Transcription
Salut, c'est Chris. Conte peut-être que vous êtes déjà allé en Afrique. Quoique, c'est quand même un continent largement sous-côté quand on compare tous ces gens qui vont ne serait-ce qu'en Asie, États-Unis, etc. Alors que pourtant, c'est un endroit qui regorge en fait de trésors. Mais en tout cas, sachez que si vous voulez y aller, et bien là, nous avons récupéré trois histoires de personnes qui ont vécu des situations, on va dire, c'est compliqué. C'est vraiment compliqué et c'est flippant. Ça, maman, on a récupéré ces histoires sur un site assez célèbre du coup, et on a rajouté des voix pour plus d'immersion, tout simplement. Un horrible bus, un AK-47 et la jungle ghanéenne. On est parti.
Compte. Cette histoire nous est racontée par Burger, pas facile, son pseudo. On a renommé Benny pour un récit plus fluide quand même. Bon, son histoire remonte à juillet 2013 et elle s'est passée en Zambie. Je m'apprêtais à passer une partie de mon séjour dans un petit village isolé, Loubout. Mais pour attendre le bouée, c'était un sacré bordel. Il fallait faire un voyage d'environ 12 heures en autocar depuis Lusaka, la capitale du pays.
Benny nous plante alors le décor. En fait, c'est l'autocar le plus délabré qu'il ait jamais vu. Peut-être un peu dans ce style là, encore que. Voilà, il avait des fenêtres fissurées qui laissaient entrer le froid. Il y avait des odeurs nauséabondes parce que les gens pouvaient emmener du bétail avec eux. Donc voilà, lui, il était parqué avec les autres passagers et pas mal de bagages. Bref, c'était une vraie purge. Et puis, ajouter aussi à ça, une horrible musique diffusée et une porte d'entrée maintenue fermée par une serviette attachée à la rampe de l'escalier du bus. C'est un peu spartiate, quoi. Bref, le bus est tellement pourri qu'on a calé trois fois avant même de sortir de la zone d'embarquement de la gare.
L'heure de départ était de base 14h35. On a quitté les lieux à 16h. Je suis pas vraiment à l'aise et je me dis que j'ai sans doute connaître le pire voyage de ma vie. Et il n'a pas totalement tort. À ce moment-là, le bus quitte pour de bon la gare routière et s'aventure dans la ville. Mais Benny précise une chose importante : en Zambie, le code de la route, c'est un concept théorique, on va dire. Les gens conduisent comme ils veulent. Et le chauffeur de notre bus est visiblement d'accord avec ça. Que le comment, alors qu'on est par, peut-être mes derniers instants parce qu'on va sûrement finir dans un mur. Bref, le chauffeur coupe la route à tout le monde, évitant d'ailleurs plusieurs accidents de peu. Il y a de nombreux coups de klaxon, des sifflets, des cris qui sont lancés dans leur direction. Mais le chauffeur, il s'en fout. Lui, il ramène ses passagers, quoi.
Le problème, c'est que dans toutes ces personnes à cran, j'aperçois des militaires. Je peux pas vous mentir, j'ai aucune idée s'ils viennent de Zambie, du Zimbabwe, de l'Ouganda ou de RDC. Mais en tout cas, je remarque qu'ils sont très énervés. Bref, imaginez similaires dans un Hummer qui font signe au bus de se garer sur le côté, et que le chauffeur ignore. Lui, il s'en bat les couilles, quoi. Du coup, bah les militaires en question commencent à perdre patience et font en sorte de barrer la route au bus. Le conducteur ouvre alors la porte et les envoie chier. C'est mal parti, quoi. Je vais pas vous mentir, je sens un peu la peur monter en moi. Si ne pas respecter le code de la route m'inquiète déjà pas mal, le fait de se mettre des militaires à dos augmente un peu plus le danger.
Benny dit : "Mais qu'est-ce que c'est que ce monde ?" Enfin, il ne comprend pas, quoi. Alors, on ne sait pas d'où il vient, mais du coup, dans son style, probablement occidental, quoi. Finalement, bloqué, le bus s'arrête pour de bon. À ce moment-là, le chef de bus, le chauffeur et un accompagnateur descendent du bus avec quelques passagers. Et là, ça part en couille. En fait, la tension monte rapidement et ils en viennent aux mains. Et là, Benny, lui, bah dans le bus, à regarder tout ça, ne sait pas quoi faire. Il regarde la scène avec attention par la fenêtre. Il voit que l'un des militaires soulève alors sa chemise pour exhiber un pistolet, pendant qu'un autre braque le bus avec un AK-47. Je me demande alors s'ils sont vraiment des militaires ou si c'est plutôt une sorte de milice, des pirates ou un truc du genre.
Si les passagers remontent enfin à bord du bus, l'équipe du bus, elle, est embarquée sur le côté et commence à se faire taper dessus. Moi, de ma place, je vois toute la scène et je me dis que je vais peut-être être le suivant, que ces types vont sans doute détourner le bus ou un autre truc glauque du genre, quoi. Le game, c'est pas combien de temps se passe. Et là, il est tiré de cette scène irréelle par un mouvement à l'avant du bus et il voit trois gars qui montent. Et là, les trois mecs qui rentrent dans le bus, je précise, ce sont pas les militaires. Ces trois types qu'il n'a jamais vu et sans crier gare, ils se mettent aux commandes du bus et il le démarre. Et du coup, bah le bus est embarqué, sachant que pendant ce temps-là, le chef du bus, le chauffeur et l'accompagnateur étaient probablement en train de se faire casser la gueule par les militaires.
Et donc, Benny et les 11 autres sont pris un petit peu en otage. En tout cas, c'est ce qui semble. Et clairement, à ce moment-là, ils sont vraiment paniqués. La nuit commence à leur tomber et au sein de notre petit groupe, personne ne sait où va finir le bus. Pour moi, il est clair que le bus a été détourné, qu'on va sans doute faire l'objet d'une demande de rançon et qu'on se dirige dans une espèce de sorte de donjon en plein milieu de l'Afrique. Sauf qu'à partir de là, il va y avoir un rebondissement inattendu. Parce qu'après deux heures de route supplémentaire, on paraît bien plus. Le bus va s'arrêter pour prendre de nouveaux passagers. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'avec mes compagnons de fortune, on comprend que les trois gars forment en réalité une sorte d'équipe de renforts de la compagnie de bus. Mais pourquoi ne l'ont-ils pas dit quand on a quitté la capitale ? Est-ce que ce genre d'aventure arrive souvent pour que la compagnie ait prévu ce genre de scénario ?
Voilà, à ce moment-là, bah Benny est soulagé, si on peut dire ça comme ça, et il dit que bon, finalement, il va peut-être pas mourir ce jour-là. Mais en tout cas, il continue de se demander : mais qu'est-ce qui s'est passé avec les trois gars qui se sont battus avec les militaires ? Voire même, est-ce que ces trois là, est-ce qu'ils avaient débarqué l'équipe de secours était arrivée ? Bah du coup, trop tard, ou si c'était pas venu. En tout cas, de son point de vue, c'est le pire voyage qu'il ait vécu de sa vie et il pensait sincèrement qu'il aurait pu y passer ce jour-là.
Cette histoire-là nous est racontée par Kway et Quest Cube. Et elle remonte au début des années 2010. Bon, le gars, on va l'appeler Quentin, c'est plus fluide. Mon histoire remonte au début des années 2010. À l'époque, je traversais l'Afrique par la route et mon petit groupe s'était arrêté à Harare, au Zimbabwe, pour l'après-midi. Avec d'autres personnes, j'ai visité la National Art Gallery et on s'est ensuite séparé. Lui et un autre mec sont retournés au van et ont décidé de tuer le temps en faisant des photos de tout et n'importe quoi, comme de bons petits touristes. Il y avait des magnifiques arbres en pleine floraison en face de nous. Du coup, j'ai voulu immortaliser ça.
Après quelques minutes à prendre des photos, l'homme avec moi, Monsieur Tal, se tourne vers moi et me dit d'une façon assez froide : "Je crois qu'il faut qu'on aille là-bas et qu'on parle à ce type-là." Quentin comprend pas ce qui se passe. Il dit : "Pourquoi ?" Il se rend compte que Monsieur Tal pointe quelqu'un du doigt. Et cette personne qu'il pointe, il a une arme de guerre entre les mains. Il est juste à côté d'eux. Là, Quentin se dit : "Ok, est-ce que j'ai fait une bêtise durant ma visite ? Est-ce que j'enfreins la loi ? Est-ce que j'étais pris en filature ?" Bon, pas à lui, non. Dans sa tête, il a rien fait d'illégal, mais il a pas envie de jouer avec le feu. Donc, avec Monsieur Tal, on se dirige vers le mec avec le fusil.
Dans un premier temps, le mec me demande pourquoi est-ce qu'on prenait des photos. Alors Monsieur Tal lui répond qu'on est que des touristes et qu'on est venu pour visiter sa merveilleuse ville. On en fait des caisses, on sait jamais. Mais là, le mec, le garde, on va dire, n'a pas l'air d'être satisfait de la réponse et semble s'impatienter. Suite à une sorte de pulsion, Quentin commence à s'éloigner pour retourner vers le van. Et c'est une très, très mauvaise idée. Le gars pointe alors son arme vers moi, il me tient en joue. Je me fige sur place et je commence à retourner vers lui. Je lui explique à nouveau qu'on est juste des touristes, qu'on veut pas de problème. Là, le mec perd un peu patience, il nous demande de l'accompagner. Mais où ? Ça me fout les jetons parce que je sais pas où je vais finir et je sais pas où est-ce que le mec va nous emmener.
Quentin commence à flipper, mais continue de bafouiller son discours de touriste. Au bout d'un moment, ça va finir par passer, quoi. Et en même temps qu'ils suivent le garde, il essaie de repérer les autres membres de leur groupe. Et alors qu'ils sont en train de marcher, ils finissent par avoir de petits écriteaux sur le mur du bâtiment à côté duquel ils sont écrits : "Interdit de prendre des photos, d'utiliser son téléphone ou même d'être là, en fait." Je m'en veux de ouf d'avoir fait attention à ça. Je me demande : mais pourquoi on n'a pas le droit de faire ça ? En fait, c'est quoi le problème de cet endroit ?
Avec Monsieur Tal, on lui dit qu'on va pas le suivre parce qu'on est juste des touristes. Mais là, le mec perd carrément patience. Il enlève le cran de sécurité de son AK et le canon de l'arme contre mon ventre. Et là, théoriquement, Quentin se dit qu'il peut crever à tout moment si le soldat appuie sans faire exprès sur l'arme ou que, sous stress, ça le fait tirer. En un instant, il peut se retrouver avec un trou dans le bide. Avec Monsieur Tal, on décide de plus discuter, on se fait une raison, on suit le mec. Il nous emmène dans un grand parking derrière le bâtiment. Je me retrouve finalement dans un espèce de minuscule bureau qui semble être une espèce de salle d'interrogatoire. Il y a un deuxième garde, beaucoup plus massif, qui remplace le premier mec. Je me fais vite une raison, c'est impossible de s'échapper.
Là, Quentin explique alors à l'autre garde, le gros, que ce sont que des touristes, qu'ils veulent pas avoir d'ennui, qu'ils ont pas fait exprès de prendre des photos, qu'ils sont désolés, tout ça, tout ça. En ce moment, il se dit : bon, il va sans doute se faire un peu racketter, qu'on va lui piquer son téléphone, son appareil photo, et qu'il va devoir payer, genre un pot-de-vin, parce que les gardes sont sans doute corrompus, quoi. En gros, je suis pas naïf et je me dis qu'à tout moment, je vais me retrouver dans une prison zimbabwéenne pour, je sais pas, combien de temps. Et au final, il s'avère que j'ai pris en photo le bureau du président par inadvertance.
Mais c'est à ce moment-là qu'un troisième garde entre en jeu. Et là, le troisième garde, lui, semble un peu plus à l'écoute. Quentin arrive à raisonner ce troisième garde. Il sort les photos devant lui, il lui réexplique la situation et il se confond en excuses. Ce troisième garde leur dit alors de se casser, sans plus d'explications. Avec Monsieur Tal, on décide alors de se barrer, mais le plus vite possible. On passe devant de nouveaux gardes qui nous fixent de ouf. Encore aujourd'hui, je m'en veux de pas avoir fait attention à ces écrits. Et si le premier mec avait paniqué, m'avait tiré dessus, et si celui au sommet de la chaîne de commandement avait décidé de m'envoyer en taule, ce que j'aurais crevé là-bas. En tout cas, il s'est dit que c'était quand même un peu chaud parce que les gardes avaient vraiment l'air motivés de l'intimider, et peut-être plus. Il n'arrive pas à le déterminer. Bref, il essaie de plus penser au pire scénario et il conseille aux touristes de faire très attention et de lire les indications, surtout dans des pays qu'ils ne connaissent pas.
Cette histoire-là, et celle d'Edwin 613, on a renommé Rita pour un meilleur récit. À cette époque, elle était dans la campagne ghanéenne. Elle travaillait pour une ONG basée dans une petite ville d'environ 4000 habitants. C'était une ville très pauvre et peu développée, où peu de maisons avaient l'électricité et l'eau courante. De mon côté, j'étais hébergée dans une petite maison d'hôtes située dans l'enceinte de l'organisation avec une collègue. Je précise que cette ville, comme de nombreuses communautés rurales d'Afrique de l'Ouest, abrite un nombre important de personnes pratiquant le Juju. Et le Juju, en fait, c'est une forme traditionnelle de sorcellerie.
Et tout au long de son séjour, Rita a souvent été réveillée au milieu de la nuit au son des tambours et des chants quelque part dans la brousse. En fait, les rituels là-bas se déroulent toujours en pleine nuit. Et à ce moment-là, sont jetés des sorts. D'ailleurs, c'est à ce moment aussi que les paroissiens des différentes églises locales se réunissent sur une colline pour faire des prières et puis chanter des hymnes. L'idée, c'est de contrer la magie noire. Et malgré le fait que cela se déroule toutes les nuits, et je m'y suis jamais vraiment habituée, c'est assez déconcertant. Mais surtout, le bruit me tient éveillé pendant des heures et, résultat, je suis complètement crevée le lendemain.
Mais une nuit, pendant une averse torrentielle, l'électricité est coupée. Alors, faut savoir que c'est arrivé tous les deux, trois jours pendant les saisons de pluie. Rita ne s'est donc pas spécialement inquiétée. Avec sa collègue, elles ont sorti les lampes de poche et allumé quelques bougies, puis elles ont passé leur soirée à lire. Bref, la nuit arrive, je vais me coucher, mais je ressens quelque chose de d'un peu différent. Il y a une drôle d'atmosphère, une tension un petit peu étrange que je perçois, mais que j'arrive pas à identifier. Je me sens mal à l'aise et rapidement, j'ai senti une présence dans ma chambre. Je regarde dans toute la pièce pour voir s'il y a quelque chose, mais il n'y a personne. Et puis, après plusieurs heures dans cette ambiance étrange, elle finit quand même, par épuisement, par s'endormir.
Mais quelques minutes plus tard, je me réveille à cause d'un bruit de tambour au loin. Je me lève, je vais aux toilettes et j'entends au loin le son étouffé de chants. Mais cette nuit, sans pouvoir l'expliquer, ça lui fout des frissons partout, alors que pourtant, elle a déjà entendu ce son des dizaines de fois. Voilà, elle part se recoucher. Elle fait de son mieux pour ignorer les sons qui venaient des bois. Et au moment où je me rendors, j'entends un son bizarre venant d'un coin de la pièce, plus précisément de la guitare. Elle sent une panique monter en elle. Elle arrive alors à identifier un espèce de raclement rapide, puis la corde grince comme si la corde était tendue au maximum. Et d'un coup, la corde a claqué contre le manche de la guitare. Réseau. C'est en fait à ce moment-là, je suis complètement terrifiée. Je reste alors couchée dans mon lit, trop effrayée pour bouger, et ça va durer une heure pendant laquelle je ne fais pas le moindre mouvement.
Alors, si tout ça n'est pas le fruit de son imagination, et à force de redescendre en pression et la fatigue aidant, elle arrive à se rendormir. Et c'est à ce moment-là, exactement, que la guitare ré-émet le même son, mais sur une autre corde, en claquant de nouveau, comme si elle avait pété. Je saute alors directement du lit et je braque ma lampe de poche dans la direction de la guitare, me demandant si j'ai pas perdu la boule. Je vois rien. Mais bien évidemment, hors de question d'essayer de me rendormir. Et c'est ainsi que, optimiste, elle examine la guitare. Là, alors qu'il fait jour, qu'elle a l'attention est redescendue, même si elle est crevée, et elle essaie de voir quelle corde a craqué, quelle corde a éclaté. Sauf que la guitare est intacte.
Rita demande à sa coloc si elle a entendu quelque chose dans la nuit. Et c'est le cas. Elle a entendu la première note retentir avant de s'endormir, et la deuxième note l'avait réveillé en sursaut. On est alors un peu secoué et on fait que ressasser. Et du coup, on raconte l'histoire à un autre collègue une fois arrivé au travail. Pour lui, c'était simplement le vent. Une explication qui a visiblement convaincu ma coloc, mais moi, je le suis pas du tout. Comment le vent pouvait-il frapper que deux cordes ? Même si c'était une question de pression atmosphérique ou n'importe quel autre phénomène naturel, toute la guitare aurait pris, pas juste les deux cordes. Du coup, aujourd'hui encore, Rita n'a aucune explication rationnelle à ce qui lui était arrivé cette nuit-là. Elle reste d'ailleurs assez traumatisée par ce son très précis, alors que bah du coup, loin dans la nuit, les gens locaux étaient en train de faire des danses de sorcellerie. En tout cas, elle ne le précise pas ensuite, mais il est probable que elle n'ait pas retouché une guitare de sitôt.
Voilà. En tout cas, si vous êtes allé en Afrique et que vous avez vécu des histoires intéressantes, alors pas forcément flippantes, n'hésitez pas aussi à en parler du coup en commentaire. Sachant que à cette heure-là, du coup, je serai déjà parti direction la Turquie. Alors du coup, c'est pas, c'est pas l'Afrique. Enfin, au moment où vous voyez la vidéo, du coup, je serai probablement déjà sur place. Donc peut-être que là, vous aurez pas l'occasion de suivre ce périple. Au moment où la vidéo va sortir, mais si vous voulez pas louper les suivants, allez me suivre sur Instagram, El Chris Compte. Tu vois, vous verrez un peu toutes les avancées, tout simplement. Donc, il y a une prochaine vidéo. Bye.