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Faire la guerre faire la paix 2/2 - HGGSP Terminale

Vincent Pauthier5:33

Transcription

Bonjour. Alors, deuxième partie de ce chapitre de spécialité HGSP de terminale sur : faire la guerre, faire la paix. Après avoir vu comment on faisait la guerre, on va voir maintenant comment faire la paix. Sauf si ça peut être utile, alors on l’a dit dans l’épisode précédent : la paix peut se définir comme l’absence de guerre, l’absence de lutte armée. Et historiquement, la paix se faisait tout simplement en cessant le combat et en signant un traité de paix entre les pays concernés.

La nouveauté en Europe, à partir du XVIIe siècle, c’est l’idée de construire la paix sur un équilibre global des puissances. C’est l’objet des traités de Westphalie en 1648. C’est-à-dire qu’on va chercher à installer une paix durable en faisant en sorte que la puissance de chaque État, de chaque monarchie, soit reconnue et contrebalancée par celle des autres. C’est ça la notion d’équilibre des puissances. Alors, avec les conquêtes de la Révolution et de l’Empire napoléonien, cet équilibre est un peu brisé, jusqu’à la défaite de 1815 et au Congrès de Vienne qui remet en place cet ordre westphalien, comme on dit, avec le traité de Vienne de 1815. Et petite parenthèse : vous l’avez peut-être vu dans votre chapitre de spécialité sur le patrimoine, mais lors de ce Congrès de Vienne, la gastronomie française aurait permis à Talleyrand de sauver les intérêts de la France.

Bon, revenons au XXe siècle. À la fin de la Première Guerre mondiale, lors de la signature du traité de Versailles, deux visions de la paix s’opposent : d’une part, la paix réparatrice des Français, selon qui l’Allemagne est responsable de la guerre, il doit payer pour cela ; et d’autre part, la paix fondatrice du président Wilson, le président américain, qui veut profiter de l’occasion pour fonder une organisation internationale rassemblant tous les pays et chargée d’assurer la sécurité collective. Ce serait la Société des Nations. Alors, celle-ci existera, mais par contre, elle sera refusée par le Sénat américain qui retourne dans ses penchants isolationnistes. En gros, ça veut dire que les États-Unis ne veulent pas s’occuper des affaires du monde et du coup, la SDN, sans les États-Unis, sera impuissante et ne pourra empêcher la montée des totalitarismes et le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Alors, en 1945, on remet ça. Après deux guerres mondiales en 30 ans, les nations sont prêtes cette fois à fonder une organisation chargée de maintenir la paix par la sécurité collective. Vous empêchera toute prise de décision. Mais depuis 1991 et la fin de la guerre froide, et particulièrement sous les mandats de Kofi Annan, c’est-à-dire entre 1997 et 2006, l’ONU est devenu un acteur majeur de la sécurité collective. Par exemple, en supervisant l’intervention de la coalition internationale au Koweït en 1991, la Première Guerre du Golfe, ou encore en multipliant les opérations de maintien de la paix au Timor oriental, au Kosovo, en Éthiopie, en Haïti, etc. Les années 1990 sont donc celles d’un multilatéralisme où, sous l’influence de l’ONU, les grandes puissances, à commencer par les États-Unis, cherchent à s’accorder ensemble pour garantir l’ordre et la paix mondiale. On rêve alors d’un monde sans guerre, et il y a même un historien qui parle d’une fin de l’histoire, puisqu’il n’y aurait plus de conflit.

Mais alors, dans le même temps, l’ONU ne parvient pas à empêcher le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, ou encore le massacre des civils à Srebrenica, en ex-Yougoslavie, l’année suivante. Et puis, à partir des attentats de 2001, l’ONU va être confrontée à l’unilatéralisme croissant des États-Unis, c’est-à-dire qu’ils veulent intervenir selon leurs intérêts et sans tenir compte des autres puissances. Et l’exemple le plus frappant est bien sûr l’intervention en Irak en 2003, en prétextant le danger d’armes de destruction massive qui n’existait pas. Et les États-Unis, à l’époque, n’avaient pas tenu compte des avertissements du ministre des Affaires étrangères français de l’époque, Dominique de Villepin, qui disait : « N’oublions pas qu’après avoir gagné la guerre, il faudra construire la paix. »

Et finalement, cette phrase résume bien ce thème de spécialité, c’est-à-dire que nous avons vu que les manières de faire la guerre ont profondément changé, que la guerre est de plus en plus hybride, et que l’espoir d’une paix mondiale garantie par la sécurité collective et par l’ONU était remis en question aujourd’hui par les intérêts particuliers des grandes puissances : les États-Unis, la Chine, la Russie, etc. Et malheureusement, encore une fois, la situation actuelle de guerre entre la Russie et l’Ukraine en est une manifestation. Donc voilà ce que l’on pouvait dire à travers ces deux épisodes sur ce chapitre de spécialité de terminale : faire la guerre, faire la paix. Merci.