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Bac 2026 : le corrigé de l'épreuve de philosophie (voie générale)

LetudiantTV29:45

Transcription

Bonjour à tous et bienvenue sur la chaîne YouTube de l'étudiant pour le corriger de l'épreuve de philosophie en voie générale. Je suis avec Raloua Bugescou, professeur de philosophie au lycée Guichové à Loudin. Bonjour Ralou.

Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation.

Avec plaisir. Merci de m'avoir invité.

Et ben, avec plaisir également. Alors, qu'avez-vous pensé un peu des différents sujets qui étaient proposés ? Est-ce qu'il y avait une difficulté particulière entre les dissertations, le commentaire de texte ?

Je trouvais que c'était des sujets somme toute assez classiques avec les pièges habituels pour simuler la pensée de des élèves qui ont quand même travaillé et acquis suffisamment de connaissances cette année pour pouvoir répondre aux défis qui étaient à leur portée proposés par les sujets.

Bah écoutez, alors commençons directement à rentrer dans le vif du sujet. Voyons ensemble les sujets de dissertation. Il y en avait deux au choix. Euh, avons-nous la maîtrise de nos paroles et peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ? Là aussi, pas de difficultés particulières sur ces deux euh deux sujets. Disons qu'il y en avait un qui était plus compliqué que que l'autre.

Euh lequel ?

Si je dois commencer par le plus compliqué, ce sera avons-nous la maîtrise de nos paroles ? tout simplement parce que il fallait être très attentif comme d'habitude je dirais pour les dissertations aux expressions employées. Ici on nous parle de parole donc ça fait référence à la notion du langage. Donc c'est la notion euh qui est travaillée par les élèves toute l'année. Mais parole est différent de langage parce que parole euh n'engage finalement que le sujet le sujet seul. là où le langage est quelque chose qui est inné, une faculté de pas seulement de l'espèce humaine mais de beaucoup d'espèces animales. Donc là où le langage est un système de communication, la parole va être quelque chose qui euh qui va par l'intermédiaire de la langue puisque on va utiliser le français, l'arabe, l'allemand pour s'exprimer, exprimer des pensées, exprimer des émotions qui relèvent de la responsabilité finalement d'un seul. Et c'est là que le sujet était un petit peu retors, c'est que là où je sais parler, j'ai la capacité, la puissance de m'exprimer pensée et sentiment encore une fois. En quoi est-ce que c'est une liberté voir un pouvoir euh collectif ? Puisque ici le c'était le pluriel qui était utilisé. C'est pas juste ma parole, je sujet parlant, mais nos paroles. Et c'est en ça qu'il y avait deux dimensions intéressantes à articuler ici. Une dimension de la connaissance. Je suis capable de parler. Je sais, j'ai euh non seulement une capacité mais peut-être une excellence parce que maîtrise est double, mais aussi maîtrise au sens de souveraineté. En quoi est-ce que je suis libre de parler ? En quoi est-ce que je reste responsable ? Et donc puisqu'il y a le nous, la dimension collective rendue possible par la dimension politique. Donc c'est vraiment un sujet passionnant qui articule ces ces deux dimensions.

Et alors du coup pour ce sujet, est-ce qu'on peut formuler une problématique ?

Alors on vous le rappelle, on va faire une proposition de corrigé he c'est pas le seul et unique corrigé possible mais en tout cas voilà on fait une proposition de problématique et de plans qui pouvaient être suivi pour répondre à la question. Effectivement avons-nous la maîtrise de la parole ? Il y a beaucoup de problématiques possibles. Je vais en proposer une et je suis sûre que les élèves auront trouvé des choses 1000 fois plus passionnante que la piste, la pratique que moi je vais proposer. Donc euh ma question à partir de ce sujet était la suivante. Donc, est-ce que la capacité que j'ai acquise de m'exprimer, d'exprimer une pensée rationnelle, d'exprimer des sentiments, des émotions me garantit-elle pour autant un pouvoir réel dans le monde ? Euh une une action qui a de l'impact sur et avec les autres ?

Alors, peut-être proposons un plan alors pour répondre à cette à cette problématique. Vous pouvez vous diriger sur le tableau si vous le souhaitez.

Allons-y. Donc premièrement, on va d'abord s'intéresser à la capacité capacité de formuler et d'exprimer une pensée rationnelle. Effectivement, si euh je parle, c'est que j'articule une pensée qui est celle d'un sujet. le philosophe qui nous parle le mieux de ça et Descartes euh qui justement explique dans sa première méditation métaphysique comment est-ce que euh j'arrive à euh articuler en tant qu'être humain quelque chose qui engage ma raison et c'est par la volonté que je peux euh prononcer des mots qui font sens qui atteignent une vérité puisque il y a une dimension de vérité dans cette dans cette recherche de Descartes. La pensée rationnelle est une pensée tendue vers la vérité et volonté et raison vont me permettre de maîtriser cette recherche.

Un grand deux serait au contraire quelque chose qui va chercher du côté d'une impuissance. Une impuissance donc ce qui s'oppose à la à la maîtrise, une impuissance de la parole. une parole qui m'a trahi soit parce que j'ai par exemple des traumas enfouis de l'enfance. Là le la référence est Freud avec le lapsus. Je vais dire à la place d'un mot que je voudrais prononcer tout le contraire, ce qui trahit un certain trouble euh dont peut-être que je ne suis même pas conscient. Euh donc cette impuissance de la parole, elle tient aussi peut-être à la nature même de la parole. Les mots les mots que j'utilise tous les jours sont des étiquettes sont des étiquettes très grossières, très générales posées à chaque fois sur des choses très particulières pour laquelle il me faudrait beaucoup plus d'attention. un vocabulaire que je n'ai peut-être même pas encore inventé dont peut-être seul l'artiste serait capable d'atteindre la précision et la sensibilité nécessaire pour sortir de ce rapport très utilitaire aux objets. Si je veux décrire ce stylo, le mot stylo ne me suffit pas. Si je veux parler de la neige, il me faudrait peut-être 17 mots comme chez les inuits. Donc c'est un puissance de la parole et double côté sujet et côté structure du langage elle-même. Donc là Freud Berkson serait notre duo gagnant. Donc impuissance à atteindre la réalité par nos paroles.

Enfin une troisième partie et là on va toucher au côté politique des choses et ça c'est très intéressant parce que je crois que cette année les euh le choix de sujet articule beaucoup la dimension individuelle à la dimension collective et nos trois sujets sont politiques. Donc on va vraiment s'intéresser à la dimension sociologique du langage. Lorsque je parle il y a des choses que je ne contrôle pas. Je ne contrôle pas mon accent. Euh si j'ai un accent de Marseille, vous allez tout de suite savoir d'où je viens. Si j'utilise un langage trop châtié ou au contraire trop familier, euh ça va aussi me donner euh non seulement des indices sur qui je suis que je voudrais peut-être cacher, je voudrais peut-être euh peut-être que il y a des choses que j'ai pas intérêt à présenter lorsque je m'adresse à des gens sur un une scène publique. Et par contre, ça va aussi donner un certain poids, un pouvoir à ma parole qui ne sera pas seulement un instrument d'expression, mais un instrument pour dominer, pour contrôler, pour prendre part aussi de manière un peu plus modérée au euh débat public démocratique. Donc euh là euh bien sûr que la référence ça va être Bourdieu. Bourdieu qui est dans la distinction. Donc c'est le livre euh qu'on peut euh brandir pour cette 3e partie. Elle va euh nous expliquer comment ce qu'il appelle l'habitus, donc c'est un mot important ici, l'habitus, nos euh manières de parler, nos habitudes de langage, nos héritages euh sociétaux, culturels, familiaux vont nous façonner dans la manière dont on prend la parole. Et euh euh peut-être ici, il serait intéressant aussi de mentionner parce que euh sachez que c'est très important de donner des arguments qui s'appuient aussi sur des exemples, de mentionner aussi euh l'aspect politique aussi par un exemple peut-être d'actualité alors que c'est un livre qui est sorti quand même dans les années 50 si je me trompe pas. Euh donc 1984 de George Orwell. George Orwell euh va expliquer comment la dictature extrêmement féroce, dictature féroce, c'est redondant, mais là ça se justifie jusque dans le langage, va essayer de contrôler par une censure constante, par une terreur exercée sur la population euh la le nombre de mots dans un vocabulaire. Et donc cet exemple-là serait ici très pertinent. Donc double aspect politique, la société qui me façonne jusque dans mes manières de parler et aussi la forme de l'État qui me gouverne et les mots qui sont rendus euh accessibles, possibles. Euh et je vous rappelle comme autre exemple important, le terme féminicide n'existait pas dans le vocabulaire juridique jusqu'à il y a très peu de temps, on utilisait crime passionnel. Donc quand un mot n'existe pas, soit on le crée pour avoir une maîtrise sur le monde, soit on subit peut-être une réduction du vocabulaire comme dans 1984. Donc une dimension collective et politique de la parole la rend puissante que toute la question de la souveraineté passe par cette dimension là.

Merci beaucoup. Merci pour ce premier corrigé en tout cas. Alors là, on va passer au deuxième sujet. Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ? Donc là, un sujet qui euh parlait donc de bonheur mais aussi devoir, justice. Euh effectivement euh un sujet plus classique puisque on a directement ce terme heureux euh qui est toujours très complexe puisque euh est-ce que on sait le dire ? Oui. Euh êtes-vous heureuse ? Oui. Par contre, si je vous demande pourquoi, là, il y a il y a des tas de raisons. Là, il y a des tas de raisons qui vont varier d'un individu à un autre. Donc, la question du bonheur est extrêmement euh changeante et elle repose sur un vécu du sujet. un vécu du sujet qui en plus va changer au cours du temps euh qui va varier aussi par rapport à la condition sociale de nouveau de chacun mais aussi qui se complique encore plus dans dans notre sujet parce que on nous pose la question des autres. Le bonheur d'autrui est-il nécessaire au mien ? de nouveau la dimension collective, le bonheur à l'échelle de plusieurs contre lequel contre lesquels je serai seul et contre le malheur desquels je serai le privilégié d'un petit bonheur égoïste contre le bonheur de tous. Mais on peut aussi complètement renverser la question. Est-ce que nous pouvons être heureux alors qu'un seul d'entre nous souffre ? Et je voudrais vous indiquer une nouvelle extraordinaire qui pourrait être donnée en exemple pour ce sujet. Ursulaca Legin, grande autrice de la science-fiction qui nous raconte l'histoire d'une ville où le bonheur est parfait, aussi bien à titre individuel, émotionnel, familial qu'à titre collectif. Il ne manque de rien. Toutes les conditions sont réunies. La condition terrible de ce bonheur est le malheur d'un enfant enfermé dans une cave dont tout le monde est au courant et qui pose à tous les habitants de la ville un terrible dilemme moral. Qu'est-ce qu'on fait ? On reste ou on part sachant qu'on peut pas le sauver cet enfant ? Donc c'est vraiment le le sujet qui pourrait raisonner avec cette cette œuvre littéraire.

Alors, quelle problématique est-ce qu'on pourrait proposer du coup sur ce sur ce sujet ?

Alors pour la problématique, je propose la tension suivante puisque la problématique c'est toujours une tension entre deux points de vue, deux arguments plus que des points de vue puisque c'est ça va être appuyé sur des exemples, sur des idées construites et appuyé par aussi le dialogue entre les philosophes. Hop. En fait, ici tout va se jouer sur la l'ambivalence du mot du verbe pouvoir. Premièrement, on va dégager des capacités. Quelles sont nos les conditions d'un bonheur subjectif ? Comment qu'est-ce qui rend possible mon bonheur à moi tout seul ? Qu'est-ce qui rend possible le bonheur individuel ? Autrement dit, comment est-ce que je suis capable d'être heureux ?

Là, juste pour reprendre, vous répondez à quelle problématique ?

Alors, oui, alors je vais reprendre, désolé, je j'ai pas

Non, non, il y a pas de souci, mais juste voilà, selon vous, voilà, comment on pouvait reformuler en fait ce ce sujet ?

Alors, alors euh est-il euh pour que mon bonheur euh soit possible, est-il euh nécessaire que les autres le soient ? Le bonheur d'autrui plutôt que s'opposer au mien euh n'est-il pas au contraire une condition nécessaire euh à mon bonheur personnel ?

Merci beaucoup. Donc on va partir de la dimension individuelle. Qu'est-ce qui rend possible le bonheur au titre d'un au titre de l'individu ? Donc tout le versant subjectif. Donc ici, il y aurait plusieurs pistes. Déjà, on va différencier plaisir et bonheur, ça c'est très important pour tirer justement la notion du bonheur vers quelque chose de plus objectif au titre de la raison. Donc ici, la raison va être notre allié pour passer d'une première partie à une deuxième partie. On va se demander si la raison est nécessaire pour accéder au bonheur. D'accord ? elle va organiser par exemple là je pense à un auteur euh un auteur célèbre un auteur antique qui est le maître des plaisirs Épicure. Le maître des plaisirs dans le sens qu'il va proposer un arbitrage extrêmement contrôlé, extrêmement précis, extrêmement rationnel entre euh des choses qui vont euh augmenter mon bien-être ou au contraire par leur excès même menacer ce bien-être. Donc je vais passer de la douleur euh à son absence qui est déjà un bonheur et euh en même temps, je dois jouer aussi avec des pics de bonheur qui sont euh à chaque fois à modérer dans le temps pour pas basculer dans un excès destructeur. Donc ce calcul ce calcul des plaisirs est quelque chose qui va rendre possible le bonheur en passant par quelque chose de commun à tous, c'est-à-dire ma raison. Donc je commence à entrer dans un dialogue avec les autres. Donc qu'est-ce qui rend possible mon bonheur individuel ? Il y a aussi une autre notion puisqu'on est donc ici c'était épicure et la lettre à men à la la lettre à mener pardon pas la lettre mais lettre menacé est-ce que je dois le réécrire ça ? Non non pas du tout. Mettre à un essai. Voilà donc le calcul de plaisir, mais il y a aussi déjà dans euh dans dans ce bonheur individuel, il y a aussi des penchants que je vais avoir pour euh euh être troublé par le mal-être d'autrui. Donc c'est la notion de pitié qui est une passion, c'est-à-dire quelque chose que je subis, quelque chose qui est dans mon âme au même titre que une grande joie ou une grande tristesse. Je vais détester voir l'autre souffrir et ça ça va faire partie de mon bien-être. C'est pas que je vais chercher activement son bonheur, c'est juste que ça me répugne, ça me fait mal physiquement que de voir un autre être vivant. C'est intéressant puisqu'il y a pas juste dans les autres, il y a pas juste l'être humain, mais l'autre est un animal aussi. Voir la souffrance chez l'autre. Euh c'est ce qui s'appelle la pitié et euh la la fuir et la essayer de ne pas la provoquer et quelque chose qui va participer et qui va être nécessaire même au bonheur. Donc la pitié comme aversion à la souffrance d'autrui. Et donc là, on est dans deux deux conditions deux conditions de du bonheur individuel qui vont déjà pencher vers des choses communes. On va sortir tout doucement du sujet pour passer. Ensuite, je vais donner la référence ici. C'est Rousseau, donc Jean-Jacques Rousseau qui va développer ce concept de pitié. Encore une fois, ce n'est pas de la compassion. Je ne vais pas souffrir et accourir pour aider l'autre dans des élans d'empathie généreux. Je vais juste avoir horreur de sa souffrance et du coup je vais chercher à ne pas à ne pas la provoquer, à ne pas la prolonger.

Du coup, ça induit sur la deuxième partie. C'est ça.

Ça induit sur la deuxième partie où au contraire je renonce au bonheur mais je m'en rends digne. Donc il y a toute la dimension de devoir devoir envers l'autre. L'autre ne doit pas être un instrument placé sur ma route dont je me sers pour parvenir au bonheur. Comme tout à l'heure, je parlais de cet enfant dans cette société euh donc dans la nouvelle de Ursulaca Legin. Elle elle souligne justement le l'injustice d'une société qui reposerait sur le grand malheur d'un seul. En fait, dans cette société, je j'instrumentalise cet enfant. Si je si je participe à cette à ce contrat social, puisqu'on est dans dans un accord social pour instrumentaliser cet enfant, j'utilise un seul être humain et là c'est très important puisqu'on est même pas sur les autres, on est sur un seul. Instrumentaliser un seul être humain. Instrumentaliser un seul être humain, c'est se rendre indigne d'être heureux. et on ne peut pas vivre avec une conscience indigne. Euh on ne peut pas être heureux pour un auteur là que je cite sans le citer depuis tout à l'heure parler de Emmanuel Kant donc qui va définir un impératif catégorique moral qui définit les conditions d'une action bonne. Si je veux bien agir avec l'autre, il ne peut pas constituer un simple instrument sur la route de mon bonheur. Je dois absolument et à chaque fois le traiter comme une fin. Je dois respecter en lui une humanité qui nous est commune. Donc ici, mon devoir envers l'autre me rend digne digne du bonheur. Et donc ici je peux j'ai le droit j'ai le droit de l'être. Ça veut pas dire que je vais l'être. Chez Kant c'est très compliqué. On peut difficilement atteindre le bonheur. Par contre j'ai ce devoir absolu de traiter l'autre comme une une fin à chaque fois. Je vais noter ici critique de la faculté de juger.

Du coup, ce plan amène à une 3è partie.

3è partie. Alors, est-ce que je je sinon venez venez me la venez nous la dire au tableau, c'est pas vous la dire. Oui. Alors, de nouveau euh on arrive à une troisième partie extrêmement politique parce que évidemment va se poser la question de euh quelles sont les conditions pour un bonheur collectif. Et ici, il y a deux indices. Peut-être que un bonheur, premièrement, un bonheur collectif justement va euh induire un calcul plutôt rationnel. Euh et il faudra comparer le bonheur d'un seul, le bonheur d'un petit nombre au bonheur de tous. Là, la piste est dite la piste utilitariste. Euh dans l'utilitarisme, le bonheur est défini surtout par sa défin par sa composante collective. Ça part d'un individu et plus les individus sont heureux euh chacun en tant que sujet, plus la société euh permet ce bonheur collectif et le bonheur euh doit justement favoriser le plus grand nombre. Mais en faut voir en passant à chaque fois par l'individu. C'est ça le le la petite la petite articulation qui est qui est intéressante chez un auteur utilitariste dont par exemple John Stuart Mill. Euh ensuite euh le bonheur ici est aussi quelque chose comme un idéal collectif qui serait réalisable uniquement dans le cadre d'une société orientée dans ce sens par règles politiques. Et là on retourne à l'antiquité et le bonheur humain n'est réalisable pour un auteur comme Aristote que dans le cadre d'un collectif. euh organisé en cité. Cité, c'est l'ancien nom, le le nom antique de ce que nous appelons aujourd'hui l'État. L'État est l'instrument technique nous permettant de mener l'humanité à euh à un bonheur collectif en lui permettant de d'exprimer au mieux sa nature, sa potentialité bien sûr liée à euh l'exercice de la raison. Donc on retombe sur nos pattes. La raison est nécessaire pour accéder au bonheur. Mais seul une société organisée politiquement de manière à ce que notre raison puisse prendre le dessus pourra nous rendre véritablement heureux et toujours de façon collective.

Et bien merci beaucoup pour euh pour ce corrigé détaillé. Alors je vous propose maintenant de passer rapidement au commentaire de texte. Donc, il s'agissait d'un texte de Nietzsche Humain, trop humain, un auteur plutôt classique.

Auteur plutôt classique, auteur plutôt disruptif si on doit lui donner un qualificatif puisqu'on s'en sert souvent comme le grand rebelle de la pensée et généralement, il fait toutes les secondes parties des dissertations. On s'appuie beaucoup sur lui. Et là, ce qui est surprenant dans ce texte, c'est que c'est un texte qui va faire l'éloge de la science. Mais puisque nous sommes avec Nietzsche, euh il va faire l'éloge de la science pas sous sa forme de résultat concret, pas sous la forme de éloge du progrès et des atteintes et avancées obtenues par la science, mais en tant que méthode. Et qu'est-ce que ça veut dire la méthode ? La méthode scientifique, c'est le chemin qu'on prend pour parvenir à un résultat jugé par un collectif de pairs scientifiques. Quelque chose qui va tendre à une vérité, à une objectivité et qui va mettre aussi d'accord euh dans une discussion critique des acteurs de la science entre eux. Donc cette méthode scientifique, c'est le cœur de ce texte. Donc méthode scientifique euh et esprit scientifique aussi. Et appel de phare à notre auteur national Bachelard 1934, le nouvel esprit scientifique. Ce sont des termes qu'on retrouve chez Nietzsche bien avant 1934 et on pourrait souligner une parenté entre ces deux textes.

Du coup, quelle problématique vous vous avez pu faire ressortir de ce texte ?

La problématique euh justement c'est euh la science euh est-elle réductible à ces résultats ? Et euh la réponse, c'est-à-dire la thèse principale de ce texte, c'est que euh la science n'est absolument pas une histoire de résultat mais une histoire de démarche. C'est un texte qui attire aussi l'attention sur euh une vulgarisation notamment dans le domaine politique de faux raisonnements qui auraient l'apparence de la science mais qui justement manquent de cette célèbre méthode scientifique.

Du coup là, l'idée c'est de partir sur un plan plutôt linéaire, on est d'accord ?

On est d'accord. Il faut suivre le texte à la lettre et passer par les articulations qui parviennent justement à construire ce résultat. Je propose trois euh trois parties.

Moi, je vous propose de rester ici si vous voulez.

Oui, ça sera peut-être plus c'est c'est plus simple. Oui. Euh découpage donc ligne 1, ligne 5. Donc la méthode scientifique fonde l'esprit scientifique davantage que euh les résultats de la science en eux-mêmes. Ensuite ligne 5 à ligne hm euh 14. À ligne 14, c'est le détournement de la science par euh les esprits cultivés. esprits cultivés qui ne sont pas encore des scientifiques. Donc ce qui serait une fausse manière de faire de la science. Et ensuite ligne 14 à 17, une partie prescriptive où Nietzsche nous dit ce qu'il faudrait faire et la manière dont chacun d'entre nous a intérêt de se saisir d'une pratique plutôt que de se contenter de connaissances toutes faites pour justement éviter ces détournements qu'il dénonce dans la deuxième partie.

Et bien merci beaucoup. Merci Ral pour ce corrigé et puis merci à vous de nous avoir suivi. Je vous rappelle que vous pourrez aussi retrouver les corrigés écrits de toutes les épreuves du bac 2026 sur l'étudiant.fr. Vous pouvez également vous rendre sur les réseaux sociaux de l'étudiant TikTok, Instagram, Facebook pour retrouver d'autres vidéos tout au long du bac. À très vite.