Transcription
Idée reçue numéro 2 en football. [musique] Prendre du muscle, ça rend lent. Parce que déjà, faire du renforcement, ça rend gonflé. Ben, évidemment, il y a juste à demander à ceux qui essaient déjà de prendre du muscle, voir comment c'est dur, ce qu'il faut faire, ce qu'il faut manger, ce qu'il faut engurgiter comme prot, et cetera, et cetera, pour comprendre qu'en fait, c'est pas si facile que ça. Dans le foot, très clairement, on pense que le renforcement va créer beaucoup de muscles, et ce trop-plein de muscles rendrait lent. Alors là, c'est un contre-exemple total, quoi.
Bonjour à tous. Allez, c'est parti pour l'épisode. Je reçois, bah, deux amis avant tout, mais deux experts. Jadu, qui est le kiné du FC Nantes. Un des kinés. Ouais, un des kinés. [musique] Bah oui, on imagine bien que tu n'es pas tout seul. Effectivement, il y a un petit peu de boulot. Euh, et Lilian Lacourpaille, euh, biomécanicien du sport, chercheur, enseignant, euh, à l'université de Nantes. Oui. Euh, tous les deux, d'ailleurs, euh, bah, vous êtes très impliqués chez ABD Formation, puisque vous intervenez aussi auprès de nos CCP. Et euh, c'est vrai que c'est une, une de nos plus belles écoles, non ? Parce que c'est une de nos premières. C'est vrai. Euh, donc si, voilà, si vous cherchez à vous reconvertir, n'hésitez pas. Vous trouverez tous les liens en description de l'épisode. Mais aujourd'hui, on n'est pas là pour parler de ça. On est là pour parler, bah, des idées reçues dans le sport de haut niveau. Et aujourd'hui, ce sera le foot, parce que bah, c'est l'actualité du moment, ça ne vous aura pas échappé. Et le foot, bah, a beaucoup, beaucoup d'idées reçues. On va commencer avec une idée reçue très, très simple. Euh, le mouvement analytique, hein, qu'on prend par là, le mouvement monoarticulaire, le mouvement de musculation un peu classique, un leg extension sur une machine guidée, par exemple, un biceps curl sur une machine guidée, par exemple, sont des mouvements analytiques. Bien, les mouvements analytiques ne sont pas transférables dans le football. Ouais, c'est un truc qui, qui revient souvent, ça, le fait que, alors, le biceps curl chez les foot. Bon, c'est, c'est bon pour l'Instagram. C'est bon pour Instagram. C'est important. Puis il faut remplir le maillot, quoi. Ouais, il faut remplir le maillot, et puis il faut, c'est, il y a du duel quand même, malgré ce que beaucoup pensent, du foot a du duel, donc ça peut être intéressant. Mais quoi, crochet au-delà, non, un pas [rires] trop normalement. Mais en tout cas, c'est vrai que il y a cette idée reçue que travailler un muscle en l'enlevant de sa chaîne, ça serait de la perte de temps. Et ça, c'est quelque chose qui est assez ancré, c'est-à-dire qu'on pourrait pas bosser un ischio, un quadriceps, ou un mollet. Euh, moi, je, je suis que kiné. Euh, je ne suis pas dans la préparation physique. Mais que ça soit en kiné, en préparation physique, on peut, on peut très bien trouver des avantages à ce que ça soit que analytique. C'est-à-dire que si on travaille une chaîne et que, euh, il y a un maillon faible, ben, on sait en fait que c'est ce maillon faible qui va nous limiter vachement dans cette chaîne-là. Parce qu'une chaîne est jamais plus forte que le plus faible de ses maillons. Exactement. Donc, comment faire pour progresser si on ne travaille pas analytiquement ? Ouais. Un exemple très, très simple en musculation, avant de te donner la parole. Souvent, il y a des gens qui vont plafonner à un moment donné sur un mouvement de force du Big Five, un mouvement très simple comme le développé couché, par exemple. Et en fait, à la fin de l'histoire, le développé couché, être fort en développé couché, c'est être fort en triceps, être fort en deltoïde, être fort en pec. H. Voilà, finalement, c'est assez simple. Et donc, s'il y a un des trois piliers fondamentaux qui ne suit pas le niveau de force des deux autres, et ben, instantanément, simplement en ciblant les niveaux de force sur cette, sur cet échelon-là, ben, on va pouvoir passer ce cap. Ouais, je suis d'accord. En fait, je pense qu'on se dit souvent que l'analytique, ça sert à rien parce qu'effectivement, il y a beaucoup d'études qui montrent que, que renforcer un groupe musculaire de manière analytique dans un exercice, ne va pas forcément être transféré immédiatement dans la gestuelle sportive ou dans d'autres exercices polyarticulaires. Mais effectivement, quand on a identifié potentiellement le facteur limitant de la chaîne, le maillon le plus faible, et qu'on le renforce, alors là, on peut de nouveau générer une nouvelle progression parce qu'on a renforcé le maillon faible. La grosse difficulté, c'est de l'identifier. H. Et je trouve que ça, ça, c'est pas facile à faire. Après, si on ne l'a pas identifié, et ben, on a plusieurs pistes, et puis on peut renforcer plusieurs pistes en même temps de manière analytique, en se disant, et bien, il y en a bien une qui va nous faire passer un cap. Ouais, c'est ça. De manière purement empirique. On peut très bien se dire que, bah, ce petit circuit finisher, euh, après les mouvements globaux, bah, va nous permettre à un moment donné de détecter des niveaux de force un petit peu surprenants. Enfin, moi, j'ai toujours fonctionné comme ça avant. Aujourd'hui, évidemment, on a les EMG, on en parlera peut-être juste après. Évidemment, on a des capteurs de force dans tous les sens, on arrive à monitorer beaucoup de choses dans le sport de haut niveau, et de plus en plus dans le sport loisir d'ailleurs, puisque les plateaux comme Jim Connectés aujourd'hui, par exemple, vont te donner des ratios agonistes-antagonistes. Tu vas, tu vas arriver à avoir des indicateurs, et même des indices de, de cibles que tu n'avais pas avant, même dans le mainstream, même dans les salles plus grand public. Mais en restant dans le haut niveau, évidemment, là, on est surarmé, on est capable de lire et de comprendre tout ça. Euh, mais avant, c'était pas le cas. Et bah, franchement, un bon circuit finisher, quand tu, quand tu constates que la personne, elle a des perfs de, euh, de junior au triceps, à l'extension triceps, alors que, ben, il a un bench qui est solide, et que sur les pecs, il y a manifestement pas de problème, et que sur développer épaule, en presse épaule, il y a pas de problème non plus. Bah, quand même, tu as probablement un indice là, majeur. Ouais, je suis d'accord. Et puis, ouais, du coup, là, il y a ça, possiblement, du coup, les finishers, possiblement aussi dans la périodisation de l'entraînement, bah, en fait, euh, faire des cycles et, enfin, donc cette périodisation va nous permettre de faire des cycles où on va mettre l'accent sur un facteur limitant ou en tout cas un maillon faible de la chaîne. Je vais renforcer ce maillon dans la chaîne, et puis, bah, le cycle suivant, je vais changer. Et du coup, bah, par itération, et bien, probablement qu'à la fin, on va être capable de voir quand est-ce que ça passe un cap, et peut-être de, de se dire, c'était peut-être ça la solution. Ah ouais, et je trouve que c'est beaucoup plus clair en kiné, euh, mais on ne le transfère pas à la préparation physique. Ça, c'est assez dingue, parce que, euh, si on a, par exemple, un ischio de blessé, c'est évident qu'on va commencer par travailler cet ischio-là qui est blessé, parce que, ben, c'est clairement le, le maillon faible, et on l'a identifié facilement pour le coup. On n'a même pas besoin de max ou quoi. On le sait. Il est blessé. Euh, et une rééducation, ça commence par renforcer pour cicatriser, euh, le muscle en question, et ensuite de l'emmener dans une chaîne ou l'emmener dans un exercice fonctionnel pour, enfin, que le joueur reprenne le terrain. Si c'est vrai en kiné, en fait, ben, c'est vrai aussi en préparation physique. Mais oui, oui, même s'il n'y a pas de blessure. Et alors, c'est amusant, parce que les gens aiment, aiment beaucoup les grandes lois binaires. Ils n'aiment pas trop le gris. C'est ça. Ça doit être fonctionnel ou analytique. Et quand j'étais [raclement de gorge] gamin, je me rappelle mon club de, mon club de, de muscu familial. [grognement] Il y avait un poids au milieu d'une grande pièce, avec autour des, ils appelaient ça les haltères à boules. Non. Les haltères à boules, c'était en fait les haltères longs, euh, à fixes. Euh, ça, alors, il n'y avait pas de roulement dessus, hein. Euh, et aussi les kettlebells. Et tout ça a été jeté, poubelle, machin, euh, dégagé pour des grands plateaux, euh, de mouvement, de mouvement, euh, guidé, de machines guidées, dans les années 80, 90. Progressivement. Et puis, avec l'avènement du CrossFit, de l'entraînement fonctionnel, de tout le courant actuel qu'on connaît, ben, à l'inverse, on dit "Ouais, mais si tu fais de la muscu comme ça, à l'ancienne, en fait, déjà, c'est à l'ancienne, tu vois, j'aime bien le terme. En fait, tu ne sais pas vraiment t'entraîner, tu passes à côté du du cœur du truc." Et donc, c'est ça oscille entre l'un et l'autre. Et le testing a fait un peu pareil. C'est-à-dire que, on a basculé dans une mode du testing en prépa physique ultra fonctionnel, full body, très peu analytique, alors que les kinés n'ont jamais choisi eux. Et les kinés ont toujours eu les deux. Il y a toujours une analyse posturale. Moi, j'en ai fait des kinés dans les équipes nationales, et à chaque fois, je, je prends un, un, un vrai plaisir à rencontrer mon collaborateur par la pratique, et du coup, à m'exposer moi, en tant que pratiquant, au thérapeute. C'est génial, parce que tu as des raccourcis après de, de travail qui se créent colossaux. Et donc, en me faisant traiter par, c'est, c'est, je vois des centaines de kinés, j'imagine. J'ai jamais compté [grognement]. Euh, et ben, à chaque fois, voilà, il y a une approche avec la posture, avec un peu de dynamique et de mouvement. Souvent par la marche, des squats, voilà, il y a toujours une vision un peu globale, et puis très vite, on va sur les, en analytique, on va tester étage par étage ce qui se passe véritablement. Mais ouais, parce qu'en fait, c'est obligatoire, en fait. Nous, on, alors, je pense que si, on, si aujourd'hui, ça se passe vraiment comme ça, je pense que ça, quand même, si je veux être honnête, était très longtemps analytique. Tu sais, ça part de l'analytique. Je suis d'accord avec toi. Et puis, il y avait un peu cette dualité en disant, les ostéos, par exemple, pensent global, et les kinés pensent très analytique. En fait, absolument pas. Si on est logique, oui, tu dois, en fait, quand tu viens chez le kiné, et que tu ne peux pas marcher, ton objectif, c'est de marcher. C'est pas que cette articulation fonctionne bien. Donc, je pense qu'on est parti de l'analytique, mais on a très vite vu que, en fait, il fallait pas s'arrêter là, très clairement. Donc, oui, l'analytique est absolument essentiel, mais faut pas s'arrêter là. On va vers le, vers le fonctionnel, et les deux, en fait, se complètent. Il n'y a pas à choisir entre l'un ou l'autre. Ouais, je suis d'accord. Et il y a quand même, je disais tout à l'heure, il y a pas de preuve dans la littérature, mais en fait, il y a quand même des éléments qui nous font dire que la performance sur de l'analytique, alors je vais faire un petit raccourci. La performance sur l'analytique, évidemment, c'est une performance qui est neuromusculaire. C'est à la fois comment mon cerveau commande les motoneurones épiniens, et comment l'effecteur peut produire de la force. C'est notamment en lien avec sa taille, la taille de l'effecteur. Et en fait, il y a une étude qui a été publiée en 2020-2021 par l'équipe nationale de Grande-Bretagne. En fait, ils ont passé plein de sprinters internationaux, donc spécialisés du 100 mètres, entre 9 secondes 8 et 11 secondes 2 au 100 mètres. Donc pas des, pas des rigolos. Euh, et ils les ont tous mis dans l'IRM, et ils ont mesuré le volume musculaire de chacun des extenseurs de la hanche. Grand fessier, grand adducteur, tous les ischios. Donc, à niveau technique équivalent, on a une corrélation très étroite entre le volume des extenseurs de hanche et la performance au 100 mètres chez des athlètes élite. Et la taille du grand fessier explique 40 % de la performance chez cet athlète-là. Donc la taille, ça compte finalement. Et oui. Donc la taille, ça compte.
Idée reçue numéro 2. En football, prendre du muscle, ça rend lent. En fait, ça, c'est quelque chose qui est vraiment ancré. Ils ont peur de faire du renforcement parce que déjà, faire du renforcement, bah, tu gonfles. Ben, évidemment, c'est bien connu. Il y a juste à demander à ceux qui essaient déjà de prendre du muscle, voir comment c'est dur, ce qu'il faut faire, ce qu'il faut manger, ce qu'il faut engurgiter comme prot, et cetera, et cetera. Mais on en parlera peut-être après, euh, pour comprendre qu'en fait, c'est pas si facile que ça. Mais dans le foot, très clairement, on pense que le renforcement va créer beaucoup de muscles, et ce trop-plein de muscles rendrait lent. Alors là, c'est un contre-exemple total, quoi. H. H. Mais ce n'est pas, c'est, en fait, d'un côté, euh, euh, je me mets à leur place, et j'arrive à les comprendre, en fait. Euh, et tu vois, moi, je travaille avec le pôle France d'athlétisme, euh, à Nantes, et on a ces problématiques-là, c'est-à-dire que, on a des athlètes qui arrivent au niveau, euh, national ou européen, et qui n'arrivent pas à passer le cap mondial. Et en fait, quand je parle avec, euh, l'entraîneur Richard Cursas, responsable des équipes de France, d'ailleurs, relais 4x100, euh, il me dit "Mais si je regarde au niveau mondial, là, par rapport à cet athlète, bah, en fait, il a 5, voire 10 kilos de moins que les meilleurs mondiaux." Et donc là, tu te dis, ben, à compétence, bah oui, technique équivalente, à un moment donné, le fait de prendre de la masse musculaire, OK, à court terme, ce n'est pas fonctionnel, parce que dire, quand on dit "on prend de la masse musculaire", ben, on enlève des contenus spécifiques, on crée de, de la fatigue, parce que prendre de la masse musculaire, c'est un coût biologique, ça nécessite des volumes d'entraînement assez élevés, et donc, à court terme, la performance régresse, enfin, en tout cas, ne s'améliore pas, et ça, c'est hyper dur pour un entraîneur ou un préparateur physique, et encore plus pour un athlète de l'accepter. Mais c'est un projet à long terme. Mais un autre facteur, c'est que tu changes de corps, et euh, ça envoie un message important pour les sports à catégorie de poids, dont font partie les sports de force, soit dit en passant. [grognement] Euh, parce que beaucoup s'entraînent avec un corps différent de celui qu'ils utilisent en compète. En compétition. Et donc, bah, évidemment, quand tu as l'habitude de faire ça, ça peu à peu, toi, tu as fait du taekwondo, peu à peu, tu finis par t'acclimater à ça, et donc à, à prendre des repères sur deux corps. N'empêche que ton corps de compétition, tu le pratiques beaucoup moins. Donc, c'est quand même absurde. Mais pour quelqu'un qui n'est pas dans des sports à catégorie de poids, comme un footballeur, effectivement, si tu lui rajoutes 4 kilos, en général, ce n'est pas non plus des armoires à glace, les footballeurs. Ce ne sont pas des, ce ne sont pas des, des handballeurs ou des, ou des rugbymen. Donc, c'est des profils qui sont quand même un petit peu plus légers. Donc, 3, 4 kilos, ça compte énormément. Hm, hm. Et, bah, il va falloir prendre des nouveaux repères, il va falloir s'adapter à ces nouveaux niveaux de force qui vont générer des appuis un peu différents, des vitesses un peu différentes. Et c'est là que le projet redevient global, parce que peut-être que tu as pris énormément, bah, sur le haut du corps, parce que tu n'avais pas la culture de ça. Donc forcément, c'est là-dessus que ça a un peu plus pris, parce que tu, tu es plus répondeur. Ou alors, tu as pris sur les jambes, parce que tu as fait que des jambes. Hm. Et du coup, bah, il va falloir systématiquement penser les étages les uns après les autres, par rapport à ce qu'on disait en début d'épisode. C'est-à-dire qu'il va falloir remettre, euh, de la lecture analytique dans la lecture globale. D'accord. Ouais. Ouais. Non, mais très clairement, très clairement. Mais moi, il y a quelque chose qui, qui me marque, c'est qu'en fait, pourquoi, pourquoi il, enfin, leur job, c'est d'être bon sur le terrain, c'est de gagner, être performant. Pour être performant, tous les jours, ils s'entraînent. Là, on a des preuves comme quoi si tu as des fessiers plus épais, plus gros, plus volumineux, tu vas plus vite. La vitesse fait partie, et la puissance font partie intégrante des qualités pour être bon, pour être performant. Donc, en fait, s'enlever, enfin, ne pas prendre cette option-là, c'est choisir d'être moins performant. H. Mais surtout, c'est oublier un facteur important, c'est que ce qu'on appelle vitesse, puissance en foot, quelqu'un qui est vite sur le terrain, c'est quelqu'un qui est fort. En fait, la force est omniprésente. C'est, voilà, comprenez bien ça. C'est un mec qui court vite, en fait, c'est juste qu'il pousse fort. C'est, voilà, c'est très, très simple, et il enchaîne fort. Voilà. Et en réalité, comme quand on écoute Lilian, bah, vous comprenez qu'un des facteurs, c'est la masse musculaire. Ah ouais. Ouais. Et là, il y a de la, il y a de la donnée, il y a de la publication, on le sait. Alors, jusqu'à un certain point, parce que, on ne peut pas être toujours plus gros et suffisamment fort au regard de la masse qu'on doit déplacer. Donc, il y a un rapport évidemment poids-puissance optimum, euh, poids-force, même. Mais vu les gabarits des footballeurs aujourd'hui, je pense qu'il y a de la marge. Pas embêté, marge. En plus, ça dépend où cette masse est localisée. Typiquement, quand la masse elle est proximale, donc grand adducteur, grand fessier, et cetera, le coût que ça va avoir sur au niveau énergétique, il est beaucoup plus faible que si c'est une masse qui est mise en distal, au niveau des jambes, enfin, en bas de, en bas de la jambe, au niveau de la cheville. Donc, en fait, le coût qu'on va avoir sur de la masse musculaire qui serait additionnelle, mais en proximal, va avoir des effets bénéfiques très grands. Et d'ailleurs, ça a été montré dans certaines études faites chez les athlètes spécialistes des sports d'endurance, où ils ont pris de la masse musculaire. On se dit, bah, c'est contre-productif pour la performance au marathon. Euh, et en fait, on se rend compte que cette masse musculaire, quand elle devient finalement spécifique à la performance, parce qu'elle nous permet de nous propulser vers l'avant ou vers le haut d'ailleurs, et bien, finalement, c'est quelque chose de rentable. Ouais, complètement. Et puis, il y a un autre truc aussi qu'il faut voir, c'est que par exemple, dans le football, [raclement de gorge] aller vite, c'est très bien, mais ce n'est pas de l'athlétisme. C'est-à-dire que tu as quand même des contacts. H. Si tu vas vite, mais que tu es une brindille, tu vas tomber. Hm. Et, euh, si on prend, euh, un très bon exemple, c'est Kylian Mbappé, euh, que je n'ai pas eu la chance d'avoir, euh, [rires]. Il n'est pas absent. Il n'est pas absent, pas encore. Euh, peut-être, peut-être pas sûr. Mais, euh, Kylian Mbappé, il court très vite, mais il sait très bien réagir au duel. H. C'est-à-dire que non seulement il produit de la vitesse avec ses membres inférieurs, mais il a le gainage suffisant, le gainage dynamique suffisant pour, ben, ouais. Et d'autant plus que, euh, il y a aussi ces notions de rotation contre rotation qui demandent vachement de force au niveau du tronc, parce qu'en fait, il ne court pas comme les sprinters à regarder droit devant. Généralement, il se tourne pour voir la balle arriver. Euh, il se, il y a les segments libres qui se déplacent. Voilà, il y a les segments libres qui se déplacent. Potentiellement, il pousse. On a le maillot. Ah, c'est pas, c'est interdit, ça. [rires] Il y a non. Ça, c'est que à Nantes. Pardon. Euh, donc tout ça fait que, en fait, courir vite, c'est très bien, mais courir, courir vite en étant fort, bah, c'est beaucoup mieux dans le football. Ça, c'est clair, indispensable. [grognement]
Idée reçue numéro 3. À l'inverse, cette fois-ci, le, l'entraînement fonctionnel, c'est bien, mais le problème, c'est qu'on risque de blesser les joueurs. C'est trop technique, trop dangereux. Mais ça, c'est vrai, ça. [rires] Alors, déjà, sur le risque de blessure, si, ne parlons que du [raclement de gorge] la deuxième partie de ta phrase, le risque de blessure, déjà, euh, dans la tête de beaucoup, il est énorme en dehors du terrain. Ça, c'est un truc de fou, quand même. S'entraîner en dehors du terrain, ça créerait des blessures. Or, on peut regarder dans la littérature, où est-ce qu'on se blesse le plus, c'est sur le terrain, en compétition. Donc, déjà, ça, c'est marrant, parce que tu vois, en sport de combat, on avait, on avait fait une, une étude sur les quatre ans des JO de Londres, avec l'équipe britannique de judo, et en fait, à l'inverse, en sport de combat, 90 % des blessures surviennent pendant l'entraînement. Alors, en judo, évidemment, je n'ai jamais eu un seul blessé en préparation physique. Ça n'existe pas. C'est interdit. Euh, ça, voilà, c'est simple. Si un jour ça existe, posez-vous vraiment des questions. Mais, mais par contre, en judo, on maîtrise moins l'environnement, évidemment, mais enfin, 90 % et se blessaient à l'entraînement, et du coup, ça pose la question du volume d'entraînement et de la, et de la place du volume d'entraînement. Jusqu'où est-ce qu'on prend des risques ? Je ferme la parenthèse, on parle de foot. Ouais, mais ouais, c'est, c'est quand même très intéressant de, de comparer avec les autres sports, parce qu'en effet, il y a une culture quand même qui est différente. Je pense que, par exemple, dans le judo, on part du principe que l'entraînement doit être plus dur que ce qu'on va rencontrer en compétition. Euh, ce n'est pas vrai dans le football. Euh, le, le, la référence de beaucoup de modèles, ça reste le match, et on va faire la semaine en fonction du match pour être frais, le plus dispo possible. Euh, donc tout ce qui va être à côté va être moins fort. Euh, cela étant dit, en effet, si tu fais du fonctionnel, si tu proposes du fonctionnel, tu risques de te faire taper dessus. Mais encore une fois, là, je vais, je vais essayer de les défendre. En fait, je pense aussi que c'est une question de culture, parce que ils n'ont pas été habitués à ça. En fait, il faudrait que les mouvements fonctionnels d'haltéro, ou peu importe, soient directement intégrés dans la préparation du joueur dès qu'il rentre au centre de formation. Bah oui, et même avant ça, déjà dans la saison, déjà qu'il y a une phase préparatoire où on construit des bases, et cetera, on éduque les joueurs. Alors ça, c'est encore plus dur, parce qu'en fait, il n'y a pas le temps dans le foot. Il n'y a pas le temps. Il y a une pression du résultat, et une pression, ça, ce n'est pas une olympiade, tu vois. Ou, mais tu vois, moi, ça, on me l'a déjà dit plein de fois aussi, mais sauf qu'en fait, on se dit, il n'y a pas le temps, mais en fait, il y a deux poids de mesure, c'est-à-dire, entre faire un leg extension et faire, c'est sûr, un squat complet à la barre olympique en high bar, il y a, c'est deux choses différentes, tu vois. Entre-temps, j'ai peut-être des lunges au kettlebell. Bon, bah, en terme de niveau de difficulté et de risque de blessure, bah, on n'est pas sur le, le même niveau, tu vois. Non, je suis d'accord avec toi, mais l'apprentissage moteur, euh, est long quand même. Bah, pas pour des lunges au kettlebell, quoi. Pas pour des lunges au kettlebell, pas pour un Kylian Mbappé. C'est-à-dire que, il y a un truc, moi, qui me fait halluciner, c'est qu'en leurs mains, euh, certains préparateurs physiques ou certains kinés ont les meilleurs athlètes de la planète. Pas qu'en foot. H. Kylian Mbappé, on l'aurait mis en judo, c'est sûr que ça serait bien passé. A peut-être pas été aussi fort qu'en foot. Enfin, le mec a clairement une coordination au-dessus de la moyenne. Alors, il n'est peut-être pas prédisposé à faire de l'haltéro, mais enfin, sur tout le champ, vu le médical qu'on a dans la, dans la salle de muscu, j'ai du mal à croire qu'à la fin, on finit toujours par faire de la, de la presse à l'élastique. De la presse à l'élastique. Voilà. Ah non, mais je suis d'accord avec, comme ça, là, avec, avec le câble qui passe sur la table, elle a fait le tour. Bah, à l'inverse, parfois, on se lance sur du fonctionnel. Tiens, je vais vous mettre la, la vidéo du PSG. Alors, ce n'est pas la dernière équipe. Il y avait encore, il y avait encore Messi qui, qui jouait. Mais bon, c'est quand même relativement récent. J'imagine que, peut-être pas au PSG, mais en tout cas, dans, dans certains clubs, ça n'a pas changé. Euh, regardez-moi ces, ces merveilles de, de, d'épaulé, euh, d'épauler à la barre de pump. Et là, on se dit "Mais alors là, pour le coup, je suis d'accord. Si ça, c'est du fonctionnel, alors on risque de se faire mal, parce que, euh, clairement, il n'y a pas eu de coaching technique. Clairement, pour qu'on accepte ça dans une séance, ça veut dire que les coachs ne savent pas faire d'haltéro." Donc, je pense qu'il ne faut pas enseigner ce que vous ne savez pas faire. Il y a, je sais pas tout faire en prépa physique, moi. Il y a des trucs qui n'existent pas dans, dans mes séances, parce que je ne sais pas les faire, c'est tout. Et, euh, et donne un exemple. Je, Ah, il va [rires]. Et, et donc, quand je vois ça, je me dis quoi ? Je me dis, bah, les mecs, ils arrivent pas à plier les poignets, les barres à tournent pas. Euh, malgré tout, même si c'est une barre de merde, euh, il doit y avoir 5, 6 kilos qu'ils écartent du corps, machin. Ouais. Pour peu que le mec, il soit un petit peu fragilisé du dos sur une, bah, justement, sur un match un peu dur, sur un carton, quoi. Bah, là, tu risques de le blesser. Là, je suis d'accord. Donc, en fait, il y a un problème sûrement d'éducation des coachs à ce qui est vraiment le fonctionnel, à ce qui va permettre de faire progresser les gens. Parce que si tu n'as pas de sémi-technique, si tu n'as pas de chemin pédagogique, parce que tu ne t'es pas formé, bah, du coup, tu n'as pas de clé autre que la charge. Tu vois, tu es juste en train de régler un exercice. Et alors là, je suis super d'accord. Bah, restons sur des mouvements très, très simples. Leg extension, machine guidée, en, en pec deck, et on développe de la force aussi, hein. Il y a, il y a pas de sujet, hein. C'est contrairement à ce qu'on pense souvent, ça fonctionne, peut-être moins, peut-être différemment, mais ça fonctionne. Et par ailleurs, bah, quand on va chercher du mouvement fonctionnel, on cherche de l'éducatif, on cherche à, à créer de la coordination motrice, du, du contrôle moteur, de l'activation, de l'appui, des choses qui vont être transférables, peut-être sur d'autres paramètres que la force max. Ouais, je te rejoins à 1000 %. Mais le problème, je pense qu'il est, il est, il est très profond, et c'est de là d'où viennent ces idées reçues là. Et d'ailleurs, ça en est une autre, une autre idée reçue, c'est que en France, en tout cas, il y a cette culture de l'hyperspécialisation précoce. Or, les études sont assez claires là-dessus aussi. En fait, ça ne marche pas. Les meilleurs athlètes, il y a une étude là qui est sortie récemment sur les athlètes olympiques. En fait, la majeure partie des, des athlètes olympiques ont commencé tardivement, se sont en tout cas spécialisés tardivement dans leur discipline. Or, pour reparler encore une fois de Kylian Mbappé, il y a ce fameux projet Mbappé là dont tous les parents parlent. En fait, ça, ce n'est pas le meilleur moyen d'aller, euh, sur de la très haute performance. Le meilleur moyen, c'est justement de, euh, de multiplier les activités pour multiplier les compétences, multiplier les skills fonctionnels, euh, le développer différents niveaux de force, différents, différentes qualités, en fait, tout simplement. Comme Lomachenko, Lomachenko a fait ça, un des plus grands boxeurs anglais. OK. Teddy Riner, pareil, il a, il s'est spécialisé très tard. Alors, ça, c'est, c'est, alors si vous voulez apprendre des choses là-dessus, la personne à suivre, c'est Adrien Seot. Il est venu sur cette, antenne. On peut vous mettre le lien de la, de la vidéo. C'est vraiment un expert mondial. Il publie, publie sur le sujet depuis longtemps. Il maîtrise bien les données, puisque, euh, il est au cœur de l'INSEP, et il voit beaucoup, beaucoup d'athlètes, et donc il dit comme toi, évidemment, et, et c'est le courant de pensée aujourd'hui dominant en Europe de l'Ouest, et en, et aux États-Unis. Euh, moi, c'est comme ça que j'ai éduqué mes enfants. Mais au fond de moi, j'ai un petit doute. C'est fou, parce que moi, je suis comme toi. Ah, mais c'est les gars, c'est exactement la même chose que quand tu fais du, quand tu fais un exercice où tu es dans un cycle où tu fais des choses qui ne sont pas spécifiques. Ouais. En fait, tu as peur. Et le seul moyen de te rassurer, c'est de dire "Attends, comment ça va faire pour, comment je vais pouvoir transférer ça sur mon terrain ?" Du coup, je vais faire un lourd-léger avec des trucs un peu spécifiques comme ça. Bah, c'est sûr que ça va se transférer. Et faut trust the process, les gars. Ouais, mais c'est, mais oui, bien sûr. Mais en fait, il faut, il faut croire au process, au process, c'est, c'est sûr. Mais en fait, je pense qu'on a tellement été éduqué comme ça. C'est tellement en nous. Et en fait, quand tu vois un gamin, moi mes enfants, ils font beaucoup de foot, chelou. Mes enfants, ils font beaucoup de foot. Je me dis que forcément, ils vont mieux jouer dans 10 ans que quelqu'un qui commence dans, dans 5 ans. Et pareil pour le, c'est un premier élément qui fait douter. Un deuxième élément qui fait douter, c'est que moi, j'ai vécu dans des pays où on ne fait pas ça du tout. Euh, j'ai vécu en Russie, par exemple. H. Et en Russie, euh, on te spécialise entre 6 et 8 ans. Voilà, entre 6 et 8 ans, en fonction des tests physiques nationaux faits en EPS. Et déjà, ils ont de l'EPS. Attends, ils ont de l'EPS avec des saltos et des trucs, hein. Donc, euh, et derrière, ils vont te flécher sur des sports, et c'est fini après. H. Et c'est fini. Donc, et évidemment, la Russie aujourd'hui, elle est au ban des nations pour plein de raisons. Évidemment qu'il y a des, tout un tas de disciplines où c'est un état voyou, il dope et tout. Enfin, ce n'est même pas l'état, c'est le sport en question, parce qu'en judo, je, je le dirai jamais assez, mais il n'y avait pas de dopage chez nous en Russie. Mais n'empêche que, voilà, une fois que les gamins sont enclenchés, sont enclenchés, il y a, il y a terminé. Tu es mise dans la case tennis de table, tu fais, wouh, comment je fais demi-tour, les gars ? Comment tu sors plus ? C'est fini, et tu as intérêt à jouer fort. Et ben, en Chine, c'est pareil. Oui, mais je pense que là, et ça performe. Oui, bien sûr, ça marche. Bien sûr, mais je pense que là, on est sur le biais du survivant. C'est-à-dire que pour un médaillé, combien de, de petits sont cassés les dents ? Est-ce que, mais est-ce que le biais du survivant, ce n'est pas le haut niveau ? Il est là, mon, mon petit doute au fond. Est-ce qu'en éduquant mes enfants comme ça, je ne veux pas faire des gens moyens partout, moyen partout, des mois. Voilà, je vais faire des préparateurs physiques. Ouais, mais je pense qu'il y a encore une fois, [rires] il y a deux, il y a, Ouais, ça va, ils s'en sortiront. Il y a deux points de mesure. C'est-à-dire que ça ne veut pas dire, je le bannis du sport dans lequel je veux qu'il s'inscrive plus tard. C'est-à-dire, il a le droit d'en faire un peu, mais à côté, je veux qu'il fasse d'autres choses. Oui, exactement. Tout à fait. Et tu vois, enfin, Lomachenko, c'est exactement ce qui s'est passé. Son père était boxeur, l'a mis à la boxe au début, il en a fait un petit peu, tout ça, et puis ensuite, il l'a mis vers d'autres disciplines. Mais ce n'est pas tout à fait une spécialisation tardive. Ce n'est pas exactement une spécialisation. Mais moi, ce que j'entends par depuis le début, ça veut dire qu'il ne fait plus que ça. Ouais. À partir de l'adolescence ou à la fin de l'adolescence. Ouais. Mais donc, il a, c'était quand même son sport depuis le début. Oui, il n'a pas papillonné vraiment. Et c'est là que j'ai mon autre doute complémentaire, c'est que, bah, je constate quand même que les écoles de foot en France sont remarquables. On me donne de temps en temps des contre-exemples, machin, enfin, des clubs gamins, moi, j'en ai vu trois ou quatre. C'est organisé, c'est carré, c'est maîtrisé. On n'est pas champion du monde ou finaliste à chaque fois par hasard. Il y a vraiment aucun hasard là-dedans. On ne passe pas à côté d'un Mbappé. Et bah, clairement, mec, il signe. J'avais un petit gamin là qui est venu faire un peu de prépa physique, il avait 13 ans, il était déjà présigné au TFC. C'est hallucinant, quoi. Si ça, c'est de la, ce n'est pas du tout de la spécialisation tardive. Pas du tout. Et on est champion du monde, bordel. Ouais. Ou tu vois. Donc, je me dis, est-ce que vraiment, ce n'est pas une espèce d'histoire qu'on se raconte, comme celle du self-made-man aux États-Unis, tu vois, un espèce de Non, il m'a convaincu. Ça y est. J'en sais rien. Je sais pas, c'est un petit doute que.
J'ai au fond de moi et je partage. Adrien, j'espère que tu m'en veux pas, tu viendras peut-être me rassurer. Je fais une crise d'angoisse moment.
Moi, je pense pas parce qu'en fait, le quand tu regardes les chiffres, ils sont assez clairs sur le fait que euh, en fait, ça dépend ce qu'on met derrière les mots tardifs ou précoces. Euh, si tu fais ça depuis le début mais qu'à côté tu fais d'autres choses, en fait, ça te permet quelque chose euh de d'assez concret. C'est-à-dire que plus tu t'entraînes fort et uniquement dans cette discipline là, moins tu auras de capacité de t'entraîner fort plus tard. C'est-à-dire que tu as une lou différemment ou différemment ou différemment parce que du coup, tu as pas le répertoire gestuel aussi développé. Tu vois, tu t'es on t'a appris à faire plein de choses, plein d'autres trucs que tu as pas du tout développé, quoi.
Mais c'est aussi une question de saturation mentale en fait. En fait, c'est un des vrais sujets du judo. Exactement. En fait, combien il y en a qui abandonnent 10 ans, ça fait déjà 6 ans que tu as bouffé de ta vie, tu en as plein cul. À 18 ans, tu en as marre de tomber, tu en as marre de te faire mal. Le judo, c'est un sport méga ingrat. Euh, reste que la France est championne olympique. Oui, mais c'est pas. Non, mais tu vois, c'est ça le truc, c'est que une fois qu'on a dit ça, mais je pense qu'en France, tu es justement moins dans la spécif dans dans la spécificité dans la spécialisation qu'en Russie ou en Chine. Et aujourd'hui, les Russes, désolés, mais ils sont sur le dos. Ils sont sur le dos. Port judo quand même. On est quand même. On est quand même devant eux. On est devant eux. On est devant eux. [grognement]
Euh, et pour revenir au foot, je suis persuadé absolument persuadé que si ils font si les joueurs s'habituent à faire d'autres choses et en fait, c'est quand même la culture aujourd'hui, hein. On les emmène vers d'autres disciplines qui vont les faire progresser, qui vont les accompagner vers quelque chose de vers de la meilleure performance, ne serait-ce que de l'athlétisme. En fait, combien aujourd'hui il y a de footeux qui apprennent à courir, à sprinter ? Combien il y en a ? C'est une très une minorité vraiment. C'est comme si c'était dans le patrimoine dans l'héritage génétique. Voilà. Alors que non, il peut tout le monde sait faire des pompes, tout le monde sa il y a un espèce de package, on a pas besoin d'apprendre quoi. Ouais, exactement. Ouais, c'est étonnant.
Idée reçue numéro 4. Les joueurs de foot jouent toutes les semaines à très haute intensité. Ils ne peuvent donc pas s'entraîner [grognement] euh la même semaine. C'est impossible. Alors ça, celle-là, c'est malheureusement la réalité, hein, pour pour côtoyer. Alors, c'est en fait, c'est une idée reçue qui est assez générale, c'est-à-dire que je pense qu'il y a beaucoup d'entraîneurs de prépa mais de kiné aussi euh de joueurs aussi qui ont cette idée-là que en effet euh je joue très fort le weekend, donc le résultant, il faut se reposer. Mais en fait et du coup, ils viennent nous voir en récupe, ils nous disent qu'est-ce que je peux faire pour récupérer ? Bah déjà, la première chose que tu peux faire, c'est aller t'entraîner. Parce que qu'est-ce qui va faire que tu vas mieux récupérer ? Mais c'est parce que tu as un niveau d'entraînement élevé et donc du coup le gap avec le match est moins grand. Donc du coup, tu auras moins de dommages musculaires, tu seras moins impacté et cetera et cetera. La première chose pour bien récupérer, c'est s'entraîner. Il y a pas de doute et s'entraîner à haute intensité.
Les courbatures, c'est quand tu t'exposes à un exercice inhabituel, soit par le volume, soit par l'intensité ou par le produit des deux. Et donc effectivement, si tu as l'habitude de t'exposer à ce qui va t'être demandé en match, bah c'est peu probable que tu aies des courbatures. Si tu as pas de courbature, bah finalement, stress biologique après chaque match, il est plus faible. Tu as moins d'altération des tissus, je parle même pas du psychologique et donc forcément euh tu es dans des meilleures dispositions pour pouvoir performer. Et si c'est vrai pour les courbatures, c'est aussi vrai pour les blessures. Il y a des études très bien faites qui ont montré que les joueurs qui se blessent le plus, c'est ceux qui sprintent le moins à l'entraînement. Hm. Donc s'il y a un gap euh dans la quantité de sprint trop importante entre euh l'entraînement et le et le match, en fait, le corps n'est pas prêt. Les Isquio précisément ne sont pas prêts pour avoir de si haute intensité euh d'activation euh et de charge pendant le match. Donc du coup, il pète. Ça paraît logique. En fait, les sprints, il faut qu'il y en ait pas à chaque entraînement, mais à chaque semaine. Ça, c'est absolument obligatoire. H euh or, on a tendance à se protéger en disant "Ouais, mais le sprint ça blesse." Mais oui, ça blesse parce que tu n'es pas habitué, tu n'as pas été exposé progressivement, tu n'es pas assez adapté. Voilà. Pas assez adapté.
C'est sûr que rouler à 300 km/h, le risque de te en l'air, il est élevé. Par contre, si tu t'entraînes à rouler à 200, 250 de temps en temps, après tu vas prendre des automatismes. Ne faites pas ça par contre. Ne faites pas ça chez vous. Sur les circuits. Sur les circuits. C'était ça l'analogie. Mais et en fait, c'est exactement la même chose. Ah mais bien sûr, un pilote de F1 s'il s'entraîne pas à 300 km/h en fait, il va à Monaco, il se prend le mur. C'est c'est évident. Oui. D'accord.
Et ce sujet là aussi, c'est celui de la de la représentation de l'effort et de la dureté. Et c'est là qu'on se dit [soupir] est-ce que vraiment on a les bons repères en foot ? Parce que OK, félicitations les gars, vous avez fait 90 minutes de sport le weekend. Alors OK, haute intensité, mais enfin vous êtes les meilleurs athlètes du monde donc toute proportion gardée du coup, c'est comme quand moi je joue à mon niveau, mais avec un peu plus d'enjeu bien sûr évidemment, mais enfin quand même, ça reste qu'un effort de 90 minutes enchaîné entrecoupé de de récup. Vous avez entre 19 et 27 ans. Euh, ouais, ça va aller. Vous allez récupérer, hein. Sucre d'ord. Ouais, on est d'accord. Ouais. Ah, mais je suis d'accord avec toi. Mais ouais, il a en fait, il y a [raclement de gorge][toux] le problème du foot, c'est justement cette hypermédiatisation qu'on voit très fort en ce moment. Euh, et cette hypermédiatisation, elle crée des biais qui sont énormes. Euh, tout le monde cherche le responsable euh en cas de blessure et donc toi, tu pries toujours, [rires] tu cherches pas cherch tu pries toujours pour pas être pris pour ouais. dans le sac comme responsable. Donc du coup, comment faire pour pas blesser les joueurs ? H ben en fait, c'est simple, hein. A priori, c'est simple. A priori, si on les entraîne pas, on est moins relié a priori à la à la à la à la blessure, alors que on devient complètement responsable. C'est ça. Mais pas directement, pas ils sont blessés en match, on l'a dit. Compète, donc c'est pas de ta faute. C'est ça.
Et et parfois, c'est des stratégies clairement annoncées, hein, par les staffs, hein. Voilà, il faut que la plupart des joueurs soient prêts le jour J. OK. Non, mais on est tous d'accord, mais sauf que si tous les joueurs sont à 80 %, est-ce que ça vaut vraiment le coup d'avoir 100 % de ton effectif ? Est-ce que ça vaut pas le coup [grognement] de potentiellement accepter des pertes mais que tes joueurs, ils soient à 95 % ?
Après, tu vois, moi je me posais la question, je me dis est-ce que c'est ça ? Ou est-ce que il y a pas suffisamment de membres du staff, tu vois, éduqués au concept de dose minimale effective d'entraînement, de mettre des toutes petites doses qui soient suffisantes pour stimuler sans trop induire de fatigue pour maintenir des états de performance, voire même continuer à je pense même des petites doses de force ou de Pmax sur certains joueurs dans certains patterns. À mon avis, ça va les faire progresser même au fur et à mesure de la saison. Euh, je pense, mais ça, c'est assez nouveau ces concepts là. Moi, je milite énormément. Ceux qui écoutent ici le savent. Commentez si vous avez déjà entendu ça dans une de dans un de ces dans un des épisodes ici. Euh, il faut faire exploser cette notion de la séance d'uneh30. Voilà. Bien sûr que souvent on en a besoin et que si on en est arrivé là, c'est parce que c'est c'est optimum. Tu as le temps de bien t'échauffer, bien faire ton retorocan, bien animer ta séance, tu as tes blocs et c'est très bien, mais quand c'est plus possible pour tout un tas de raisons qu'on qu'on est en train d'évoquer ici, bah faut pas se dire qu'une séquence de 10 ou 15 minutes est inutile. C'est faux. Les notions de dose quotidienne, les daily dos, je trouve ça hyper pertinent, carrément. Et ça permet de rassurer tout le monde. Et en fait, il y a souvent besoin, surtout sur des niveaux de perf comme ça, de moins que ce qu'on imagine pour créer de la stimulation et de la progression.
Dans la littérature sur la force, on dit que pour entretenir une qualité de force où il y a quelques travaux qui montrent ça, euh il nous faut à peu près, on peut diminuer jusqu'à 80 % le volume d'entraînement par rapport à ce qu'on a fait sur le cycle avec le plus haut volume. Donc si tu te dis bah je faisais 100 rep dans ma semaine en renforcement musculaire pendant ma phase préparatoire, le capital est là. Je peux descendre le capital est là. Je peux descendre à 20 dans ma semaine pendant la compète. Ma qualité va se maintenir pendant toute la période de compète. Reste que il est très important d'avoir développé ce capital au préalable. On en revient au rôle des centres de formation. En fait, il faudrait que en en bout de chaîne, on est des gens qui aient déjà cet énorme capital physique et derrière bah là, tu peux tu tu peux régler la Formule 1 quoi. Ouais, complètement.
Et même quand c'est pas le cas, même quand c'est pas le cas, on peut faire des trucs bien. On peut faire des trucs bien avec peu de temps, très peu de moyens. Euh, on a créé une étude euh au FC Nantes il y a quelques années avec Lilian euh où les joueurs devaient faire trois répétitions de Nordique par semaine. Trois répétitions, une série. C'est pas optimal, c'est pas ce qu'on aurait voulu faire dans le monde idéal, c'est dans ces conditions-là, dans ce contexte là, ce qu'on a plus ce qu'on a pu proposer. Et bien juste avec ces trois répétitions de Nordique par semaine, les joueurs qui l'ont suivi assidument, ils ont augmenté leur force de plus de 20 %. Bon ben trois répétitions de nordique en fait, ça prend une minute. Donc on a bien une minute à proposer à nos joueurs pour qu'ils fassent un peu de renfa. Ils sont deux fois moins blessés par rapport à la saison d'avant. Et ils sont blessés deux fois moins. Vous imaginez les leviers colossaux ? Mais c'est parce que c'est pas dans la culture. Dans la culture sportive, c'est no pain no gay. Voilà, on doit se faire du mal. C'est tout l'un ou tout l'autre. Exactement. Alors qu'en fait, il y a une nuance, il y a un entre deux et dire bah en fait là, la petite dose répétée une deux fois dans la semaine, même des fois une, il y a des travaux qui montrent une fois tous les 15 jours, ça peut être suffisant. Peut-être alterner les patterns. Cette semaine là, c'est ce pattern, la semaine suivante, c'est l'autre. Et puis comme ça, ben on va maintenir des qualités de force dans différents patterns utiles à la perf pendant toute la période de compète. Et quand bien même c'est pas optimal, on le sait, c'est pas un problème. C'est nettement mieux que rien. Voilà, c'est nettement mieux que rien. C'est comme pour la santé, hein. C'est pareil, hein. C'est pareil en sport santé, en en longévité. Exactement pareil.
Idée reçue numéro 5. En football, j'ai besoin de raider pour courir vite et enchaîner mes appuis. Donc je ne m'étire jamais. Elle est belle celle-là. C'est une belle idée. Ils l'ont pas. Ça, c'est une très très belle. C'est une belle idée reçue. Ouais, effectivement, tu as besoin d'être réactif au sol, tu as besoin de pas te déformer. Donc tu dis bah si je m'étire, je deviens plus souple. Bah en fait, je vais être capable, je vais améliorer ma capacité à me déformer. Mais ça, c'est en conditions passives. Et puis ensuite, il y a les conditions actives. Conditions active, qu'est-ce qui va faire que je me déforme ou pas ? Bah, il y a évidemment la raideur de mes propriétés de mes de mes structures élastiques, mes tendons. Et puis il y a aussi la raideur de mon muscle. Et cette raideur, elle est liée à quoi ? Bah, elle est liée à la force produite par le muscle. Donc en fait, c'est pas parce que je deviens souple que derrière je vais perdre de la raideur dans des conditions actives de sprint et cetera. Donc euh donc pour moi, c'est une belle idée reçue que de croire ça. Euh qui confondent raider et manque de souplesse. Exactement. Deux paramètres complètement différents. Complètement différents. La raider, c'est une qualité de force, tu le rappelles ? Hm hm. Et effectivement euh bah on peut définir la raider, c'est la capacité à d'un tissu à résister à une contrainte. Donc effectivement, si c'est complètement passif, il résiste jusqu'à ce qu'il pète. Si c'est actif, il crée de la résistance jusqu'à ce qu'il puisse plus résister et qu'il se relâche. C'est deux choses complètement différentes. Deux choses différentes.
Et du coup, ça envoie à la raideur articulaire et la raideur musculotandineuse en fait, si on si on a envie de parler de raider qui reste un je pense un mot mal employé, mais si vraiment on veut continuer à dire qu'il faut rester un peu raide face à la souplesse, c'est raideur euh c'est raideur musculotandineux qui est pas opposé à raideur articulaire. Hm. En plus, les structures s'adaptent, tu vois, euh s'adaptent spécifiquement. Euh il y a des exemples où en fait quand tu fais de la pliométrie, donc euh d'exercices de force réactive, hein, tu vas te réceptionner, repartir euh et bien en fait ta structure musculaire, ta structure tendineuse vont s'adapter en terme de propriété mécanique, en terme de raideur différemment. Donc ton muscle devient moins raide, il est capable de stocker, de plus se déformer pour une même contrainte, donc de stocker plus d'énergie. Par contre, ton tendon, lui, augmente sa raideur. Ça tombe bien parce qu'en fait, lui, il va transmettre l'énergie au squelette. En fait, le système est plutôt bien fait et parce qu'en fait, on va optimiser les propriétés mécaniques de chaque tissu pour être plus performant dans l'activité. Donc, on peut donc être souple et raide. Et raide à la fois, comme disaient les inconnus, souple et solide à la fois, vous me dites si vous allez raf. [rires]
Non, mais c'est ça en fait qu'il faut bien se mettre dans la tête quoi. Parce que euh le problème, c'est que on a l'impression qu'il faut choisir entre les deux et si on choisit ben on renonce et c'est vraiment dommageable parce que on sait que le le foot quand même est un sport enrissant dans le mauvais sens du terme. C'est-à-dire qu'on perd en souplesse et on a des joueurs qui sont raides comme des bouts de bois. Mais on perd en souplesse beaucoup parce qu'on ne s'étire pas aussi. Oui. Ou on prend pas de temps d'entraînement sur la mobilité. Donc la fin des gens qu'on peut d'amplitude en fait, on ne s'étire pas, on ne travaille pas à la mobilité et puis il y a une manière aussi de gagner en souplesse et en mobilité qui est très importante, c'est d'aller dans des amplitudes élevées euh pendant la muscu. Ouais. S'il y a pas de muscu, h en fait on y va pas. H c'est que à quel moment on va en deep squat ? Mais jamais jamais. Bah ou soulever de terre jambe tendu, voir même de jambes tendues déficit. Et là pour le coup, ce qui est pas mal, c'est quand tu fais une contraction excentrique [grognement] à grande amplitude, en fait, tu vas agir sur le muscle. C'est-à-dire que enfin, tu vas agir à trois niveaux. Tu vas déjà agir sur la tolérance à la douleur, tolérance à l'étirement. Donc tu l'acceptes un peu mieux. Que tu as haussé avec l'étirement. Que tu as haussé avec l'étirement. Première chose. Deuxième chose, tu vas avoir des adaptations mécaniques du muscle et architectural. C'est-à-dire que la plupart du temps dans les muscles, on a des fibres qui sont organisées euh et ces fibres vont former un angle avec l'enveloppe du muscle, ce qu'on appelle l'angle de pénation. Et ben en fait, quand tu fais de l'excentrique, l'angle de pénation se réduit, les fibres en fait s'allongent entre guillemets artificiellement parce qu'il y a plus de sarcomères à l'intérieur. Donc on a des fibres qui vont s'allonger. [grognement] On a un muscle en terme de propriété mécanique qui va plutôt avoir une baisse de la raideur. Alors cause conséquence de ce changement architectural difficile à identifier aujourd'hui, mais dans tous les cas, on a un muscle qui devient plus élastique. Et quand je fais de l'excentrique, je vais jouer sur la raideur du tendon parce qu'il y a beaucoup de force de force liée à l'étirement et de force liée à la force excentrique produite par le muscle et donc le le tendon va lui aussi devenir plus raide. Donc je deviens plus souple, j'améliore ma capacité à aller loin dans les amplitudes de mouvement mais pour autant je vais être capable de stocker plus d'énergie et d'en restituer plus. Hm hm win win.
Super clair. Les gars, je pense qu'on a fait cinq beaux cas d'école. Voilà, n'hésitez pas si vous en avez d'autres en tête, dites-le-le-nous en commentaire. On sera là, on répondra si on si on en est capable bien évidemment. On essaiera. En tout cas, merci pour votre fidélité les gars, vous revenez quand vous voulez. C'est un vrai plaisir d'échanger avec vous. Sû très très sympa. Merci à toi. Donner de la force à cet épisode. Vous likez, vous enregistrez, vous partagez, vous commentez, c'est très très important pour nous. Je vous remercie. Je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode.