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Les 3 Pires Expériences au Brésil !

Conte Fécond19:44

Transcription

Après vous avoir amené en Corée du Sud, en Afrique, ou encore au Japon, direction le plus grand pays de l'Amérique du Sud, le Brésil. Après, on aurait aussi pu bien aller en Angleterre, en Irlande, ou même en Écosse, là où il y a quand même pas mal de faits divers, de disparitions, ou même des meurtres. Mais ces histoires-là, elles sont très bien racontées par un certain Donald MacIntyre, qui en a même fait une série. Et figurez-vous que cette série de 10 épisodes, vous pouvez la retrouver intégralement sur Poisson Fécond Plus. Ça, c'est notre plateforme de documentaire qui est dédiée à la culture générale et à la découverte du monde. Et voilà quoi, ce sont des faits divers qui sont super bien arrêts, et c'est ce qui nous intéresse aujourd'hui. Donc, vous pouvez aller voir le nom de cette série de MacIntyre, "Un Soldat", si vous êtes un fan du genre. En ce moment, il y a 50% de réduction sur l'abonnement annuel, donc ça vous revient qu'à 29,99 €. Donc, c'est le moment ou jamais de vous lancer clairement.

Alors, peut-être qu'on parlera de la Grande-Bretagne un jour, mais aujourd'hui, c'est le Brésil. Et là, il n'est pas question de souvenirs de vacances, mais de trucs un peu plus traumatisants. Et pour vous proposer une meilleure immersion, comme d'habitude, on est allés vous trouver des témoignages authentiques, et on a rajouté des voix par-dessus pour plus de quoi. D'ailleurs, je fais une petite parenthèse pour vous montrer les avancées de nos locaux horrifiques, parce que vous avez le droit de savoir comment on fait tout ça. Là, on a recruté trois décoratrices à temps plein qui bossent d'arrache-pied pour faire une déco de folie. Et typiquement, là, vous voyez, c'est la chapelle, c'est l'une des pièces les plus importantes. Voilà, il y a des balustres qui ont été rajoutés en bois. Alors, ça a été assez compliqué parce qu'il faut tout vieillir. Du coup, pour que ça ressemble à de l'ancien, on a utilisé du coup de la peinture, mais aussi de la cire pour que ça fasse justement vieux, usé, abîmé, maudit quoi. D'ailleurs, je vous le dis, mais le budget le plus important, ce sont les pigments qui servent en fait à teinter les éléments de décor, comme les murs, le sol, les meubles. Et mine de rien, c'est vrai que ça va vite. Et mine de rien, juste les pigments, c'est plusieurs centaines d'euros qui partent tous les mois. Mais bon, vous voyez là un petit peu l'avancée en fait de la chapelle. Là, par contre, j'avoue, on galère un petit peu avec les vitraux, puisqu'on n'arrive pas à choper une entreprise qui pourrait nous faire un truc stylé. Donc, on cherche des solutions. Voilà, la semaine prochaine pour les avancées.

En tout cas, aujourd'hui, on va voir un black-out qui va plonger un jeune de Sao Paulo dans une certaine détresse, mais aussi un voyage en solo qui dégénère à cause d'une Brésilienne, ou même un amoureux de foot qui pensait trouver au Brésil une inspiration et qui va vite déchanter. Et d'ailleurs, j'ai l'honneur dans cette vidéo d'accueillir Daenis, qui est une youtubeuse spécialisée dans les creepypastas et les histoires d'horreur, mais également le true crime, le paranormal. Et donc, elle va raconter l'une des histoires aujourd'hui. Et vous pouvez aussi me retrouver sur sa chaîne. J'aurai l'occasion de parler d'une des histoires. Et sur ce, bonne vidéo. Et comme on dit au Brésil, "Des séjours" ou "Bem-vindo".

[Musique]

Alors, cette histoire-là nous a raconté par Felipe, et on l'appellera donc par son prénom, et qui semble être le vrai pour ce témoignage. Et donc, il nous précise que c'est la première fois qu'il partage quelque chose sur, en l'occurrence, Reddit. Donc, il s'excuse si la narration n'est pas folle. Écoute, si ton histoire est là et qu'on la raconte, c'est que ça va. D'accord. Je vous remets un peu de contexte. J'ai grandi dans l'un des quartiers les plus denses de la plus grande ville d'Amérique du Sud, Sao Paulo. Un endroit très dangereux. Pour vous dire, dans mes connaissances, tout le monde s'est déjà fait agresser au moins une fois. Et il nous explique d'ailleurs qu'il y a tout un champ lexical pour parler des vols, tellement ça fait partie de leur vie. Par exemple, il nous parle d'un type de vol particulièrement courant qu'il appelle la "rastao", qui pourrait se traduire par une grande traînée. Bon, du coup, il nous explique rapidement le principe, c'est quand un groupe de voleurs s'en prend à des individus au sein d'une foule beaucoup plus nombreuse. En gros, ils se démerdent pour semer la panique, ils font peur aux gens, et ils en profitent pour faire les poches. Vous voyez le principe un petit peu du troupeau de mouton qui commence à s'affoler, et ça, bah, du coup, globalement, ça entraîne tout le monde dans une seule et même direction, d'où le nom de la "rastao". Là, les voleurs profitaient lors du chaos pour s'enfuir avant que les flics. Vous pouvez appeler, surtout que au final, ça dure que quelques secondes ou quelques dizaines de secondes maximum, donc c'est super rapide. Là, comment ils volent ? Bah, en fait, comme tout le monde est affolé et court comme des brebis égarées, bah, les voleurs, ils ont juste à courir en même temps, dans la même sens, et à tirer les sacs, enfin, arracher les bijoux, ce genre de choses. Bon, voilà, ça plante un peu le décor.

Et à partir de là, Felipe nous parle donc de son histoire qui remonte à 2009. "J'ai l'habitude de prendre le métro, puis de marcher environ 10 minutes pour me rendre à l'université. Je bosse le soir et je finis vers 23h15. Quand je repars, c'est hors de question de marcher pour aller au métro, je préfère prendre le bus parce que ce serait trop dangereux de marcher si tard la nuit." Et donc, c'est ainsi que le 10 novembre, très précisément vers 22h, bien, il est en cours quand il remarque que toutes les lumières de l'immeuble d'en face s'éteignent d'un coup. Et là, dans la foulée, son bâtiment subit le même sort, plus d'électricité. Donc, il est toujours à l'université à ce moment-là. Je ne le savais pas à l'époque, mais une énorme panne d'électricité a touché la moitié du Brésil et la totalité du Paraguay. Alors, du côté de l'université, le générateur s'est mis en marche, mais le professeur a envoyé tout le monde à la maison suite à la panne. Tous les étudiants, et en partant, Felipe se heurte donc à l'obscurité qui a été presque totale à l'extérieur. C'est pas du tout rassurant, et donc les rues sont à peine éclairées par les voitures qui vont circuler. "J'attends mon bus qui arrive avec énormément de retard. Après avoir pris le bus, j'arrive finalement à mon arrêt de métro, et c'est là que les choses ont commencé à se gâter parce que à cause de la panne de l'électricité, le métro, bah, ne fonctionne plus, et il y a déjà une énorme foule qui attend devant." Alors, techniquement, ça doit marcher parce que le bâtiment, il est alimenté par des générateurs, donc même s'il y a une panne, ça fonctionne. Mais personne n'est autorisé à franchir les tourniquets jusqu'à ce que les choses reviennent à la normale. Je précise que même si on est au printemps au Brésil, il fait très chaud, il n'y a pas de ventilation dans le bâtiment, et avec toute cette foule, ça ne s'arrange pas. Et là, il y a d'énormes groupes qui se forment. Alors, déjà, il y a un groupe qui attend à l'intérieur du bâtiment, dans une fournaise mais éclairée, et il y a un autre à l'extérieur, dans la nuit, qui est un peu plus fraîche mais sombre. Donc, compliqué de savoir ce qu'on préfère. De mon côté, j'ai fait le choix de rester dans le groupe qui cuit à l'intérieur parce que je suis pas très fan de rester dehors dans le noir, et je précise que mon groupe est moins peuplé que celui qui est dehors.

Puis soudain, il entend quelques cris, puis les gens commencent à se pousser, à se serrer à l'intérieur. Puis tout à coup, quelques secondes après, tout s'arrête. Là, Felipe dit que la chaleur commence à devenir insupportable, vraiment au sens premier, on n'en peut plus. Bref, l'ambiance se calme et la foule se disperse un petit peu. Et alors que le calme revient, ça repart. Il y a des cris, tout le monde pousse les autres, et il y a un mouvement de foule vers l'intérieur, c'est-à-dire que les gens qui sont à l'extérieur veulent pousser ceux dedans. Puis de nouveau le silence, il y a un coup de chaud, et la foule qui se disperse. Bizarre, bref, très bizarre. Et ça, c'est répété, je ne sais plus combien de fois. Je suis dans un espèce d'état qui met la peur et confusion. Je n'ai aucune idée de ce qui se passe, mais j'entends des gens parler à droite à gauche, et j'essaie de rassembler les pièces du puzzle. Alors, déjà, il sait que à cette station de métro, en temps normal, ça craint pas mal. En fait, c'est blindé de mendiants le jour, mais la nuit, ça dégénère. Et lui, bah, il sait que les mendiants, bah, ils sont souvent seuls ou un petit groupe, et ils ont tendance à menacer les gens avec des armes blanches, comme des petits couteaux. Et puis les vols de téléphone à l'arraché, tu es là avec ton tel, il disparaît, c'est clairement du quotidien quoi. Le problème, c'est qu'avec ce gros black-out, ça a vraiment foutu la merde, et que toutes ces personnes en profitaient pour pratiquer la "rastao" dont je vous ai expliqué le principe un peu plus tôt. Sauf que vous voyez, bah, d'habitude, avec un "rastao", la foule, elle flippe, elle disperse, et puis c'est bon. Sauf que là, c'est impossible puisque il y a aucun endroit au courant. Et dans l'autre sens, bah, c'est impossible pour la police de rejoindre cet endroit non plus. Donc, ça s'est répété encore et encore. Ah, c'est super bizarre, c'est comme si tu étais pris au piège et en même temps, tu peux pas t'enfuir, et ça recommence. Après, je ne sais pas s'ils sont en train de voler des téléphones, s'ils mettent des coups de couteau aux gens, ou les deux. Les cris sont juste de plus en plus forts et de plus en plus répétés.

Pétrifié, je décide au final d'appeler mon père pour qu'il vienne me récupérer. Alors, bon, il finit par ressortir de la station de métro, ça doit être un bazar infernal, et son père arrive quelques dizaines de minutes plus tard. Là, il monte dans la bagnole, et puis il rentre chez lui avec son père. Le trajet est quand même très, très particulier, vous imaginez bien, dans la nuit. Et j'ai appris plus tard que la station de métro était restée fermée toute la nuit. Et j'ose à peine imaginer dans quel état j'aurais fini si j'étais resté là-bas. Je me souviens avoir vu un arrêt de bus isolé dans l'obscurité presque totale pendant que je rentrais chez moi. Elle était probablement encore plus effrayée que moi ce soir-là. Et il sait pas pourquoi, mais cette image-là de cette petite dame innocente et vulnérable, elle est restée gravée dans son esprit. Et il se dit que sans doute, cette petite dame devait être encore plus effrayée que lui à ce moment-là. Il espère en tout cas qu'il ne lui est rien arrivé. Et puis, en tout cas, en ce qui concerne les voleurs ou alors les mendiants, il aimerait bien que leur vol ou leur crime ait été puni. Mais comme il connaît bien son pays, le Brésil, il a quand même de gros doutes là-dessus. En tout cas, si c'est assez traumatisant pour des locaux de vivre ça, imaginer ce que ça doit être pour des touristes. Et justement, cette histoire nous a raconté par Daenis.

[Musique]

Cette histoire nous est racontée par Buena Vista Social, qu'on va appeler Bruno pour faciliter ce récit. Et comment son histoire, en expliquant qu'il a besoin d'extérioriser ce qui lui est arrivé, car il ne sait toujours pas remis du traumatisme causé par, je cite, "le pire voyage en solitaire de sa vie". À l'époque, j'étais voyageur solo assez débutant. J'ai été en Argentine, au Mexique, et aux États-Unis en solo, mais j'ai fait de très nombreuses autres pays en famille. Ces précédents voyages en solo ont été formidables, sans aucun problème, à l'exception d'une légère intoxication alimentaire. Il a adoré ces expériences jusqu'à la fameuse fois qui nous intéresse, et il était très loin de se douter qu'une chose pareille pouvait lui arriver. Donc, je débarque à Rio, et pendant ma première soirée, tout commence bien. Je traîne avec des gens de l'auberge autour d'une bière. Le réceptionniste dit que la nuit est très calme à l'endroit où je suis, et qu'il ne se passe pas grand-chose. Du coup, avec la petite bande que je viens de rencontrer, je décide d'attaquer mon séjour de façon agressive. Le groupe se rend dans les quartiers de Lapa, pas loin, qui est réputé pour avoir une sacrée vie nocturne. Bruno fait le tour des bars, il prend au moins une bière à chaque fois, mais il précise qu'il était toujours en pleine possession de ses moyens. Il vérifie aussi souvent que son téléphone et son portefeuille étaient bien sur lui, théoriquement en sécurité dans une poche zippée. La soirée avance, et on finit par trouver une boîte de nuit qui a l'air branchée, avec des filles qui dansent à la fenêtre. Et je me dis pas une seule seconde que ça peut être un piège à touristes. Le bar s'appelle le Jin, il y a pas. Et en entrant, des filles regardent immédiatement Bruno et son ami australien de l'auberge. Son instinct lui criait que c'était trop beau pour être vrai, mais son ami l'a convaincu du contraire. Bruno, l'Australien, et les deux filles commencent alors à danser sans s'arrêter. À boire, et même si Bruno avait déjà pas mal bu depuis le début de la soirée, il connaît ses limites et savait qu'il avait encore de la marge.

À ce moment-là, un moment, je décide de sortir pour prendre l'air et surtout de fumer une clope. La fille avec qui je danse depuis que je suis arrivé me suit, et j'essaie de lui parler comme je peux dans un portugais un peu pété. Sauf que c'est mon dernier souvenir de la soirée, cette discussion, une clope en main, avec cette superbe Brésilienne. Le lendemain matin, il se réveille dans son auberge, ne comprenant pas ce qui se passe. Il vérifie autour de lui et comprend très vite qu'il n'a plus de téléphone portable ni de portefeuille. Il va alors demander aux réceptionnistes, qui s'est passé. Ce dernier lui dit que lui et son ami avaient sans doute été volés, mais que surtout, ils avaient été ramenés à l'auberge par la police. J'ai du mal à comprendre ce qu'il me raconte, et je sais que l'alcool n'aurait pas pu provoquer de black-out aussi violent que ça. Le cauchemar commence alors réellement, et j'essaie de recoller les morceaux. Grâce à l'aide d'autres personnes de l'auberge, il arrive à joindre sa banque et apprend qu'il a été délesté de plus de 4500 €. Il y a sa carte de crédit. Je comprends pas comment c'est possible, j'ai une double authentification, et même si on m'a bien volé mon téléphone, c'était pas censé être possible. Mais en continuant de creuser et de chercher des informations, il comprend que la femme avec qui il avait passé la soirée avait mis de la "good night" dans sa bière. Dans les grandes lignes, c'est de l'argot brésilien pour désigner le GHB. J'ai donc été drogué et forcé d'effectuer les différents retraits ou autres opérations bancaires sans que j'en garde le moindre souvenir. Je suis abattu et je me dis que je n'arriverai pas à me remettre. Le lendemain de ça, il a réussi à recevoir un peu d'argent de sa famille via Western Union pour qu'ils puissent au moins se nourrir. Ils se sont complètement impuissants, mais il est également dans un état qui met la honte et l'incompréhension. Je vais ensuite devoir attendre 5 jours qui m'ont paru une éternité pour recevoir une nouvelle carte de crédit en urgence dans le but de pouvoir me payer un billet d'avion et rentrer chez moi. On m'avait volé trop d'argent pour que je puisse continuer mon voyage. Il a également déposé une plainte auprès de la police avant de partir dans l'espoir de récupérer son argent et se faire rembourser son téléphone grâce à l'assurance. Assurance qui lui a d'ailleurs indiqué que son interruption de voyage ne serait pas couverte car il n'avait pas été agressé ou encore, je cite, "enlevé". Pour moi, c'est une honte, vu que j'ai quand même été drogué, mais ça n'est visiblement pas passé auprès de l'assurance. En continuant de se renseigner, il a malheureusement compris qu'il n'était pas le premier à tomber dans un piège du genre, et qu'il ne serait sans doute pas le dernier. Il termine son récit en donnant quelques conseils à appliquer pour éviter cette situation : prévoir de l'argent liquide, une deuxième CB avec peu d'argent dessus pour les soirées, voire même prévoir un faux portefeuille avec une fausse carte. Il conseille aussi, si possible, d'avoir un second téléphone spécial soirée où il n'y aurait que Uber dessus et pas toutes les applications personnelles.

Et voilà pour cette histoire. Bref, même si Bruno s'est servi de Reddit comme exutoire, il y a quand même fort à parier que ses prochains voyages en solo auront une saveur un peu plus "attention", on va dire. Voilà, on va pas s'empêcher de vivre et de faire des voyages en solo, mais c'est vrai que l'Amérique du Sud, c'est pas réputé l'endroit le plus safe, clairement. Moi, comme je commence à faire des voyages en solo, j'en ai conscience, et ce n'est pas dans ma pôle position des pays à visiter, quoi. Voilà. Merci encore Daenis pour cette deuxième histoire. Et nous partons sur la dernière, à propos toujours d'un voyageur, mais où là, ça va concerner également des enfants.

Cette histoire nous a raconté par Poupette_34, ouais, écoutez, c'est son pseudo, c'est un bordel à dire. Bref, on l'appelle Peter, c'est clairement plus simple. Et son histoire à Peter, elle commence avec sa remise de diplôme à l'université. Ce jour-là, je reçois une enveloppe de mes parents, et je me dis que c'est une petite carte avec un mot de la famille. Sauf que non, c'est un billet d'avion pour le Brésil. Faut que je vous explique, c'est le rêve de ma vie d'aller là-bas à cause du football. En fait, il suit ce sport depuis gamin, et que ce soit Pelé, Ronaldinho, Neymar, toutes ces idoles sont brésiliennes. Bref, c'est THE place to be. D'ailleurs, il n'a jamais demandé ça comme cadeau à ses parents, mais en vrai, il bassine tellement de monde avec ça depuis des années que bah, ça a dû quand même leur mettre un petit peu la puce à l'oreille, quoi, comme on dit. Et quelques semaines plus tard, me voilà donc, il débarque à Sao Paulo. Le premier jour, visite le quartier de Santa Cecilia, un endroit très touristique, avec notamment un musée du football. Waouh, trop bien quoi ! Moi qui adore le foot, je peux vous dire, je suis aux anges. Puis, en se baladant petit à petit dans des endroits un peu plus reculés, là, il a une idée, ou plutôt une envie : pouvoir disputer un petit match de foot avec des Brésiliens pour pousser l'immersion jusqu'au bout. Mais bon, il veut pas trop non plus forcer en tant que touriste, il n'a pas envie de se taper une incruste et dire "Eh, je peux jouer avec vous ?". Mon plan : acheter des ballons de foot pour en faire cadeau et me faire accepter, si on peut dire ça. Et indirectement, je fais aussi ça pour laisser une petite partie de mon Brésil, mon pays préféré, au moins un peu en souvenir. Sur le papier, vous vous doutez bien que ça va pas finir comme ça. Du coup, le lendemain, il va dans un magasin de sport et là, il achète une dizaine de ballons de football. Direction le quartier de Santa Amaro. Là, il prend le bus pendant une heure, et les gens le regardent soit en souriant, soit en se moquant carrément. D'ailleurs, son voisin de bus lui sort même un moment, en anglais parfait : "Mais ils vendent pas ça aux USA, ou quoi ?" Alors, il dit ça sans doute parce que il le voit avec 10 ballons de foot, donc ça, ça n'a aucun sens, quoi. Et en plus, ils devaient être gonflés, j'imagine bien, quoi. Bref, j'arrive enfin à l'endroit que j'avais repéré la veille. Je sors du bus et je commence à me diriger vers l'endroit où il y a les terrains de foot, enfin, c'est ce que je pense, parce qu'après 30 minutes de marche, je réalise que je suis complètement paumé, comme piégé dans le labyrinthe des favelas. Mais je remarque un groupe de gosses brésiliens un peu plus loin, près d'un chantier, et je décide d'aller vers eux. Et donc, il vient les voir et dans un portugais assez bancal, il essaye de leur demander où est le terrain de foot le plus près. Sauf que les gosses, ils comprennent rien du tout et ils se foutent de sa gueule, mais clairement. Par contre, il remarque bien le sac de ballons, et alors, il commence à lui tourner autour et à montrer le sac. Ils sont sympas ces gamins, quoi. En même temps, ça valait le coup. Je pose alors le sac à terre et leur demande s'il va à ballon. Un des gosses en face de moi pointe alors le sac, fait un mouvement de la tête qui veut dire oui. Bref, je commence à ouvrir le sac pour me parler d'un ballon, mais à ce moment-là, j'entends juste derrière moi le bruit d'un clic très précis. Il se retourne alors doucement et il aperçoit qu'un des gosses braque un flingue sur sa tête. Et c'est ça le clic qu'il a entendu, il venait de mettre une balle dans le canon.

À ce moment-là, Peter est terrifié comme jamais il a été. Il sent la terreur intégralement dans son corps, et il est dans un mélange d'immobilisme et de petits tremblements. Vous voyez, son cœur d'ailleurs qui commence à battre super vite. Et là, le gosse avec le flingue lui demande un truc en portugais, mais que Peter ne comprend pas. Là, le gamin répète alors la même chose en hurlant cette fois-ci, vu que Peter n'a pas fait ce qu'il a demandé. Sauf que Peter, ben, il comprend toujours rien. Et c'est pas en criant que ça change. Deux des autres gosses arrivent alors à mon niveau, me prennent le sac de ballons des mains, et ils s'en vont tranquillement. Bien évidemment, il est hors de question pour moi de bouger la moindre partie de mon corps. Les gosses, du coup, fouillent mon sac à dos et prennent mon portefeuille, mon portable, et les autres trucs qu'ils jugent de valeur. Bon, à ce moment-là, pour Peter, le plus dur est passé. Là, maintenant que les gosses, ils ont eu ce qu'ils veulent, ils vont sans doute se barrer. Ils vont suivre leur pote avec les ballons de foot, c'est ce qu'ils disent dans sa tête, en tout cas. Sauf que non, c'est pas comme ça que ça se passe, parce que Peter explique que à ce moment-là, il est à deux doigts de se chier dessus, et toujours le garçon avec le flingue continue de lui hurler des trucs en portugais, et Peter ne comprend toujours pas. À ce moment-là, il prend le flingue à deux mains, car l'arme est beaucoup trop grande pour lui, il peut sans doute pas s'en servir normalement. Il met alors ses deux index sur la gâchette, ferme un œil, et il commence à me viser. Alors, à quelques dizaines de centimètres de lui, je comprends alors que je suis sans doute en train de vivre les derniers instants de ma vie, et que je vais me faire tirer dessus par un gosse brésilien qui fait à peine plus d'un mètre. Là, il est paniqué, et lui sort alors le peu de trucs qu'il connaît en portugais, mais c'est juste de l'espagnol qui sort, et lui dit alors un truc du genre : "Por favor, no dispares, mano, por favor." Sauf que le fait de supplier le gamin pour sa vie, bah, ça le fait rire, un rire froid, vous voyez, un rire malveillant qui ne devrait pas sortir en fait de la bouche d'un enfant.

Alors, avec mon cœur qui semble à deux doigts d'exploser, et que je le sens battre jusque dans ma gorge et dans mes tempes, le gosse presse la détente, mais rien, juste un clic. Pas de balle, et il n'y avait donc rien dans la chambre. Je transpire comme je n'ai jamais transpiré, et cette fois, j'ai vraiment l'impression que mon cœur va lâcher pour de bon. À ce moment-là, le gamin, il éclate de rire, et puis il va rejoindre ses copains comme si rien n'était. Et pendant plusieurs secondes, bah, Peter reste là, incapable de bouger, comme ça, à trembler, à avoir la nausée. Et quelques minutes plus tard, il arrive enfin à se lever, il est complètement engourdi, il se barre de cet endroit le plus vite possible, complètement traumatisé. Je suis par la suite allé voir la police pour tout raconter, et ils m'ont dit que c'était du jamais vu. Ils m'ont dit, pour me rassurer, si on peut dire ça comme ça, que ces gosses avaient sans doute été punis, mais pas par leurs parents ou par la police, plutôt par les dealers des favelas qui ne veulent pas attirer l'attention sur eux. Et des gosses pauvres avec 10 ballons de foot neufs, comment dire que ça attirait beaucoup trop l'attention. Peter, du coup, ne sait pas trop comment agir, parce que d'un côté, il voulait pas que ces gamins soient punis à ce point-là, mais en même temps, simuler une exécution, c'est quand même un autre délire, quoi. Après, peut-être que pour ces gamins, ça ressemblait juste à un jeu. Mais bon, en tout cas, dans son témoignage, il précise, il ne veut pas décourager les gens d'aller au Brésil, et que lui, il a peut-être été un peu con ou malchanceux. Mais en tout cas, clairement, quand on va dans les pays étrangers, faut se renseigner et pas se balader de manière aussi innocente, quoi. Mais c'est vrai que à sa place, si on n'a jamais vu vraiment un gun, qu'on n'a jamais été braqué, difficile de savoir comment on va réagir. Et en vrai, ça, sa réaction, j'ai pas tout dit non plus, parce que du coup, il blablattait beaucoup, il se l'avait vraiment marqué. Bah, elle a l'air extrême, mais en même temps, quand ta vie elle est en jeu, tu sais pas en fait comment tu agis. Est-ce que tu vas pas te mettre à transpirer, à trembler, à avoir des nausées, à avoir une envie de faire caca aussi ? Enfin, il y a plein de trucs finalement qui passent. Fou, mais après, en même temps, quand tu es à deux cheveux de la mort, que ce soit le cas ou pas, toute réaction n'est pas excessive. Voilà, c'était mon petit mot philosophique. En tout cas, bon, je connais des personnes qui sont déjà allées au Brésil à titre personnel, et ça s'est mieux passé. Voilà, ça reste quand même une minorité les gens qui ont quand même des problèmes. Mais c'est vrai que au Brésil, on m'a souvent dit, pour des gens qui sont allés, faut pas se balader dans la rue comme ça en mode touriste. Généralement, on prend une voiture, c'est pas comme en France où tu vas te balader dans les rues et tout, tu n'es pas embêté. Non, même pour un homme, c'est quand même un petit peu, un petit peu dangereux, quoi, voire beaucoup, surtout la nuit. Voilà.

J'espère en tout cas que cette histoire vous a plu, tout comme les autres, évidemment. Merci d'ailleurs encore à Daenis du coup d'être intervenue sur la chaîne, ça nous fait vraiment plaisir. Vous pouvez me retrouver aussi sur sa chaîne et découvrir aussi ce qu'elle fait. Et sur ce, nous on se dit à très bientôt dans une prochaine vidéo. Bonne nuit, au revoir. C'était bon, au revoir.