Transcription
Bonjour et bienvenue aujourd'hui dans cette vidéo dans laquelle on va parler de la Russie, de l'économie russe et surtout des sanctions qui ont été appliquées contre ce pays et de leur effet aujourd'hui. Pour ça, on a mon ami Cyprien. Bonjour.
Salut Xavier. Ça va ? Qu'est-ce que tu fais Cyprien pour l'économie russe ? Moi je suis économiste, je travaille un peu sur l'économie russe et je suis chercheur associé au centre de recherche de la gendarmerie nationale.
Excellent. Alors d'abord quand on a lancé ces on a combien ? 20 paquets de sanctions là. C'est ça exactement. 20 paquets de sanctions européens. C'est quoi notre objectif ? Qu'est-ce qu'on a cherché à faire ? c'est faire s'effondrer économiquement la Russie, lui nuire dans sa capacité à conduire sa guerre. En fait, c'est vrai qu'il y a certains hommes politiques qui ont communiqué au début sur le fait que les sanctions allaient provoquer un effondrement de l'économie russe. Mais à mon sens, c'était erroné. Céit c'est pas l'objectif principal des sanctions. Puis d'ailleurs, forcé de constater que l'économie russe, elle s'est pas effondrée. Mais si elle s'est pas effondrée, c'est parce que sa production, elle est tirée par la base industrielle de défense. Ça on le voit clairement. Exactement. la BTD, on le voit clairement dans les chiffres sectoriels, c'est euh mois après mois, les les secteurs qui sont associés à la base industrielle de défense qui tire l'économie vers le haut. Mais malgré tout, il faut quand même souligner que l'économie russe là, elle commence à s'orrumer un peu. Là en 2025, la croissance, elle est à + 1 % seulement. Comte c'est une chute par rapport à 2023 et 2024, elle était à + 4,1 %. Ça c'est l'effet de la guerre et des sanctions. Sachant on va le rappeler que la Russie peut pas se comparer à nous parce que c'est un pays en voie de développement qui doit être en rattrapage qui devrait faire 4 % de moyenne comme le Kazakhstan, le Brésil.
Exactement. C'est ça. C'est une remarque très intéressante parce que il y a beaucoup de gens de comprusses sur les réseaux qui disent "Regardez la Russie, elle est beaucoup moins embêtée que nous. De quel droit on va critiquer la la croissance russe alors que nous-même on galère à atteindre 1 %." Mais oui, la la moyenne des pays en développement, des pays émergents, c'est à peu près plus 4 %. Et euh concernant la dette russe, euh si la Russie elle avait ne serait-ce que la moitié de la dette française, ces taux ils exploseraient parce que les investisseurs n'ont on peu confiance dans la Russie à rembourser sa dette. Alors que nous la France, on est à plus de je crois 115 120 %. Mais c'est pas très grave parce que derrière on a une base de une base industrielle, une économie une qualité de l'économie euh des produits qu'on exporte qui donne confiance aux investisseurs et puisement on emprunte à quelques pourcents et la Russie c'est autour de 17 à 20 selon les voilà c'est exactement ça et puis d'ailleurs le taux d'intérêt le taux directeur de la Banque de Russie il est à 14,5 % alors que l'inflation elle est que à 6 % enfin c'est c'est beaucoup 6 % mais le taux le taux directeur est vraiment très élevé pourquoi parce que la Russie c'est une c'est une économie émergente et donc pour ancrer la confiance des marchés, des consommateurs, des ménages et éviter une hyperinflation, elle est obligée d'avoir des taux très élevés et ça se répercute aussi sur les taux auxquels emprunte l'État russe.
Mais avant de continuer, j'ai une petite chose à vous dire. Vous savez quand j'analyse un conflit ou ici une situation économique, je m'intéresse pas simplement au gros titre. On va réellement dans la profondeur de la formation rechercher à la source les images, les rapports et les chiffres qu'on va pouvoir recouper. Et quand je conclus des partenariats professionnels ou alors que j'investis avec mon propre argent, je suis exactement la même démarche. Je reviens à la source. Par exemple, aujourd'hui, il y a énormément d'inflation en Europe. C'est-à-dire que sur le papier, votre livret a, il va générer quelques euros chaque année, sauf qu'en réalité, ces euros, ils sont moins forts que l'inflation et donc vous vous appuvrissez. L'un des outils que j'adore et que j'utilise réellement, c'est ce qu'on appelle le crowdlanding. C'est-à-dire que vous prêtez à une véritable entreprise européenne contre un intérêt et le prêt est adossé aux actifs de la société et les intérêts tombent chaque mois. La plateforme que j'ai disséqué, c'est MCLIARIR. Elle estse, elle est membre de l'organisation d'autorégulation polyregée sous la surveillance de la FINMA. J'ai pas regardé le rendement en premier. Je suis allé à l'audit là où pour un analyse se loge la confiance. Les emprunteurs sont contrôlés selon les règles suisses avant qu'un projet n'arrive sur la plateforme et pour chacun, j'ai ouvert le scoring, la garantie et la structuration juridique de l'opération et je les ai lu comme une image satellite. Ici, les intérêts, c'est pas une promesse d'avenir, c'est de l'argent qui est déjà versé et à la fin mai 2026, plus de 9 millions d'euros ont déjà été versés aux investisseurs. Le rendement cible des projets, il est de 15 % par an. Ça peut paraître beaucoup mais c'est parce que vous investissez dans l'économie réelle. Vous aidez réellement des entreprises qui ont gagné des contrats mais qui ont pas la liquidité pour pouvoir les financer qui vont pouvoir trouver ces liquidités qui vont vraiment pouvoir créer de la richesse, de la valeur et vous en récupérez une partie par ces prêts que vous conduisez auprès de ces entreprises. Et depuis que cette plateforme existe, il y a eu qu'un seul défaut d'une entreprise et la plateforme a quand même remboursé les investisseurs. Donc ne me croyez pas sur parole. Faites comme avec l'osit. Le lien est en commentaire à cette vidéo. Renseignez-vous. Ceci est un message informatif éducatif. Ce n'est pas un conseil d'investissement et nous on retourne à notre vidéo.
Donc ça veut dire que les fondamentaux de l'économie russe sont pas glorieux. Mais alors encore une fois, est-ce que c'est parce qu'ils investissent tout dans la guerre ou c'est parce que nos sanctions ont un effet ? Alors clairement, il y a en effet il y a Poutine qui décide de sacrifier l'économie civile pour allouer un maximum de ressources dans sa guerre. Les dépenses de militaires de la Russie, elles sont passées de 3,5 % du PIB euh en 2021 à 7,5 % en 2025. Donc c'est une hausse massive et forcément ça nuit à l'économie civile, ça dégrade la productivité, la compétitivité et ça relègue l'économie civile dans la concurrence internationale sur le moyen et le long terme. Donc c'est un choix de Vladimir Poutine mais c'est aussi un effet des sanctions qui viennent limiter les revenus pétrogaziers de la Russie qui bloquent l'accès direct aux technologies occidentales et et justement je voulais en venir aux trois principaux objectifs des sanctions. L'objectif numéro 1 des sanctions, c'est d'augmenter le coût de la guerre pour Poutine. En gros, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que Poutine, il sait que tant qu'il continue la guerre, bah il aura moins de revenus pérogaziier, il aura pas accès aux technologies occidentales de bonne qualité et il aura aussi il sera déconnecté du système financier international.
Mais alors typiquement sur ces trois exemples que tu donnes, on sait que la Russie contourne les sanctions. On sait par exemple que sur les missiles qui sont tirés aujourd'hui sur l'Ukraine, ils ont été produits il y a moins de 6 mois donc c'est tout récent et pourtant on trouve encore plus de 200 composants occidentaux dans chaque missile qui H1 qui est tiré sur l'Ukraine. Donc ils arrivent quand même à les contourner.
Ouais exactement. Ils arrivent à les contourner mais ça veut pas dire que les sanctions ne fonctionnent pas. Et ça c'est le deuxième objectif des sanctions, c'est qu'en fait ça renchérit considérablement euh le coût euh de euh des des composants qui importent la Russie. gr so elle va réussir quand même par des circuitsourter des composants occidentaux mais ça va coûter plus cher parce que il faut payer quand même une voie logistique qui est plus plus longue plus difficile d'accès. Il faut rechercher des intermédiaires qui sont prêts à assumer le risque de donc il s'expose aux sanctions secondaires américaines. Donc c'est beaucoup plus coûteux pour la Russie et quand elle arrive pas à accéder à ses composants occidentaux elle va apporter des composants chinois d'une d'une qualité bien inférieure. Par exemple, juste un exemple, Huawei a cherché, enfin la Russie a demandé à Huawei de remplacer les semi-conducteurs avancés de de l'Amérique Nvidia et il y a un quotidien coréen qui nous dit que le taux de défaillance, il était de 80 %. Donc voilà.
Exactement. Et tu avais fait une émission récemment avec Marianne où tu t'expliquais que les drones russes, ils avaient un taux de réussite largement inférieur aux drones ukrainien. Donc le taux de réussite que tu avais mentionné c'était 40 % pour les Ukrainiens et seulement de 10 % pour les Russes. Alors ça s'explique effectivement par le fait que les défenses anti-arène ukrainienne sont performantes mais aussi parce que les défenses anti-arène russes sont moins performantes que les Ukrainiennes et que les drones russes aussi. que ce soit les semi-conducteurs utilisés pour fabriquer les drones russes ou les connecteurs électriques, ils sont soit déjà usagés parce que la Russie la Russie n'arrive pas à se procurer euh en neuf, soit c'est euh des composants chinois de moindre qualité.
Donc là, ça veut dire que un les systèmes qu'ils arrivent à obtenir, ils les payent plus cher. Voilà. Deux, ils ont pas le volume qu'ils souhaitent. Exactement. Donc c'est dire que les Russes pourraient tirer deux trois quatre fois plus de missiles s'ils avaient accès à tous les composants qu'ils souhaitent obtenir à l'étranger. Donc ça c'est déjà une double victoire.
C'est ça. Et tu dis que les Chinois cherchent à compenser ou à ça qu'apparaît un marché parce qu'ils sont devenus monopolistiques finalement sur la Russie.
Quasiment. Ouais. OK. C'est pas la qualité qui était attendue mais est-ce qu'au moins le fameux partenariat des BCS et cetera, est-ce que les Chinois cherchent à piéger les Russes dans une NAS parce qu'ils sont monopoles ou alors quand même c'est un vrai partenariat ?
Alors non, c'est vraiment pour moi c'est pas un vrai partenariat, c'est un partenariat déséquilibré et j'en viens justement au troisème objectif des sanctions, c'est d'isoler la la Russie. c'est de la forcer à se tourner vers un nombre restreint de partenaires. Donc elle perd en capacité de négociation et si la Russie elle est isolée, ça veut dire qu'elle est plus faible. Et alors le fait qu'elle soit plus faible, ça c'est c'est intéressant pour les occidentaux et pour l'Ukraine comme on l'a dit, elle va payer une surcôte sur les produits qu'elle importe. Il y a une étude intéressante de la Banque de Finlande de novembre 2025 qui explique que la Chine, elle vend à plus 90 % les produits sous sanction à la Russie. Donc euh ah le même produit quand il est vendu en France ou en Russie, c'est 90 % de tax.
C'est ça exactement. En fait, on peut aussi parler du financement. Euh euh certains nous expliquent que euh même si la Russie n'a pas les devises pour payer la Chine, c'est pas grave parce que la Chine, elle elle est prête à troc à prêter. Ouais, ça les banques chinoises ne veulent pas prêter à la Russie parce qu'elles ont peur des sanctions secondaires occidentales. Donc, il y a aussi un problème d'accès au financement chinois. La Chine rechigne à prêter à la Russie. Et alors accessoirement avec la guerre en Iran, on a vu que les Émirats, le Qatar, la Turquie, tous ces pays qui aidaient la Russie à contourner les sanctions, ils ont découvert que ils se prenaient des composants que eux-mêmes avaient aidé la Russie à contourner. Donc je pense que ces pays, ils vont aussi assécher la pompe et que la Russie va se retrouver encore plus en difficulté dans son approvisionnement.
Il y a un élément super important euh qu'on a pas réellement évoqué pour l'instant, c'est le pétrole et le gaz. Les sanctions qu'on a appliqué. Alors, c'est différentes catégories. Déjà, on arrête d'en acheter nous-même, mais on impose aux autres pays d'acheter le pétrole russe moins cher. Comment ça marche ?
Donc effectivement, tu l'as mentionné, d'abord, il y a eu un embargo européen qui fait que on a arrêté d'importer 90 % du pétrole russe. Il y a une exception pour la Hongrie et la Roumanie qui sont isolés. Mais voilà, sinon globalement l'Europe a arrêté d'importer du pétrole russe. Donc c'estàd qu'en fait la Russie pour écouler son pétrole, elle s'est tournée vers l'Inde, vers la Turquie, vers la Chine et du coup elle perdait en pouvoir de négociation et c'est ce que je disais sur le troisème objectif des sanctions qui est d'affaiblir diplomatiquement la Russie. En fait, elle est obligée d'écouler son pétrole avec une décôte qui a pu atteindre 30 % par rapport au baril de Brent qui est le baril de la mer du Nord qui est le baril de référence internationale. Donc ça c'est l'embargo. Après il y a le Price Cap qui fonctionne qui fonctionnait surtout au début. Le Price Cap qui au départ était fixé à 60 dollars puis est descendu plus bas. En fait, c'est si la Russie utilisait des services occidentaux, par exemple du fret maritime, des assurances maritimes, des flit managers et cetera et cetera pour exporter son pétrole, elle avait le droit d'utiliser les services occidentaux mais seulement si le pétrole était vendu à moins du de 60 dollars au départ, ensuite il se passait, je crois, à 47,5 dollars. En tout cas, ça a baissé. Euh après, elle s'est constituée une Shadow Flit, une flotte fantôme. Alors là encore, on dit oui du coup elle arrive à contourner mais ça a été extrêmement coûteux pour la Russie de se constituer une flotte fantôme, de racheter des tankers de dizaines de milliards de dollars d'achat de bateau pour exctement. Ouais. Et ensuite faut les exploiter et puis il faut les protéger. Et puis il faut pas oublier que quand la Russie euh elle utilise sa Shadow Fit, ça veut dire qu'elle utilise aussi des assureurs qui ne sont pas occidentaux, mais ces assureurs, ils ont peur des sanctions des sanctions américaines et donc ils ils imposent à la Russie une prime de risque. Et c'est ce qui est très intéressant, c'est que depuis fin 2023, les États-Unis ont commencé à imposer des sanctions secondaires. Ils ont sanctionné des bateaux, des managers de flotte et cetera. Et donc tout ce petit monde là parallèle non occidental qui servait le pétrole russe en fait ils assument un risque plus important parce qu'en fait c'est très grave d'être inscrit sur la liste SDN la liste des sanctions américaines parce qu'ils sont déconnectés du marché américain, ils peuvent pas utiliser le dollar ils peuvent pas ouvrir avoir un compte bancaire aux États-Unis. Donc c'est c'est c'est vraiment très grave pour eux et donc ils impôtent des prix.
Sach va peut-être le préciser que dès qu'il y a un contrat international, il est libéré en dollar. Donc si vous pouvez plus utiliser le dollar. Et puis les boîtes qui produisent du pétrole s'ils peuvent plus acheter euh technique, s'ils peuvent plus acheter des systèmes pour creuser, pour forer, s'ils peuvent plus acheter des bateaux. Ouais, c'est la merde.
C'est ça exactement. C'est un peu c'est l'arme les sanctions secondaires, c'est l'arme atomique pour dissuader en fait euh euh ces opérateurs de servir la Russie et les exportation de pétrole. Et donc la Russie, elle arrive quand même à écouler en volume son pétrole mais avec des primes de risque qui sont qui sont élevées. Et et c'est pareil avec ce qu'on a vu hier avec l'arraisonnement du bateau. les États européens, les marines européennes, la marine française. Donc c'est arrivé quatre fois. On arraisonne un bateau de la flotte fantôme que ensuite on le rapatrie dans un port pour le contrôler. On lui impose des amendes et surtout aussi on dévoile au qui sont les opérateurs qui sont associés à ce bateau qui peuvent eux-mêmes être sanctionnés. On augmente alors on augmente déjà on les les délais de livraison. La Russie peut payer des pénalités. Donc on augmente les coûts logistiques dollars par jour. Voilà, exactement. Donc il y a il y a ces pénalités là, il y a les amendes imposées et puis il y a aussi tous ces opérateurs de la Shadow Flit associés à la Shadow Flit qui qui se voit qui qui encourai donc ils augmentent la prime de risque qu'ils imposent à la Russie et plus la prime de risque elle est importante plus la Russie elle doit décoter son pétrole pour compenser le prix final livré à l'acheteur qui lui est fixé par le marché.
Mais là, est-ce qu'on a un ordre d'idée du manque à gagner qui ont représenté ces sanctions sur le pétrogaz depuis le début du coup ? C'est des dizaines de milliards, des centaines de milliards de c'est des euh c'est des dizaines de milliards. En fait, c'est difficile à estimer parce que ça dépend des volumes, ça dépend euh des prix en fait. Même en terme de décotes, il y a différentes sources. C'est pas la même descôte à l'est de la Russie que en Inde. Il faut même reconnaître que pendant la guerre en Iran, la Russie, elle a bénéficié d'une surcôte en Inde. Il y avait tellement un tel déficit de pétrole, une telle peur de manquer de manquer qu'en fait les Indiens étaient prêt à payer une surcôte à la Russie. Alors c'était très ponctuel et c'est très difficile à estimer mais lors de grandeur c'est des dizaines de milliards.
Mais la guerre parce que alors au début de l'année, normalement la Russie devait renoncer à une augmentation de son budget militaire et puis quand Trump a eu la bonne idée d'envahir l'Iran, la Russie s'est dit bah finalement je n'annule pas ma hausse du budget. Donc ça a quand même donné une petite bouffée d'air à la Russie qui était exangle économiquement et ça lui a donné quelques mois de surcis, j'ai envie de dire économiquement. Donc en fait là, on revient un peu sur la conjoncture russe. La la croissance au premer trimestre euh 2026 du Russie, elle a elle est négative, elle est à - 0,2 % et ce malgré euh le coup de pouce du mois de mars qui effectivement a permis de relancer la croissance. Mais en janvier-février, c'était - 1,8 % alors c'est en glissement annuel, c'est par rapport à la même période de l'année dernière. Mais si on malgré l'Iran au premier trimestre, la croissance, elle est négative. Et le ministre, le ministère de l'économie russe en mai a revu nettement à la baisse ses prévisions de croissance. Il prévoit une croissance seulement de plus 0,4 % en 2026 malgré l'Iran. Donc oui, l'Iran c'est un surcis, on peut dire que c'est un surcis. Ça va pas relancer la croissance à 3 %. Depuis 2023, la croissance, elle est en baisse 4,1 % 1 % et là on sera s'attend à 0,4 % en 2026. C'est l'effet de la guerre, c'est l'effet des sanctions et la guerre d'Iran, elle finira bien par se finir.
Bien sûr, bien sûr. Le plutôt possible parce que ça fera du mal à la Russie et ça nous fera du bien à nous. Double effet qui se co là, tu as évoqué beaucoup de dimensions différentes sur la guerre.
Ouais. Il y a pas mal d'économistes qui font des projections. Moi, on m'avait dit que 2e semestre 2025, la Russie au rythme qu'elle avait par le passé, elle était morte. Mais en fait, ils ont vendu leur stock d'or. Ils sont en train de s'épuiser économiquement. Là, il manque d'homme maintenant. On n'est plus capable de continuer à produire suffisamment. Ouais. Est-ce qu'il y a quand même des perspectives dans lesquelles on se dit là c'est bon, c'est pas possible de continuer, la population va se va se réveiller. C'est ça la limite ?
La limite à mon avis, c'est que la croissance russe en fait, elle risque de stagner aux alentours de 0 % parce que enfin si le complexe militaire-industriel a atteint euh son point de son son potentiel de croissance et donc euh peut croître seulement à des gains de productivité modestes parce que comme on l'a dit, comme la Russie a plus accès aux technologies occidentales, les gains de productivité, ils sont plus faibles. Donc la quand quand le potentiel de croissance aura été atteint par le complexe militaire industriel et que l'économie civile aura très peu de main d'œuvre parce que la main d'œuvre elle aura été absorbée par l'industrie de défense ou directement par la guerre fuange. Exactement. Euh alors j'ai pas de boule de cristal mais on se dirige quand même vers une croissance à soit négative. D'ailleurs, le député Souleiman euh Souleimmanov, pardon, a dit clairement que euh euh il s'attendait à ce que la poursuite de la guerre euh à ce que l'économie ne survive pas à la poursuite de la guerre. Et euh ça c'est un député russe, c'est ça.
Voilà, c'est ça exactement. Donc malgré le régime, voilà, il y a donc les voix commencent à s'élever euh et pareil, un mathématicien célèbre en Russie lors du forum économique de Moscou n'a pas hésité à dire queil s'attendait à une récession à deux chiffres. Donc euh la là ce que ce qui attend la Russie c'est clairement à cause de à court terme c'est une croissance à ton et même le FMI prévoit une croissance de seulement 1,1 % en 2026 et ça a probablement être vu à la baisse avec euh avec euh le la croissance négative au premier trimestre. Mais ce qui est surtout intéressant, pardon, c'est le fait que la Russie, elle sacrifie en fait son économie à long terme. Euh l'un des même avant la guerre, l'un des grands enjeux, c'était la diversification parce que la Russie, elle dépend trop du pétrole, trop du gaz et à l'époque de la transition écologique, ça peut être dramatique si jamais elle n'arrive pas à se diversifier. Et avec la guerre, évidemment, il y a que deux secteurs phare, c'est le secteur l'industrie de défense et le secteur pétrogazzi. Et là Poutine il sacrifie la il a manqué le grand rendez-vous de la diversification et et pendant ça fait depuis 4 ans que la guerre dure 4 ans que il est privé alors en tout cas de l'accès direct mais en partie des technologies occidentales et qui sacrifie son économie son économie civile et ça c'est des gains deation quand il y a des taux à 21 % au début de la guerre taux directeur de la banque centrale et maintenant à 14,5 % comment veux-tu investir quand une entreprise avec des taux aussi élevés. Est-ce qu'on va préciser dire qu'une banque va prêter à une entreprise à 14 % à peu près dans une économie en croissance à 1 %. Donc en fait les investissements ne seront jamais rentabilisés par une croissance éventuelle.
Voilà. Exactement. Il y a beaucoup de fight aussi. Ce qui est intéressant, j'ai trouvé le chiffre pour les auto-entrepreneurs. Le le nombre de fate en 2025, il était trois fois plus élevé qu'en 2023. C'est c'est une explosion. Et inversement, le nombre de créations d'entreprises, il a baissé de 20 % en 2025 par rapport à 2024 pour atteindre le point bas depuis 14 ans. Donc le tissu économique civil, on le voit, il est en plein dépérissement.
Ouais. Donc c'est une c'est une catastrophe pour l'économie civile russe. Et ben cerise sur le gâteau, les sanctions ukrainiennes. Voilà les sanctions ukrainienne en plus qui frappe sur tout ça. Quel est finalement est-ce que c'est pas un relais de sanction ? parce que nos sanctions, on a l'impression qu'on arrive à un plafond et finalement pour faire encore plus mal, bah c'est la destruction de l'outil productif et de la du financement de la guerre par l'Ukraine.
Ouais, c'est un superbe relais qui fonctionne très bien. Il y avait des débats il y a quelques au début de la guerre, on avait peur que ça provoque une panique des marchés, une explosion du baril de brut, mais en fait les quantités sont les quantités par rapport au marché global sont quand même sont quand même négligeables. Mais par contre pour la Russie, c'est un coup dur. Par exemple, en avril dernier, euh le prix euh du baril russe, il a augmenté de 20 %, mais grâce aux aux sanctions ukrainienne, donc au aux frappes d'ukrainiennes, les volumes exportés ont baissé de 24 % et donc on combine les deux, ça fait une baisse des revenus de 9 %. Sachant qu'ils ne font plus que du brut, ils ne peuvent plus exporter de raffiné qui qui vaut plus tard, ils ont des manques même en interne, il y a des pénuries en Russie.
Exactement. pas plus tard que qu'hier, ils ont mis en place un un embargo sur les exportations de kérosène jusqu'à novembre et il y a aussi un embargo en cours sur l'essence jusqu'à juillet. Donc ce qui est intéressant c'est que la rue et les produits raffinées en fait ça rapporte beaucoup plus que le brut parce que c'est plus qualitatif. Donc quand les Ukrainiens ciblent les les raffineries, c'est très intéressant parce que ça vient ça vient gommer une partie de la valeur ajoutée que la Russie peut apporter à son pétrole.
OK. On en est à une situation qui est pas géniale. Est-ce qu'on pourrait accélérer l'effondrement économique de la Russie ? L'objectif, c'est quand même qu'elle ait plus les moyens de continuer à attaquer l'Ukraine. Qu'est-ce qu'on peut faire de plus ?
En tout cas, de renforcer considérablement le coût de la production des armes, ralentir les délais de production, limiter les volumes de production et surtout amoindrir la qualité des armes qui sont utilisées qui sont utilisées en Ukraine. Comment fait ? Comment comment on fait ? Comment on fait ? Donc là, on a interdit un peu tout ce qu'on pouvait interdire. Ce qu'on pourrait mettre en place par exemple sur le pétrole, c'est plutôt qu'un price cap, c'est un service ban complet. On interdit aux services occidentaux, les assurances maritime et cetera, de servir le pétrole russe. Comme ça, la Russie, elle va être encore plus obligée de se tourner vers les opérateurs et les intermédiaires non occidentaux qui pourront qui ont un pouvoir de négociation plus élevé et qui pourront imposer des surcouts à la Russie. Et bien sûr, ce qui est absolument crucial, c'est de poursuivre de manière méthodique et systématique la politique de sanction secondaire parce que comme comme je le disais, les sanctions secondaires, elles elles viennent mettre en panique les intermédiaires qui a de la Russie, elles augmentent les primes de risque et les coûts que subit que support Russie et de manière associée aux sanctions secondaires. Et c'est là, je pense qu'on a une vraie marge de manœuvre, c'est la pression maritime sur les bateaux fantômes russes, soit les bateaux qui exportent le pétrole. Pourquoi pas aussi les bateaux qui transportent des armes, enfin pas des armes mais des composants technologiques vers la Russie ? Même si j'ai une idée moi, on pourrait pas aider les Ukrainiens à frapper, ça ce serait aussi une sanction indirecte, hein. C'est pas nous. C'est une opération logistique spéciale. On fournit aux Ukrainiens du matériel. Non, bah pourquoi pas ? Et puis aussi mettre en place Skyshield, ça c'est essentiel. C'est euh parce que non seulement ça sauvera des vies ukrainiennes, mais ça euh aiderait la guerre la l'Ukraine à gagner la guerre d'attrition et donc euh ça augmenterait les coûts pour la Russie. Donc ça c'est euh je sais enfin, c'est essentiel. Je sais pas pourquoi c'est pas encore fait. Ça provoquerait pas euh d'escalade à mon avis parce que on nirait pas on irait juste détruire des drones russes, des missiles russes. Je vois pas, c'est un bouclier quoi. C'est pas le c'est pas un glève.
On est 100 % d'accord. On vous remet le lien vers cette bonne initiative que vous pouvez signer la pétition accessoirement.
Dernier dernier point, les perspectives de la Russie. La guerre s'arrête la semaine prochaine, ils sont pas effondrés, on revient à la normale. Qu'est-ce qui se passe pour la Russie ? Parce qu'on dit beaucoup que l'économie russes est en surchauffe, tout le monde est engagé, gnag. Est-ce que ça s'effondre quand la guerre s'arrête ?
Alors, c'est difficile à dire, mais ce qui est sûr, c'est qu'il va il va y avoir des déséquilibres. Déjà, il va y avoir des milliers de soldats qui vont revenir à la vie civile avec des problèmes d'alcoolisme, de délinquence, des difficultés d'accès au système de santé. On sait très bien comment la Russie traite ses ses vétérans. C'est pas très glorieux. Euh c'est aussi des gens qui sont précis qu'on on le voit déjà aujourd'hui les anciens prisonniers enfin il y a un vrai problème déjà sur ceux qui ont le droit de revenir à la vie civile. Les statistiques sont catastrophiques. Voilà et ça forcément c'est un coût social mais aussi économique. Et puis comme je disais il y avait une augmentation des faillites. Donc il y aura moins d'entreprises civiles et du coup comment est-ce que la Russie va absorber cette masse de main d'œuvre la reconvertir vers le civil. Ça suppose déjà qu'il y a des entreprises et des emplois disponibles, mais il y en a beaucoup moins vu qu'il y a des faillites, vu qu'il y a moins de création d'entreprises, vu que le tissu économique civil, il est en en dépression. Euh mais aussi, il va falloir former ces soldats. Là, c'est une reconversion. C'est comme quand ils s'engagent dans l'armée. Ils ont ils ont une formation, je sais je sais pas combien de temps elle dure en Russie, elle doit pas être de très bonne qualité. Mais en tout cas, quand on revient à la vie civile, il faut aussi se se former un métier. Donc il va y avoir un déséquilibre euh important entre l'offre de travail et le nombre d'emplois disponibles. Plus les millions d'employés des entreprises d'armement qui n'ont plus rien à produire, qui vont aussi arriver sur donc super chômage à la fin de la guerre.
Voilà. Donc non seulement il risque d'y avoir du chômage, mais en plus tous ces gens-là qui auront touché des primes importantes, ils vont se mettre à l'aide dépensé et donc il va y avoir une il risque d'y avoir une explosion de la demande et par contre une offre qui suit pas donc une hausse très forte de l'inflation et donc la banque centrale devra répondre avec une hausse des taux d'intérêt qui va renchérir l'investissement enfin compliquer l'investissement. Donc disons que ça peut mettre 1 2 3 4 ans pour la Russie déjà à se remettre en branle et même si elle arrive à se remettre en marche comme on l'a dit, elle aura perdu combien de temps ? des années, pas que 4 5 ans de guerre, peut-être 10 ans, 15 ans parce que tous ces concurrents dans le commerce international que sont je les autres économies émergentes auront pris ont repris beaucoup d'avance sur la Russie en terme de compétitivité, de productivité et puis ils ont accessoirement prévendu une partie de leur pétrole à la Chine sur des décennies c'estàd qu'ils vont avoir moins de revenus pétroliers que ce qui s'était passé si pas eu la guerre ex sont mal barrés quand même.
sont mal barrés et euh euh et enfin, ils sont ils sont exposés seulement enfin, ils sont dépendants de deux secteurs quoi, le secteur militaire et le secteur pétrogier. Comme ils ont raté le grand rendez-vous de la diversification, ils vont pas pouvoir produire des biens de moyenne ou hautes valeurs ajoutées comme des ordinateurs, des semi-conducteurs. Euh et ça c'est c'est dommage pour les enfin pour les l'économie russe, en tout cas pour les populations civiles qui payent le prix de des lubis de poutine quoi. C'est voilà, on va pas les plaindre hein en attendant.
C'est très clair. Je pense que les perspectives sont pas très réjouissantes ni à court terme ni à long terme. Non, mais plus tôt ils s'arrêteront, mieux ce sera de toute façon. puisque plus ils attendront, plus ils auront d'infrastructures détruites, moins ils auront investi dans leurs propres infrastructures routières, ferroviaires, gazière. 40 % des gens dans les campagnes qu' toujours pas les toilettes et on voilà, on tire des missiles hypersoniques pour détruire les centrales. C'est quand même quand on prendra un peu de recul sur cette période, je pense que ça va être quand même compliqué à justifier pour la population russe.
C'est ça. Voilà. Cyprien, un grand merci.
Merci Xavier, c'était un plaisir. On espère que ça vous a plu puis on vous dit à très bientôt.