📱

Get Our Mobile App

Take your business learning on the go!

Download on the App StoreGet it on Google Play

Hermès Trismégiste - " Les vivants et les dieux "

Dominique Debray43:54

Transcription

[Musique] 2. Ce qu'il est convenu d'appeler le corpus hermeticum, qui a surgi dans la Florence de la fin du XVème siècle et qui va continuer sur son aire jusqu'au XVIIème siècle. Le corpus hermeticum, donc, l'ensemble des textes long range. Ce sont là, prétend-on, de remonter jusqu'à la sagesse d'Hermès, Hermès le trois grands, Hermès le Trismégiste, qui dans l'antiquité avaient été assimilées au dieu égyptien Thot.

En réalité, cet ensemble de textes vient de l'Alexandrie hellénistique et mystique, puisque s'y rattachent aussi bien des traités d'alchimie, même s'ils ne font pas partie en tant que tel, mais aussi, rattachés de manière évidente, des traités d'alchimie comme le Canon de Cléopâtre ou le Traité de Bolos de Mendès. Et en même temps, dans le corpus hermétique, on voit très bien comment se cristallisent, en quelque sorte, tout un tas de courants de la pensée, en provenance de la religion égyptienne la plus traditionnelle, avec les figures d'Isis et du dieu Thot. Effectivement, comment ainsi s'agrège le platonisme dans le médio-platonisme tel qu'il est laid, il existe à l'époque, qui va mener au néoplatonisme que nous connaissons à partir de Plotin. Comment, je suis, j'ai assimilé le christianisme naissant, ce qu'il va être convenu d'appeler la gnose. Et en même temps, sans aucun doute, des influences de la religion qui vient de la Perse, c'est-à-dire le zoroastrisme, et qui a pu s'étendre grâce précisément à la constitution de l'empire d'Alexandre, dont sous la dynastie des Lagides, l'Alexandrie, l'Alexandrie d'Égypte est l'héritière. Et de cette manière, on voit bien d'ailleurs comme un certain nombre de traités du corpus hermétique, on peut penser au Poimandre, qu'on appelle aussi le Poimandres, proprement dit, ce qu'il puisse. On peut penser au Kore Kosmou, que littéralement il faudrait traduire sous le nom "la jeune fille du monde". Comment donc, ces textes vont marquer tout un ensemble de traditions du côté de ce que président rappelait la pensée hermétique. Hermétique, puisque évidemment elle vers le terme s'en tant que tel et s'aspire du toit plus hermétique, et va marquer tout une pensée qui sera celle de la Renaissance jusqu'à pratiquement le milieu de ce qu'il est convenu d'appeler le Grand Siècle.

Alors que les éditions Les Belles Lettres rééditent d'une part, l'immense travail qui avait marqué l'ensemble des études relatives à ce corpus, rééditent donc l'immense travail du Père Festugière, qui s'intéresse à l'ensemble des thèmes qui ont ainsi parcouru cette œuvre. Il semblait que devant ce monument de la pensée, qui d'autre part va marquer par ailleurs toute une tradition philosophique jusqu'à la philosophie allemande de la nature ou à ce qu'il est convenu d'appeler le grand idéalisme, tel qu'on va le trouver chez Hegel, chez Schelling. Il était important, il était même nécessaire, leur entrée dans le tuf de se penser, afin de comprendre comment un certain esprit de la gnose en général, c'est-à-dire de la connaissance, va traverser l'ensemble de la civilisation, de la culture et de la pensée européenne, jusque éventuellement au milieu du XXème siècle. Il suffit de penser évidemment à l'ouvrage canonique de quelqu'un comme Jung. Et afin d'entrer dans le plus profond de ce corpus hermétique, nous avons avec nous aujourd'hui Alain Segond, directeur de recherche au CNRS, travaillant à l'Observatoire de Paris, et spécialiste de l'histoire des idées et du développement de la science. Alors, hors de notre civilisation, monnaie... [Applaudissements] [Musique] [Musique]

On revient au texte même de la maîtrise. Positionnée, et je pense que c'est ce que le père fait. Ce sujet remonte, revient. On constate que dans l'Alexandrie de l'époque, c'est une espèce d'immense creuset culturel, parce qu'à la fois il y a des restes de la vieille sagesse égyptienne, à la fois la philosophie platonicienne, à la fois les gnostiques. On a parfois du mal quand même à rendre à chacun ce qui lui est dû. Des recherches quant à l'origine du corpus, c'est-à-dire quel milieu a formé ce corpus, quels sont les gens qui ont pu écrire, se rassembler pour faire ce corpus, ce sont des recherches que le père fait. Ce sujet va certainement un petit peu négligé, parce qu'il parlait dans une perspective qui est assez différente de la nôtre. Et là, je vais faire un petit excursus. Je vais vous appeler, je vais vous apprendre, je pense, quelque chose que j'ai appris. Je me suis longtemps demandé pourquoi Festugière, normalien, agrégé de lettres, spécialiste de la tragédie grecque, d'Homère, des tragiques, de Platon, pourquoi s'est-il passionné ? Avait-il un gros passé, la moitié de sa vie dans l'étude d'Hermès Trismégiste, qui n'est pas véritablement un sujet académique porté en France ? Eh bien, la source de ces travaux, des recherches de Festugière, c'est sa vie religieuse. Lorsqu'il est sorti de l'École Normale, il a passé une année à l'École biblique de Rome, puis il est parti à l'École biblique de Jérusalem, où il ne s'est pas plus, il a passé une année, mais il a fait une grande rencontre. Il a fait la rencontre du Père Lagrange. Le Père Lagrange écrivait à l'époque ses grands volumes d'apologétique, disons, dont un est consacré à l'Orphisme. Et qu'est-ce que faisait le Père Lagrange ? Ils entendaient démolir les thèses de l'école de l'histoire des religions, du type Eisenstein, et compagnie, reprise en France par Couchoud, Gilbert, tous ces gens-là, qui ne voyaient dans le christianisme qu'un empilement de pratiques religieuses, de croyances, de superstitions empruntées à droite à gauche. Et donc, pour eux, il suffisait de faire la liste, et puis le christianisme est mort. Alors Lagrange avait l'Orphisme, il ne se sentait pas la force de faire l'autre volet. L'autre volet, c'est le volet gnostique, hermétique. C'était trop loin pour lui. Donc, la vie a fait ce sujet. Vous êtes un jeune qui a un coût. Voilà ce que vous voudriez faire. Mais c'est à l'origine, c'est une rencontre très intéressante. Parce qu'il faut donc savoir que avant Festugière, on a les travaux de gens comme Reitzenstein. Pour lui, l'hermétisme est l'expression d'une église hermétique en Égypte. Et progressivement, dans l'esprit de Reitzenstein, l'hermétisme est devenu le représentant fondamental de la religion mystère hellénistique. Et de plus en plus, Reitzenstein l'a interprété comme d'origine iranienne. Et là, vous tombez directement sur un des grands développements du XXème siècle, tout à fait attendu et inattendu, c'est le "christarianisme". La religion des "christariens" qui se sont fondés en Allemagne, partie 34-35, croyaient dans le Christ parce que pour eux, il était un Aryen qui était apparu en Palestine. C'est extraordinaire. Et donc, qui avait profité de ce mouvement formidable de libération et de révélations qui venait de l'Iran, et qui était donc iranien, indo-européen, et donc non sémitique. Voilà dans quel milieu je suggère aux minutes. Quel gens il a été. Il a réagi. Et cela explique une des positions fondamentales de Festugière. Pour lui, après avoir étudié le corpus, après avoir étudié les écrits hermétiques, après avoir étudié les grands spécialistes de l'hermétisme de l'antiquité, c'est-à-dire les gens comme Arnold, comme Cyril, comme Staël, il était parvenu à la conclusion qu'il y a trop de diversité dans l'hermétisme pour que ça puisse se référer à une communauté religieuse. Ça ne peut se référer qu'à des milieux ou à des courants intellectuels, mais certainement pas à une église. Et c'est ça la base du travail de Festugière. Deltombe, premier, s'est dit : "Dans la Révélation d'Hermès Trismégiste, il n'y a pas d'église hermétique." C'est un reproche qu'on lui fait très souvent. Il, par exemple, donc un des spécialistes modernes de Hermès Trismégiste, c'est-à-dire un jeune helléniste grec s'appelle Garte. J'ai publié un livre qui s'appelle "Hermès l'Égyptien". L'essentiel de la critique de Garte, c'est pour dire contre Festugière que, en réalité, il y a des milieux hermétiques. Ces milieux sont bien égyptiens, et ils sont désormais attestés non seulement par les papyri, puisque ça, on connaissait des papyri hermétiques, on en connaît quand même trois ou quatre, mais surtout par la grande découverte de Nag Hammadi, qui montre que aux IIIème, IVème siècles, il y avait des communautés où on lisait des textes mystiques, philosophiques et hermétiques. Donc, pour Garte, il y a un arrière-plan social réel, fondamental. Alors, après, la question est de savoir, est-ce que ce sont des Grecs égyptianisés ou des Égyptiens hellénisés, ou bien ni l'un ni l'autre ? Une interview quid ? Ça, il faut dire, ce n'est pas facile à résoudre. Un jour, que j'avais commencé de réfléchir sur les autres, et que ma pensée s'en était allée planer dans les hauteurs, tandis que mes sens corporels avaient été mis en liguature, comme il arrive à ce cas, à la lourdeur, par le fait d'un excès de nourriture ou une grande fatigue du corps, il me sembla que se présentait à moi un être d'une taille immense, au-delà de toute mesure définissable, qui n'a que la part mon nom, et me dit : "Que veux-tu entendre et voir, et par la pensée apprendre et connaître ?" Et moi, je dis : "Mais toi, qui es-tu ?" "Moi, dit-il, je suis Poimandrès, le Nous de la souveraineté absolue. Je sais ce que tu veux, et je suis avec toi partout." Et moi, je dis : "Je veux être instruit sur les êtres, comprendre leur nature, connaître Dieu." "Au, dis-je, comme je désire entendre." Il me répond à son tour : "Garde bien dans ton intellect tout ce que tu veux apprendre, et moi, je construirai le corpus hermétique." Poimandrès.

Pensant, Festugière lui a conçu sa Révélation d'Hermès Trismégiste selon les grandes lignes que je viens de vous exposer. Les quatre volumes répondent très clairement au plan de ses stagiaires. Il faut bien le savoir, bien que ça ne soit pas apparent, bien que ses préfaces ne laissent rien transparaître de l'origine réelle du travail de Festugière. Le premier volume, c'est un coup d'œil. Ça s'appelle donc "L'erreur, l'astrologie et les sciences occultes". C'est un coup d'œil sur les hermétiques, les textes attribués à Hermès, dans le domaine de l'astrologie, de l'alchimie, de la magie, de l'hiéromantique et du système des révélations de l'antiquité. Puis les tomes deux et trois font droit à la grande distinction que Festugière avait cru établir dans les livres du Corpus Hermeticum, entre un courant optimiste, qui est un courant qui regarde le monde comme fondamentalement bon, parce que c'est un cosmos ordonné par un créateur et voulu pour l'homme. Et ça, c'est un courant qu'on rencontre d'un bout à l'autre du Corpus Hermeticum, et qui a une histoire que Festugière relate en rond, depuis le Vème siècle de notre ère, juste chez les Pères de l'Église, car ce courant s'est poursuivi sur les Pères de l'Église. Puis un second courant, le courant pessimiste, qui résulte du fait que l'âme est incarnée ici-bas dans une réalité qui lui est fondamentalement étrangère, qui le corps est donc l'incompatibilité entre l'âme et le corps, c'est la base du malheur de l'homme pour tout un courant dans l'hermétisme, par la gnose évidemment, et dans toute une série de mouvements, les juifs, chez les chrétiens, les gnostiques, et cetera. Donc, c'est ça le tome 2 et le tome 3. Et le tome 4, c'est une étude de la voie de salut qu'on trouvait très largement les tenants du courant pessimiste, c'est-à-dire la recherche de Dieu au-delà de l'univers, soit le Dieu inconnu, comme chez les médio-platoniciens, soit l'Un des néoplatoniciens. C'est pour échapper à ce Dieu qui nous a envoyés ici-bas dans un monde qui, somme toute, n'est pas fait pour nous, mais avec l'idée donc qu'il y a un autre Dieu que l'on peut connaître, d'autres méthodes et d'autres approches intellectuelles. Donc, c'est ça la Révélation d'Hermès Trismégiste. Ce qui est assez étonnant, à la seconde, c'est que vu à notre avec notre mentalité moderne, évidemment, nous avons l'impression d'un immense bouillonnement et échange qui nous paraissent parfois un peu surprenants. Vous l'avez dit, on commence par l'astrologie, par la magie, mais on a l'impression que la plus haute spéculation philosophique se mélange, par exemple, avec l'astrologie. Alors pour nous, évidemment, c'est quelque chose qui est assez incompréhensible. C'est ce que l'on a l'impression que la science et l'autre chose au contraire, ça se rencontre très, très profondément. Alors évidemment, on peut penser par exemple au mythe de la caverne à la fin de la République, dans lequel on voit la meute qui monte de planète en planète, ça, et dans l'astrologie, en fait, foi. Ou les textes et l'ensemble des techniques magiques, ou ce que nous appellerions le monde irrationnel, correspondre en fait à un état de la rationalité de l'époque. On se dit, la présence de l'astrologie dans la philosophie ancienne, du son dans le courant platonicien et les courants même aristotéliciens, c'est une donnée de fait. Le nier, c'est se tromper radicalement. En gros, il n'y a pas de système philosophique à partir de Plotin jusqu'au XVIIème siècle, au moins, qui ne fasse une place importante à la question des rapports entre ici-bas et là-haut, et des influences possibles et certaines, éprouvées ou au contraire dangereuses. Il n'y a pas l'ombre d'un doute là-dessus. Et là, il y avait ce problème en même temps des rapports entre ce monde d'en haut et souvent le temps bas. Mais si je m'appelais bien le premier traité, le commence parce qu'essayer travail école, ce qui serait évidemment, mais ça, c'est extrêmement important, parce que ça, c'est le principe de correspondance, que tout à fait capital, et qui est un principe d'exégèse fondamentale, tant de l'exégèse textuelle que de l'exégèse du monde. La compréhension du monde, les phénomènes d'ici-bas reflètent des phénomènes de là-haut, et on peut lire dans les anneaux, mère de là-haut, des choses que nous allons trouver dans les phénomènes d'ici-bas. Ce principe de correspondance, vous le trouvez à l'œuvre encore chez Kepler et chez Paracelse, chez Kepler, évidemment, début du XVIIème siècle, début de la révolution scientifique.

"Le Soleil, disait-il, resplendira encore plus. La Lune promettait d'illuminer la course qu'elle fait, la suite du Soleil. Elle ajoutait qu'elle avait enfanté d'avance Terreur, Silence, Sommeil, Mémoire, qui devaient être sans avantage aux hommes. Chronos rapportait que d'ores et déjà, il était devenu père de Justice et de Nécessité, et disait en sorte que la race des êtres à venir ne se livre pas entièrement à la guerre. Voici que pour eux, déjà, j'ai engendré Fortune, Espérance. Éros disait qu'il était déjà père de Lutte, de Colère et de Querelles. Aphrodite déclara sans hésiter : "Pour moi, ô maîtres, veulent me rejoindre et désirent volupté et rire, afin que les âmes qui me sont apparentées, qui subissent la condamnation la plus pénible, ne soient pas châtiées davantage." Dieu se réjouissait, mon enfant, à ses paroles d'Aphrodite. Quant à moi, dit Hermès, non seulement je créerai la nature des hommes, déclara-t-il, mais je leur ferai don de sagesse, de tempérance, de persuasion et de vérité, et je ne cesserai pas de munir invention. Bien plus, je donnerai toujours assistance à la vie mortelle des hommes nés sous mes signes, car les signes que m'a attribués le Père et Créateur sont du moins sensés et intelligents, et cela davantage quand aussi le mouvement des astres qui les dominent sera en accord avec la force naturelle d'un chacun." Corpus Hermeticum, Kore Kosmou.

Le fab, et au passage, un chèque iPod touch et pauillac, où les ATP à ses écrans venir, mais les gars franche et massive boy rouge. Accueille, c'est pas mal. On voit très bien de monter dans le bus du inconnu qui éveilleront ces projets. Ne tourne au catéchisme, me rassure. De plus, tu as le lin au-delà de la star. Est-ce que les gnostiques sous la loge est bon ? Et on a l'impression, au check, par exemple, d'immenses déjà, les échanges avec le médio-platonisme. Mais on voit très bien comment Plotin et écrit un traité contre les gnostiques. Donc, on a l'impression, à la fois tout ça est très apparent et qu'il y a quand même de grandes contradictions internes. Offre une dynamique interne, ce qui n'est pas toujours très facile à suivre. Alors là, puisque vous avez abordé Plotin, c'est une question extrêmement importante. Pour la plupart des historiens de la philosophie, Plotin est le dernier représentant du rationalisme grec, puisqu'il combat les gnostiques. Probablement, il croyait pas beaucoup et l'astrologie, et sans doute était-il tout à fait en défiance à l'égard de la magie. Tous courants extrêmement importants par la suite. Donc, pour ces gens-là, c'est le héros de la pensée grecque finissante. C'est une possibilité. D'un autre côté, il y a Porphyre, extrêmement important, parce que bien que nous ayons perdu l'essentiel de l'œuvre de Porphyre, manquant même les morceaux suffisamment importants, nous avons quand même le "De abstinentia", qui est un ouvrage où se dessinent déjà les linéaments de la solution porphyrienne, c'est-à-dire une espèce d'union des religions civiques et des pratiques civiques pour essayer de créer une religion qui sera capable de s'opposer au christianisme. Ils ont en partie ce que Julien a fait au mieux au IVème siècle. Et puis, de l'autre côté, on a l'adversaire mortel de Porphyre, c'est-à-dire Jamblique. Je suis depuis plusieurs années en train d'étudier avec le Père Safral les "Mystères de Jamblique". Je suis parvenue à la conclusion que c'est pour ramener un ouvrage le plus important de la fin de l'Antiquité, le plus méprisé et le plus important, parce que justement, il s'applique à essayer de penser dans un cadre philosophique. C'est il s'applique à penser la magie, la théologie. Et c'est en ce sens-là, en réponse à Porphyre, quand vous lisez les fragments de la lettre à Amyclée, Porphyre, vous ne pouvez pas ne pas être absolument stupéfait de la naïveté de Porphyre, ou la feinte naïveté. J'avais pensé, puisque nous la connaissons pas directement, j'avais pensé que c'était un montage de Saint Augustin. Non, les textes grecs sont suffisamment clairs pour montrer que c'est bien là que se situent les questions qu'il avait adressées à Amyclée, les questions sur l'influence astrale, la théologie, la magie, les rites, le sacrifice, la malédiction, la possibilité de la prière, le bonheur, et cetera. Et la solution porphyrienne avait trouvé, c'est que somme toute, il s'agissait là de pratiques peu recommandables, mais qui ne faisaient pas trop de mal, puisque elle libérait éventuellement la partie inférieure de l'âme, et donc permettait à la partie supérieure, c'est-à-dire à la partie philosophique, à partir rationnelle, de prendre son envol et à son tour de se libérer de ce monde. Donc, les pratiques rituelles, magiques, c'était pour l'âme inférieure, peut-être pour l'homme ordinaire, mais il avait une place réservée pour la philosophie rationnelle, qui elle devait permettre à l'homme de se libérer en tant qu'homme. Et c'est ça que Jamblique met à mal dans "De mysteriis". C'est une grave erreur, selon lui, c'est une incompréhension absolue. En réalité, il n'y a pas de place pour l'auto-libération de l'homme ici-bas. Il n'y a de place que pour la grâce des dieux, à aucun doute là-dessus. Aucune action de chirurgie ne peut fond à quoi aboutira quoi que ce soit si les dieux ne l'ont pas très assumé pour votre bien. S'ils ne l'ont pas prêt à assumer pour votre bien, vous pouvez faire tout ce que vous voulez, ça n'aura jamais d'importance. C'est cela qu'il explique à Porphyre. Eh bien, ça, c'est la position de base qui sera reprise, un petit peu moins durement, mais qui sera reprise par Plotin, par Porphyre, par tous les néoplatoniciens traditionnels, et qui sera transmis jusqu'au XVème et au XVIème siècle.

Dans cette réponse de Jamblique, Porphyre, utile des médias, et la réponse est là. Elle l'avait trahi, mais on voit très bien que la référence dans la malle Égypte est absolument claire et nette, c'est-à-dire au milieu qui précisément sont ceux qui ont vu là naître la révélation. Et bas, la magie, la religion que l'Égypte est quand même un point central. Bien sûr, bien sûr. Je dirais le cœur de la pratique religieuse et fait le cœur des références de Jamblique, et sans aucune espèce de doute égyptien. Être probablement hermétique, mais les méthodes avec lesquelles cet exposé et s'est défendu, ce sont les méthodes de la philosophie grecque. C'est là que se fait la fusion, c'est chez lui, bien ou mal, mais c'est chez lui qu'elle se fait. Et c'est pour ça que pour des irrationalistes, des ultra-rationalistes comme Zeller, c'était absolument impensable qu'un philosophe grec écrive cette chose-là. C'est pourquoi ils ont inventé ce mythe de la de l'authenticité du "De mysteriis". Une énorme invention. Et ça aboutit au fait que Zeller a écrit un chapitre sur la philosophie de Jamblique sans jamais parler du "De mysteriis", et un chapitre sur le pseudo-Jamblique, sur le "De mysteriis", c'est-à-dire les occasions de comprendre comment ça s'est impliqué avec le reste de sa philosophie, il les a délibérément manqué. Et tous les historiens de philosophie qui l'ont suivi, il faut bien le dire, ils ont tous fait pareil. Alors, il est, il y a une question, la deuxième, c'est pourquoi cette fascination de l'Égypte ? Ce que d'une certaine manière, je dirais, alors d'entrée de jeu, on voit très bien comment Platon la rapporte avec une Égypte, même si elle imaginait. On n'en sait rien encore, ce soit passé si vite en deçà ou à très bien. Comment Hérodote nous dit que les dieux, les dieux grecs viennent en réalité de l'Égypte. C'est non, on voit. Bon, alors évidemment, tout ça est coagulé avec la période hellénistique et les les gnostiques, le Canon de Cléopâtre, et cetera. C'est comme si tout, d'une certaine manière, la source de la sagesse était en Égypte. Bah, c'est pas facile d'expliquer. C'est là qu'on rencontre, si vous voulez, la limite de nos connaissances, parce que jusqu'à présent, on a été capable de mettre en évidence l'existence d'un clergé égyptien savant entre le premier siècle avant notre ère et le premier siècle de notre ère. Des gens comme Ptolémée sont des prêtres égyptiens manifestement savants en philosophie grecque, et c'est eux qui ont introduit, je dirais, les connaissances réelles relatives à l'Égypte ancienne. Et quand on lit, par exemple, le traité hermétique qui est à Nag Hammadi, le livre de l'aube, il est né, le livre de l'aube, il est né, le livre de l'aube, on voit bien qu'il y a des éléments égyptiens considérables là-dedans. Alors, et d'un autre côté, encore, on voit que les égyptologues nous ont révélé des théologies dans les temples de Thèbes, en particulier à Edfou, qui sont des théologies extraordinairement subtiles et qui sont très analogues aux systèmes de Plotin, qui sont expliquées par Jamblique. Et c'est donc, il y a, il y a une source égyptienne incontestable. Pour moi, il y a un élément égyptien indubitable. Il y a une théologie égyptienne qui a été connue par les philosophes grecs. Je ne suis pas absolument certain ici, cela qui est maintenant, parce que c'est ce somme venait grâce à ses solides et on vous écoutera à la seconde. Penser que le homo est la vieille, vieille de logiciel, on s'aperçoit pas encore des parts égales. Le principe divin, je ne peux pas l'appeler Dieu, non, une sorte d'abîme, d'abîme sans nom, au-delà de tout, et que c'est à partir de cela que va naître, que va naître le monde. Et d'une, on a l'impression, on prend, il y a comme une veine, et qu'on intérieur, si on peut dire, de ce qui va être la philosophie néoplatonicienne, et ce qu'ils vont sentir plus tard, c'est Russell, les linéaments d'une théologie négative. Bien sûr, on va la théologie négative avec la recherche de l'Un, et évidemment enracinée dans la foi, c'est l'immédiat postérité du Dieu inconnu, de la recherche d'un Dieu inconnu. Là, parce que on trouve au deuxième siècle, on trouve que somme toute, ce n'est pas la peine de le chercher midi à quatorze heures, il est dans les textes de Platon, il est dans le Parménide, il y a un Un qui est manifestement un principe et qui n'est pas simplement un dérivé. Non, c'est lui le principe, c'est clair. Donc, c'est à partir de cette époque que se fait cet énorme travail de théologie négative sur le fond du Dieu inconnu, qui est lui-même, évidemment, chez les Grecs, Saint Paul nous parle de l'hôtel à Theos, à Pinots, bien sûr, dont on sait pas grand chose par ailleurs. Si vous voulez, il est difficile de croire que, mais pour moi, il est certain que l'hermétisme a joué son rôle dans, donc, si gros, si petit soit-il, il y a quelque chose de bien de l'Égypte.

"Mous diouf est un mâle et femelle existants comme vie et lumière, enfanta d'une parole un second nous, ce démiurge, qui est en Dieu du feu et du souffle, face au nad, gouverneur, c'est en nombre les quelles enveloppent dans leurs cercles le monde sensible et leurs gouvernements se nomme la destinée. Aussitôt le verbe de Dieu s'élança hors des éléments qui se portent en bas dans cette pure région de la nature qui venait d'être façonné, et ils sunnito, ce démiurge, car il était de même substance. Et de ce fait, les éléments inférieurs de la nature furent laissés à eux-mêmes, dépourvus de raison, de manière à n'être plus que simple matière. Cependant, le nous, ce démiurge, conjointement avec le verbe, enveloppant les cercles et les faisant tournoyer en vrombissant, mis ainsi en branle le mouvement circulaire de ces créatures, les laissant faire leur révolution depuis un commencement indéterminé jusqu'à un terme sans fin, car il commence où il s'achève. Et cette rotation des cercles, selon le vouloir d'une house, produisit les tyrans des éléments qui se portent vers le bas, des animaux sans raison, car ils ne retenaient plus le verbe auprès d'eux. L'air produisit des volatiles, et l'eau des animaux nageurs. La terre et l'eau avaient été séparées l'une de l'autre selon le vouloir d'une house, et la terre fit sortir de son propre sein les animaux qu'elle retenait en elle, un quadrupède et reptiles, et sauvage et domestique."

Lorsqu'on voit l'ensemble, et c'est lorsque, voilà l'ensemble de ses textes, et l'Europe, ces allemands, lorsqu'on compare à ce qui va venir pour Plotin, tard, et dans notre culture, c'est-à-dire au Moyen Âge, à la fin de l'âge, à la Renaissance, et je pense évidemment à toute la Florence de la fin du, de la fin du XVème siècle. Voilà pour janvier, sa manière, il est quand même les racines de toute une partie de notre pensée. Bien sûr, par une des premières choses que Marsile Ficin a découvertes, et qu'il a pu publier, mi son marché passé, le Corpus Hermeticum, en 1460. Le Poimandrès, depuis le Corpus Hermeticum, en 1471. Pour lui, c'est une découverte extraordinaire, parce qu'il avait la certitude de renouer avec les Pères de l'Église, parce que les Pères de l'Église, les gens comme Cyrille d'Alexandrie, avaient parlé d'Hermès Trismégiste et avaient laissé entendre que s'il s'agissait peut-être d'une sagesse antérieure à toutes les autres sagesses. Donc, voilà que Marsile Ficin mettait la main dessus. Au XVème siècle, en textes grecs, il était capable de le traduire et de le révéler. Et là, effectivement, à partir de 1450 jusqu'à 1750, et Dieu, deux siècles de floraison hermétique extraordinairement importante dans toute l'Europe, et qui laisse des traces. Parce que lors même que Casaubon a démontré, bon, ben, ça, c'est une démonstration philologique, les textes de l'hermétique que nous avons ne peuvent pas être antérieurs au Ier siècle avant notre ère, Ier siècle de notre ère, c'est absolument certain. Il l'a montré pour des raisons internes. Lors même qu'il en est ainsi, ces textes ont continué la pensée qui, dont il était porteur, a continué d'agir comme un ferment dans la philosophie, dans la pensée européenne, pour aboutir, par exemple, à l'origine de l'idéalisme allemand. On retrouve tous les ferments du néoplatonisme florentin. Et immédiatement, au début du XIXème siècle, dès que le néo-idéalisme allemand revient sur le devant de la scène, immédiatement les Allemands, puis les Français, se réoccupent de la question néoplatonicienne. Et c'est de là que repart une nouvelle phase de l'hermétisme. Donc, l'hermétisme, sa vie est faite d'apparition, de disparition, tout simplement. C'est la question qu'on peut se poser à la seconde, parce que on voit très bien comment effectivement la Renaissance, Ficin et les premiers ont pensé qu'il s'agissait d'une prise de conscience, qu'il allait survenir à tous, et que Hermès était encore antérieur ou entend point de Moïse. Bon, lorsque Casaubon démontre, ce n'est pas vrai. Est-ce que cela vraiment beaucoup d'importance ? Puisque est-ce que le problème ? Alors, on voit très bien pour un homme profondément encore engagé dans la foi chrétienne, comme tout le peuple, et c'est cela l'essence à l'issue de Ficin, comme ça pouvait rien à proposer pour nous. Quelle importance qu'il soit contemporain ou pas de Moïse ? C'est-à-dire, est-ce que ce n'est pas la pensée en elle-même ? Nous sommes virtuellement certains que les textes que nous avons ne sont pas contemporains de Moïse, ne peuvent pas être véritablement siens. Mais il n'en reste pas moins qu'ils contiennent des trésors, et ça, il ne faut pas les laisser échapper tout simplement. Donc, nous devons étudier l'hermétisme. Nous devons continuer les études qui se développent dans les dernières années sur l'hermétisme aux XVème, XVIème, XVIIème siècles, montrent qu'il y a une richesse absolument prodigieuse. Moi, évidemment, le milieu qui m'intéresse, c'est le milieu de travail, parce que je retrouve mon ami Kepler et son maître Tycho Brahe. Là, l'hermétisme a une efflorescence extraordinaire avec les gens comme Michael Maier, Mynsicht, tous ces gens extraordinaires. Et il y a une mutation de l'hermétisme, parce que d'abord, il se transforme, il devient païen. Pour un livre comme Michael Maier, "Atalanta Fugiens", sous même l'Arcana Arcanorum, c'est une chose comme ça, ce sont des choses qu'on veut, on peut pas, qu'on peut que très difficilement lire le latin, c'est assez difficile, mais ils ont la chance d'être accompagnés de gravures et de dessins extraordinaires qui ont impressionné formidablement l'esprit moderne. Et une fois qu'on a vu certaines gravures de l'"Atalanta Fugiens", qui sont des illustrations des principes hermétiques, on les oublie pas. Vous faisiez tout à l'heure allusion à la deuxième, à l'idéalisme allemand, fin du XIXème, et on a l'impression justement que l'hermétisme, tant dans ce qu'il a de plus profond et de plus authentique, a pris les chemins que nous avons soigneusement oublié. Je veux dire par là, je prends une œuvre comme celle de Hegel, on voit très bien comment il renvoie Maître Eckhart, il renvoie Jacob Böhme, mais en réalité, derrière, on avait l'impression que c'est justement le néoplatonisme, un certain esprit hermétique, et et tout son travail du négatif, apparemment, c'est quand même de là que ça vient, par des chemins peut-être détournés, par des chemins non avoués, mais que nous pouvons quand même éclairer aujourd'hui par les chemins inconnus de même, tout simplement. Mais parce que ils redécouvrent pour leur bien et pour notre mal, ils redécouvrent effectivement la profondeur de la pensée allemande, la "Deutsche Philosophie", qui va les amener jusqu'au cordonnier mystique, etc. Mais en même temps, qui va amener cette efflorescence complètement folle de la pensée national-socialiste, et qui va, et ça, c'est une chose terrible, qui va achever de faire croire aux gens, en particulier ici, que il n'y a là-dedans que folie. Et on re, non pas du tout, il y a Jacob Böhme, c'est absolument certain, et c'est un très grand philosophe, et il mérite vraiment d'être lu. Mais ce n'est pas parce que Monsieur Alfred Rosenberg en a fait une des incarnations du "Deutsch Geist" qu'il faut s'arrêter à ça. C'est vert, faisait aussi et de Maître Eckhart, la réincarnation par excellence. Oui, mais ça a expliqué, je pense, une période de repli de toutes ces choses-là dans les années 50-60. Il a fallu reconquérir historiquement ces choses pour pouvoir enfin se rendre compte de leur importance, et puis pour voir, maître Eckhart, toutes ces mauvaises pistes qui ont été suivies par tel siècle, pour que l'homme fut tout ensemble, bon, capable d'immortalité.

"Dieu l'a composé des deux natures, la divine et la mortelle, et il a été ainsi établi par la volonté divine que l'homme serait constitué meilleur à la fois que les dieux qui ont été formés seulement de la nature immortelle, et que tout le reste des mortels aussi. Tandis que l'homme, uni à Dieu par un lien de parenté, les adore pieusement dans la sainteté de l'esprit. Les dieux, à leur tour, veillent d'en haut avec un tendre amour sur toutes les affaires humaines, en les prenant sous leur garde." Corpus Hermeticum, inscription.

Non, c'est une autre question que je me pose à la seconde, puisque le bon, je parlais de Hegel, je veux prendre notre philosophe, projet, en même temps très, très, très adversaire de Hegel, c'est-à-dire Schelling. Et je pense son fameux "Monde" de 1809, dans lequel il explique que l'Absolu, le retient dans son arrêt, doit sortir de lui-même afin de se connaître. Et on a l'impression qu'on est très proche, de toute façon, nombre de considérations président des textes soufis, sur ce Dieu complètement venu, et qui pourtant doit se faire connaître, et qui a toute une tradition qui nous permettrait éventuellement d'unifier, d'une manière différentielle, si c'est compréhensible, mais d'unifier, d'aider à certaines considérations de la théologie mystique soufie, ou certaines considérations de la Kabbale, ou des conspirations comme celle de Schelling, parce que l'impression que le fond philosophique est quand même en grande partie comme un bûcher. Ligne, c'est particulièrement évident une influence néoplatonicienne absolument flagrante dans le néoplatonicien comme moi, un raisonnable connaisseur de Corpus, de Jamblique, quand je lis ces lignes, je me sens un dans ma maison, le monde chez les miens, avec la nature. Philosophie de Schelling, on est tout le temps très proche des applications, disons, à la nature, de l'hermétisme, tout le temps. C'est très important. C'est la question que se posait à la seconde, de dire, en dehors de curiosité d'érudits, fait, quelle est l'importance de ce corpus aujourd'hui ? Quelle est la nécessité qu'elle était la nécessité de faire connaître à nouveau les travaux de ces sujets ? C'est-à-dire, est-ce que nous n'avons pas quelque chose qui court, je dirais, d'une manière souterraine, aujourd'hui ? On retrouve éventuellement toutes ses capacités de l'un, presque d'éclairement de la pensée. Oui, bah, moi, je pense quand même que l'itinéraire de l'âme, dès qu'il est décrit dans le Corpus Hermeticum, et les voies de salut qui sont offertes par les hermétistes, mutatis mutandis, naturellement, ce sont des choses qui sont encore considérables, qui méritent encore d'être considérées aujourd'hui. L'analyse de la condition humaine, le présenté par Hermès à son fils, mérite tout à fait d'être regardé. Si vous lisez de la littérature philosophique contemporaine, une bonne partie recoupe cette analyse, sauf que il n'oserait évidemment jamais proposer les solutions d'Hermès, comment être dire qu'elles viennent d'Hermès ? Et la menace que ce n'est pas là des travaux qui nous attendent, peu de reprendre ce corpus, de leurs pensées, de leurs pensées par rapport aux sciences modernes, telles qu'elles se sont développées, c'est-à-dire qu'on est obligé de remettre ça en chantier, mais où les intuitions de fond, on aurait le même sens, toujours demeure, demeure. Le Corpus Hermeticum, demeure, c'est quand même un des documents religieux les plus importants de l'histoire de l'humanité. Ce n'est pas une Bible, parce qu'il n'y a pas eu de véritable, il n'y a pas un père, il n'a pas été un enseignant, il était un maître, il était un guide, un modèle, et il n'a pas été un véritable révélateur comme l'a été Moïse, Jésus ou Mahomet. Ça, c'est, il ne fait pas partie de cette série. Mais au fil des ans, au fil des temps, se sont agglutinés un certain nombre de textes qui ont fini par constituer ce Corpus Hermeticum, sur lequel Festugière a travaillé. L'essentiel de famille, et ce sont des textes qui méritent encore d'être lus. Lorsque vous avez lu ces 2000 pages, vous avez brassé toute l'histoire de la philosophie grecque, depuis les présocratiques jusqu'à Plotin, et vous avez compris que la l'enseignement hermétique, c'est de la même importance, en dépit des apparences, c'est de la même importance que toutes ces choses que Festugière a brassées. Songez que le tome 2, "Le Dieu cosmique", commence par un très long chapitre où est consacrée, qui est consacré à une étude des "Mémorables" de Xénophon, c'est-à-dire à la personne de Socrate, qui est une des incarnations fondamentales de la philosophie grecque. Eh bien, on retrouve une partie de son enseignement encore plus hermétique, c'est certain. Tout le courant optimiste, auquel est consacré ce tome 2, 140 dans le Corpus Hermeticum, où est présent partout, sans arrêt, la renaissance, sans fils, de contempler le monde et de le trouver beau, et de l'aimer, et de le voir. Les deux valence du corpus que Festugière a mise en lumière, c'est-à-dire cette valence optimiste, cette valence pessimiste, sont des traits absolument fondamentaux de la pensée humaine. Donc, ne fût-ce que pour ça, je pense, le Corpus Hermeticum peut être lu par tout le monde, et tout le monde peut y trouver à tout moment quelque chose d'intéressant. Mais en même temps, résoudre, est-ce que ce n'est pas ce qui fait sa valeur, et je dirais même sa valeur aujourd'hui, c'est que quand vous le lisez, ça ne correspond pas à une église, ça ne correspond pas à un dogme en tant que tel. Ces derniers temps, il y a une immense liberté de pensée, je dirais, une incitation à penser, grande liberté, penser par soi-même. Mais l'hermétisme, depuis toujours, s'est mêlé avec d'autres courants pour créer d'autres choses. Il n'y a pas effectivement, c'est sa chambre, si aucun doute, il n'y a pas un clergé hermétique, tu es un pape hermétiste qui décide ce qui est bon ou pas bon. Ça n'a jamais existé. Mais il a existé des gens qui se sont nourris, qui d'Hermès, qui du corpus, qui d'un traité, qui d'un passage, c'est qu'ils ont exploré le monde à la lumière de ça. Je reviens mon cher Tycho Brahe, je suis absolument frappé par la quantité, si vous voulez, d'influences hermétiques que je trouve. Je dis, comment et sa vision globale du monde est entièrement préformée par l'hermétisme. Posément, est-ce que cela ne consiste pas souvent, je dirais, qu'au-delà des textes qu'on n'est pas forcé d'avoir lu, en demande, devrait étudier, travailler dans tous les détails, mais dans un certain nombre d'intuitions qui correspondent, je dirais, à des postures que l'on peut prendre vis-à-vis du monde, c'est-à-dire pour prendre le mot savant, une nouvelle transgresse et qui est correspond quand même à une des structures de l'humain. Oui, parce que la "Weltanschauung" hermétique est immensément riche. Donc, elle est susceptible de s'adapter à quantité de situations particulières, et quand même de vous à nous, de vous recentrer quand même dans une, dans une vision du monde plus globale. Vous n'empruntez pas qu'un morceau, même quand vous prenez ce qui est en haut et comme ce qui est en bas, vous n'en prenez pas que ce petit morceau là, il vous vient plein d'autres choses en même temps, et vous les découvrez par vous-même. C'est ça l'importance de l'hermétisme. Alors, après, bon, ben, mais maître lire, maître Eckhart, vous pouvez lire les grands mystiques allemands du début du XVIIème siècle, vous pouvez lire Meb, les écrits de Grosse Kreuz, vous allez trouver plein de plein de parallélismes, plein de rencontres. C'est le monde, c'est le monde spirituel tout simplement, sur lequel vous aurez mis les pieds, le droit comme vous voudrez, une forme et la tension sans plus. [Musique]