📱

Get Our Mobile App

Take your business learning on the go!

Download on the App StoreGet it on Google Play

J’ai enquêté sur l'enfer des FAKE NEWS 2.0

Chez Anatole21:01

Transcription

J'ai jamais bu une goutte d'alcool de ma vie. Jamais. Jamais. On est devenu tellement habitué au mensonges, aux fakes, on les remarque même plus.

Bonjour, votre collier est trop volumineux pour la boîte aux lettres. Choisissez un autre créneau en cliquant sur ce lien. J'ai cherché à comprendre ce qui se passe. J'ai donc enquêté et interviewé notamment deux personnes expertes du domaine. Il faut voir que tous les réseaux sociaux sont concernés. LinkedIn en est obligé de supprimer 120 millions de faux comptes par an et Facebook en supprime 4 milliards. Vous l'avez bien entendu, l'équivalent de la moitié de la population humaine chaque année. Et j'insiste, on va voir que la désinformation, ça se limite pas du tout qu'à Trump. Et aussi la désinformation, c'est pas uniquement les fake news, les faux comptes, parce qu'on va voir un autre danger qui semble bien plus grand pour l'accès aux informations. J'ai collecté les 10 choses essentielles à savoir sur la désinformation et en plus je vous ai mis un petit bonus.

Pour l'info numéro 1, petit quiz interactif. Question : est-ce que vous pensez être capable de faire le tri entre le vrai et le faux quand vous allez sur les réseaux sociaux ? Vous avez quatre options : Oui, tout à fait ; oui, plutôt ; non, plutôt pas ; non, pas du tout. Je vous laisse répondre dans votre tête. Et deuxième question : est-ce que vous pensez que la plupart des Français sont capables de faire ce tri entre le vrai et le faux ? Pareil, les mêmes quatre options, vous pouvez répondre dans votre tête. Ce sont exactement ces questions qui ont été posées dans ce sondage Ipsos de 2024 en France. Résultat, la majorité des Français se sentent plutôt confiant dans leur capacité à distinguer le vrai du faux. 74 % ont répondu une des deux options « oui », mais pour évaluer la perception des autres, il y a plus que 32 % qui ont répondu une des deux options « oui ». Conclusion, les Français se croient meilleurs que les autres Français. Il y a personne qui ne doute de sa capacité à démêler le vrai du faux.

Emma Cabalet fait de la recherche en IA et en sciences sociales numériques. Elle est actuellement au laboratoire de coopération humaine du MIT pour son parcours de fin d'étude le NS Paris saclé. Et c'est très intéressant quand tu fais des études, euh tu es des grandes enquêtes et tout le monde te dit : « Alors moi avant de reposter, euh de reposter un tweet, je vérifie avec trois sources différentes. » Non, tu ne fais pas ça. Sinon, il n'y aurait pas de problème de désinformation tout simplement. Donc attention à ne pas surestimer nos propres capacités à détecter les fausses informations. Ça nous joue beaucoup de tours comme on va le voir par la suite.

Conclusion numéro 1 : on surestime notre capacité à détecter les fake news. Voici le site This person does not exist. Littéralement, cette personne n'existe pas. Celle-là non plus. Celle-là non plus, et cetera, et cetera, et cetera. Le nom du modèle IA est cité en bas à droite. Je vous laisse quelques secondes sur un visage si vous voulez essayer de voir les détails. Donc pour les photos, je n'arrive plus à détecter le faux. Je pense que vous non plus. Mais déjà en 2023, des fausses photos, d'une qualité, il faut dire assez moyenne, de Donald Trump se faisant arrêter, avaient fait le tour du monde. Pourtant, on repère assez vite le style de l'IA détourné. La même année, voici la sortie du premier deep fake, donc le vidéo généré par IA de Will Smith mangeant des spaghettis. Donc ça c'était en 2023 et maintenant en 2025. Regardez les progrès faits en seulement 2 ans. Bon peut-être qu'on peut encore détecter un peu, mais dans 6 mois ou 1 an, je pense que c'est foutu. Il y avait un mème qui circulait qui était un petit peu rigolo sur : « C'est bien parce qu'il y a de moins en moins de deep fake qui circulent en ce moment. » En fait, tu réalises que c'est juste qu'il y a de plus en plus de deep fake qui circulent en ce moment, mais qui sont juste de mieux en mieux faits. Bah c'est juste que tu ne les vois plus. Donc pour tout ce qui est image, son, vidéo, on peut quasiment plus se fier à nos sens.

Bref, numéro 2 : les deep fake sont de plus en plus difficiles à détecter. Voici l'histoire d'Andrew Wakefield. En 1998, il publie une étude qui affirme un lien entre le vaccin ROR, Rougeole, Rubéole, Oreillons, et l'autisme. L'étude repose sur seulement 12 personnes sans groupe de contrôle. Mais le problème c'est que cette étude est reprise en masse par les médias et certains politiques. Le ministère de la santé japonais suspend ses recommandations vaccinales et 100 000 Américains refusent de faire vacciner leurs enfants. Une enquête a lieu et on se rend compte que Wakefield avait été rémunéré par un avocat pour alimenter un procès contre des fabricants de vaccin. Conflit d'intérêt majeur non déclaré, Wakefield est radié à vie. Ce n'est qu'en 2014, donc 16 ans plus tard, que cette métaanalyse croise les données médicales de cinq études différentes sur plus d'1,5 million d'enfants. Conclusion : les vaccinations ne sont pas associées au développement de l'autisme. Très bonne nouvelle donc, mais le mal avait déjà été fait par Wakefield depuis des années. C'est très compliqué une fois qu'on s'est fait une opinion sur quelque chose, sur un mensonge, une fake news, de dire : « Ah attention, c'est pas vrai, il faut rétropédaler, aller en arrière pour des questions de soit psychologie humaine, soit des moyens humains où c'est impossible de faire asseoir un médecin en face de chaque personne qui croit pas au vaccin pour expliquer pourquoi non, c'est utile et ça est important. » C'est un exemple parfait de la loi de Brandolini tirée de ce tweet de 2013 : « La quantité d'énergie nécessaire pour réfuter une connerie est supérieure d'un ordre de grandeur à celle nécessaire pour la produire. » Et on a donc numéro 3 : la désinformation a toujours de l'avance.

Voici deux infos. Laquelle est vraie ? Laquelle est fausse ? Numéro 1 : les horloges dans les gares sont en avance pour ne pas que les gens soient en retard pour leur train. Numéro 2 : les patients subissant une intervention chirurgicale en Afrique ont deux fois plus de risque de mourir que dans les autres pays. Vous pouvez mettre sur pause si vous voulez réfléchir, je vous donne les réponses tout de suite. La 1 est fausse et la 2 est malheureusement vraie. Mais surtout ces questions, je ne vous les ai pas posées au hasard. Non, elles proviennent d'un quiz posé dans quatre pays différents dont la France avec plein d'informations vraies et d'autres fausses. Résultat, les citoyens français font preuve d'une plus grande capacité à détecter les vraies informations des fausses que les Britanniques, les Américains ou les Indiens. Non seulement ça, mais aussi lorsque les individus ressentent des émotions positives par rapport à un titre, ils sont plus susceptibles de considérer ça comme vrai. Et en France, ce biais est moins présent qu'aux États-Unis ou en Inde. Donc, on est meilleurs que d'autres, mais attention à ne pas crier victoire vite d'après un autre sondage Ipsos. Pour savoir si un fait est vrai ou faux scientifiquement, 40 % des Français font plus confiance à leur expérience personnelle qu'aux explications des scientifiques.

On retient donc numéro 4 : les Français détectent mieux les fake news que d'autres pays et je suis aussi conférencier en sciences et en environnement. Donc pour une conférence dans votre asso, votre université, votre entreprise, contactez-moi. Mon mail est ici et en description avec mon site.

On est en 1835. Le journal The Sun publie un article dévoilant que de la vie a été découverte sur la Lune. Cette histoire fascine le public, fait exploser les ventes avant qu'on ne comprenne que tout ça est en fait faux. Ce faux coup devient l'un des grands exemples de première désinformation médiatique à grande échelle. On est maintenant en 1897. Les journaux annoncent la mort de l'écrivain Mark Twain. Là encore, c'est totalement faux. Et quand un journaliste lui demande de commenter, Mark Twain répond avec humour : « La rumeur sur ma mort a été une exagération. » Donc les fake news ont toujours existé. C'est pas un phénomène nouveau. Il y a plein d'autres exemples de désinformations dans l'histoire, notamment des propagandes pour faire entrer un pays en guerre et cetera. Mais s'il faut retenir trois dates sur les fake news, c'est déjà 1450, invention de l'imprimerie qui a permis aux nouvelles, vraies comme fausses, de se répandre plus rapidement que jamais. Ensuite 1983, naissance d'Internet, Internet qui a amplifié largement ce phénomène. Et enfin 2017, l'année où l'expression fake news a été popularisée, Donald Trump la tweetant plus de 150 fois en un an. À voir si une nouvelle date proche va entrer dans l'histoire, date à laquelle plus aucun œil humain n'est capable de détecter si une vidéo est vraie ou fausse.

À garder en tête aussi ce sondage en France : on demande si les images montrant les Américains sur la Lune sont fausses si elles ont été tournées dans un studio. Alors 62 % donnent la bonne réponse, mais 11 % disent que oui, ça a été tourné dans un studio et aussi 27 % ne se prononcent pas, sont dans le doute. Je vous recommande à ce propos le documentaire « Sur la fabrique de l'ignorance », sur par exemple comment les fabricants de cigarettes ont essayé de semer le doute sur les impacts de fumer sur la santé. Idem pour les entreprises les plus polluantes pour leur impact sur le climat, le but c'était pas de convaincre que le changement climatique n'existe pas. Non, c'était plutôt d'instaurer un doute et le doute, c'est suffisant pour qu'il n'y ait pas de passage à l'action au niveau mondial. Je pense qu'il y a un peu un danger à réduire les choses aux fake news. Parfois, c'est juste des informations trompeuses, des cadrages qui font que ça peut conduire ensuite à des décisions politiques mal informées au moins, voir potentiellement contre-productives.

Les Enguyen Hong, vous le connaissez sûrement grâce à son excellente chaîne de vulgarisation Science for all. C'est un chercheur passionné notamment par la cybersécurité, la sécurité de l'IA ou encore par la diffusion des informations.

Conclusion numéro 5 : les fake news ont toujours existé mais Internet les amplifie. Il y a deux choses qui peuvent rendre un contenu viral. Si tu veux, tu as deux gros facteurs de la viralité : un, c'est la manière dont les algorithmes ont été conçus et de la psychologie humaine et comment enfin et nos biais cognitifs de comment est-ce qu'on répond à des informations un peu sensationnelles. Pour pouvoir l'étudier en recherche, je suis très vite allé dans des labos qui sont interdisciplinaires avec à la fois des informaticiens mais aussi des gens en psychologie, en sciences politiques et qui sont obligés de travailler tous ensemble sur ces questions-là. Et ça, je trouve que c'est passionnant. Pour les experts en algorithme, il y a notamment les IA de recommandation. Euh c'est vraiment les interlocuteurs les plus fréquents de l'espèce humaine. C'est c'est assez fou de se dire ça, mais la plupart du temps, un humain communique avec un smartphone et via des applications. Les mouvements faciles avec le téléphone, c'est le clic, le swipe et le scroll. Et à chaque fois qu'on fait ces actions, on parle à une IA de recommandation. En fait, on lui demande de nous recommander des contenus. Et donc en fait, il va avoir du coup une intelligence artificielle extrêmement sophistiquée avec des des centaines de milliards de dollars d'investissement chaque année. Vraiment ces IA, elles font du profilage psychologique pour essayer de comprendre qu'est-ce qui nous fait euh réagir, qu'est-ce qui fait qu'on reste plus longtemps sur ces plateformes, à quelle heure, en fonction de quel contexte dans lequel on est. En utilisant toutes ces informations, ces IA vont ensuite choisir les informations auxquelles on est exposé. Et sur les biais cognitifs, il y a notamment Albert Moubert, chercheur en neurosciences cognitives. Pourquoi est-ce que notre cerveau est attiré à ce point par les fake news ? Alors, notre cerveau est attiré par les explications. En fait, les fake news souvent sont des explications qui sont soit émotionnelles, soit qui jouent sur les peurs. Et si quelqu'un peut nous dire « on sait pourquoi », ça a des vertus rassurantes. Pour des raisons évolutionnistes, on peut vraiment remonter dans le temps. Pourquoi ? On a une appétence pour les stimulus plus émotionnels parce que l'émotion aussi à la base a pour rôle de communication sociale. Et donc les fake news ont ce ce cet avantage de pouvoir expliquer d'une manière très simple mais qui donne une couche de complexité à des sujets qui sont souvent en l'occurrence très complexes. Une démocratie est très forte quand on est dans des désaccords d'opinion. Le problème aujourd'hui c'est qu'on est dans des désaccords de fait. Donc quand ce socle commun de réalité s'effrite, ce n'est plus vraiment un débat, c'est un monologue. Et ça ça polarise des opinions, ça polarise une société et du coup la démocratie euh est affaiblie.

En résumé numéro 6 : la propagation est amplifiée par les algos exploitant nos biais cognitifs.

Réchauffement climatique, décryptage d'une arnaque mondiale. Cette vidéo de la chaîne Le Raptor a fait près d'un million de vues sans aucune source donnée et a dû être débunké des dizaines de fois par Le Réveilleur, par Bonpote et plein d'autres. Encore un très bon exemple de la loi de Brandolini. Alors oui, quand on pense fake news, on pense d'abord aux réseaux sociaux et à raison parce qu'il y a pas vraiment de contrôle. Mais il faut garder en tête que la désinformation peut venir de partout : des entreprises, par exemple, j'ai déjà fait une vidéo « Les sept péchés capitaux du greenwashing » pour les entreprises qui se disent vertes et coresponsables. Ça peut venir aussi des médias. Résultat d'une enquête : la désinformation climatique prospère dans une partie des médias audiovisuels français. Sud Radio est le média le plus concerné représentant à lui seul 31 % des cas de désinformation climatique devant CNews, LCI, RMC, BFMTV et Euronews. Ça peut venir aussi des politiques. Bon, ça je vous apprends rien. Quelle indignité. Et ça peut venir aussi des États. Et il faut noter que 85 % des séquences d'informations fausses ou trompeuses émanent de médias privés et non publics. Et cette étude provient des ONG Data for Good, QuotaClimat et Science Feedback. Je pense pas que le vrai soit moins important parce que je pense qu'il y a il y a une recherche de la vérité peut-être encore plus importante maintenant que ce qu'elle avait pu être 15 ans auparavant. Le vrai est devenu tellement important que chacun veut trouver son vrai à soi et on s'y perd un petit peu sur quelles sont les informations à à garder ou à éliminer. Mais il y a une volonté de : je veux arriver à trouver ma manière à moi de percevoir mon monde et de voir quels sont les arcs narratifs qui correspondent à ma manière d'aborder le monde et qui me donnent surtout des règles de comment est-ce qu'il faut que je me comporte et quelles sont les opinions que je suis censé avoir par rapport à certains sujets.

On a donc numéro 7 : la désinformation peut venir de partout, l'air de la post-vérité.

Cette étude toute récente, 2025, a analysé 32 millions de tweets de parlementaires dans 26 pays différents. Le but ? Examiner le lien entre le parti politique, surtout gauche droite, et la diffusion de la désinformation. Alors comment ils ont fait ? Les chercheurs ont collecté les liens URL partagés par les parlementaires et ont ensuite analysé la fiabilité des sources grâce à des bases de données externes comme Media Bias ou FactCheck. Voici le résultat. Conclusion : on observe que plus un parti est de droite, plus le score de véracité est faible. Alors, c'est une tendance, c'est pas une vérité générale. Il y a des partis de droite qui diffusent moins de fake news que d'autres partis de gauche. Mais pour l'extrême droite, on voit que c'est encore plus criant et c'est d'ailleurs la conclusion. En utilisant une analyse à plusieurs niveaux et dans plusieurs pays, nous constatons que le populisme de droite radicale est le facteur le plus déterminant de la propension à diffuser des informations erronées.

Conclusion numéro 8 : les partis de droite ont davantage tendance à diffuser des fake news.

On en arrive au point central de cette vidéo. Est-ce que vous reconnaissez ces deux personnes ? Ce sont les deux généraux qui conduisent le Soudan à une guerre civile depuis 2023. Est-ce que vous pouvez me citer leur nom ? Et dernière question : est-ce que vous savez pourquoi cette guerre civile a été déclenchée ? Pour être tout à fait honnête, j'aurais pas pu répondre à ces questions et pourtant, c'est une guerre qui a fait 150 000 morts et plus de 12 millions de déplacés. Alors que bon, Poutine, Zelensky, eux, je suis sûr que vous les reconnaissez. Certaines informations passent à la trappe. Qu'elles soient cachées par un flot d'information d'info vraie ou d'info fausses, mais cachées sous le tapis. Ce sont les mute news, les informations qui sont mises en sourdine. 9 août 2021, le premier volet du rapport du GIEC sur le climat sort. Le lendemain, Messi signe au PSG. Résultat du 9 au 16 août 2021 : Messi est mentionné dans 5,18 fois plus d'articles que le GIEC au cours de la même période. Ça c'est en France d'après la Fondation Descartes. Le concept de mute news est mis en avant par les GIEC eux-mêmes. Je pense être devenu, ouais, le le principal distributeur de ce terme, en tout cas un des grands distributeurs. Et si vous n'en aviez pas entendu parler avant, c'est parce que d'après les GIEC, le terme mute news est lui-même une mute news. Une autre mute news, c'est la notion même de mute news, c'est qu'on se rend pas compte de l'importance de ce qui n'a pas été propagé. Et donc typiquement, ça va conduire beaucoup d'investissements sur le combattre les fake news avec beaucoup de debunking, ce genre de choses, mais il y a beaucoup moins d'investissement, notamment public, point au niveau de la recherche, au niveau des institutions, l'ARCOM par exemple, ou au niveau de la régulation, si on regarde le DSA, ce genre de choses, il y a beaucoup plus d'attention sur combattre ce qui va pas et très peu d'attention et très très peu de moyens pour combattre le problème des mute news. Et encore une fois, on voit à quel point nos biais cognitifs jouent. On aime le spectaculaire. Souvenez-vous de l'implosion du sous-marin Titan en 2023. Tout le monde en a parlé : médias, journaux, radio, télé, réseaux sociaux, YouTube, TikTok, partout. On s'imagine à la place des gens dans le sous-marin alors que quand on voit un graphique sur l'effondrement de la biodiversité, ça nous parle moins et donc on en parle moins. Et tous ces sujets qui sont mis en sourdine, c'est absolument catastrophique pour notre accès aux informations et à la compréhension de ce qui nous entoure. Et se poser un peu plus la question de quel est ce choix de sujet d'attention, c'est vraiment très très important. Ça m'arrive très souvent de de chercher à m'extraire d'un sujet de discussion. On parle beaucoup des IA génératives. Enfin, non pas que c'est pas inintéressant, mais je trouve qu'il y a trop d'attention à donner aux IA génératives et j'essaie souvent de m'extraire de de ce sujet et de le remplacer par un autre sujet que je considère être plus important.

On a donc numéro 9 : les mute news peuvent être encore plus dangereuses que les fake news.

Voici un graphique produit dans quatre pays. On voit l'évolution de l'idéologie politique des 18-24 ans en Corée du Sud, aux États-Unis, en Allemagne et au Royaume-Uni. Ce qu'on voit est très clair : les jeunes hommes ont tendance à être de plus en plus conservateurs et les jeunes femmes de plus en plus libérales dans tous ces pays. Et surtout la différence arrivée depuis les années 2010 correspond aussi à l'apparition et l'utilisation massive des réseaux sociaux. Une corrélation, ça veut pas forcément dire qu'il y a une relation de cause à effet, mais d'après plusieurs autres recherches, c'est justement ces différentes bulles d'accès aux informations différentes dans ce qui intéresse les sujets plutôt masculins et féminins qui pourrait être l'explication principale de ce phénomène. On voit donc que tous ces sujets ont des conséquences qui sont politiques ou là encore on voit qui sont géopolitiques qui peuvent être assez dramatiques.

Autre exemple et là je vous le fais sous forme de quiz : à votre avis, en France, quel est le pourcentage de la population qui est immigrée, donc qui est née dans un autre pays et qui vit maintenant en France ? Alors, je vous laisse essayer de trouver le pourcentage dans votre tête. Voici la réponse : les Français pensent en moyenne qu'ils sont 25 %, alors qu'en réalité, ils sont seulement 13 %. Mais surtout, ce qu'on voit là, c'est que dans la quasi-totalité des pays, il y a une surestimation du nombre d'immigrés. On comprend donc rien qu'avec ces deux exemples que les conséquences de l'accès aux informations, des fake news, des mute news peuvent avoir des conséquences politiques ou même comme ici géopolitiques.

On a donc vu numéro 10 : les conséquences géopolitiques peuvent être gigantesques.

Allez, en bonus, je vous donne quelques trucs possibles pour vérifier une info. Déjà, vous pouvez faire une recherche Google image inversée. Donc, si vous ne savez pas d'où provient une image, vous pouvez vérifier si elle vient de Twitter ou bien d'un article. Un autre site dont j'aime l'idée, c'est Ground News. C'est pour repérer si sur un sujet les infos viennent surtout de la gauche ou de la droite pour voir s'il y a des angles morts. Bon, c'est surtout pour les journaux américains, mais ce serait bien d'avoir les mêmes choses au niveau mondial. Vous avez aussi le site Our World in Data qui est un agrégateur des meilleures données scientifiques pour voir aussi si on a des informations erronées sur l'état du monde. Bon, Our World in Data, je vous en parle quasiment à chaque vidéo. C'est mon site préféré, je pense que vous le connaissez maintenant. Et un site que j'adore aussi, c'est Consensus. Comme son nom l'indique, ça fait le consensus de tous les articles scientifiques sur...

Un sujet. Vous pouvez mettre une question. Donc, par exemple là, il propose "Does exercise improve cognition ?" Est-ce que l'exercice physique augmente les capacités intellectuelles ? Et voilà, vous avez la réponse. Et là, vous pouvez observer s'il y a un consensus scientifique avec le pourcentage d'articles qui disent que plutôt oui, plutôt non, ou plutôt il faut plus de recherche pour arriver à une réponse.

Et ensuite, vous pouvez aussi filtrer les articles scientifiques en fonction de si ce sont des métaanalyses. Vous pouvez aussi les filtrer par date pour avoir les plus récentes, et à chaque fois ça va vous redonner le consensus scientifique avec ces filtres. C'est comme un site Airbnb, mais pour avoir le consensus scientifique au lieu d'avoir un consensus sur le meilleur logement.

Et enfin, on va pas aller sur tous ces sites à chaque fois qu'on va avoir une information. Donc, il y a cette infographie que j'aime beaucoup : 10 astuces pour repérer les fake news. 1, méfiez-vous du bouche-à-oreille. 2, regardez au-delà du titre. Ensuite, identifiez la source de l'information. Méfiez-vous des arguments d'autorité. Ne partagez pas parce qu'on vous le demande. Écoutez vos émotions. Lisez les commentaires. Remontez à la source de l'information. Croisez plusieurs sources et questionnez un ou une spécialiste.

Tout ça, ce sont des solutions individuelles, mais il y a aussi des solutions collectives. Il y a un rôle en matière d'éducation où, maintenant, ça doit faire partie de ce qu'on enseigne à l'école. Avoir une petite apartée sur la désinformation, mais c'est important parce que c'est quelque chose dans lequel on est confronté au quotidien et que les générations à venir vont continuer à être confrontées à ça.

Et ça, ça marche pour la désinformation, les fake news, mais pour les mute news peut-être un peu moins, comme les l'expliquent. Je suis d'accord. Je pense que c'est c'est vraiment beaucoup plus difficile de combattre les MS et euh d'une certaine manière, il faut il faut changer notre écosystème informationnel pour qu'on valorise beaucoup plus les M news. Et je pense que c'est un changement très profond, cognitif chez chacun d'entre nous. Le réflexe de se dire "Je viens de voir une information, mais quelles sont les informations qui ne m'ont pas été montrées ?"

Je pense qu'il faut collaborativement valoriser les contenus qui parlent des mute news. Typiquement, pour nous l'association, c'est vraiment passer par une plateforme qui permettrait aux gens de voter d'une certaine manière sur quels sont les contenus qui sont le plus des mute news et contenus importants qu'il faut beaucoup plus recommander. Là, tu vas peut-être venir, mais bon, le projet Tournesol exactement l'un des objectifs centraux de de la plateforme.

Et en bonus positif, les solutions individuelles et collectives existent et sont efficaces. Voilà, j'allais oublier : cette vidéo vous a plu, abonnez-vous, il y en a plein d'autres qui arrivent. La prochaine, c'est sur pourquoi tout le monde se met à courir. J'espère qu'elle vous plaira. Abonnez-vous. Dans cette vidéo, on a vu un danger de Lia sur les algorithmes de recommandation. Si vous voulez une vidéo qui explique tous les dangers en 25 minutes, vous pouvez juste cliquer ici, et je vous dis à très bientôt. [Musique]