Transcription
D'où vient notre besoin de reconnaissance, et comment s'en libérer ? Le besoin de reconnaissance semble lié à l'estime de soi et à la peur primitive et archaïque d'être rejeté de son groupe, ou abandonné du cercle familial, voire de la communauté dans laquelle on vit. Comme si, pour exister, nous devions absolument trouver dans les yeux de l'autre la confirmation de sa propre valeur. Comme si notre vie n'avait de valeur qu'en fonction de la bénédiction que veulent bien nous donner nos pairs. Comme si notre propre valeur était équivalente à la valeur que les autres nous donnent. Ce besoin est ancré depuis des millions d'années dans l'évolution de notre espèce, et il fait en quelque sorte partie de notre condition humaine.
La reconnaissance est vitale pour l'être humain car elle l'aide à grandir avec une certaine sécurité psychologique et matérielle. Elle aide les personnes qui en bénéficient à être ainsi mieux traitées dans leur communauté. La reconnaissance permet à chaque individu de notre espèce de se sentir important en flattant son ego, mais aussi de maximiser ses chances de survie et donc de reproduction. En effet, les individus les plus socialement, culturellement, politiquement ou financièrement reconnus seront souvent des leaders. Il y a donc une certaine forme de darwinisme social derrière ce besoin de reconnaissance.
Ce besoin se fait souvent vis-à-vis des personnes ou des groupes ayant une certaine autorité ou légitimité, comme par exemple nos aînés, nos parents, nos supérieurs hiérarchiques, les médias, etc., des entités reconnues comme ayant une certaine valeur morale, éthique, hiérarchique, culturelle ou affective. Ce besoin agit souvent comme un carburant qui nous fait avancer. Il nous pousse à agir, que ce soit pour de bonnes ou pour de mauvaises raisons. Pas étonnant donc que l'être humain mette toutes sortes de tactiques en place pour avoir sa dose de reconnaissance.
Il y a des aspects positifs et bénéfiques au besoin de reconnaissance, mais il y a aussi des aspects négatifs et toxiques. Je vais en décrire quelques-uns dans cette vidéo. Parmi les aspects positifs, le besoin de reconnaissance permet à ceux qui le recherchent de se dépasser, de vouloir atteindre des objectifs toujours plus grands. Il est là comme un moteur puissant qui nous permet de nous surpasser et de viser le perfectionnisme.
Parmi les aspects négatifs et toxiques, on peut voir le besoin de reconnaissance comme un intérêt calculé et personnel, conscient ou inconscient, pour satisfaire son ego et se sentir important. Car on le voit, le besoin de reconnaissance est lié à l'estime de soi. Quand il n'est pas assouvi, le besoin de reconnaissance peut ainsi engendrer de nombreux vices comme la frustration, la jalousie, la vexation ou la comparaison aux autres. Ce besoin peut devenir handicapant lorsque la personne n'est plus apte à s'autoévaluer à une juste mesure, et lorsque la personne s'oublie elle-même au profit de cette quête d'approbation des autres.
Peu de gens en ont conscience, mais les reproches et les critiques sont aussi des signes de reconnaissance. En effet, l'être humain préfère recevoir des signes négatifs plutôt qu'être complètement ignoré, car donner un signe de reconnaissance négatif est un signe de respect vis-à-vis d'une personne. Cela signifie que l'on croit en sa possibilité d'amélioration.
Comme il est souvent source de frustration, de toxicité et d'autodestruction, il est donc important pour tout individu en quête de paix, de liberté et de pleine conscience de se détacher de ce besoin de reconnaissance. Imaginez une seconde ne plus être dépendant de ce besoin primaire. Pour pouvoir vous en détacher complètement, vous devez comprendre d'où il vient. Souvent, ce besoin est lié à des expériences ou des traumatismes vécus durant l'enfance. Le besoin de reconnaissance est souvent lié à l'estime que nos parents nous ont donné, ou pas, durant notre enfance.
Souvenez-vous quand vous étiez enfant, ne vous est-il pas arrivé de faire une bêtise juste pour attirer l'attention de vos parents, en vous disant qu'il est mieux de se faire gronder que d'être ignoré ? Nos parents et nos proches sont en effet les premiers êtres sociaux à nous offrir de la reconnaissance, de l'amour et du respect. Par l'approbation du parent, l'enfant verra ce qu'il peut faire et ce qu'il ne peut pas faire, et il va ainsi pouvoir définir les contours de sa personnalité et de la valeur qu'il peut avoir dans son monde.
Comme l'affirment de nombreux psychologues, la personnalité est ainsi le compromis que l'on trouve entre ses propres pulsions, ses désirs et les contraintes du monde extérieur. La personnalité se constitue ainsi avec l'éducation et les événements de la vie jusqu'à l'adolescence. Souvent, l'individu fait preuve de beaucoup de créativité pour trouver des solutions aux difficultés du monde qui l'entoure. D'une certaine manière, on ne peut être rassuré sur sa propre valeur que si, enfant, on a été convaincu d'être aimé sans condition, que l'on ait de bonnes notes ou non, que l'on soit doué ou pas.
Quand tout réussit à l'enfant, qu'il est souvent félicité, admiré, mais qu'il n'arrive pas plus tard à s'adapter quand les premiers échecs apparaissent, il développe alors des croyances associées au perfectionnisme. Il pense que pour être aimé, il doit être parfait. Féliciter un enfant constamment peut donc avoir un effet contre-productif en lui faisant peser une certaine pression sur ses épaules. Il est donc possible que pendant les premières années de votre vie, vous n'ayez pas reçu le respect et la reconnaissance de votre famille, ou inversement que vous ayez été trop gratifié. Il se peut que ces liens d'affection n'aient pas été les plus appropriés dans votre cas. Cependant, ne restez jamais enfermé dans ce passé malheureux.
Pour se soustraire à ce besoin de reconnaissance, il est primordial de faire les choses qu'on aime pour se construire en tant qu'individu, et de ne pas les faire en se souciant du regard des autres. L'autre ne doit jamais nous donner une confirmation de notre existence. Il faut exister à travers soi-même uniquement. Reconnaissez vos vertus et vos forces, acceptez vos faiblesses. Nous avons tous de la valeur. Pour être heureux dans cette vie complexe, il faut avoir confiance en soi et être courageux pour se libérer du besoin de reconnaissance. Il faut atteindre une conscience supérieure et donner le meilleur de soi-même dans toutes les activités que nous entreprenons, sans attendre quoi que ce soit en retour des autres. Il faut apprendre à profiter de l'instant présent sans se projeter dans un avenir incertain. Il faut trouver le bonheur à l'intérieur de soi et non plus à l'extérieur de soi. Car lorsque la reconnaissance ne vient pas, il peut y avoir une impression de rabaissement, de non-respect de soi-même et surtout un grand sentiment de tristesse et d'injustice. Cela peut conduire à la dépression, voire au suicide.
Pour se détacher complètement du besoin de reconnaissance, il faut donc déplacer son centre d'attention de l'extérieur vers l'intérieur, et cela grâce à l'introspection, la méditation, le sport, l'écoute de ses besoins et l'écoute de son corps. Il ne faut pas concevoir sa vie d'un point de vue de la carence, mais il faut trouver des solutions, ouvrir le champ des possibles. Si vous pensez constamment que les autres sont mieux que vous, vous commencerez à élever des murs autour de votre vie et de votre univers. Ne tombez pas dans cette erreur. Il est donc crucial d'accepter de vivre avec ses failles, ses imperfections et les manques qu'elles engendrent.
Se libérer du besoin de reconnaissance, c'est admettre que nous sommes notre propre guide et que l'on mérite d'exister quoi qu'il arrive, et que les imperfections sont celles de tous les êtres humains. Il faut prendre conscience de ses succès et de ses échecs. Ainsi, quand on ne cherche plus la reconnaissance, on peut s'aimer tel qu'on est, et surtout aimer les autres vraiment, en toute bienveillance. Ne plus utiliser les autres pour nourrir son ego, ou pour calmer sa détresse, ses manques ou son stress. Il est important d'accepter que d'autres seront plus reconnus que nous, ou que l'on ne peut pas plaire à tout le monde. Il vaut mieux être reconnu par un cercle plus restreint de gens, mais de manière plus qualitative. Être reconnus par les gens qui comptent pour nous, c'est être vraiment aimé, c'est vivre libres et cheminer vers le bonheur.
En conclusion, pour survivre dans ce monde violent et individualiste, il vaut donc mieux n'avoir besoin d'aucune reconnaissance. Il faut idéalement renforcer sa confiance et son estime de soi en connaissant ses forces et en acceptant ses faiblesses. Apprendre à regarder à l'intérieur de soi-même et ne rien attendre en retour des autres pour atteindre le bonheur, la quiétude et la pleine conscience. Enfin, il est très important de donner le meilleur de soi-même en toutes circonstances et dans chaque action que l'on entreprend, sans s'attendre à des félicitations, mais juste pour apporter de la valeur et une contribution à notre communauté, à notre monde, de la même façon que nous souhaitons en bénéficier. Il est également essentiel de savoir offrir de la reconnaissance aux autres au lieu de constamment la chercher. Il est impératif d'en donner. Cela pourra vraiment adoucir le monde. Ce dont nous avons besoin, ce n'est pas cela, cela fait beaucoup moins souffrir et nous donne le sentiment de faire du bien autour de soi. Le positif engendre le positif. Ce sentiment est très gratifiant et participe à la quête du bonheur. C'est le chemin qui compte et non la destination finale.
Voilà, cette vidéo est terminée. Pour la réaliser, j'ai lu de nombreux articles que j'ai synthétisés et que j'ai développés ici, dans cette vidéo d'analyse, en important ma propre pierre à l'édifice et en développant ma propre pensée. J'ai mis les références principales dans la description de la vidéo. Si vous avez apprécié cette analyse et cette synthèse, n'oubliez pas de vous abonner, de commenter la vidéo et de la partager. Enfin, je voudrais juste souligner ce point : je fais toutes ces vidéos pour apprendre et approfondir mes connaissances sur des sujets qui m'intéressent, et non par besoin de reconnaissance. Portez-vous bien, prenez soin de vous, à bientôt. [Musique]