j'imagine, quelques quelques doutes de certains là-dessus. Euh, mais les autres pensent que je suis au ministère de l'Intérieur algérien, les autres pensent que je suis avec les Russes, d'autres avec les Ukrainiens, certains avec la France, certains même avec le Royaume-Uni. J'ai vu, c'est apparu maintenant qu'ils ont déterré mon passé à Cambridge. J'aurais dû être tourné là. D'autres bien sûr disent que c'est euh Israël et d'autres maintenant me disent même que c'est les Émirats arabes unis. Donc, et la Chine bien sûr, faut pas oublier Guy Robin, pour qui je suis un agent du parti communiste chinois. Euh, et donc je crache sur le Parti communiste népalais uniquement parce que j'essaie de brouiller les pistes. Accrochez-vous. Aujourd'hui, c'est le jour où je prends mon chèque marocain, donc pas de problème."
"Si j'étais euh, en tout cas, au ministère de l'Intérieur marocain, je leur dirais clairement : étudiez tout de suite le cas bulgare. Étudiez-le en détail, voire même faites venir des Bulgares qui étaient présents. Euh, j'en connais, j'en vois qui pourraient que vous pourriez immédiatement faire venir et interviewer pour savoir comment ça se passe. Je ne vais pas donner leur nom évidemment dans cette émission, mais je connais très précisément un Bulgare qui serait parfait pour ça. Et étudier le cas népalais. Voilà, étudier immédiatement le cas bulgare 2013-2014 et le cas népalais parce que ce sont des cas d'école de ce qui est en train de se passer maintenant et ça peut vous permettre d'anticiper l'évolution du mouvement, de l'anticiper à 100 %."
"Ensuite, un autre point pour se connecter à la sincérité populaire, ah bah là, c'est pas très compliqué. Au Maroc, il y a un truc qui s'appelle les Aouain et que qui avait été détruit euh pendant la période par exemple communiste, enfin socialiste en Algérie, enfin pas détruit mais rabaissé et qui aujourd'hui reviennent très fort et qui sont un élément de cohésion sociale très important, les Aouya."
"Et là, euh, je rappelle le proverbe Soufi : le pire des sages est visiteur de princes, mais le meilleur des princes est visiteur de sages. Euh, j'encourage très très vivement euh les autorités marocaines à se rapprocher des Aouyas historiques marocaines si elles veulent se reconnecter à la sincérité populaire."
"L'adaptateur, le transformateur électrique, c'est les Aouya et c'est clairement là qu'il faut commencer."
"Donc, voilà comment je vois l'évolution de la situation au Maroc. Voilà, quand je comment je vois les menaces et les opportunités de cette crise."
"Et bien sûr, on ne peut pas, vous savez, dans une guerre, si c'est une guerre de l'information ou si on a une situation de guerre d'information aujourd'hui, il faut savoir que dans une guerre, au début de la guerre, on a peu d'information et peu de morts, et à la fin de la guerre, on a toute l'information et tous les morts. Donc, en début de guerre, on ne peut pas savoir quelles sont les intentions de l'ennemi, si c'est une diversion, s'il y a vraiment un ennemi ou si c'est un phénomène. Vous savez, tout le monde est un peu parano dans les renseignements. Donc, aussi, c'est un phénomène spontané et populaire."
"Clairement, le cas tunisien, le Printemps arabe tunisien, était un phénomène spontané et populaire. Mais avec le temps, il a été détourné. Avec le temps, il est devenu autre chose. Les Américains sont intervenus, d'autres pays sont intervenus. Mais clairement, quand le jeune homme qui met le feu à la poudre, littéralement, en s'immolant en Tunisie, décide de son geste, c'est un événement complètement spontané et populaire. La CIA n'y est pour rien. Et d'ailleurs, la CIA s'est fait taper sur les doigts à l'époque. Donc, euh, on ne sait pas ce qui va ce qui va advenir. C'est une première émission qu'on fait. Les choses peuvent évoluer très rapidement, elles peuvent se brancher très rapidement. Mais là, on vous a fait le tour d'horizon des intentions qui peuvent exister."
"Oui, au Pentagone, des gens peuvent être en train de se dire, à l'heure où on parle, à l'heure où on fait cette émission en direct, des gens peuvent être en train de se dire 'Pourquoi pas ? Pourquoi pas renverser le Maroc ?'"
"Vous avez clairement des gens qui pensent comme ça au Pentagone et qui peuvent décider de pitcher. Vous savez, c'est comme pour une start-up, on va pitcher, va dire 'Écoutez, je vous propose, voilà, hear me out.' Et voilà l'idée. Donc, vous avez, je suis convaincu personnellement que vous avez des gens au Pentagone qui sont en train de réfléchir à ça, voire même qu'ils sont en train de le pitcher à l'heure actuelle, à l'heure où on parle, en disant 'Écoutez, voilà, le peuple s'est soulevé, il se passe des choses, pourquoi pas ?' Et vous avez des gens qui pensent le contraire et qui vont peut-être aller dans gagner, avoir gain de cause et convaincre le Pentagone du contraire."
"Ou alors, comme disait Amélie, euh, c'est l'état profond américain et ça échappe complètement à Trump. Et dans ce cas-là, euh, ça ira jusqu'au bout."
"Encore une fois, je je ne suis pas sûre de ça parce que, en fait, moi ce qui ce qui me pose, alors déjà de un, de savoir des questions d'influence étrangère, ce c'est étonnant. Encore une fois, je vais être très complotiste, je trouve ça très curieux que si jamais on pose la question de l'Iran, pourquoi aucun média occidental n'en apparaît ? C'est qu'aucun média occidental ne s'est posé la question de savoir voilà, est-ce qu'il y a eu une ingérence là-dedans ? Est-ce qu'il y a une ingérence là-dedans ? d'influence étrangère là-dedans, c'est même pas du tout évoqué."
"Tout le monde en parle comme d'un mouvement spontané. Ça, c'est curieux parce que automatiquement, quand il y a des protestations qui ne vont pas forcément dans le sens euh des intérêts occidentaux, en tout cas, de sorte d'impérialisme occidental ou des intérêts de l'Union européenne ou autre, ce qu'on pourrait considérer que c'est le cas aujourd'hui, puisque puisque le Maroc a de normalement plutôt de bonnes relations avec les États-Unis ou l'Union européenne, enfin, les constructions ont profité à des entreprises européennes et cetera."
"Mais en tout cas, ce qui ce qui ce qui ce qui est étonnant là, c'est que là, dans la couverture, il y a personne qui se pose la question de savoir de d'une influence étrangère. Hm."
"Hm hm."
"Et si c'était par exemple l'Iran, si la question se posait de l'Iran, bah, on mettrait automatiquement l'Iran parce que les médias sont les premiers à dire 'Attention, là, il y a l'Iran' ou 'Attention, c'est les Russes' et cetera, même quand il n'y a pas de preuve de ça."
"Là, on n'a pas, on n'a pas du tout ces ces questions-là. Alors, peut-être que c'est récent, mais vraiment, ça n'a jamais été mentionné, quoi. Ce n'est pas du tout mentionné."
"Ce qui est par contre, c'est mentionné un petit peu par du côté de la presse marocaine qui, pour le coup, défend le pouvoir évidemment. Ouais."
"Euh, donc, euh, donc, euh, donc, ce n'est pas forcément non plus euh plus neutre, davantage neutre. Mais en tout cas, voilà, ça, ce sont des questions qui se posent."
"Après, euh, encore une fois, ce que moi, là, ce n'est pas évident dans le sens, il n'y a pas eu non plus de gros plans comme il y a eu pour l'Ukraine, comme il y a pour la Géorgie ou autre, de de ces ONG en disant 'Attention, voilà, le Maroc, le Maroc souffre' ou quoi que ce soit, de la part d'ONG comme la National Endowment for Democracy ou de l'Open Society. C'est-à-dire qu'ils n'ont pas eu un focus particulier sur sur le le Maroc."
"Euh, donc, ça, ce sont des arguments qui vont dans le sens que c'est une révolution, enfin, c'est une révolte citoyenne qui est spontanée, qui n'a rien à voir avec une influence."
"Moi, je pose vraiment la question au niveau de cette couverture médiatique qui est très rapide, encore une fois, qui est très alignée, très coordonnée. H"
">> et qui nous pose la question de savoir s'il n'y a pas des intérêts derrière >> à un petit peu déstabiliser, alors peut-être pas renforcer le pouvoir, mais en tout cas déstabiliser un peu, je pense les chantiers autour de certaines infrastructures portuaires."
">> euh, qui concurrencent aussi des ports européens."
">> euh, qui sont des actes stratégiques pour les pour des pays africains, pour le développement économique de nombreux pays africains, et on voit que d'ailleurs beaucoup de pays africains de ces régions-là sont en train vraiment de au pied de mettre un pied aux fesses aux influences occidentales."
">> typiquement."
">> donc, il y a ces questions-là. Voilà. H"
"OK, alors je résume un petit peu les faits. Euh, le mouvement Genz présente des parallèles troublants avec le Hirak du Rif qui a secoué le nord du Maroc entre 2016 et 2019. Les deux mouvements, en de frustration économique et sociale, ont mobilisé des jeunes via les réseaux sociaux avec des revendications initiales centrées sur l'éducation, la santé et les infrastructures. Le Hirak avait éclaté après la mort tragique d'un vendeur de poisson, Mohcine Fikri, écrasé dans une benne à ordures, un symbole d'injustice qui avait galvanisé la région du Rif."
"Euh, de même, Genz 2012 s'appuie sur le mécontentement face aux fonds alloués aux stades de la Coupe du Monde plutôt qu'aux besoins vitaux. Et donc, le catalyseur a été la mort de ces femmes enceintes euh dans des hôpitaux publics."
"La différence clé réside dans l'ampleur géographique. Le Hirak était régional, tandis que Genz 212 s'étend à 11 villes. Certains y voient une escalade orchestrée avec le même objectif de déstabilisation, exploitant les failles sociales pour un changement de régime."
"Les violences récentes, comme l'assaut sur un poste de police le 1er octobre, renforcent l'idée d'un schéma récurrent d'agitation contrôlée."
"Le mouvement GZ212 pourrait être une révolution colorée orchestrée, selon des analyses sur X, en raison de plusieurs indices. Tout d'abord, la rapidité de son organisation via Discord. On en a parlé. Une plateforme peu surveillée suggère une préparation externe financée par des entités comme la NED ou l'USAID, connues pour soutenir des soulèvements stratégiques. Des posts mentionnent des dons mystérieux en cryptomonnaie vers des portefeuilles liés à des activistes. Un mode opératoire fréquent dans les révolutions financées à distance."
"Ensuite, la présence de matériel de propagande sophistiqué, vidéos, logo, slogan en anglais, indique un soutien logistique étranger incompatible avec les ressources locales d'un mouvement spontané. Cependant, il existe une grande diaspora marocaine bilingue et en particulier bilingue arabe-anglais."
"Certains pointent l'arrivée récente d'ONG occidentales au Maroc sous prétexte d'aide humanitaire. Coïncidant avec les troubles, la signature de l'accord de libre-échange Maroc-Chine le mois dernier est vu comme un déclencheur. Washington chercherait plutôt, chercherait au conditionnel, à punir Rabat pour son rapprochement avec Pékin."
"Enfin, des comptes X relient les violences comme les 20."
"Alors maintenant, ça nous dit 22 morts. Il faudra que je vérifie si je suis à jour."
">> Non, ça c'est Madagascar ça."
">> Ah oui, pardon. OK."
">> Madagascar, c'est 22 morts. Ouais."
">> D'accord. Donc, ça a dû être une erreur. Voilà, en effet. Et donc, merci de la correction rapide. C'est l'avantage du live et de la communauté."
"Donc, voilà les résumés qu'on avait à vous faire. Euh, pour l'instant, euh, on a peu d'informations et peu de morts, tant mieux d'ailleurs."
"Les intentions peuvent exister. Ce n'est pas complètement impossible que les que deux factions aux États-Unis, puisque les États-Unis sont un empire en guerre civile, hein, comme l'Empire romain. Donc, vous avez en quelque sorte les Pompéens et les Césariens, même si c'est dans le cas des Pompéens, ce n'est pas personnalisé, ce n'est pas ad personnam, mais vous avez les globalistes et les trumpistes. Et les deux ont des intérêts opposés aussi bien en Europe que par exemple au Brésil, où on avait vu le fameux juge Moraes, à vol de mort, qui était pro-globaliste mais anti-Trump, et à la fin, ce sont les Trumpistes qui ont gagné avec notamment Elon Musk. Donc, bon, c'est euh."
">> pense, on le verra. Euh, je pense que c'est voilà, on a voulu faire aussi en parler un petit peu maintenant, mais je pense qu'on verra, on en saura un petit peu plus à l'avenir comment ça va être présenté, qu'est-ce qui voilà, qu'est-ce qui va ressortir. Euh, pour le moment, euh, pour le moment, voilà, le le roi doit intervenir dessus. Euh, ils ont promis aussi de répondre positivement à certaines revendications euh tout en condamnant les violences. Donc, euh, voilà, il il y a pour le moment, on n'en sait pas plus."
"Euh, il y a la Coupe d'Afrique des Nations, comment ça va se passer ? Euh, quels sont les intérêts aussi en jeu là-dessus ? Je pense que c'était aussi une question qu'il fallait poser parce que il y a ça ça revient beaucoup dans le mouvement."
">> Hm."
"Et puis euh, et puis voilà, comme tu l'as listé, euh, il y a il y a ces questions qui peuvent se poser, peut-être d'une instrumentalisation, encore une fois, d'une colère qui était qui est qui est légitime parce que c'est un fait aussi que les infrastructures publiques au Maroc sont sont euh sont dans un état pour beaucoup déplorable, qu'il y a toujours autant de de alors qu'il y a un développement économique qui a été fort ces dernières ces 10 dernières années, euh, il y a beaucoup de, voilà, dans des régions de de campagne et cetera, on a l'impression que ça n'a pas du tout avancé et que c'est encore un peu des zones de tiers-monde. Donc, il y a vraiment aussi une grosse différence, puis le choix, encore quand j'ai cité le chômage des jeunes qui est très très fort. Donc, tout ça, c'est ça, c'est forcément lié à une colère qui est qui est qui est sincère. C'est ça que je voulais dire. Et donc, c'est pour ça que je mettais vraiment ces points sur que même s'il y a une tentative d'influence extérieure, euh, les revendications, en tout cas, les demandes de de ces manifestants, elles sont sincères et je pense et légitimes, quoi qu'il en soit."
">> Bah voilà, donc on ne peut qu'encourager euh le l'État marocain à se rapprocher."
"Il y a aussi la question dont je voulais peut-être que tu parles parce que la position sur Israël a aussi provoqué pas mal de colère aussi."
"Oui, bien sûr. Populaire. Oui."
">> Et là, bon, c'est le Maroc."
">> Mais dans ce cas-là, pourquoi CNN soutiendrait ? Parce que si, alors si une des raisons inavouables, c'est qu'en effet, les liens entre le Maroc et Israël sont sont sujet à polémique pour le peuple marocain, et pourquoi CNN soutiendrait une insurrection qui passe."
"Alors, je vais je vais déranger pas mal de gens en disant ça, mais je, encore une fois, je me base juste sur les faits."
">> Le progressisme américain du type George Soros soutient la Palestine. Une façon de la Palestine. Oui, c'est une il a une Oui."
">> Ou un >> Ouf, alors pas soutien sincère et cetera, bien sûr, évidemment."
">> mais va plutôt subventionner des des ONG palestiniennes. Ouais."
">> Alors ça, quand je dis ça, ça tend à faire une dissonance."
">> Mais c'est exact. Soros, bah, sans Soros, créé Greta Thunberg. Donc, c'est."
">> d'ailleurs, Netanyahou, il a il a d'ailleurs, il voulait mettre Soros en prison. Il y avait une histoire comme ça, enfin, il y avait eu un Netanyahou et Soros ne sont pas particulièrement amis ou pas le voilà, donc il y a vraiment ça."
">> Oui, donc, oui, tu as raison, ça ne serait pas antinomique de ce point de vue, ou si c'était globaliste, ça pourrait même être."
">> C'est ça que je veux dire, c'est que ce n'est pas forcément antinomique. Ça ne veut pas dire que ces gens-là soutiennent sincèrement les Palestiniens, ce que je ne crois pas du tout, mais mais >> voilà, il il y a, je pense qu'il y a aussi jouer un petit peu sur ces influences-là, en tout cas pour, encore une fois, sur des colères qui sont légitimes."
">> Oui, de toute façon, à chaque fois, forcément antinomique. Il >> il y a une il y a une vraie colère légitime. Dans le cas bulgare, l'idée d'avoir nommé un parrain de la mafia comme patron de la police secrète, c'était débile et pour le peuple, c'était trop, c'est trop quoi. Donc, on utilise qui remarque que le Premier ministre du Maroc a reçu, je reçu George Soros, je ne savais pas. Donc, voilà, comme quoi."
">> Oui, mais bon, il faut le recevoir. Ça ne veut pas dire George Soros, il a été reçu par des gens chez qui il a fait des coups d'État après, hein. Donc, c'est c'est pas c'est pas quelque chose. Voilà, c'est c'est tout à fait normal. Ces gens-là peuvent vous planter un couteau dans le dos à tout moment. Ils n'ont aucune constance, aucune rigueur. Euh, si jamais ils se rendent compte qu'il est dans leur intérêt de vous de vous trahir, ils le feront. Ça, c'est pas quelque chose de de significatif."
"Euh, oui, donc, je voulais voilà, je voulais souligner le fait que euh, les le ressentiment populaire, le cas de mai 68, par exemple, on rappelle que c'était quand même parti d'un problème de chauffage dans les dortoirs de l'université de Strasbourg. Donc, bon, euh, c'est euh, voilà, c'est c'est standard quoi."
">> Euh, alors, j'essaie de regarder quelques autres commentaires et quelques autres sujets dont on aurait parlé. Sinon, on passera aux questions et je pense que 1 heure, c'est suffisant pour traiter le sujet plus les questions."
">> Oui, je pense qu'il faudra en reparler peut-être dans un peu plus tard quand on aura le temps de voir aussi qu'est-ce qui peut être impliqué. Faut quand même, c'est simple en fait pour moi, si c'est une révolution colorée, on va le savoir vite. Pourquoi ? Parce qu'il va y avoir derrière une campagne de propagande h"
">> avec tactique éventuellement ou avec voilà, on verra des >> voilà avec une revendication. En général, ça part souvent de colère entre guillemets légitime et puis derrière, ah ben, on veut rejoindre l'Union européenne ou ah, il faut lutter contre ça. Enfin, voilà, c'est c'est ça vient parfois après. Donc, si c'est une révolution colorée, enfin, en tout cas, s'il y a une tentative de révolution colorée au Maroc, je pense qu'on va le savoir très vite. Là, je ne me prononce pas dans le sens où je n'ai pas vu encore, j'ai juste vu une couverture et peut-être que je me trompe et d'ailleurs, je serai ravie de me tromper. J'espère que on ne on ne vise pas le Maroc, on ne tente pas de faire une révolution colorée au Maroc. Mais il y a des questions qui se posent parce que la diplomatie marocaine, dans tous les cas, je sais, elle gêne pas mal de gens quand même depuis un moment, le le la force de la diplomatie marocaine."
">> surtout en Afrique, en Afrique de l'Ouest, avec la France, excellente."
">> ça gêne beaucoup d'ailleurs. Écartez ce point."
">> beaucoup demandent si ça aurait pu être provoqué par la France. Très personnellement, j'y crois pas. Moi, j'y crois pas une seconde. Vis-à-vis de la couverture médiatique, je veux dire, uniquement que la France soit partie prenante, ça oui, c'est complètement possible pour moi. De toute façon, on n'est pas obligé d'être d'accord et euh, tu peux tout à fait me contredire. Euh, mais la France n'a pas les moyens de demander une couverture aussi positive de la part de CNN et de la BBC, quand même."
">> Alors, de la de CNN et de la BBC, je ne sais pas, mais elle a les moyens d'influencer. La France, c'est l'AFP et l'AFP a de gros moyens d'influencer vraiment. D'ailleurs, alors les premiers articles viennent de l'Associated Press, donc on va dire que c'est plutôt américain, encore une fois, mais non, l'AFP a quand même grosse grosse influence aux États-Unis sur les médias et cetera. Et puis, et puis, je suis désolée, mais le focus spécial 20h sur le PL, enfin sur le le spécial Maroc."
">> sur le plateau de Lalami."
">> ça, moi, pour toi, c'est déjà un avec grosse critique de de du gouvernement marocain dans les investissements dans les infrastructures euh en disant que voilà, finalement que le Maroc est montré en gros, je vous dis ça, le focus qui a été fait, c'est en disant que le Maroc a toujours été vu comme un Eldo, un radeau, puis finalement, voilà, c'est c'est ça, non, il y a des problèmes, il n'y a pas d'infrastructure, et cetera. Enfin, en gros, il y a une critique de l'État marocain, ce qu'on n'aurait peut-être pas vu il y a quelques années, où la France a toujours plutôt soutenu le le gouvernement marocain. D'ailleurs, Macron a a voilà, a revendiqué la souveraineté du Maroc sur le Sahara, ce qui avait créé grosse grosse tension aussi avec l'Algérie. Mais bon, les les relations avec la France, elles ne sont pas forcément au beau fixe, hein, ces derniers temps, entre la France et le Maroc. Donc, euh, donc, c'est là, c'est difficile de de se prononcer."
">> Ouais. Donc, en fait, c'est tout à fait possible. Je ne serais pas très étonné que la France soit impliquée."
">> Bien sûr."
">> et cherche à tirer les marrons du feu. Du coup, pareil, on souligne pour les pédants que par tirer les marrons du feu, on entend le destinataire, l'usufructuaire des marrons."
Hein. Parce que il y a toujours un pédant pour vous rappeler que dans la fable de La Fontaine, c'est le chat qui tire les marrons du feu et qui se fait mal. Alors que tirer les marrons du feu aujourd'hui, c'est utilisé pour dire les gens qui vont profiter de la crise. Euh, et bien oui, ce n'est pas impossible que Paris cherche aussi à tirer les marrons du feu. D'accord.
Pour le problème, alors si soit pour parce que Paris n'aurait pas un intérêt à complètement déstabiliser la couronne, à provoquer un coup d'état, c'est c'est ça irait trop loin quand même pour la stabilité dans la région. Je sais pas s'ils n'auraient pas intérêt à ça. Ouais, je sais pas. Je sais pas. C'est Macron, hein, et en tout cas, il essaie de faire ce genre de. Je sais qu'il fait des, tendre ce genre d'opération en Afrique. Oui, c'est vrai. Mais il a perdu beaucoup d'influence, mais notamment au Tchad, notamment au Niger, euh, également en Guinée, euh, Bissau et Conakry, les deux d'ailleurs, et au Sénégal aussi, où l'armée française a été conduite.
Donc, euh, je sais pas s'il aura les moyens. Il n'a pas eu de réaction du, enfin, le gouvernement français ne s'est pas prononcé. Si on pourrait se dire, bah, il peut, ouais, ça, c'est, il aurait peut-être, si c'était le cas, il aurait peut-être dénoncé en disant, oui, euh, on, on condamne, euh, la répression féroce au Maroc. Ils ne l'ont pas fait d'ailleurs, c'est ce qui a avancé par Michel Alomarie du temps de Sarkozy, qui disait, si la Tunisie a besoin de nos forces de l'ordre, elles sont à sa disposition. Bon, ça serait, limite, ça. Ouais, bah, pour le moment, il n'y a pas eu vraiment de réaction, donc c'est difficile de savoir. Et c'est d'ailleurs ce que pointent les, on va dire, les soutiens de ces, des manifestants, euh, le fait que la France n'a pas condamné les violences, c'est, c'est ce qui est avancé par Juan Branco, en disant que, bah, la France n'a pas condamné les violences au Maroc, ce qui est la preuve qu'elle est en consanguinité avec le gouvernement marocain ou et le royaume. Je ne suis pas forcément d'accord avec ça, mais. Moi non plus. Ouais. Bon, moi non plus, en effet, c'est.
De toute façon, la la position de Remco est très antimarocaine de ce point de vue-là, qu'on qu'on l'aime ou qu'on l'aime pas. Il a fait des choses absolument remarquables, mais pour le coup, sur le Maroc, il a, il assume un biais, euh, assez clair. Personnellement, j'y crois pas non plus, mais vous pouvez très bien, vous êtes libre d'aller suivre, bien sûr, maître Ron Branco pour regarder ce qu'il pense de. Très pertinent sur plein de questions, sur plein d'autres sujets. Donc ça, ce n'est pas, mais donc, c'est bien d'avoir des. Notamment la question des ruches, il pourrait se dire "Oui, est-ce que ce Discord, ce n'est pas une nouvelle ruche ?" Parce que les ruches que mettent en place son organisation sont extrêmement pertinentes. Mais du coup, on peut souligner qu'elles n'ont pas cette couverture bienveillante justement de CNN, bien au contraire. Et d'ailleurs, la couverture médiatique contre maître Ran Branco est plutôt est plutôt absolument sauvage et outrancière. Donc pour moi, c'est, c'est vraiment le premier indicateur. Euh, voilà, on a fait le tour d'horizon géopolitique, on vous a donné les éléments des précédents, des moyens de comparaison. Euh, je vous rappelle donc que les deux révolutions à suivre pour comprendre l'évolution au Maroc, c'est celle de Bulgarie de 2013-2014, qui est une étude de cas parfaite, et euh, celle bien sûr au Népal aujourd'hui. Euh, on va donc passer aux questions. Alors, vous pouvez poser vos questions en mettant "question" en lettre majuscule. "Question" en lettre majuscule, et on va sélectionner quelques questions. Euh, on nous dit que Ranco est un être humain comme tout le monde. Euh, oui, bien sûr, mais moi aussi, je peux me tromper. On n'est pas là pour vous dire quoi penser. Peut-être qu'il peut se tromper. Alors moi, c'est juste, il a, il a supprimé son tweet, ce n'est pas une critique. C'est moi, je me trompe parfois aussi. Il a dit qu'il y avait un silence médiatique sur le, sur le Maroc, ce que j'ai contesté en disant que c'était l'inverse total, qu'il n'y a pas du tout de silence, que c'est même l'inverse, en fait. Euh, donc je pense qu'il a, il a, il a enlevé son tweet. C'est très bien d'enlever des tweets, de toute façon. Je veux dire, c'est des preuves qu'on, qu'on se met à jour. En fait, il n'y a que les fact checkers qui qui supportent pas ça, parce que. Non, mais ce n'est pas, voilà, encore une fois, ce n'est pas, moi, je, moi aussi, je supprime des tweets aussi quand je me suis trompé. Ce n'est pas au contraire. C'est exactement, c'est même, c'est très, on vit à une époque de mise à jour.
Ah, un dernier point avant de prendre les questions que j'avais oublié, c'est qu'est-ce que tu penses, euh, de l'OPA sur TikTok, euh, par Larry Ellison ? Euh, donc Larry Ellison, qui est le premier donateur privé à l'armée israélienne, qui se trouve être aussi un proche d'Elon Musk. Par ailleurs, Larry Ellison est un grand ennemi de Bill Gates, hein. C'est d'ailleurs pour ça qu'il a, qu'il a eu mon respect à plusieurs égards. Mais en tout cas, Larry Ellison avec Oracle vient de récupérer le contrôle de TikTok pour l'Occident. Ça, c'est un point qui est énormément discuté et comme TikTok est cité aussi dans les révolutions colorées, typiquement au Népal, euh, j'aurais voulu avoir ton avis aussi. J'ai pas assez étudié le dossier. Euh, je vais te répondre sincèrement. Euh, de récupérer TikTok, je ne sais pas. Ben, en tout cas, TikTok dans tout, dans tous les cas, est une force d'influence absolument énorme, qu'on voit qu'il y a de gros, grosses pressions pour s'en emparer. Euh, donc je ne suis pas étonnée. Euh, mais il faudrait que j'en sache un peu plus, euh, pour pour te donner une analyse. Non, par contre, ce qu'on, ce qu'on pourrait, par ce qu'on pourrait discuter aussi dans ces, dans ces liens avec les ingérences étrangères et cetera, c'est la Moldavie. Ouais. Parce que ce qui se passe en Moldavie, ce qui se passe en Moldavie, c'est, c'est absolument merveilleux. La Moldavie est est sous ingérence française totale, totale. Euh, c'est-à-dire que là, euh, la France ne se cache même pas d'intervenir dans les élections. L'Union européenne a ouvertement dit qu'il proposait de l'argent pour pour voilà, pour en gros, c'est un achat de vote, et on a toute une campagne qui nous explique que les Russes, il y a une manipulation russe et cetera, et on a, on a eu tout un reportage de la BBC qui disait que, que des Russes ont été payés pour aller manifester et cetera. Donc voilà. Quand on parle d'influence étrangère, là, c'est ça, c'est-à-dire qu'on fait une couverture en disant, regardez, non, non, les Moldaves, ce n'est pas possible qu'ils ne veulent tout simplement pas rentrer dans l'Union européenne. C'est ça en fait partie, et ce qui, je précise, c'est que la partie des Moldaves qui ne souhaitent pas rentrer dans l'Union européenne, ce sont des Moldaves de gauche. Ça, on ne le dit jamais. Ce sont les partis de gauche en Moldavie qui sont très anti-Union européenne. Pourquoi ? Est-ce qu'ils ont compris ? En fait, ils sont, ils sont, ils savent très bien que le but, c'est de mettre fin à certaines infrastructures d'État, puisque l'Union européenne vise une concurrence, une concurrence totale avec, voilà, avec la libéralisation des systèmes publics. C'est d'ailleurs pour ça que nous en France, on est en train de dégrader les services publics pour pouvoir derrière dire, bah, regardez, si on paye encore mieux quoi, les assurances, les assurances privées et cetera. Bon, en Moldavie, euh, vous avez beaucoup de partis qui, en plus, ont un, voilà, qui sont, qui souhaitent garder un soutien historique avec la Russie, notamment parce que pour l'accès à des énergies pas chères, euh, parce qu'il y a des liens aussi avec la Transnistrie et cetera. Euh, donc à mon avis, c'est ce qui se passe. Donc ils tentent de faire passer, mais vraiment de force, euh, c'est, enfin, c'est ce qu'ils ont fait voter de force, euh, la la pro-européenne, sans doute, qui est en plus épinglée dans des affaires de corruption, et notamment des corruptions liées à la pédocriminalité. C'est-à-dire que là, il y a un des membres de son parti, euh, qui s'est retrouvé, euh, dans un scandale de trafic sexuel avec des jeunes mineurs. Enfin, bon, c'est à total, ça. Aucun média français ne va en parler, bien sûr. Euh, et on voit en fait que, en Moldavie, la France a beaucoup investi, notamment justement par des opérations de propagande sur les réseaux sociaux. Beaucoup. C'est-à-dire que la France fait du, fait à des fermes à troll, euh, maintenant qu'elles sont limite assumées, euh, pour pouvoir faire de la propagande sur les réseaux sociaux, et elle va dénoncer en disant, ben, la Russie fait pareil. Alors, probablement que la Russie aussi fait son influence, parce qu'elle a tout intérêt à garder la Moldavie de son côté. Mais, mais en fait, la plupart des choses qui sont dénoncées comme des influences russes sont bien souvent juste des citoyens moldaves ordinaires, tout simplement. Donc, euh, donc, euh, c'est ça qu'on voit. On ne voit pas du tout ça au Maroc. Il n'y a pas du tout une couverture comme ça au Maroc. Il n'y a pas du tout de dénonciation comme ça au Maroc en disant, il y a des Russes et cetera. Pas du tout. Euh, au contraire, là, c'est un mouvement spontané, tout va bien et cetera. Donc, c'est, c'est un bon contraste à mettre en avant. Et la Moldavie, je pense que, ouais, il faut, va falloir en reparler, parce que, ben, ça montre que l'influence, l'ingérence étrangère française, elle est quand même assez énorme quoi, en Roumanie et en Moldavie. En Roumanie, en Moldavie. Ouais, tout à fait. Elle est, elle est, elle va jusqu'à faire annuler des élections, forcer des élections et cetera. Hm hm. Euh, et en plus de ça, on a aujourd'hui la question de l'identité électronique en Suisse avec des ingérences dans le vote. En tout cas, c'est une accusation formelle qui a été faite par un parti d'opposition, par un mouvement d'opposition à ce vote. Donc, la question des ingérences sur les réseaux sociaux reste absolument entière. Euh, j'ai fait le plein de questions, j'en ai gardé 18 là. Donc, je prendrai peut-être s'il y en a des très pertinentes qui tombent. Les, les mettez pas en double les questions, s'il vous plaît, mais s'il y en a qui sont très pertinentes, j'en prendrai toujours en cours de route. Euh, mais voilà, donc, j'ai, on a pas mal de questions. Alors, tac, tac. Euh, les USA peuvent-ils prendre le risque de perdre un allié crucial dans cette région hyper stratégique ? Il n'est pas marqué "question", mais je la prends parce que c'est une bonne question. Hm. Je pense que tu seras plus pertinent pour y répondre. Moi, je pense que les États-Unis peuvent tout à fait perdre un allié. Je ne suis pas sûre qu'ils perdraient déjà complètement un allié. Et puis, les États-Unis n'ont pas, installent le prochain gouvernement, ils ont toujours un allié dans la région, mais quelqu'un d'encore plus, de, vraiment de docile quoi. Bien sûr, ça peut être quelqu'un d'encore plus docile. Ça peut être quelqu'un complètement à leur. Alors oui, il pourrait avoir un intérêt à renverser le gouvernement. C'est un allié, le Maroc reste un allié quand même très indépendant par rapport à leurs vassaux, par rapport à des vassaux comme la France, l'Allemagne. Faut dire, le Maroc est plus indépendant que la France vis-à-vis des États-Unis au niveau diplomatique, complètement. C'est-à-dire que là où ce qui est reproché, c'est le, c'est justement ce qui s'est passé par rapport à Israël, le fait qu'il y a eu une diplomatie pro-israélienne entre guillemets, par par le Maroc, qui est évidemment, qui a été très critiqué par les Marocains. Maintenant, on voit que le Maroc essaie un peu plus, parce qu'ils ont fait partie aussi de ceux qui ont dénoncé le nettoyage ethnique en Palestine. Mais évidemment, le Maroc, par rapport à d'autres pays musulmans, a une position un peu plus modérée vis-à-vis des liens avec Israël. Donc, quand on parle souvent de l'influence de l'allié marocain des États-Unis, c'est aussi par rapport à ce lien avec, en tout cas, avec cette diplomatie à Israël. Mais les États-Unis, mais encore une fois, le Maroc sur la diplomatie est assez indépendant, puisqu'il, ils font des accords de libre-échange avec la Chine, ils font, ils ont une très grosse, des très gros liens, des bonnes relations avec la Russie. Il y a eu beaucoup d'échanges, encore une fois, ils sont très amis, euh, le roi du Maroc invité par Poutine et cetera, ce que ne se permettrait jamais des des vassaux, les vassaux jamais. Macron, ou. Bien sûr que les États-Unis auraient tout intérêt à renverser le gouvernement actuel pour pouvoir implanter un, un gouvernement qui serait entièrement. Aura un intérêt sûr. Oui. Oui. Bah, c'est clair. Pas parce que là, ils entretiennent des bonnes relations, euh, parce que le Maroc a accepté aussi des investissements économiques d'entreprises américaines, donc ça profite aussi à des entreprises économiques, mais ce n'est pas pour autant que, mais le Maroc, ce n'est toujours pas un vassal, quoi. C'est ça qui dérange aussi. H h oui, ça me, ça me semble très convaincant comme réponse. Beaucoup nous parlent de Palantir aussi. Palantir commence à avoir vraiment une influence majeure sur les gouvernements, y compris l'Américain d'ailleurs, où certaines positions politiques pourront vous empêcher d'obtenir un visa ou une green card, et ce n'est pas Palantir qui s'en chargera. Donc, ça devient assez, assez terrifiant. Euh, alors une question qui nous a été posée et qui est tout à fait intelligente et logique, j'essaie de la retrouver. Voilà. Pourquoi le roi garde le silence ? Je vais donner un premier élément de réponse si tu me permets. Euh, dans dans une monarchie parlementaire, le principe d'avoir un parlement, c'est justement d'avoir des couches de protection. Euh, ce qui n'était pas, par exemple, le cas du Tchad, ou voilà. Bon, c'est d'avoir des, des couches de qui peuvent prendre le choc, qui peuvent encaisser, qui peuvent sauter avant que ce soit la couronne. Euh, la parole du roi, c'est la, c'est le dernier étage. C'est une balle, c'est un fusil à un coup. Donc, vous prenez la parole une seule fois. Si, euh, vous êtes le roi d'un pays et que vous devez prendre la parole une fois, c'est très mal parti. Donc, c'est clairement pas le moment pour la couronne de s'exprimer. Clairement pas. Voilà, ça va venir, c'est certain. Euh, bon, l'idéal, c'est que ça ne vienne pas d'ailleurs, pour les, pour les autorités marocaines. Euh, mais c'est clairement pas le moment pour la couronne de s'exprimer. Voilà. Donc là, c'est de la stratégie d'attente, la parole, là, quand même, c'est ce qui est, c'est ce qui est prévu. Enfin, en tout cas, il, et puis je pense que oui, il vaut mieux qu'il prenne la parole. Euh.
Alors, on a un jeune, jeune futur journaliste citoyen qui nous demande quel est ton secret pour débusquer, lier et vulgariser les faits avec une telle précision. Voilà, Abouakar, je vais répondre juste avant. Je fais une petite précision pour répondre à la question précédente. Il n'y a pas de, dans les, dans les revendications, il n'y a pas de critique du roi, ni du. Oui. Voilà. Alors, c'est justement la question suivante. C'est tout à fait ça. Oui. Oui. Il n'y a aucune critique du roi. Il n'y a pas de critique de la monarchie. Il n'y a pas de critique de la monarchie. Il y a même plutôt justement en disant qu'il y a, il y a un respect du roi. Donc, ça, c'est la question. Donc, la royauté n'est pas. Donc, oui, donc la question est tout à fait légitime en disant, ben, pourquoi il y aurait une ingérence étrangère ? Alors, ce n'est pas les critiques contre le roi, mais contre le gouvernement. Attention, c'est. Oui, tout à fait, ce n'est pas la même chose. C'est le principe d'une monarchie parlementaire. Euh, le, le, le Maroc est une monarchie constitutionnelle, mais vous avez quand même justement un, un gouvernement derrière, des liens avec le gouvernement. Donc, il n'y a pas de volonté de renverser, euh, la monarchie, ni le roi, mais par contre, le gouvernement. Ou, il y a un appel, il y a eu un appel clair à la démission du premier ministre. Donc, ce serait une façon de forcer la main à Mohamed VI sur un sujet précis, en le forçant à adopter un autre. Si c'était une ingérence étrangère, bien sûr, toujours sous cette hypothèse qui n'est pas confirmée pour l'instant, euh, mais qui possède quelques faits, si le gouvernement change. Oui. Moi, il serait obligé de. Euh, de, de, voilà, en tant que souverain, il, il doit aussi s'adapter. Hm hm hm hm. Donc, tu n'as pas répondu à la question. Comment fais-tu pour, voilà, comment relier et connecter ? Je n'ai, je n'ai pas. Alors, relier, donc, comment avec relier avec une telle précision ? Faut que je retrouve la question exacte. C'est. Je l'ai enlevé, malheureusement, je ne l'ai plus là, mais ouais, bon, donc, c'est comment fais-tu pour faire cette veille informationnelle si excellente ? Je ne sais pas si elle est excellente, elle est, elle prend beaucoup de temps, ça, déjà, c'est la première chose. Et puis. C'est sur X essentiellement que tu t'informes ? Quoi ? C'est sur X essentiellement que tu t'informes ? Pas du tout. Euh, je m'informe sur tout, euh, vraiment, je, en fait, je regarde beaucoup toutes les couvertures, en fait. Je vais comparer justement beaucoup de couvertures, les, les couvertures tout simplement des médias, qu'elles que soient les régions et les zones. Et justement, les médias du Sud global sont toujours très intéressants à lire. Euh, en fait, c'est, c'est, ce n'est pas si compliqué que ça, en fait. Euh, soit je vais chercher, soit je vais faire, en fait, le travail qui n'est pas fait. C'est souvent ce que je fais. C'est-à-dire que je vais aller vérifier moi-même la la cause. Je vais, en fait, je vais faire le travail d'enquête que ne font pas les fact checkers. Voilà. H. C'est ce que je fais le plus souvent. Donc, quand on parle de, d'ingérence, notamment ingérence russe, moi, je vais. C'est bête, hein, aller lire les rapports en disant, c'est quoi les preuves ? Voilà. En général, il n'y en a pas. En général, je, c'est tout, c'est systématiquement comme ça. Quand vous regardez, je vais prendre un des exemples. Quand on a parlé là, je suis en train de préparer notamment une vidéo là-dessus, parce que, alors, comme tu le sais, j'essaie de recréer, rechecking, c'est très difficile de faire des vidéos, mais je voulais absolument parler de cette question d'ingérence russe, et donc je prépare une vidéo dans sur ce sujet. Et euh, et je me suis intéressée justement à comment l'accusation, euh, d'ingérence russe dans l'élection américaine de 2016 s'est formée, et qu'en fait, quand vous regardez la fiche Wikipédia sur, euh, l'ingérence russe, dans l'élection de 2016, c'est l'élection de Donald Trump aux États-Unis. Il n'y a aucun doute dessus. C'est sûr et certain et cetera, c'est factuel et cetera. Ce n'est pas du tout le cas. En fait, il n'y a jamais eu aucune preuve de ça. Et en fait, quand on, il faut comprendre comment ça s'est créé. Donc, moi, je vais aller remonter à comment ça s'est créé, d'où par la rumeur et cetera, comment on a dit que c'était cette soi-disant ferme à troll, Internet Research Agency et cetera. En fait, je vais aller chercher d'où viennent tous ces rumeurs. Moi, je vais. Tu fais le travail que les éthiciens ne font pas. Tu, quand quand ils disent de façon très pédante "source", en fait, toi tu le fais pour de vrai, tu vas chercher les sources immédiatement. En fait. Mais ce n'est même pas, je ne vais prendre aucune source pour une vérité accomplie. Ce que font les fact checkers justement, c'est qu'ils prennent certaines sources pour des vérités accomplies. Si une institution comme Viginum vous sort un rapport et vous redit, il y a eu une ingérence russe, ben, c'est terminé, au revoir. Voilà, c'est prouvé. Bon, moi, je suis, moi, voilà, moi, je suis un petit peu sceptique. Je vais lire le rapport et je vais regarder. Je vais dire, ouais, mais alors, c'est quoi ? De quoi on parle et cetera. Et en fait, Viginum, ils font, donc Viginum, c'est le service de vigilance d'ingérence étrangère et cetera, qui ne pointe que des ingérences venant de la Russie, éventuellement l'Iran ou la Chine. Mais alors les États-Unis, ça n'existe pas. Enfin, voilà, c'est, c'est donc Viginum, c'est ça Viginum. Quand vous lisez les rapports, mais c'est du délire complet. Ils vont vous expliquer qu'en fait, il y a eu une ingérence. Il y a eu un, ils ont appelé un truc qui s'appelle Storms. Ils vont donner des noms à des, des systèmes en disant, voilà, il y a eu, il y a eu, on a l'impression en fait que c'est, ce sont des unités coordonnées russes, euh, qui ont qui sont intervenues. En fait, quand vous lisez les rapports, vous vous rendez compte en fait, ce sont des créations françaises. C'est-à-dire que la France a donné un nom à toute une, tout, tout un tas de bots dont on ne connaît pas l'origine et cetera, en disant, ben, voilà, ça ressemble à ça, et ils vont dire, c'est, tu un mode opératoire. Ils ont créé cette idée de mode opératoire. Et donc, maintenant, on ne parle plus de d'unité de ferme à troll, on parle de mode opératoire, et donc on va dénoncer un mode opératoire. Sauf que le mode opératoire de créer, euh, des bots, des fake news et cetera, bah, des États-Unis, comme ça peut venir de Russie, comme ça peut venir de partout, en fait. Et donc, c'est comme ça qu'ils le font. Donc, voilà. Donc, moi, ce que je fais pour répondre à la question, c'est, je vais remonter les sources, je vais comparer d'autres sources, et surtout, je vais faire, en fait, ce travail, je vais aller au fond des choses que ne font pas, ça prend beaucoup de temps. Ce que ne font pas les fact checkers, en fait. H h h. Merci à vous Burer de nous parler de Yal Latif qui était l'ouverture de l'octogone précédent sur Charlie Kirk. Non, divin, la subtilité. OK. Alors question suivante. Que penses-tu du mouvement Gen Z Madagascar ? Parce que oui, ça commence à faire beaucoup de Gen Z là qui sortent un peu partout. C'est ça aussi qu'on avait, tu l'avais, tu l'avais mentionné, mais on avait oublié de souligner que dans le cas de Madagascar, ce terme a aussi été utilisé par les ONG, ce qui quand même là est un indice supplémentaire vers un début de manipulation de l'événement quoi. Alors, je pense qu'il y a une, je pense qu'il tente justement, les médias tentent de récupérer en mettant en collant un truc Gen Z Madagascar, mais de base, les protestations de Madagascar, elles ne sont pas du tout, déjà, elles ne sont pas couvertes. C'est silence radio dans les médias. Il y a eu quelques dépêches dessus, mais ce n'est pas le cas. Or, il faut savoir qu'il y a la bonne manif et la mauvaise manif. On voit quand même ça systématiquement. Oui. Que alors que ce sont des manifestations qui sont beaucoup plus, enfin, qui, qui ont été très, très importantes quoi, depuis le 25, et puis il y a eu, voilà, des tirs à balle réelle sur la population. Et donc, ce qui se passe, c'est que là, Madagascar, on est sur corruption totale, enfin, il y a eu des dégradations, et pour le coup, Madagascar, euh, la France veut garder son pouvoir dessus, et son pouvoir sur le, sur le pouvoir quoi dessus. Enfin, son pouvoir entre guillemets, sur le gouvernement. En tout cas, la France ne veut pas que Madagascar devienne comme le Sénégal, ou comme le Niger, ou comme le Tchad, ou comme tous ces pays qui ont décidé de s'autonomiser davantage, en effet. Ouais. Oui. Donc, non, je pense que, je pense que c'est, en fait, il y a une protestation, je pense qu'il y a une tentative de récupération, peut-être de la France d'ailleurs, d'infiltrer ce mouvement par le le slogan Gen Z. Mais je crois que non, les les Malgaches manifestent pas du tout dans ce sens-là. C'est ça. Souvent des, des ce qu'on appelle des exonymes quoi, des nominations par l'extérieur. Oui, c'est des nominations par l'extérieur, et et puis c'est surtout lié aussi qu'il y a eu 22 morts quoi ces derniers temps. Donc, h c'est-à-dire les Gilets Jaunes, il y en a eu autant et plus, des estropiés, et la couverture a toujours été la même quoi. Euh, question suivante, comment ça peut toucher l'Algérie ? Alors, si toujours sous l'hypothèse qui n'est pas vérifiée pour l'instant, on insiste, mais qui possède des indices en sa faveur, sous l'hypothèse qu'il y ait une volonté de remodeler la région, des gens qui sont capables, les Russes, par exemple, ne sont pas capables de monter une révolution colorée au Maroc, faut être très clair. Voilà, même si vous avez LCI qui vous dit, c'est les Russes tous les matins, les Russes n'ont pas cette capacité. Les Chinois non plus. Des gens qui sont capables de monter une révolution colorée au Maroc, il n'y en a pas beaucoup. Voilà. Et euh, ces gens-là sont les mêmes qui voudraient faire péter l'Algérie. Voilà. Donc, c'est aussi simple que ça. Euh, comment ça pourrait toucher l'Algérie ? Si jamais ça fonctionne, euh, et que c'est avéré qu'il y a une intention étrangère de faire péter le Maroc, la même intention, on serait ravi de faire péter l'Algérie, parce que c'est le plus grand pays d'Afrique, et que pour l'instant, le but est de balkaniser l'Afrique. Donc, tous les grands pays d'Afrique ont été balkanisés. D'ailleurs, l'Algérie est le plus grand pays d'Afrique parce que le Soudan a été balkanisé. Le Soudan était le plus grand pays d'Afrique avant l'Algérie, et le Soudan a été balkanisé avec le Darfour, notamment pour l'empêcher de fournir trop d'hydrocarbures à la Chine. Donc, et d'ailleurs, c'est dit de façon officielle dans le film Syriana, avec George Clooney, qui va devenir membre du Council on Foreign Relations, où il dit dans Syriana, vous savez, enfin, ce n'est pas lui qui le dit, mais dans ce film, euh, qu'il a coproduit d'ailleurs, et qui, je crois qu'il le dirige aussi, euh, il dit, vous savez que l'économie chinoise tourne au ralenti parce qu'ils n'ont pas assez d'or noir. Tous les pays qui fournissaient du pétrole à la Chine ont fini par subir une balkanisation ou en tout cas un coup de pression. Donc, euh, très clairement, si quelqu'un veut déstabiliser le Maroc, il voudra aussi déstabiliser l'Algérie. Je sais que ça paraît bizarre pour les gens qui ne voient que la région en disant, mais ce n'est pas possible, l'Algérie et le Maroc sont rivaux. Non, en fait, pour les gens qui dézooment, et en particulier pour Washington, s'il s'agit de remodeler la région, ça sera remodelé les deux. Mais pour l'instant, le fait que le, le roi du Maroc n'ait jamais été cité dans les slogans est en effet un signe qu'il n'y a pas de volonté de remodeler la région, peut-être juste un bras de fer, un coup de pression, euh, une influence, ce qu'on appelle de l'influence plutôt que réellement, euh, une révolution quoi. Hm. Euh, dans dans le cas de Madagascar, voilà, c'est, je voulais vérifier, mais, euh, c'est en fait, c'est les coupures d'eau. Donc, euh, donc rien à voir. Donc, c'est les, c'est les coupures d'eau, et en fait, le mouvement d'ailleurs, c'était réuni autour de l'é-délestage pour assez de délestage quoi, en gros, pour symboliser les luttes. Le, le truc Gen Z, c'est, je pense que ça, alors, c'est soit certains Malgaches qui se sont associés aux révolutions, en tout cas, aux révoltes marocaines, mais c'est, mais ce n'est pas forcément le truc spontané. Et puis, surtout, encore une fois, il y a silence radio, ou alors que c'est, c'est, il y a eu des gros rassemblements, euh, des altercations, police qui tire à balle réelle dessus. Euh, il y a eu un couvre-feu qui a été mis en place. Euh, on a eu le président qui, le président Rajoelina, avait dissous le gouvernement. Donc, bon, c'est, c'est, enfin, je veux dire, la situation, elle est, elle est, on n'en est pas là au Maroc pour le moment, pas là. Donc, donc le contraste qu'il y a entre ces deux événements me fait dire qu'il y a un intérêt à faire un gros focus sur les, les mouvements, les, la, les mouvements de protestation marocains. Mais la question, c'est pourquoi ? Ça, je ne sais pas. Hm hm. D'ailleurs, toujours sous cette hypothèse dont on vous rappelle qu'elle n'est pas, qu'elle n'est pas entièrement validée. Oui. Si des gens voulaient déstabiliser la région, pourquoi commencer par le Maroc et par l'Algérie ? Alors, vous avez l'opportunité, c'est-à-dire, bon, bah, là, il y a eu des événements au Maroc, donc il y a des tensions, le peuple est échauffé, donc les gens qui font des révolutions colorées, ils utilisent ça aussi, les opportunités qui se présentent. Euh, il y a une plus grande inertie en Algérie parce que l'Algérie a connu les années de plomb dans les années 90, et que le peuple algérien a une certaine fatigue vis-à-vis de l'instabilité, mais qui est compensée aussi par le fait de la volonté de changement qui est naturelle, en particulier dans les pays jeunes, puisque la démographie algérienne, comme la démographie marocaine, est une démographie très jeune. Je crois que l'âge moyen en Algérie doit être de 28 ans, si je me gourre pas, vous me corrigerez dans le chat. Donc, euh, l'Algérie a une plus grande stabilité de ce point de vue-là, parce que avoir connu les années de plomb dans les années 90, ça calme. Voilà, ça calme, et ça ne donne pas envie de tout faire péter non plus. Euh, mais là, en l'occurrence, le moment de fragilité est survenu au Maroc. Bon, donc, toujours sous l'hypothèse qu'il y aura une volonté de remodeler la région. Cette volonté existe. Attention, c'est pas la volonté existe. Est-ce que c'est elle qui préside aux événements marocains ? On ne le sait pas. Mais la volonté de remodeler la région, elle existe depuis 40 ans, et en particulier dans une école de pensée du Pentagone. J'ai vu une question passer là-dessus. D'ailleurs, je la prendrai ensuite. Est-ce que tu veux ajouter un commentaire, Amélie ? H non, je pense que tu as bien résumé la chose, et puis voilà, je je fais que me répéter. Euh, je pense que dans tous les cas, même s'il y a une tentative de de fédérer ce mouvement avec un nom dessus, avec, euh, voilà, peut-être des appels, en fait, moi là où je me pose la question, c'est que, est-ce qu'il n'y a pas une tentative de vouloir faire de, de faire en tout cas de discrédit, peut-être pas discréditer le le mouvement, mais sur des questions d'appel à la violence ou autre ? Et puis cette question de circulation de contenu, qui pour contre, en fait, la répression marocaine. Ces questions-là que je me pose. Par contre, je pense que, bah, encore une fois, la colère, la colère de la jeunesse, elle est légitime, et elle légitime. Absolument. Euh, alors, j'avais vu une question qui permettait d'enchaîner là-dessus. Donc, à qui profite le chaos ambiant ? Pour l'instant, on ne sait pas. On vous a donné. C'est la très bonne question. C'est, c'est justement, c'est ça, cette question. C'est une très bonne question, et je pense qu'on aura, je pense une réponse dans les jours qui viennent. Ça, ça va se voir à un moment donné. Si quelqu'un a intérêt à, s'il y a des pays, des mouvements, des ONG qui ont intérêt à déstabiliser le Maroc, ça va se savoir. Voilà. Et peut-être pas. Deux questions de Hatsuvan qui sont légitimes et qui reprennent les les stratagèmes chinois. Je vais poser, je vais prendre celle-là qui est plus clairement posée, mais c'est essentiellement la même. Euh, dans les stratagèmes chinois, il y a, laisser monter les mauvaises herbes pour mieux les sarcler. Alors, évidemment, une hypothèse qu'on n'a pas évoquée, c'est la possibilité qu'il y ait une volonté de de sarcler son propre gouvernement depuis le sommet de l'État marocain. Je n'ai pas dit que cette question était, cette possibilité était particulièrement crédible, mais en tout cas, elle mérite d'être étudiée. Qu'est-ce que tu en penses ? C'est possible. C'est, c'est. Je ne vois pas très bien en quoi ils auraient intérêt à faire ça. Bah. Les Chinois l'ont fait plusieurs fois. Les Chinois ont fait, alors il y a eu des cas extrêmes, tu sais, où par exemple, Sumo, ils ont créé une sorte de cahier de doléances où tu étais amené, tu étais invité à mettre, il y avait un intérêt derrière. Là, je ne vois pas l'intérêt, en fait. Bah, c'est toujours le rapport de force entre le parlement, et ça donne plutôt une mauvaise image, donc de de. Ouais, surtout avec la Coupe d'Afrique des Nations. Ouais, ouais. Donc. D'ailleurs, on nous demande aussi, est-ce que tu penses que la CAN aura lieu ? Là, c'est Romain Molina qui aurait pu nous répondre d'ailleurs. Euh, on l'invitera volontiers Romain Molina pour nous parler de la, du financement et de l'organisation de la CAN au Maroc. Bon, moi personnellement, je pense que pour en l'état, comme disent les juristes, en tout état de cause, il n'y a pas du tout de raison qu'elle soit annulée. Là, si elle est annulée, c'est vraiment qu'on a atteint des sommets d'instabilité. Bon, en l'état, euh, peut-être une tentative de vouloir l'annuler. Ah oui, peut-être, il y a une tentative en tout cas de vouloir la perturber. Et dans quel but ? C'est une très bonne question, justement. Je ne sais pas si, en tout cas, c'est mobile possible. Ce que tu veux dire, c'est pour empêcher la la Coupe Africaine des Nations de. Ça revient souvent quand même, le monde qui dit trois, quatre fois, oh, il y a la CAN et cetera, alors que ils n'ont pas de quoi.
bouffer. Enfin, c'est c'est un peu ça qui sort dans les médias, même de CNN ou Washington Post, c'est un peu ça qui sort quoi. Le Maroc crée la Coupe du Monde mais ne peut pas soigner ses personnes. Je sais pas pourquoi. Je ne sais pas. C'est une très bonne question.
Oui, c'est vrai qu'il y aurait des intérêts. Est-ce qu'un autre pays aurait voulu l'organiser ? Bon, après tout, la Coupe d'Afrique des Nations, comme son nom l'indique, c'est en Afrique, donc c'est pas le genre de chose qu'aurait pu permettre au Qatar de se de se gaver. Bon, c'est Mais oui, pourquoi pas ? Je pense que Romain Molina en saurait plus que nous là-dessus. Faudrait lui poser la question.
Faudra lui poser la question. Euh, alors, une ingérence dans les tensions Algérie, Mali. Euh, bah c'est vrai qu'en ce moment, oui. Bon, il y a la présence russe aussi dans la région. Euh, d'ailleurs, l'Algérie avait envoyé un petit signal à la Russie en toute courtoisie il y a il y a 2 ans. Bon, bah c'est ce de c'est ce dont Amélie avait parlé, hein, les les la route des caravanes. Mais si tu veux développer plus, sinon je passe à la question suivante.
Non, non, je te laisse, tu peux passer à la question suivante. Donc, est-ce que tu penses que le mouvement peut encore prendre du poids ou est-ce qu'on est déjà à son apogée ?
Non, je pense que le mouvement peut encore prendre du poids. Bien sûr. Ouais. Je pense qu'il peut prendre du tempo. On va voir comment vont être les les réponses, euh, comment quelles vont être les réponses euh de de de l'État marocain, du gouvernement. Euh, voilà, je pense que ça ça peut prendre de l'ampleur en tout cas. Je pense que ça va peut-être pas s'arrêter là. Oui.
Je pense aussi qu'on n'a pas Mais encore une fois, je pense qu'il faudra, ça sera des choses qui en une journée, c'est difficile de pouvoir me faire un avis. Je pense que ce moi ce que dont je parlais, c'était surtout la couverture médiatique parce que là, je peux me prononcer maintenant. Je pense qu'il sera très intéressant d'avoir des avis justement venant de Marocains, de d'analystes marocains, d'analystes géopolitologues marocains, et c'est et c'est c'est ça. Moi, je suis pas la plus légitime du tout pour parler de ce sujet-là. Euh, je pense que donc, c'est eux qu'il faudra écouter. Mais en tout cas, oui, le sujet le sujet est légitime.
Alors, non, oui. Est-ce que c'est lié au fait qu'il va y avoir un débat sur le Sahara Occidental ?
Alors oui, je pense qu'il y a, je pense qu'il y a rien ou je pense qu'il pense qu'il y a cette question-là, elle est quand même, c'est-à-dire que le les constructions de port sont aussi liées euh à la souveraineté revendiquée du Maroc sur le Sahara. Ouais.
Euh, donc il y a et puis il y a beaucoup de minerais et tout. Il y a une grosse tension là-dessus. Euh, on voit qu'il y a des ONG occidentales qui soutiennent beaucoup le Polisario. Euh, donc le le les euh le Polisario, le mouvement pour l'indépendance du Sahara, l'influence occidentale veut veut en tout cas de des ONG Soros et cetera. Par contre, là, ça, je peux le dire, ils veulent vraiment une indépendance du Sahara. Pourquoi ?
Oui. Oui. Ça pour le coup, Soros, c'est veut une indépendance. Ouais, c'est.
Ouais. Ouais. Complètement. Ça c'est soutien. Ils soutiennent.
Oui, parce qu'en fait, c'est ce genre d' euh, c'est vrai, c'est la plus prometteuse pour moi.
Ouais, ça leur crée souvent par, c'est comme quand il y a eu le Kosovo quoi. Euh, ils ont un modèle bien rodé ou quand ce genre d'état se crée, ils peuvent avoir une antenne dedans et un relais d'influence très important, y compris à l'ONU. Donc pour l'Open Society, enfin, la balkanisation et l'Open Society vont ensemble. Et l'Open Society a toujours voulu balkaniser. Elle a toujours été dans le camp de la balkanisation partout dans le monde. C'est quelque chose qui est qui est une constante de l'Open Society Foundation. Donc la fondation de George Soros. Donc partout où elle peut balkaniser, elle balkanisera. Et en effet, le Sahara n'est pas n'est pas une exception.
Ouais. Donc ça, ça serait ça ça serait une piste pour moi, la piste peut-être la plus qui expliquerait le mieux, je pense.
Bon, voilà, le nombre de déclarations d'amour pour pour Amélie s'enchaîne, se suit et se ressemble. Voilà, je vous rappelle qu'Amélie est célibataire. Vous pouvez faire à vous.
Voilà. Pas pour longtemps. Attention, c'est c'est pas voilà. Mais euh, alors, je suis ici pour montrer surtout pour ce que je fais pour ce que je fais euh euh au niveau journalistique. Merci.
Absolument. C'est en effet pas sur son physique qu'on l'a recruté, même si vous l'avez affirmé et confirmé, il y avait matière. Euh, na. Alors, euh, bonne question. Pourquoi ? Écoutez, en fait, personne n'est informé. Bien comprendre ça. Là, on vous a donné toutes les informations disponibles et je vous l'ai expliqué. Alors, je pense que vous venez de rejoindre l'émission, donc vous n'avez pas suivi, donc vous n'êtes pas vous-même informé, vous n'avez pas suivi ce qui a été dit au début de l'émission, à savoir, c'est le principe du brouillard de guerre dans une guerre. Au début de la guerre, on a peu d'informations et peu de morts, et à la fin de la guerre, on a toute l'information et tous les morts. Donc oui, au début, il faut faire les scénarios possibles et on est là pour ça. Donc on vous a donné une culture sur des scénarios possibles. Je ne pense pas que notre audience, par exemple, voit le parallèle entre la Bulgarie et le Maroc.
Ben, alors l'information aussi, je pense que c'est le parce que les gens ne le savent pas forcément, l'information de savoir que ça a été couvert par des médias américains, c'est ça que je voulais mettre là-bas. C'est comment les médias américains montrent ce mouvement. Comment se fait-il que on y a un gros focus sur ce mouvement-là ? Évidemment que j'aimerais avoir plus d'informations sur comment ça se passe, pour d'où vient ce mouvement, mais euh moi tout ce que je peux vous dire, c'est qu'il y a eu une création d'un compte Discord euh qui s'est créé très très rapidement, qui a des questions qui se posent sur euh des interventions étrangères sur le Discord qui ont été mises en avant. Euh et donc c'est cette question-là, c'est cette hypothèse-là et euh surtout le fait que pourquoi pourquoi les médias occidentaux progressistes nous font une énorme couverture dessus. Euh là où on n'a pas eu le temps, je pense surtout de s'informer, c'est de savoir quelle serait la raison, pour quelle raison et cetera. Mais je pense que oui, dans tous les cas, il fallait quand même parler de cette question du Maroc et j'espère qu'on aura l'occasion d'en parler peut-être un peu mieux, de façon mieux informée.
Oui, on va suivre de toute façon, on va suivre les événements et euh et on fera d'autres émissions si euh l'actualité le justifie.
Euh, j'avais une question, oui, très légitime parce que ça en effet, c'est une des compétences d'Amélie. Euh, est-ce que les algorithmes ont pu avoir une influence ? Alors, l'appareil, on le sait pas aujourd'hui, mais dans le cas de Révolution Colorée, le cas de la révolution de 2013, enfin des protestations de 2013 en Bulgarie, d'ailleurs, j'ai oublié de vous dire qu'à la fin, le résultat de ces protestations n'a pas été de virer le ministre qui était patron du danse, enfin le le gars au rendre ministre, le chef de la police secrète, mais a été d'interdire le pipeline russe. Voilà, vous voyez, c'est ça tirer les marrons du feu. C'est-à-dire, vous avez le peuple qui sort dans la rue parce que il est pas content qu'on ait mis un mafieux à la tête de la police, ce qui est normal. Et à la fin, bah ce qu'il obtient, c'est une interdiction du pipeline russe qui est quelque chose qui intéresse davantage Washington que que le peuple bulgare. Et euh là, en l'occurrence, il y avait eu une des algorithmes de Facebook avaient favorisé activement cette protestation. Est-ce que c'est le cas maintenant ? On le sait évidemment pas encore, mais ce qui nous permet quand même de d'avoir quelques idées préalables, c'est la couverture médiatique. C'est toujours pareil. C'est c'est cette bienveillance de CNN à l'égard de ce mouvement. Alors pas que de CNN, c'est surtout moi, c'est surtout le Washington Post quoi. CNN dans l'appareil, sais Washington Post, c'est quand même vraiment le le c'est c'est la tribune du parti démocrate américain et de des hauts conservateurs. Washington Post sujet.
Mais donc le fait que le Washington Post au Maroc, ça m'a voilà, beaucoup intrigué.
Euh, mais non, mais c'est c'est Discord qui qui est le mouvement a surtout été créé par Discord. Donc les algorithmes de Google ou de YouTube, enfin de Facebook ou de YouTube, non, n'ont pas de lien avec ça. Euh, Discord en plus, ce sont des algorithmes un peu différents. Donc je non, je crois pas. Après, est-ce que est-ce que en tout cas, on la CIA par exemple, quand ils font des des opérations d'influence comme ils ont tenté au prix de Cuba par exemple, ça c'est dans les Twitter files, je répète, allez les lire. Euh, ils vont se servir des ils vont se servir des algorithmes. Par exemple, ils avaient tenté de se servir des algorithmes de Twitter.
Ouais.
Et ce qu'ils avaient fait notamment aussi la CIA, c'était de créer un nouveau réseau social, de créer des réseaux sociaux internes qui vont présenter comme un truc tout nouveau euh pour pouvoir le manipuler.
Hm.
Donc c'est ça qui se fait. Est-ce que ça a été fait dans ce cas-là ? Ça, je peux pas vous réduire. Rapproche-toi un peu du micro quand tu parles, s'il te plaît. Je crois qu'on me dit que tu es un peu plus basse. Si tu peux te rapprocher du micro quand tu parles, c'est mieux. Je vais devoir pas tarder moi à vous laisser malheureusement.
Bon, ben de toute façon, on a fait le tour. Alors, je vais prendre quelques dernières questions. Euh, donc, tu disais peut-être que Trump au fond, c'est une question qui nous est posée, est-ce que Trump serait intéressé à arrêter ça ?
Ouais, là pour l'instant, il a d'autres chats à fouetter. Ouais.
Oui, je pense que oui. Je pense que honnêtement Trump, il en a fait, pardon, excusez-moi, les je pense qu'il en a rien à faire du Maroc. Il il a reçu le roi du Maroc, hein. Mais bon. Oui, oui, oui, oui, oui, bien sûr. Oui, mais je crois pas que ce soit son sa priorité en ce.
Ouais. Alors, on me parle d'un youtubeur qui s'appelle Théo Malini. Je ne sais pas de qui il s'agit, donc je sais pas si toi tu sais, mais moi je ne sais pas en tout cas.
Non, je ne connais pas. J'irai lire, j'ai écouté avec plaisir ce qu'il fait.
OK, alors je prends encore quelques questions. Est-ce que c'est possible en France rapidement ? Bah les médias n'auront pas la même bienveillance vis-à-vis d'une insurrection qui viserait à destituer Macron. Ça, c'est certain.
Une insurrection visant à destituer Macron. En tout cas, je moi je me pose la question sur Bloc Contre. Alors, je vais dire pourquoi. Attention, le Contre au départ, c'est un mouvement qui s'est créé qui était complètement souverainiste.
Complètement.
C'est devenu un mouvement un peu voilà, qui a eu des revendications déjà un peu plus disparates, un peu plus woke. Voilà, ça ça condamne pas du tout les les légitimes, les revendications légitimes, mais c'est devenu un mouvement avec taxe Zucman, avec plus de services publics et cetera. Zucman qui est soutenu par la fondation Soros, là aussi.
Voilà. Et et en fait, le Bloc Contre, ça a ensuite été enfin, en fait, il y a eu la création d'un compte justement d'un compte Discord et cetera, de compte Telegram, de groupe Telegram et cetera. Je pense que il y a une tentative de piloter pour pouvoir justement éviter un nouvel un nouveau mouvement insurrectionnel type des Gilets Jaunes et ça a marché.
Tu es terrible à dire. Je pense qu'il y a eu ça. Il faudrait que je la développe plus long, mais c'est mon analyse de de ce mouvement malheureusement. Je pense qu'il y a eu vraiment, il y a eu une infiltration pour pouvoir éteindre ce mouvement.
Hm. Hm. Hm.
Mais là, je pense, c'est la France qui l'a fait. Je pense que c'est la France qui a fait ça.
Ah oui, carrément. Ou oui. Bon, alors merci Guillaume de ce don en monnaie marocaine en l'occurrence. Voyez, je touche de l'argent du Maroc. C'est une preuve. Faites une capture d'écran, s'il vous plaît, de cela. Euh, allez, on va prendre une dernière question et on terminera.
Ouais, je vraiment parce qu'en fait, j'ai plus de batterie malheureusement et je peux pas déconnecter mon micro sans sans sans remettre.
Non, on fera on fera un poster une multiprise. Voilà, si vous voulez que Raking a une multiprise, s'il vous plaît.
Non, mais j'ai une multiprise. Mais en fait, ton micro ne peut pas se connecter en même temps que mon que ma caméra. Enfin, il y a une multi d'ordinateur.
Une multiprise sur USB-C. Voilà. Si si quelqu'un peut acheter ça pour Amélie. Euh, allez, une dernière question. Est-ce que le Maroc a les moyens financiers d'améliorer son système de santé ? Amélie ?
Oui, je pense que oui, ils ont les moyens financiers, mais oui, il va falloir repiloter mieux les services de santé et cetera. Mais ça, encore une fois, je pense que ce sont des ceux qui sont des experts de la politique marocaine. J'excuse rapidement euh, qu'est-ce qui rassure que les cinglés du sous-sol ne renversent pas le gouvernement marocain ? Réponse : aucune, hein. Donc, il y a vraiment des néocons qui pourraient être intéressés et on le saura dans les prochains jours, hélas, mais oui, oui, il y a rien qui le démontre et enfin, non, pour les ressortissants binationaux, en l'état actuel, ils avaient aucune raison d'éviter un voyage au Maroc, zéro. Pour l'instant, évidemment, vous vous renseignerez dans les jours qui viennent, mais là, à l'heure où on fait ce live, il n'y a pas la moindre raison. Faut faut être très très clair.
Bon, et ben, je vous remercie tous et toutes de ce de voilà, de cette excellente audience que vous nous avez offerte. Et Amélie, bien sûr, je n'ai plus qu'à te remercier aussi et conformément aux traditions de la chaîne, à te laisser le mot de la fin.
Ben, merci encore. Merci encore. Je pense qu'il faudra, c'est le journalisme citoyen et que pour ce sujet-là, ben j'invite les journalistes citoyens et tous les commentateurs à donner un maximum d'informations et à se renseigner sur ces sujets-là pour que nous-mêmes soyons informés de mieux en mieux et de garder toujours une certaine distance évidemment dans quand il y a des couvertures médiatiques particulières et très coordonnées. Oui. Media. Merci infiniment Amélie. Isma.