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ILS SONT VÉNÉRÉS COMME DES DIEUX (mais ils n’ont aucun talent)

SossaKitty18:01

Transcription

Poupette ! Poupette poupette. Poupette est revenue. L'O là, cette vidéo, elle est pour Poupette. La vie de ma mère, Poupette, tu me manques, ma vie. Am cœur, ramène ton fier, je t'en s'il te plaît, poupette. Viens, viens, je vais te boire ton sang. En plus, tu nous as manqué. Moi, tu m'as manqué là. Vas-y, viens, s'il te plaît. Bisous mon cœur.

[Applaudissements] [Musique]

Je les aime. Ah, je les aime trop. Aujourd'hui, sur les réseaux sociaux, il ne suffit plus d'être acteur, chanteur ou star du football pour devenir une célébrité. Il suffit juste de filmer toute sa vie. Montrer ce que tu as mangé, filmer tes enfants dans leur bain, parler de ton ex ou faire des clashes en story et bam, tu deviens une star. Prenez Nasdas par exemple. Plus de 9 millions d'abonnés sur Snapchat alors qu'il filme juste son quotidien à Perpignan, ou encore Poupette Kenza, suivie par plus d'un million de personnes sur Instagram, polémiques quasi hebdomadaires. Une dinguerie ! Oh le corant ! C'est une dinguerie ! Je suis choqué ! Wou la dinguerie ! Ça, moi, je suis avec mes enfants, je déménage à l'autre bout du monde avec mes deux enfants, les filles, je me sépare et t'inquiète pas, on va démar. Sors, sors, ma vie. Et je suis choquée par là, j'arrive pas à me remettre.

Et attention, ce ne sont pas juste des influenceurs, ce sont de véritables idoles pour certaines personnes. Des gens traversent la France entière pour les voir, certains pleurent en les rencontrant. Et sur les réseaux, c'est la guerre entre les fans et les haters. On parle d'un vrai culte, pas juste d'un like ou d'un follow. Mais ce qui dérange véritablement, c'est le vide. Parce que ces personnes n'ont objectivement aucun talent particulier et n'apportent pas nécessairement une plus-value. Du moins selon moi et selon beaucoup d'autres personnes. Il ne change rien, il ne crée rien, il ne propose concrètement rien d'utile et pourtant, ils gagnent parfois plus qu'un médecin juste en montrant leur quotidien.

Au cours de cette vidéo, on va donc se poser une question : comment en est-on arrivé là ? Des gens lambda comme toi et moi sont devenus des figures quasi intouchables et surtout adulées par les jeunes. Dans cette vidéo, je vais vous expliquer comment le vide est devenu viral, comment les algorithmes des réseaux sociaux fabriquent vos idoles et surtout pourquoi la glorification des gens sans talent n'est pas du tout un hasard mais bel et bien le reflet d'un mal-être collectif. Et attention, je tiens à le dire d'office, cette vidéo n'est pas du tout faite pour cracher en particulier sur Poupette, sur Nasdas ou je ne sais qui. Honnêtement, j'en ai un peu rien à faire que vous regardiez ou non ce contenu. On n'est pas là pour juger des gens en particulier mais pour analyser un système, une dynamique, la société de façon générale. Alors, prépare ton meilleur pop-corn parce que ça va péter et c'est parti.

Dans l'it, la première chose à comprendre, c'est que les humains sont des créatures sociales. En tant qu'humain, on a besoin d'appartenir à un groupe. On veut se sentir relié à quelqu'un, à quelque chose. Et quand on se sent en décalage avec les autres, on va tout simplement chercher ce lien ailleurs. Et justement, à travers les années, Internet est devenu ce ailleurs pour beaucoup de personnes. C'est justement là qu'intervient ce que l'on appelle la relation parasociale. C'est un concept étudié par des psychologues comme Schram. En gros, c'est une relation à sens unique. Toi, derrière ton écran, tu as l'impression de connaître quelqu'un que tu ne rencontreras pourtant jamais. Tu ris à ses blagues, tu connais sa voix par cœur. Tu sais même où elle vit, tu suis ses galères, ses réussites. Bref, tu as l'impression qu'il ou elle te parle personnellement. Mais de l'autre côté, cette personne ignore totalement ton identité. Elle ne sait même pas que tu existes. Et pourtant, émotionnellement, ce lien est bel et bien réel pour toi.

C'est ce qui se passe avec des personnalités comme Poupette Kenza ou encore Nasdas. Nasdas va t'appeler mon sang, la team laet. Il va sans cesse aller à la rencontre de ses abonnés dans la rue, les filmer et tout ce qui s'en suit. Poupette de son côté va elle aussi surnommer sa communauté mes Poupettes. Et là, pour certaines personnes, tu ne regardes plus un influenceur, tu écoutes un ami, un mentor, voire même un repère. Tu te sens intégré et valorisé. Il faut bien comprendre une chose dans le marketing, parce que oui, ces influenceurs par la suite vont faire des partenariats. Finalement, on peut clairement appliquer les codes du marketing à ces personnalités publiques. Bref, pour en revenir à nos moutons, dans le marketing, le lien émotionnel va vite devenir une arme très puissante parce qu'un abonné qui t'aime bien va dépenser 20 balles pour payer ton livre alors qu'en soit, il ne lit même pas. Mais comme c'est toi, il va le payer. Et surtout, un abonné qui t'aime de tout son cœur, qui pense faire partie de ta famille virtuelle, prendra coûte que coûte ta défense, quitte à se mettre des gens à dos et quitte à se castagner sur Twitter à 2h du matin. Et ce même si tu as fait une dinguerie et que tu es en tort. C'est une technique bien connue en psychologie du marketing. On ne vend pas un produit mais une émotion et les influenceurs aujourd'hui, dans la majorité, vendent de la tendresse ou plutôt, il la jouent pour certains.

Sur les réseaux, cette illusion est clairement décuplée parce que l'influenceur parle en face cam, partage son quotidien, répond à quelques messages, montre ses enfants, ses émotions, ses galères. Bref, il va créer une illusion de réciprocité. En soit, ce n'est pas vraiment une illusion parce que oui, en vérité, tu connais tous les aspects de sa vie. Mais lui, il ne connaît même pas ton prénom, pour parler français. Il en a un peu rien à faire de toi. En soi, tu es qu'une vulgaire ligne dans ses statistiques, un simple chiffre dans son audience. Et pourtant, toi, derrière ton écran, tu ressens quelque chose de sincère. Et ça marche plutôt bien parce que cette relation remplit un vide affectif chez beaucoup de personnes. Ce type de proximité génère un public ultra loyal, mais surtout ultra fragile émotionnellement. Car si tu crois que cette personne t'aime, alors tu la défends coûte que coûte. Tu excuses ses erreurs, tu refuses la critique et tu t'impliques personnellement. C'est ce qui s'est passé lors du retour de Poupette Kenza après sa condamnation. Des milliers de personnes l'ont accueilli avec des "Forces à toi Marine, tu mérites que du bonheur, on te croit." Bref, ce lien affectif a une autre conséquence. Il étouffe complètement la critique. Par exemple, je vous parle en connaissance de cause. Je sais pertinemment que quand je vais poster cette vidéo, dans les commentaires, je vais me faire tailler. Je sais pas par tout le monde, mais be sure que certaines personnes vont un peu m'insulter de tous les noms et je préfère vous dire d'avance que j'en ai un peu rien à faire.

Mais le fait est que si tu oses critiquer une personne ou ses actes, tu deviens aussitôt un hater, un jaloux. Jalouser quoi, hein, concrètement ? Rageux, peu importe ce que tu dis. Et on retrouve ce même schéma non pas que chez les influenceurs, mais chez les stars, les chanteurs d'eux-mêmes. Par exemple, tu vas critiquer un outfit de Nicky Minage. Aussitôt dans tes DMs, tu vas recevoir des insultes, des menaces de mort de ses fans. Le simple fait de pointer une incohérence dans un comportement ou de douter de la sincérité d'autrui va faire de toi automatiquement un ennemi. Moi, j'ai juste une chose à vous dire, faut se détendre le string. Concrètement, il faut pas dépenser toute son énergie pour défendre quelqu'un qui ne te calcule pas.

Le deuxième élément à comprendre, c'est la perte de confiance dans les figures traditionnelles d'autorité. Bouge pas ma sœur, je vais tout expliquer. Les institutions, l'école, les médias, les politiques sont de plus en plus perçues comme étant lointaines, inaccessibles ou même hypocrites auprès des citoyens français. Du coup, quand quelqu'un sur TikTok ou Snapchat prend la parole avec des phrases simples, sans filtre, un langage disons vrai et dit les termes, bref, des choses que toi aussi tu ressens au fond, forcément ça parle. C'est justement ce que la Mivilude, un organisme qui lutte contre les dérives sectaires, a observé dans un de ses rapports. Elle y explique que la société actuelle est marquée par une montée des croyances étranges, des troubles psy en hausse et surtout une quête de sens. Et dans ce vide, les influenceurs apparaissent comme des sauveurs. Ils te donnent l'impression de t'écouter, de t'encourager, bref, de t'offrir une famille. Mais parfois, ça va beaucoup trop loin parce que dans cette relation déséquilibrée, certaines personnes développent une admiration excessive, voire même dans certains cas, une dépendance émotionnelle. C'est là que certaines personnes vont faire le parallèle entre les influenceurs et des gourous de sectes. Parce qu'en voyant le truc de l'extérieur, je suis désolé, quand tu prononces le nom de Poupette Kenza, tu vas t'attirer toutes les foudres de ses fans, autant des enfants prépubères que des darons de 45 piges qui vont venir t'arracher la perruque, pardon, pour on ne sait quelle raison. C'est un peu finalement la même chose que des adeptes qui vont défendre bec et ongles leur gourou. Selon moi, tu as vraiment cet aspect sectaire autour de certains influenceurs où leurs centaines de milliers d'abonnés vont leur vouer un culte.

Le troisième facteur à prendre en considération, c'est l'identification. Avant, on voulait ressembler à des stars inaccessibles comme Beyoncé, Rihanna, Nicki Minage. Mais aujourd'hui, ce qu'on valorise plus que tout, c'est la proximité. Tu sais, la fille de ta ville qui a percé sur TikTok, le mec de quartier qui filme toute sa vie. Bref, comme je l'ai dit précédemment, des gens normaux, complètement lambda comme toi et moi qui du jour au lendemain sont devenus côté sur les réseaux. C'est le cas de Nasdas qui vient de Saint-Jacques, un quartier très pauvre de Perpignan. Il montre sa vie telle qu'elle est, sans filtre, même si selon moi, tu as beaucoup de trucs qui sont planifiés, staged, mais bon, c'est un autre débat. Et du coup, plein de jeunes se disent : "Il vient de là où je viens, il a grandi comme moi, s'il a réussi, pourquoi pas moi ?" Même chose pour Poupette par exemple, qui raconte ses ruptures, ses échecs, ses blessures. Ce besoin d'identification fait qu'on projette sur eux beaucoup plus que ce qu'ils ne sont réellement. Finalement, ce culte des nouveaux dieux du web ne vient pas juste de leur personnalité. Il vient d'un contexte social fragilisé où on se sent seul et on cherche désespérément un modèle qui nous ressemble. Et là, beaucoup d'influenceurs remplissent toutes ces cases. Ils nous divertissent. On rigole gorge déployée quand on regarde leur story. C'est donc la combinaison de toutes nos attentes, de notre fragilité émotionnelle et surtout de leur capacité à faire le buzz et à capter l'attention qui les propulse rapidement au rang de star. En d'autres termes, ils exploitent un vide, parfois inconsciemment, parfois très consciemment.

Et ce qu'on va voir juste après, c'est que justement ce vide peut devenir une stratégie. Quand on regarde certains profils qui explosent sur les réseaux sociaux, une chose saute aux yeux. Le contenu est souvent vide, répétitif ou sans réelle valeur ajoutée. Et attention, avant qu'on ne m'attrape encore par le callback, même moi, aux yeux de beaucoup de personnes, mon contenu peut être inutile, nul, à tout est question de relativité. Encore une fois, je vais pas faire l'ancienne alors que je fais des vidéos depuis deux jours, mais bref, vous avez compris. Et pourtant, ces profils gagnent des millions d'abonnés. Ils sont invités à la télé, à des événements de renom, ils décrochent des partenariats, bref, deviennent de véritables stars. Alors, on pourrait croire que c'est une coïncidence, qu'il suffit juste d'avoir un bon timing ou de tomber dans les bons algorithmes. Mais en réalité, le vide est devenu une stratégie et ce n'est pas du tout un accident mais bel et bien une méthode. Souvent sur TikTok, les gens vont parler de culture du vide. Mais pourquoi ce vide fonctionne réellement ? Parce qu'il est tout simplement universel, accessible à tous et surtout rentable. Quand tu fais un contenu vide de sens, tu ne te compliques pas la tête, tu ne prends pas de risque particulier, tu n'as pas besoin de compétences, de montage incommensurable, d'expertise. Tu as juste besoin d'exister, de parler, de réagir à telle ou telle actualité. Et dans un système qui valorise l'instantané, le vide devient une matière première. Tu racontes ta journée sans intérêt, tu crées de la proximité. Tu fais un hall de courses, tu donnes l'illusion de transparence. Tu pleures en live, tu te plains de ton mec, tu deviens authentique. Et cette authenticité supposée devient un levier marketing.

Ce que certains influenceurs ont compris, c'est que plus tu t'exposes, plus tu gagnes. Poupette Kenza par exemple, filme ses disputes, ses enfants, ses embrouilles, tout est contenu, tout est monétisable et ça fonctionne réellement parce qu'on vit dans une ère où l'économie de l'intimité règne. Le public de plus en plus de vrai, de relatable. Les plateformes veulent de l'engagement, les marques veulent du reach et l'influenceuse, elle devient à la fois la marchandise et le marchand. Et ça, l'algorithme adore. Un exemple marquant. Quand Poupette Kenza revient après son incarcération, elle en profite pour sortir un livre. Elle pleure. Elle parle de ses Poupettes qui lui ont manqué plus que tout. Résultat : des millions de vues, une explosion de likes, des commentaires en boucle : "Tu nous as manqué, je t'aime de tout mon cœur." Un autre exemple révélateur, bien plus choquant. Asia, membre de la team Nasda, a été filmée en live alors qu'elle montrait son sein volontairement à la caméra. Ça fait j'ai Asia. En gros, là, il y a Soan. Là, il y a Asia. Asia, parle français. C'est qui la plus belle ? Toi ou elle ? C'est moi la plus belle. Et j'ai des [Applaudissements]. Ce qui aurait dû provoquer un débat de fond sur l'hypersexualisation ou la dérive morale du contenu jeune public, a juste généré des centaines de milliers de partages, des milliers de captures d'écran et surtout une hausse de visibilité pour toute la team. Encore une fois, le vide est devenu un business et même, je dirais que le contenu qui est censé choquer devient un moteur de visibilité plus qu'autre chose.

Si le vide devient viral, ce n'est pas juste parce que les plateformes le favorisent, c'est aussi parce que notre société en elle-même l'encourage. On vit dans un monde où le temps d'attention moyen a chuté à moins de 8 secondes. Les gens préfèrent scroller que lire. L'anxiété pousse à consommer du contenu répétitif et rassurant. L'ennui est comblé par des distractions vides mais constantes. Et ce vide qu'on voit sur TikTok ou Snapchat, c'est un miroir, un miroir de nos attentes et de notre fatigue, de notre besoin de déconnexion ironiquement comblé par une surexposition. Si aujourd'hui des profils comme Ophenia, Poupette, NASDA sont aussi influents, c'est pas seulement parce qu'ils plaisent au public, mais surtout parce qu'ils plaisent à l'algorithme en lui-même.

En fait, ce qu'il faut comprendre, c'est que les plateformes comme Instagram, Facebook, TikTok, tout ce que tu veux, ne sont pas là pour t'instruire ou te cultiver. Elles sont juste là pour capturer, captiver ton attention. Plus tu passes de temps sur l'application, plus elle va pouvoir te renvoyer des pubs. Plus elle te montre de pubs, plus elle génère de l'argent. Donc, c'est dans leur intérêt de te faire rester sur la plateforme le plus longtemps possible. Et pour te faire rester, elles ne vont pas du tout te proposer le contenu le plus intelligent et instructif, mais te proposer le contenu qui te fait le plus réagir, que ce soit en bien ou en mal. Ce qui compte, c'est que tu cliques, le watch time, que tu commandes, que tu partages avec tes potes. Comme l'expliquait Francienne, ingénieur chez Facebook, les systèmes de recommandation sont jugés dangereux car ils favorisent ce qui choque, divise, scandalisent et c'est exactement ce qu'on observe. Un live ridicule où deux personnes se clashent, recommandé frère. Mais non, on a on a défend des approutis qui m'insultent du matin au soir à l'aspect. Voulez qu'on continue ? M'a battu les grands-parents, mes arrière grands-parents, ils ont foutu la tête dans la merde de vache. Une story avec des pleurs et des cris va lui aussi être recommandé. Une interview sérieuse sur les enjeux écologiques va plus souvent être ignoré. On va parler français. Tu te demandes pourquoi ? Tout simplement parce que les premiers déclenchent des émotions immédiates, tandis que l'interview sérieuse de je ne sais où demande de la réflexion. Mais quand on est là à scroller pendant 5 heures comme un dieu t dans son lit au lieu de dormir, on veut pas réfléchir, on veut juste oublier, penser à autre chose, bref, prendre son cerveau et le déposer à côté comme si de rien n'était. Et attention, hein, je viens pas faire le moine parce que même moi des fois, je scrollle, donc je suis pas là pour vous faire la morale.

L'algorithme, il est pas là pour t'éduquer, mais il est tout simplement présent pour te rendre accro. Plus tu fais réagir, plus tu vas générer de l'engagement, donc plus tu vas être montré dans l'algorithme. Et l'engagement, attention, c'est pas toujours le like tout mignon et le commentaire "Wou, je t'aime trop, tu es trop belle." Pas du tout. C'est aussi toi qui partage une vidéo que tu trouves hyper drôle, non pas parce qu'elle l'est, mais tout simplement parce que tu te fous de la gueule de la personne. C'est aussi le petit commentaire que tu vas déposer : "MDR, c'est trop gênant." Pour les plus crazy d'entre vous, c'est les commentaires où tu insultes les gens. Donc c'est pour ça que souvent les gens disent : "Tu peux continuer de commenter, ça me fait gagner de l'argent" parce que c'est littéralement le cas. Et donc, en définitive, plus tu crées de réactions, même négatives, plus l'algorithme te pousse. C'est pour ça que Nasdas, en mettant en scène des gens en situation de handicap par exemple, ou des personnes sans domicile fixe, monte. C'est pour ça que Poupette, en exposant ses enfants, est recommandée. C'est pour ça qu'Ophénia, avec ses lives ultra dramatiques, suscite autant de vues parce que le contenu n'a pas besoin d'être qualitatif, mais juste d'engendrer des réactions. Pire encore, à force de liker, commenter ou regarder un certain type de contenu, l'algorithme t'en propose toujours plus. C'est un cercle vicieux et c'est comme ça qu'on a l'impression que tout le monde regarde la même chose, que tout le monde suit les mêmes influenceurs, que tout le monde le valide. Mais en réalité, on est enfermé dans des bulles où l'on ne voit que ce que l'algorithme pense qu'on veut voir. Et les influenceurs qui déclenchent ces réactions deviennent alors des stars mécaniquement et non pas organiquement.

OK, on a compris que des gens sans talent sont devenus des stars internationales, mais c'est quoi la suite concrètement ? Pose-toi cette question : est-ce que ce que je suis en train de regarder m'apporte concrètement quelque chose ou non ? Est-ce que je suis en train de perdre mon temps ? En gros, si tu veux juste regarder des trucs pour t'échapper de ton quotidien horrible, des trucs pour rigoler deux secondes, normal, on va pas te jeter la pierre, ma sœur. Cependant, tu ne t'en rends peut-être pas compte, mais ton attention a de la valeur. Ce que tu likes, ce que tu consommes au quotidien va forcément avoir un impact dans ta vie. Aussi, il faut comprendre une chose : les influenceurs ne payent pas ton loyer, OK ? Ce ne sont pas des dieux, ce sont des individus lambda comme toi et moi. Respecte-les, soutiens-les si tu le souhaites, mais n'en fais pas des modèles juste parce qu'ils sont populaires. Le monde d'Internet, c'est un peu comme une télé avec 100 000 chaînes. Tu as le droit de choisir ce que tu regardes. Tu as le droit de te demander pourquoi lui, pourquoi elle et pourquoi maintenant. Si on continue à donner de la force au vide, alors on continuera à vivre dans un monde vide. Mais si on commence à faire des choix un peu plus conscients, on peut changer la donne. Pas en boycottant tout, juste en étant un peu plus réveillé.

Cette vidéo arrive maintenant à sa fin. Je vous fais d'énormes bisous. Prenez soin de vous. On se retrouve bientôt pour une nouvelle vidéo. Ciao C.

[Musique] [Musique]