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Cours d'alchimie, par Eugène Canseliet (1970)

Adrien Loubier31:24

Transcription

Mesdames et messieurs, nous vous proposons aujourd'hui une émission de l'écrivain Robert Marteau sur l'alchimie. Notre invité Eugène Cancéliet, auteur de Mas ouvrage sur l'alchimie.

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On comprend déjà qu'il n'y a pas d'histoire de l'alchimie mais une présence immémoriale. Elle est la source des mythes. Il parle son langage dans une langue sacrée, symbolique et universelle. S'il est vrai que l'homme ne se console point d'avoir à la connaissance préféré la science, l'alchimie, don de Tot et d'Hermès et de Gabriel l'annonciateur, Donou Diu, l'alchimie se propose depuis la chute, donc depuis le premier jour de retrouver le jardin et l'hémeraude cristal encore qui est Christ même pour illuminer dans l'unité reconquise le couple. Adam et Ève conjoint en chimique noce et perpétuelle jouvance.

Sur ce chemin de Saint-Jacques à la fois céleste, géographique et symbolique, le pèlerin avance dans l'espoir que lui apparaîtra l'étoile. Voilà bien cette étoile du nord par laquelle il faut se conduire et crier Eugène se liait. le disciple de Fulcanelli et qui dans son laboratoire où nous l'avons visité poursuit sa confidence. L'eau du grand œuvre est recueillie dans une vasque, dans une coquille dite de Saint-Jacques selon le symbolisme. dans une coquille en effet que Vénus toujours suivant le même symbolisme qu'on retrouve dans certains tableaux en particulier dans celui de Botticelli de cette coquille naît Vénus la Vénus des philosophes bien sûr qu'il ne faut d'ailleurs pas confondre avec le cuivre la planète Vénus étant rapprochée dans la science hermétique du cuivre du métal. Or, la coquille Saint-Jacques était la tribu des pèlerins qui s'en allaient à Compostelle. Compostelle, c'est celui selon l'étymologie compose Stella Stellé le maître de l'étoile car dans le grand œuvre comme lors du miracle de Judée dans le grand œuvre le petit enfant celui qu'on peut-être appelé le Jésus est annoncé par une étoile. Comme dans le ciel de Judée, la naissance du sauveur fut annoncée également aux bergers, aux rois mages par une étoile. Cette étoile au laboratoire est très visible. On la voit, on la touche. C'est elle qui indique à l'artiste qu'il est dans la bonne voie, qu'il n'est pas perdu. Il suit le bon chemin. Le pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle est donc particulièrement symbolique. Qu'il se fasse par terre complètement ou par en partie qu'il suive la voie sèche ou suive la voie humide. C'est toujours s'en aller vers l'étoile.

C'est le fameux voyage de Nicolas Flamel. Ce voyage qu'il a dépeint avec beaucoup de détails dans ses dans son livre des figures hiéroglyphiques. Évidemment, son voyage est symbolique de bout en bout. Toutes les péripéties correspondent à chacune des parties des opérations qui se succèdent. Elles sont d'ailleurs très nettes. Elles ont été expliquées par Fulcanelli.

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Deus Maria

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que a teu padre rogues toda

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ne pourrez pas faire de l'alchimie en étant simplement qu'un chimiste. Pourquoi ? Parce que l'alchimiste, comme je l'ai dit, a besoin d'une philosophie et cette philosophie lui permet de se mettre au diapason de son travail, à savoir que réellement une opération qu'exécute un alchimiste ne pourrait être faite par un chimiste. qui serait présent. fut-il le plus habile, le plus savant. Cette opération par lui ne pourrait être répétée parce qu'il n'aurait pas précisément cette communion établie entre lui et de manière très étroite avec la matière. Et ceci est très important. C'est le côté, si l'on veut, de l'alchimie spirituelle précisément, de se mettre au diapason de la matière, de se mettre en harmonie avec sa recherche. Pourquoi ? parce que au demeurant tout est vibration. Par exemple, c'est une erreur de la part de la chimie, disons la chimie courante, de vouloir que eux-mêmes ne réussissent pas les opérations alchimiques et qu'à fortiori, les anciens ne pouvaient arriver aux opérations merveilleuses dont ils se targuent parce que leur moyen de chauffage n'était pas aussi puissant que ceux que nous possédons à leur présent. Mais non, pas du tout. La transmutation n'est pas attention quand je dis transmutation, c'est une transmutation profonde. Il n'est pas question de de changer des métaux en or. Non, mais disons que les changements profonds de la matière qui est traitée au laboratoire alchimique ont lieu intimement. par l'effet par l'effet d'un feu par exemple qui n'est pas celui du four qui est ce que les anciens ont appelé le feu secret. C'est lui, c'est lui ce feu secret qui est l'artisan des changements profonds de la matière. Mais le feu extérieur, le feu élémentaire, disons le feu vulgaire, si l'on veut, lui n'intervient que pour aider à l'action de ce feu secret. Point besoin pour cela qu'il soit d'une intensité extrême. Ce n'est pas lui qui fait le travail principal. Voilà. Voilà ce qui différencie par exemple en ce point la chimie de l'alchimie c'est que les termes employés désignent il faut bien le dire des corps très précis qui ne sont pas compris des chimistes qui ne le peuvent pas ils ne les connaissent pas ces corps. Le feu secret, le feu intérieur, le feu qui agit à l'intérieur du grand homme a été aussi appelé le soufre qu'il ne faut pas confondre bien sûr avec le soufre minéral. Cette matière jaune qui est soit en canon soit en poudre. C'est le soufre comme il y a le mercure qui n'a rien à voir avec le vif argent. Or ce feu secret, je ne m'échappe pas de la question que vous de la question. Ce feu secret, c'est la partie spirituelle du métal. Enfin, je dis du métal, disons du compost que enfin de de la matière du grand œuvre. C'est la partie sulfureuse bien sûr, ignée, secrète bien sûr, mais aussi spirituelle. Et précisément son action est considérable parce qu'il s'associe cet esprit interne s'associe avec l'esprit cosmique car c'est encore là un point qu'il faut bien déterminer c'est que l'alchimiste, les travaux de l'alchimiste ne sont jamais exécutés en dehors de la collaboration avec le cosmos. L'alchimiste tient compte de l'extérieur, tient compte de ce qu'il appelle les conditions extérieures, à savoir par exemple le moment de l'année, le moment la période enfin le moment de l'année, je veux dire la période la période du mois et puis aussi certaines conjonctions, tout cela est tenu en considération et il est facile de comprendre que les matériaux du grand œuvre puissent être influencés par l'action cosmique. Appelons cette action, si on veut apporter par le rayonnement cosmique. Les anciens voulaient que ce fût l'esprit universel, le spiritus mundi l'esprit du monde. Mais peu importe, c'est une puissance qui descend très réellement, un rayonnement, un véritable bombardement, un bombardement que que l'alchimiste utilise et surtout ce qui est important, ce qui est convaincant, c'est que ce bombardement tombe dans son produit. sous l'effet sous l'effet de la balance par exemple et non pas non pas quant au poids par des quantités insignifiantes mais si l'alchimiste travaille déjà sur une certaine quantité disons sur trois ou quatre grammes par voie sèche dans son creuset Et bien cet esprit, il peut vérifier à la balance le poids le poids qui a qui on a été recueilli en grammes par exemple. Et cet esprit pèse si on peut dire en poids mais aussi il est coloré. l'esprit universel dont parlent les anciens qui pourrait être appelé je ne sais comment par nos savants actuels cet esprit avait très positivement la couleur verte c'est d'ailleurs c'est d'ailleurs la couleur qui était de ou plutôt plutôt les anciens alchimistes grecs avaient pour désigner cet esprit, cette coloration verte, ce qu'on pourrait appeler, si on veut maintenant la chlorophylle, et bien le désignait symboliquement par le chrisme. En tout cas, il est important que l'alchimiste soit spirituellement en accord, en harmonie avec sa matière. L'alchimiste constitue avec sa matière un véritable couple de même de même qu'à l'intérieur du grand œuvre, la matière elle-même n'est pas unique. elle se décompose ou plutôt elle est composée. Le compost comme disaient les anciens est fait de la réunion d'un mâle et d'une femelle. Le grand œuvre en vérité c'est une génèse. Il y a une une véritable copulation de deux individus. D'un côté le mâle, de l'autre côté la femelle et de leur réunion de leur de leur association un enfant. Disons donc, ce qui est au demeurant très facile de trouver dans les traités anciens et dans d'autres beaucoup plus récents, disons donc que le mâle est un métal, un métal réellement qui est très sulfureux, résigné, puissant, c'est le mâle, il est chaud et que la femelle est un minéral, un minéral, précisons même qu'il s'agisse d'un sulfure et un sulfure de plomb à produire un mercure mais un mercure blanc. les anciens pour ne pas qu'on se trompe avec ce terme de Mercure, pour ne pas qu'on pense qu'on fasse l'erreur de croire qu'il est question alors du vif argent, ce Mercure peut aussi bien être désigné par un régule si on veut comme le serait le régule de plomb, le régule d'antimoine, le régule d'arsenic. J'ai bien précisé ici au demeurant au niveau du laboratoire sans les nommer absolument car ce serait contraire à la tradition, ce serait contraire à la discipline philosophique. néanmoins bien désigné sans les nommer précisément dans ces deux acteurs minéraux, il y a le minéral évidemment appelons-le spécialement le minéral parce que c'est très positivement un sulfure. Admettons que ce soit le sulfure de plomb, c'est-à-dire la galène. En tout cas, c'est ce minéral est considéré comme la matière bien sûr, c'est-à-dire la matière, la mer, c'est la Vierge Noire. Pourquoi ? Parce que la Vierge Noire, comme son son qualificatif l'indique est ténébreuse. C'est la Nigra Sum Sed Formosa de la Bible. La Vierge Noire incarne la matière première des alchimistes. D'ailleurs, la statue des Vierges Noires est toujours installée dans les cryptes, dans les endroits souterrains. Un peu comme la matière elle-même est considérée dans sa mine. La Vierge Noire dans la légende chrétienne est appelée aussi Notre Dame de dessous terre.

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La vierge noire devient blanche lorsque l'enfant est né. Pourquoi ? parce que elle était encore appelée cette vierge noire la vierge qui doit enfanter la Virgo paritura, des cryptes des cryptes des temples chrétiens. Elle devient blanche au moment dans la partie du grand œuvre, ce que les alchimistes ont appelé le premier œuvre, la séparation des ténèbres et de la lumière. D'un côté, après cette première fusion, nous avons la partie noire, la partie qui reste ténébreuse, qui est terreuse et de l'autre la partie blanche éclatante et mercurielle. La partie blanche c'est la partie aqueuse aussi. C'est cette eau qui servira précisément à tirer l'esprit de la terre. La terre étant la fraction noire obtenue au moment de la séparation. Il y a là une longue suite d'opérations un peu fastidieuses qui sont lentes, qui doivent être très appliquées et qui a été appelé la série des sublimations. Ce que Philalète a appelé ses aigles volantes. Et lorsque je parle de l'eau qui existe dans la voie sèche, je n'entends pas l'eau de la voie humide, car il a il importe tout de suite d'établir la différenciation entre ces deux voies. On a voulu que la voie sèche, que la voie du grand œuvre soit composée en partie de par la voie humide puis par une seconde partie qui aurait constitué la voie sèche. Ce n'est pas la voie sèche. la voie au fourneau, la voie qui utilise le modus qui utilise les instruments ou plutôt les récipients de terre tandis que la voie humide, elle emploie des instruments tout un appareillage de verre Très exactement comme les auteurs la définissent, même la dépeignent. La voie humide se passe au ballon dans un ballon. Il s'agit pour lors dans ce cas, il s'agit du Mercure mais du vif argent qui a été extrêmement distillé, extrêmement purifié et qui est qui reçoit de l'or très pur qu'il sera cuit dans son sein. au cours de mois assez nombreux. Tout au moins, est-ce tout simplement est-ce tout simplement comme représente les auteurs que comme les auteurs représentent cette voie ? Je l'ai tenté pour ma part, j'ai cuit très longuement pendant 14 mois très exactement. C'est une opération que j'ai eu la patience de faire. J'ai distillé mon Mercure 14 fois. J'ai fait un amalgame avec un or très pur. J'ai eu comme beaucoup d'auteurs en font la description une série extraordinaire de phases colorées de plus ou moins grand détendu dans le temps mais pas de résultat en définitive. Je ne peux pas dire cependant que l'opération ne mène à rien. Car si je devais la recommencer, je ne m'y prendrai pas de la même manière. Pas du tout. Il n'est donc pas philosophique ni scientifique de dire qu'une opération ne donne rien parce qu'on ne l'a pas soi-même réussi.

La voie sèche, c'est toute autre chose. C'est la voie qui a été le plus souvent suivie par les adeptes. C'est la voie, comme je l'ai décrite tout à l'heure, qui commence par deux individus minéraux, mâle et femelle. Mais attention, tout à l'heure, j'ai omis une chose importante qui est celle-ci, c'est que deux individus ne peuvent pas être unis par le mariage s'il n'y a pas un prêtre entre eux deux. Or, en alchimie, dans cette partie du grand œuvre, dans ce premier œuvre, l'union des deux individus se fait par l'intermédiaire d'un sel, et ceci est très important, qui lui unit sans rester dans la composition, absolument comme le prêtre dans le mariage. Il est étranger, il est nécessaire à ce que ce mariage soit effectif, soit valable, mais il reste en dehors. En réalité, ce sel n'est pas seul. Il n'est pas unique. On prononce le mot sel, mais il est composé de deux. Disons par exemple qu'il s'agisse d'une part de l'azotate de potasse, du salpêtre ordinaire, du nitre et d'un autre que tout de même je ne nommerai pas. J'ai déjà bien assez parlé comme ça, c'est très indicatif. En tout cas, ces deux sels réunis, je l'ai dit, servent d'intermédiaire, servent d'union, principe d'union entre les deux acteurs initiaux. Mais il importe que cette adjuvant salin soit rendu préalablement philosophique. Tout d'abord, bien sûr, ils ont été préparés soigneusement par l'artiste. Ils ont été tirés de matière naturelle et spécialement choisies, n'ont pas acheté dans le commerce, ce qui est très mauvais. Enfin, ils sont déjà très purs, mais cela ne suffit pas. Il faut les rendre philosophiques et pour cela, on a très bien dépeint les opérations qu'il faut leur appliquer, les opérations qui ont été dépeintes par le mutus liber, c'est-à-dire qu'il faut les soumettre à l'action de la rosée car la rosée est porteuse elle-même d'un nitre, un très véritable nitre, un agent igné qui a beaucoup de rapport avec le feu secret et qui rend, disais-je, les deux sels réunis philosophiques. Dès cet instant, ils ont ils deviennent convenables à leur intervention dans le premier œuvre, c'est-à-dire leur intervention nécessaire au mariage des deux acteurs du début. On verra comment cette rosée est recueillie. C'est assez simple. Il suffit de la récolter au sol, soit avec des linges, ce qui est le mieux, des linges qui bien sûr ont été préalablement très bien très bien lavés, qui ne conservent pas, au contraire qui sont très très propres et qui ne conservent pas d'ingrédients venant d'une lessive. Il faut donc préalablement, c'est très important, les tremper dans l'eau très pure, très claire. de l'eau de pluie par exemple l'eau de pluie que les philosophes eux-mêmes surtout recueilli au mois de mai, ont quelquefois utilisé en place de la rosée, quoique bien sûr, elle ne présente pas les mêmes vertus.

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Mesdames et messieurs, vous venez d'entendre une émission consacrée à l'alchimie. Invité, monsieur Eugène Cancilet, recherche texte, liaison et narration Robert Marteau. Réalisation Fernand Wallette production Radio Canada.

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Amen.

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